Opus Dei

Historique

L’Opus Dei (Œuvre de Dieu) a été fondé en 1928 par le prêtre catholique romain espagnol Josémaria Escrivá de Balaguer y Albas (1902 – 1975). Il a obtenu un doctorat en Théologie à l’Université du Latran. Il a été nommé consulteur de deux congrégations vaticanes, membre honoraire de l’Académie Pontificale de Théologie et prélat d’honneur du Pape1. Il a fait une entorse à sa “modestie” en sollicitant du Général Franco le titre de marquis de Peralta qu’il a obtenu en 19682. Il est l’auteur du livre “Chemin” (1934), composé de 999 maximes, qui est la clé de voûte de l’idéologie du mouvement3. L’ouvrage a été publié à près de 4.500.000 exemplaires en 43 langues4.

Josémaria Escrivá attribue la fondation de l’Opus Dei à une “révélation” divine reçue le 2 octobre 1928:

« Il y a trois ans jour pour jour que, dans le couvent des missionnaires de saint Vincent de Paul, je mis un certain ordre dans les notes éparses que je prenais jusqu’alors (j’ai reçu à ce moment l’illumination sur l’ensemble de l’Œuvre pendant que je lisais ces papiers. Ému, je me suis agenouillé – j’étais seul dans ma chambre, entre deux causeries, – j’ai remercié le Seigneur et je me rappelle avec émotion le carillon des cloches de la paroisse de Notre-Dame des Anges). Depuis ce jour-là, l’âne galeux s’est rendu compte de la belle et lourde charge que le Seigneur, dans sa bonté inexplicable, avait mise sur ses épaules. Ce jour-là, le Seigneur a fondé son Œuvre: dès lors, j’ai commencé à fréquenter des laïcs, étudiants ou non, mais jeunes. Et à former des groupes. Et à prier et à faire prier. Et à souffrir…5

Le mouvement de l’Opus Dei a été approuvé par Pie XII en 1950. Le pape Jean-Paul II en a fait une prélature personnelle en 1982. Son prélat est, depuis 1994, l’évêque espagnol Javier Echevarria Rodríguez, né en 1932, ancien secrétaire du fondateur. Docteur en droit civil et en droit canonique, il est consulteur de la Congrégation pour les causes des saints et consulteur de la Congrégation pour le clergé6.

La prélature personnelle est une “circonscription ecclésiastique, prévue par le Concile Vatican II, décret «Presbyterorum ordinis» et par le Droit Canonique pour permettre de mener à bien des tâches pastorales particulières. Elle n’est pas circonscrite à un territoire comme les diocèses”7.

C’est pourquoi elle dépend de façon immédiate et directe du Souverain Pontife, par l’intermédiaire de la Congrégation pour les évêques. Le pouvoir du prélat s’étend à tout ce qui concerne la mission spécifique de la prélature… Selon les dispositions de la loi générale de l’Église et du droit particulier de l’Opus Dei, les diacres et les prêtres incardinés dans la prélature appartiennent au clergé séculier et sont pleinement sous la juridiction du prélat » 8.

L’Opus Dei ne dépend donc pas des évêques diocésains locaux, mais directement du “pape”, ce qui lui donne une liberté de manœuvre beaucoup plus grande9.

Statistiques et situation actuelle 12

Il existe plusieurs sortes de membres dans l’Opus Dei:

    • les numéraires:

      prêtres, hommes ou femmes célibataires, qui vivent en communauté et sont les dirigeants.

    • les numéraires auxiliaires:

      des femmes15 chargées des tâches domestiques dans les centres du mouvement. Elles représentent 5% des membres.

    • les agrégés:

      Célibataires qui vivent dans leur famille. Les numéraires et les agrégés totalisent 30% des effectifs.

    • les surnuméraires:

      laïcs mariés: 65% des membres16.

