Pourquoi la plupart des « relations d’aide bibliques » ne sont pas bibliques

par Martin et Deidre Bobgan | 22 août 2026 | Critiques du mouvement de l’accompagnement psychologique dit biblique

Le terme « relation d’aide ou accompagnement biblique (biblical counseling en anglais) » semble rassurant. Il semble promettre quelque chose de typiquement chrétien : des croyants en difficulté recevant la sagesse directement de la Parole de Dieu. Pourtant, le fait d’associer le mot biblique à une pratique ne rend pas cette pratique biblique pour autant. Nous devons examiner non seulement les mots utilisés par les accompagnateurs, mais aussi la structure, les présupposés, les méthodes et les relations qu’ils ont adoptés.

Lorsque nous le faisons, nous découvrons une vérité dérangeante : une grande partie de ce que l’on appelle aujourd’hui la « relation d’aide biblique » n’est pas un ministère fondé sur les Écritures. Il s’agit d’une imitation « christianisée » du conseil psychologique.

Les conseillers bibliques peuvent rejeter Freud, Rogers, Jung et d’autres théoriciens laïques. Ils peuvent remplacer la terminologie psychologique par des mots tels que péché, idolâtrie, le cœur, la sanctification et la repentance. Néanmoins, ils conservent souvent le système de conseil même que la psychologie a introduit dans l’Église :

  • un expert désigné,
  • une personne conseillée identifiée,
  • des séances privées régulières, une attention constante portée aux problèmes personnels,
  • une formation spécialisée,
  • une certification, des études de cas,
  • des institutions de conseil et,
  • dans certains cas, des honoraires.

Le vocabulaire a changé. Le système reste le même.

Où se trouve le bureau de relation d’aide dans les Écritures ?

La Bible contient de nombreuses instructions sur la manière dont les chrétiens doivent prendre soin les uns des autres. Les croyants doivent s’encourager mutuellement, se réconforter les uns les autres, se conseiller mutuellement, se confesser leurs péchés les uns aux autres, prier les uns pour les autres, porter les fardeaux les uns des autres, se pardonner mutuellement et dire la vérité dans l’amour.

Mais où les Écritures établissent-elles la fonction de conseiller biblique certifié ?

Où les chrétiens reçoivent-ils pour instruction de se diviser en deux catégories : les conseillers formés et les personnes en quête de conseil ? Où les apôtres créent-ils des centres de conseil, mettent-ils en place des programmes de certification, mènent-ils des séances de cinquante minutes, tiennent-ils des dossiers de conseil ou font-ils payer le ministère personnel de la Parole ?

Ces pratiques ne sont pas issues d’une exégèse rigoureuse. Elles ont fait leur apparition dans l’Église grâce au prestige culturel de la psychothérapie. Le conseil / la relation d’aide biblique n’a pas éliminé le modèle thérapeutique. Il l’a baptisé.

Le Nouveau Testament présente le ministère comme la vie partagée du Corps du Christ. Les croyants mûrs aident les plus jeunes. Les pasteurs paissent le troupeau. Les amis réconfortent ceux qui sont dans le deuil. Les familles prennent soin de leurs membres. Les chrétiens prient ensemble, souffrent ensemble, se repentent ensemble et grandissent ensemble. Le ministère s’exerce à travers les relations, la communion fraternelle, la prédication, l’enseignement, l’hospitalité, la prière, la correction et l’amour.

Cela diffère considérablement de la création d’une quasi-profession calquée sur la psychothérapie.

La relation d’aide place les problèmes au centre

Le mouvement de la relation d’aide forme les chrétiens à organiser le ministère autour des problèmes. La personne accompagnée arrive avec un problème. Le conseiller analyse le problème. Les séances explorent le problème. Les devoirs portent sur le problème. Des séances supplémentaires permettent d’évaluer les progrès réalisés concernant le problème.

Très vite, le problème devient l’élément central de la relation.