    • Les coopérateurs:

      Ce sont « des catholiques, des chrétiens d’autres confessions, et des croyants d’autres religions », et même des athées. Ce sont « des hommes et des femmes qui, sans faire partie de la Prélature de l’Opus Dei, se joignent aux fidèles de la prélature pour réaliser des activités éducatives, d’assistance, de promotion culturelle et sociale »… Ils sont 164.000, principalement des femmes17.

Il nous faut encore mentionner

    • la Société sacerdotale de la Sainte-Croix

      qui comporte 4.000 associés, dont les 2.000 prêtres de l’Œuvre. Cette société s’adresse aux prêtres et diacres diocésains qui veulent vivre « selon l’ascétique propre à l’Opus Dei » et recevoir son aide spirituelle18.

Remarquons que l’Opus Dei ne comporte aucun moine, comme le roman “Da Vinci Code” (2003) et le film (2006) du même nom le laissent entendre à tort. Du reste, les membres ne prononcent pas de vœux comme les moines et les religieux19, mais des simples promesses.

Actuellement une quarantaine d’évêques catholiques sont issus de l’Opus Dei, soit à peine 1% de l’épiscopat mondial. Rappelons que le nombre des évêques est d’environ 4 50020. Deux cardinaux sur les 202 (en août 2013) du collège cardinalice appartiennent à l’Œuvre: Juan Luis Cipriani Thorne (1943), archevêque de Lima21 et Julián Herranz Casado (1930), président émérite du Conseil pontifical pour les textes législatifs22.

Par comparaison, les Jésuites sont 19.000, dont 12.700 prêtres, répartis à travers 112 pays dans le monde. Il y a cinq cardinaux jésuites23 et, bien sûr, le nouveau pape François.

Le taux de croissance du mouvement est faible et stagne à environ 650 nouveaux membres par an pour le monde24.

Au niveau financier,

« la totalité des actifs de l’Opus Dei, à savoir toutes les ressources que supposent ses ‘œuvres collectives’, tournent autour de 2,8 milliards de dollars US. La comparaison vaut ce qu’elle vaut, mais la General Motors a déclaré des actifs équivalents à 455 milliards de dollars. Les actifs de l’Opus Dei ne sont pas trop impressionnants et ce, même par rapport à la moyenne catholique. En 2003, l’archevêché de Chicago a déclaré 2,5 milliards de dollars »25.

Le recrutement est souvent qualifié d’élitiste26. Les étudiants, futurs dirigeants de la société, sont particulièrement visés. Ceci est confirmé à mi-mots par le porte-parole belge de l’Opus Dei dans une interview du 1er mars 2013 à “La Libre Belgique”:

« La sanctification par le travail donne l’image d’une prélature ”élitiste”, ça vous gêne, ça vous flatte ou c’est totalement erroné ?

Cette image est ‘erronée’. Dans le monde, on a eu des ministres (Espagne et G-B), sénateurs, grands patrons,… mais on a aussi des chômeurs, des agriculteurs, des personnes très modestes. Cette image-là de l’Opus Dei est méconnue, car moins visible. Nous commençons souvent notre apostolat par le milieu intellectuel, car – comme dans une entreprise – nous avons besoin de ‘cadres’ pour entrer dans la société belge (Nous soulignons). On a commencé par le milieu universitaire bilingue à Leuven en 1965 et – petit à petit – les milieux et classes sociales se diversifient. Mais nous n’avons pas ‘encore’ d’initiatives de types sociaux comme dans d’autres pays »27.

L’Opus Dei a en charge douze universités dans le monde28.

En plus, il gère de nombreuses résidences étudiantes, écoles et œuvres sociales partout dans le monde29.

L’Opus Dei a connu une époque très favorable sous le pontificat de Jean-Paul II. Elle a culminé avec la canonisation de son fondateur. Actuellement, le procès en sainteté du successeur d’Escrivá, Álvaro del Portillo y Diez de Sollano (1914-1994), est en cours à Rome.

Le pape François a approuvé le 5 juillet 2013 le décret relatif à la cause de béatification et reconnu un miracle par son intercession30.

Ce « miracle concerne la guérison instantanée d’un petit enfant chilien, José Ignacio Ureta Wilson, qui, quelques jours après sa naissance (août 2003), a subi un arrêt cardiaque de plus d’une demi-heure avec une grave hémorragie »31.

Cette reconnaissance ouvre la voie à la béatification du vénérable.

Buts et Méthodes

L’Opus Dei se présente comme « une institution de l’Église catholique fondée par saint Josémaria Escrivá de Balaguer », dont la « mission consiste à diffuser l’idée que le travail et les circonstances ordinaires sont une occasion de rencontrer Dieu, de servir les autres et de contribuer à l’amélioration de la société »32.

Escrivá a déclaré:

« Dès le départ, le seul objectif de l’Opus Dei a été celui que je viens de vous indiquer: faire en sorte qu’il y ait, au milieu du monde, des hommes et des femmes de toutes races et de toutes conditions sociales, qui s’efforcent d’aimer et de servir Dieu et leurs semblables dans et par le travail ordinaire »33.

Il est difficile de qualifier de secte un mouvement catholique aussi bien inséré dans l’Église romaine. Le rapport sur les sectes des parlementaires belges34 avait pourtant fait le pas en 1997, en le taxant de « catholicisme intégral et élitiste ». L’Opus Dei avait alors réagi dans un document nommé « Quelques observations sur le travail de la commission d’enquête du Parlement belge sur les sectes »35.

En 2001, dans une communication aux chefs d’Établissement de l’Enseignement Catholique, Jacques Trouslard relevait dix caractéristiques sectaires de l’Opus Dei36:

1. L’engagement de mineurs:

A l’insu de leur famille, certains contractent des vœux de célibat, d’obéissance et de pauvreté, quitte à utiliser, sur le conseil de leur directeur ecclésiastique ou de leur supérieur laïc, le mensonge en cas de questions des parents.

2. L’endoctrinement:

Il est systématique à partir d’un régime de prières intensif, de retraites, de conférences, de lectures qui proviennent exclusivement de l’Opus Dei et des écrits du fondateur. Or cette technique s’apparente, mutatis mutandis, à la technique cognitive et coercitive de la manipulation mentale. Le procédé mène progressivement à un enfermement à l’intérieur du groupe. Il est encore aggravé par la confession régulière des membres de l’Opus Dei, numéraires ou surnuméraires, à un prêtre appartenant au groupe. Les opusiens se confient aussi régulièrement à un directeur de conscience laïc, toujours membre de l’Œuvre.

3. La rupture ou l’éloignement de la famille:

C’est dans ce domaine que les plaintes sont les plus nombreuses. Les familles déplorent de ne plus voir leurs enfants. Elles s’étonnent d’autorisations annuelles réduites à quelques jours de vacances, alors que dans les congrégations religieuses, les personnes consacrées ont droit à environ deux semaines en famille et sont autorisées à rendre visite à leurs parents tout au long de l’année.

4. Le prosélytisme exacerbé:

Chaque membre doit recruter des adeptes, tenter d’influencer ses amis. L’Œuvre cherchait aussi à attirer des enfants ou des jeunes en les invitant à participer à des activités (culturelles, sportives, etc.) sans toujours préciser, à cette époque, qu’elles étaient organisées par l’Opus Dei.

5. Les faux laïcs:

L’Opus Dei prétend être un institut de laïcs qui partagent pleinement les conditions de la vie “extérieure”. Mais ces laïcs pratiquent en réalité une discipline dont l’austérité surpasse celle des congrégations contemplatives. Les conditions de vie qui sont imposées aux numéraires les séparent inévitablement des conditions normales de la vie laïque.

6. Le cléricalisme:

Les laïcs sont assujettis au pouvoir des clercs. La structure hiérarchique de l’Opus Dei, sur le plan local, régional, ou international, aboutit toujours à son sommet à un clerc. Par précaution verbale, l’Opus Dei souligne que les clercs se réservent le domaine spirituel sans interférer en aucune manière sur le plan temporel. Les membres, dit-on, sont libres et indépendants dans le choix de leurs options, alors qu’ils sont dirigés en réalité dans tous leurs faits et gestes.