Mais la vie chrétienne n’est pas une introspection perpétuelle. Les Écritures invitent à plusieurs reprises les croyants à se détourner de l’égocentrisme pour se tourner vers le Christ, la vérité, l’obéissance, la gratitude, le service et l’amour. Les chrétiens connaissent certes la tristesse, la confusion, la tentation et la souffrance. Ils peuvent avoir besoin d’une aide durable. Mais une aide durable n’implique pas nécessairement une introspection permanente.

Le conseil centré sur les problèmes peut inciter les personnes à …

  • ressasser leurs blessures,
  • à répertorier leurs déceptions,
  • à scruter leurs motivations et à rechercher des causes cachées.

Même lorsque les conseillers qualifient ces causes cachées d’« idoles du cœur », le processus peut s’apparenter à la recherche psychologique de conflits inconscients. Le terme est théologique, mais l’habitude de l’introspection reste thérapeutique.

La Bible révèle suffisamment de choses sur le cœur humain pour conduire les personnes vers la foi et l’obéissance. Elle n’autorise pas les conseillers à se comporter en détectives spirituels, en prétendant avoir une perception particulière des motivations cachées d’autrui.

La Bible ne forme pas d’experts en accompagnement / relation d’aide

Les organisations de relation d’aide biblique mettent souvent l’accent sur la formation et la certification. Leurs programmes peuvent laisser entendre que les chrétiens ordinaires ne sont pas suffisamment équipés pour exercer un ministère auprès de personnes confrontées à de graves problèmes de la vie.

Cela sape la confiance dans les moyens ordinaires que Dieu a déjà donnés à son Église.

Un certificat ne confère pas la sagesse spirituelle. Les cours universitaires ne produisent ni amour, ni patience, ni discernement, ni humilité, ni connaissance d’autrui. Un conseiller fraîchement certifié peut connaître un système de conseil tout en ne sachant que très peu de choses sur la personne assise en face de lui. À l’inverse, une croyante plus âgée qui a marché fidèlement avec Dieu pendant des décennies peut posséder une sagesse profonde, mais hésiter à aider parce qu’elle n’a jamais suivi de programme de formation en conseil agréé.

Cela inverse l’ordre biblique.

Le ministère spirituel découle de la vie du Christ en son peuple, de la vérité de sa Parole et de l’œuvre du Saint-Esprit. Il appartient au Corps du Christ — et non à une nouvelle catégorie de spécialistes du conseil.

Cela ne signifie pas que tous les chrétiens possèdent la même sagesse ni que chaque problème puisse être abordé à la légère. Les pasteurs et les croyants mûrs assument des responsabilités particulières. Certaines situations nécessitent une intervention médicale, juridique, financière ou de protection. Mais rien de tout cela ne fait de l’accompagnement biblique une profession à part entière.

Qualifier la psychologie de « biblique » ne la transforme pas

De nombreux conseillers bibliques croient sincèrement avoir rejeté la psychologie. Pourtant, des idées psychologiques peuvent rester ancrées dans leur travail, même lorsque les termes et la terminologie propres à la psychologie ont disparu.

Chaque fois que des conseillers affirment que les individus ont besoin d’un processus prolongé de conversation guidée par un expert pour se comprendre eux-mêmes, résoudre leur passé, mettre au jour des dynamiques intérieures cachées et parvenir à une restauration émotionnelle, ils opèrent dans le cadre d’une vision thérapeutique de l’humanité.

Ils peuvent appeler ce processus « formation de disciples ». Ils peuvent parler de l’Évangile. Ils peuvent prescrire des passages bibliques. Mais le fait d’ajouter des versets bibliques à une approche psychologique ne rend pas cette approche biblique.

La question n’est pas de savoir si un conseiller cite suffisamment les Écritures. La question est de savoir si les Écritures elles-mêmes ont établi cette pratique.

Un sermon ne devient pas une psychothérapie simplement parce qu’un pasteur mentionne la tristesse. De même, la psychothérapie ne devient pas un ministère biblique simplement parce qu’un conseiller mentionne le péché.