7. Le professionnalisme:

L’Opus Dei développe une sorte de surestimation, d’exploitation outrancière du travail. Or, la profession ne définit pas toute la vie d’un individu. Cette exagération pose question, car pour l’Église catholique, la personne humaine ne vaut pas d’abord par ce qu’elle fait, mais par ce qu’elle est37.

8. L’aspect financier:

Dans le département de l’Aisne où est installé le château de Couvrelles, l’Opus Dei n’a pas craint de ponctionner sérieusement des agriculteurs pour construire l’école hôtelière Dosnon et rénover le château de Couvrelles. Certaines familles de membres ont, pour leur part, été très étonnées d’être sollicitées si fréquemment par leurs enfants qu’elles ne voient par ailleurs que très rarement. Le scandale de l’An-Hyp a éclaboussé le département de l’Aisne. (Cf ; L’Union: 25 et 27 juillet 1994).

9. L’infiltration:

La stratégie de l’Opus Dei vise à transformer la société en essayant de pénétrer tous les domaines de la vie économique, sociale, familiale et culturelle. Une délégation de la mairie de Soissons a protesté contre une nouvelle association de l’Opus Dei, créée à Soissons, l’A.P.P.F. (Association pour la Protection de la Famille) qui voulait « s’infiltrer et imposer son programme global » au Centre social de Chevreux.

10. Le culte du maître:

On retrouve à l’Opus Dei la domination d’un maître incontesté, craint et vénéré, que, dans d’autres groupes, on appelle un gourou. C’est l’extraordinaire dévotion au fondateur: Mgr Escrivá Balaguer. Des membres de l’Œuvre affichent dans leur chambre de magnifiques photos du fondateur, à côté d’une modeste image de la Vierge et parfois d’un petit crucifix. Souvent l’image du fondateur suffit. C’est devant lui que l’on prie en allumant une petite bougie.

Les opusiens doivent suivre un plan de vie qui laisse peu de place à la fantaisie. On trouvera la présentation grand public de ces « devoirs » par le fondateur sur le site officiel de l’Opus Dei38.

« Voici la liste des dévotions qu’un membre de l’Opus Dei doit obligatoirement accomplir. On les appelle le plus souvent normes ou encore coutumes39.

CHAQUE JOUR IL FAUT:

    • Se lever immédiatement dès que le réveil sonne (minute dite héroïque).

    • Embrasser le sol en disant serviam (je servirai).

    • Faire 30 minutes de prière le matin et 30 minutes l’après-midi (pendant lesquelles il est vivement conseillé de méditer les textes de saint Josémaria).

    • Assister à la messe et communier.

    • Rester exactement 10 minutes en prière d’action de grâce après la messe. Puis, réciter le Trium Puerorum (Le Cantique des trois enfants dans la fournaise), ainsi que le psaume 150.

    • Dans la journée, se recueillir quelques instants devant le Saint Sacrement (Visite au Saint-Sacrement).

    • Réciter l’angélus à midi.

    • Réciter un chapelet (50 Je vous salue Marie) et méditer les 15 mystères du Rosaire restants.

    • Lire pendant 10 minutes un livre de spiritualité imposé par le directeur spirituel et pendant 5 minutes le Nouveau Testament.

    • Faire un examen de conscience à midi et le soir.

    • Réciter une prière en latin réservée aux membres de l’Œuvre (Preces).

    • Prier pour les intentions du prélat.

    • Offrir une mortification pour le prélat (d’habitude, lui offrir la douche froide quotidienne).

    • Les numéraires doivent porter deux heures par jour le cilice (sorte de bracelet en fer avec des pointes) autour de la cuisse.

    • Réciter plusieurs fois par jour la prière « Souvenez-vous » à l’intention des autres membres de l’Œuvre.

    • Dans les centres, en entrant et sortant de chaque pièce, regarder l’image de la Vierge en récitant une oraison jaculatoire.

    • En entrant et sortant d’un centre, saluer l’ange gardien du centre et faire une génuflexion dans l’oratoire.

    • Respecter le temps de la nuit: la nuit, on ne peut pas discuter, téléphoner, étudier ou travailler sans la permission du directeur.

    • Dormir entre sept heures trente et huit heures par nuit.

    • Respecter trois heures de silence après le déjeuner, pendant lesquelles il faut travailler (on ne peut pas faire la sieste ou se distraire).

    • Avant de se coucher, réciter à genoux, les bras en croix, trois Je vous salue Marie en demandant la vertu de la pureté.

    • Avant de dormir, asperger son lit d’eau bénite.

    • Les femmes numéraires doivent dormir toutes les nuits sur une planche avec une couverture pliée en guise de matelas (jusqu’à l’âge de 40 ans), les hommes en sont exemptés.

    • Porter sur soi le scapulaire.

CHAQUE SEMAINE, IL FAUT:

    • Assister à la méditation: prédication d’un prêtre de l’Œuvre réservée aux membres de l’Œuvre. Elle a lieu dans l’oratoire (la chapelle du centre) dans le noir: à l’exception de la bougie qui éclaire le tabernacle et d’une petite lampe sur la table du prédicateur qui projette des ombres spéciales sur son visage.

    • Assister au Cercle, causerie d’un laïc réservée aux membres de l’Œuvre. Le Cercle comprend toujours: le commentaire de l’évangile du jour, l’approfondissement d’une norme du plan de vie, et un sujet en rapport avec l’esprit de l’Œuvre. Ces sujets sont proposés par la Commission régionale et accompagnés d’indications précises sur le contenu et la forme à suivre. Pendant le Cercle, on ne peut croiser les jambes. Il est bien vu aussi de s’accuser publiquement et à genoux de l’une de ses fautes (après en avoir parlé avec le directeur) et de recevoir à ce titre une pénitence symbolique.

    • Se confesser avec le prêtre désigné.

    • Faire l’entretien fraternel ou confidence, c’est-à-dire parler au directeur spirituel laïc désigné, lui rendre compte de ce qui s’est passé durant la semaine (accomplissement minutieux de toutes les normes, points de lutte, échecs et faiblesses, relations sociales: qui on a rencontré, pendant combien de temps, de quoi on a parlé, cette personne pourrait-t-elle avoir la vocation à l’Opus Dei ?) et enfin, recevoir du directeur, les objectifs fixés jusqu’au prochain entretien.

    • Une fois par semaine, les numéraires doivent se fouetter eux-mêmes avec des disciplines (petits fouets en corde) tout en récitant des prières.

    • Pour les numéraires hommes, dormir à même le sol une nuit par semaine. Les femmes ont droit à un dictionnaire en guise d’oreiller, car elles dorment déjà toutes les nuits sur une planche.

    • Réciter et méditer le psaume II et l’hymne Adorote devote.

    • Chaque samedi, réciter le Salve Regina et assister au Salut au Saint Sacrement.

    • Comme mortification, ne pas prendre de goûter le samedi.

CHAQUE MOIS, IL FAUT:

    • Assister à une Récollection: une journée en silence dans le recueillement avec différentes prédications du prêtre et du directeur.

    • Réciter et méditer le symbole d’Athanase.

    • Pour les numéraires, remettre au directeur sa note de frais, c’est-à-dire la liste complète des moindres dépenses (du ticket de bus au tube de dentifrice).

CHAQUE ANNÉE, IL FAUT:

    • Assister à une retraite de six jours en silence, durant laquelle il est vivement recommandé de méditer les textes de saint Josémaria.

    • Suivre un cours annuel (trois semaines pour les numéraires, une semaine pour les surnuméraires), on y apprend par cœur le Catéchisme de la Prélature de la Sainte-Croix et Opus Dei et on y reçoit différentes causeries de formation, des cours de philosophie et de théologie.