Le conseil peut se substituer aux véritables relations

Une relation de conseil est souvent limitée, planifiée, artificielle et à sens unique. Le conseiller est désigné comme celui qui aide et la personne conseillée comme celle qui a besoin d’aide. Le conseiller peut connaître des informations intimes sur la personne conseillée tout en ne révélant que très peu de choses en retour.

Ce n’est pas là la réciprocité habituellement décrite dans le Nouveau Testament.

Une véritable attention chrétienne comprend des repas partagés, des appels téléphoniques inopportuns, une aide concrète, la prière, la correction, le rire, le service, la patience et une présence à long terme. Elle s’exerce entre des personnes qui se connaissent dans leur globalité, et non pas simplement en tant que conseiller et cas à traiter.

Le conseil professionnel peut, sans le vouloir, décharger l’Église de sa responsabilité. Au lieu d’amener une personne en souffrance à s’engager plus profondément dans des relations d’amour, les croyants peuvent orienter cette personne vers le spécialiste de l’Église. Le conseiller devient alors un substitut du Corps.

L’Église estime avoir apporté son soutien parce qu’elle a fixé un rendez-vous.

La voie biblique, c’est le ministère

Rejeter le mouvement de la relation d’aide biblique ne signifie pas abandonner les personnes qui souffrent. Cela signifie prendre soin d’elles d’une manière plus conforme à la Bible.

Les chrétiens ont besoin de pasteurs compatissants, d’amis fidèles, d’anciens sages, de familles aimantes et de communautés prêtes à porter leurs fardeaux au fil du temps. Ils ont besoin d’une vérité dite sans cruauté et d’une miséricorde offerte sans flatterie. Ils ont besoin d’une aide concrète ainsi que de prières. Ils ont besoin de soins médicaux lorsque leur corps ou leur esprit est malade. Ils ont besoin de protection lorsqu’ils sont victimes d’abus. Ils ont besoin de pardon lorsqu’ils se repentent et d’une présence patiente lorsque la souffrance ne disparaît pas rapidement.

Par-dessus tout, ils ont besoin du Christ — non pas simplement comme sujet abordé lors d’une séance de conseil, mais comme le centre d’une vie chrétienne partagée.

Le choix ne se situe pas entre le conseil et la négligence. Il s’agit d’un choix entre un système de conseil emprunté au monde et les ministères que Dieu a déjà donnés à Son peuple.

L’Église n’a pas besoin d’améliorer la psychothérapie en y ajoutant les Écritures. Elle n’a pas non plus besoin de créer une thérapie rivale et de la qualifier de biblique. Elle a besoin de retrouver confiance dans la prédication, l’enseignement, la prière, la communion fraternelle, l’hospitalité, la formation de disciples, la charge pastorale, l’exhortation mutuelle, le service concret et l’amour.

La plupart des « accompagnements bibliques » ne sont pas bibliques, car la Bible n’a pas établi la forme fondamentale du mouvement d’accompagnement. Les Écritures établissent quelque chose à la fois plus simple et plus exigeant : des croyants vivant en communion les uns avec les autres et dispensant la grâce de Dieu par la vérité et l’amour.

Abandonnons le cabinet de relation d’aide comme modèle de prise en charge chrétienne.

Ramenons le ministère au sein de l’Église.

Nous rendons grâce à Dieu pour ces personnes qui, sans certificats de conseil, sans diplômes, sans manuels, livres ou programmes, ne sont pas intimidés par l’absence de formation en conseil et qui exercent leur ministère auprès des autres, tout comme le faisaient les croyants avant l’essor des mouvements de conseil psychologique et biblique. Nous disons à tous ceux qui ont été préparés par le Seigneur et qui s’appuient sur Lui plutôt que sur la sagesse des hommes : Allez et exercez votre ministère par la grâce, par la foi.

Que le Dieu de la paix, qui a ramené d’entre les morts notre Seigneur Jésus, ce grand berger des brebis, par le sang de l’alliance éternelle, vous rende parfaits en toute bonne œuvre pour accomplir sa volonté, en accomplissant en vous ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ ; à qui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen (Hébreux 13:20-21).

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