    • et un long “etc.” de dévotions qu’il faut pratiquer une fois par an, et que nous épargnons au lecteur.”

En 2009, la revue catholique progressiste « Golias Magazine » a publié le témoignage de 165 anciens membres et responsables du mouvement dénonçant ses méthodes40:

« Les 165 signataires du témoignage décrivent les méthodes totalitaires auxquelles sont soumis les laïcs célibataires41.

1- La dépendance économique entière

L’individu qui travaille dans les structures relevant de l’Opus Dei, ne perçoit pas de salaire. Il est donc entièrement dépendant économiquement des directeurs, même pour ses menues dépenses (téléphone, déplacements, sorties, etc.). On ne saurait mieux asservir un individu.

2- L’insécurité juridique

Mais il y a pire. Aucun contrat de travail écrit ne lui est délivré ; aucun certificat n’atteste d’éventuels diplômes ou d’une activité. Tout se fait par oral. Il n’est donc pas possible de prouver son appartenance à l’Opus Dei par un document écrit. Aucune procédure ne peut donc être engagée contre l’Opus Dei devant un tribunal en cas de préjudice allégué. « Verba volant, scripta manent ». L’Opus Dei craint donc comme la peste l’écrit compromettant qui reste.

3- Le contrôle de l’individu par isolement social, voire déracinement par déplacements constants.

L’individu est progressivement écarté de sa famille et de son réseau d’amis: la participation à des événements familiaux est chichement accordée. Les relations sont sévèrement contrôlées. Des déplacements constants provoquent un déracinement, voire une désorientation pour exiger une disponibilité entière de l’individu.

4- La délation institutionnalisée, appelée correction fraternelle

Cela ne suffit pas. Il faut encore surveiller sa conduite. Au sein même de l’Opus Dei, chacun épie son prochain. Sous prétexte d’un devoir de correction fraternelle, la délation est institutionnalisée: les conduites d’autrui jugées déviantes doivent être rapportées à la direction qui dicte la procédure corrective à suivre. Aucune critique de la direction n’est tolérée. Et, quoiqu’ainsi rendues déjà difficiles par ces méthodes, les relations interpersonnelles sont étroitement contrôlées.

5- La censure de l’information

Il va de soi que toute information est soumise à une censure préalable de la direction: livres et autres médias doivent faire l’objet d’autorisation spécifique de la part de la direction. Les bibliothèques sont expurgées de tout ouvrage interdit. On songe à l’« Index librorum prohibitorum » décidé en 1559 par le Concile de Trente qui recensait les livres impies interdits aux fidèles. Émissions de télévision, films, spectacles sont a fortiori passés au crible avant d’être éventuellement permis.

6- L’exigence d’une soumission aveugle à l’autorité

Enfin, une soumission aveugle à l’autorité est exigée de l’individu ; elle caractérise ce qui est appelé « le bon esprit » par opposition « au mauvais esprit ».
La direction est seule juge du contenu de ces formules arbitraires à souhait: collégiale, elle s’organise selon une hiérarchie stricte ;

à la base, l’individu se voit imposer une double tutelle. Deux surveillants, un directeur spirituel laïc et un confesseur, l’observent au cours d’entretiens hebdomadaires, le soumettent à un interrogatoire en plus de la confession à laquelle il est astreint. Ses révélations confidentielles sont consignées par écrit à son insu et adressées à l’échelon collégial hiérarchique supérieur qui, en retour, adresse ses observations et les directives à appliquer.

On a reproché à l’Œuvre sa pratique du secret42. Il est vrai que la nouvelle constitution de 1982 ne mentionne plus cette pratique, mais les habitudes ont la vie dure et le mouvement se refuse toujours à dire si une personne est membre ou pas. C’est du moins ce qu’affirme son porte-parole belge, le prêtre Stéphane Seminckx, à la “Libre Belgique”43:

« Y a-t-il une forme de secret autour de l’appartenance à l’Opus Dei, comme cela peut exister dans la franc-maçonnerie, où l’on ne cite pas les noms des autres membres ?

– Ce serait contradictoire, dans le sens où un membre de l’Opus Dei est appelé à témoigner de sa foi et s’afficher comme catholique et membre de l’Opus Dei. En fermant la bouche et se cachant les yeux, ce serait difficile…

Si je vous cite un nom, vous me confirmerez qu’il est membre ?

– En général non, par respect pour la vie privée je vous inviterai à lui poser la question directement. C’est à lui de décider quand et comment il souhaite en parler. »

Ajoutons pourtant que la constitution de 1982 interdit toujours aux membres de paraître publiquement en corps44:

« [Les fidèles de la Prélature] ne participeront pas collectivement aux manifestations publiques de culte comme les processions, sans pour autant cacher qu’ils appartiennent à la Prélature » Article 89.

Qu’en est-il de la mortification pratiquée dans l’Opus Dei ? Elle est réelle et d’un autre âge selon nous. Ces paroles ahurissantes du fondateur sont révélatrices de sa spiritualité morbide45:

« Tu me parles de Chemin. Je ne le connais pas par cœur mais il y a une phrase qui dit: bénie soit la douleur, aimée soit la douleur, sanctifiée soit la douleur, glorifiée soit la douleur. T’en souviens-tu ? J’ai écrit cela dans un hôpital, au chevet d’une mourante qui venait de recevoir l’Extrême-Onction.

J’en étais follement jaloux ! Cette dame était de haute lignée et avait joui d’une grande aisance matérielle dans sa vie. Et elle se trouvait là, sur un grabat, à l’hôpital, mourante et toute seule, sans autre compagnie que celle que je pouvais lui apporter à ce moment là, jusqu’à ce qu’elle meure.

Et elle reprenait ces mots, en les savourant, heureuse: bénie soit la douleur — elle endurait toutes les souffrances morales et physiques — aimée soit la douleur, sanctifiée soit la douleur, glorifiée soit la douleur ! La souffrance prouve bien que l’on sait aimer, que l’on a du cœur”.

On nous dit même “que saint Josémaria se servit de ces paroles plus d’une fois pour consoler des malades mourants dont il s’occupait en ces années-là (Ndr années 30), dans les hôpitaux de Madrid. »

Revenons à l’interview de Monsieur Stéphane Seminckx qui confirme à sa manière46:

Enfin, vous l’indiquez en première page de votre site internet, l’Opus Dei pratique la mortification, ce qui signifie « s’imposer une souffrance physique pour progresser dans le domaine spirituel ». Ce genre de sacrifice corporel interpelle, même si on est loin de la caricature du film ‘Da Vinci Code’ avec le sang qui gicle sur les murs.

– Oui, dans le film, c’est absurde et n’a rien à voir avec ce que nous vivons.

Soyons concrets. Dans le livre ‘Chemin’, Escrivá demande à ses membres « d’aimer, de bénir, de sanctifier et de glorifier la douleur ! » Vous admettez que c’est difficile à comprendre quand on est extérieur à l’Œuvre ?

– Difficile à comprendre??? Que le Christ ait été condamné à mort, flagellé, couronné d’épines et crucifié ? Alors, ça fait 2.000 ans que c’est difficile à comprendre. Cette dimension de souffrance et de mort fait partie de la vie de disciple chrétien. La mortification, c’est faire mourir en soi tout ce qui est pesanteur dans sa personnalité et qui m’empêche de m’élever vers Dieu, tel que l’égoïsme, le péché. Ces actes de mortification permettent de s’identifier au Christ, au même titre que le jeûne du Carême. Je ne peux pas vivre avec le Christ si je ne souffre pas avec lui.

Concrètement, le cilice (photo ci-dessus) est une petite ceinture métallique qui pique la peau. Vous l’attachez de manière serrée – et donc douloureuse – à la cuisse. Tout le monde pratique cela ?

– Non, les surnuméraires ne font et ne vivent pas cela. Je crois même qu’ils n’ont jamais vu de cilice. Clairement, une mère de famille ne fait pas cela. Sa charge quotidienne est suffisante…

Quand utilisez-vous le cilice et comment ? Ça peut aller jusqu’à saigner ?

– On le met environ 2 heures par jour, mais c’est presque rien. Celui qui fait un régime ou du body building souffre dix fois plus que moi avec mon cilice. Ça pique juste un peu… je ne fais qu’un tout petit quelque chose de très modeste. C’est moins douloureux que pour le Christ, mais je ne cherche pas non plus à l’imiter.

Puis, il y a des coups de fouets… petit fouets, certes.

– On fait cela dans un endroit discret afin d’être en communion avec le Christ. Mais nous n’avons pas le monopole de cela. Paul VI employait un cilice. D’ailleurs, nous achetons cela à d’autres ordres. Cela ne se vend pas au Carrefour…

Vous rigolez, mais vous comprenez que ça interpelle les gens ?

– Évidemment, car la passion du Christ est un scandale pour les Juifs et une folie pour les Païens… et vu qu’il y en a beaucoup, ça reste une folie. Certains voudraient vivre et triompher avec le Christ sans mourir ou souffrir avec lui. On ne peut pas sauter les pages de la passion, comme disait le Cardinal Danneels. La mortification fait totalement partie de notre choix d’amour… comme un marié embrasse sa femme tous les jours. C’est de l’amour.

Enfin, vous dormez parfois par terre, sans matelas…

– C’est du même ordre, une petite mortification réservée aux numéraires. Ce n’est pas de l’héroïsme.

Étonnant quand même… Surtout quand le porte-parole du mouvement compare ces macérations à embrasser sa femme tous les jours. On voit bien qu’il est célibataire…

Justement au sujet du mariage, nous avons trouvé une “perle” d’Escrivá. Selon lui les grandes responsables de l’adultère des hommes sont leurs épouses:

« Ainsi, j’ose affirmer que les femmes sont responsables, à quatre-vingts pour cent, des infidélités de leurs maris, parce qu’elles ne savent pas les conquérir chaque jour, elles ne savent pas avoir des gestes aimables et délicats »47.

Et celles-ci dans “Chemin”:

« Le mariage est pour la troupe et non pour l’état-major du Christ… » [28]

Les femmes n’ont pas besoin d’être savantes, il suffit qu’elles soient effacées” [946]

Enfin la position d’Escrivá au sujet du nazisme a été critiquée:

Vladimir Felzmann, prêtre et ancien membre de l’Opus, rapporte une conversation avec Escrivá qui en dit long. Après avoir maintenu que le christianisme avait été sauvé du communisme par la prise de pouvoir du général Franco avec l’appui du chancelier Hitler, il ajouta:

« Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre le communisme.48 »

Evidemment l’Opus Dei réfute cette déclaration embarrassante49.

Le site de “Golias” a décrypté le vocabulaire “ésotérique” de l’Opus Dei50:

« Le secret de l’Œuvre est présent jusque dans son langage. Le profane qui voudrait comprendre l’Opus Dei doit d’abord passer par une phase rébarbative: le décryptage d’un vocabulaire hallucinant, condition sine qua non pour trouver son chemin dans l’enchevêtrement d’un labyrinthe épouvantable. …

Academia-Residencia: Formulaire où figurent les renseignements principaux concernant la personne et sa famille. Le candidat le remplit et le remet avant l’’Admissio’. Il constitue la base du fichier des personnes qui est géré dans la Région correspondante et continuellement complété avec les indications fournies par la personne elle-même ainsi que par d’autres, éventuellement. Les renseignements personnels sont également transmis avec la photo – format passeport – à la centrale romaine.

Administration:

1) La totalité des travaux domestiques des sièges et des centres, c’est-à-dire, concrètement, l’assistance pour les oratoires, les services de la porte et du téléphone, la propreté des pièces, l’intendance et le linge.

2) Les groupes de personnes qui exécutent des travaux dans un centre: a) administration extraordinaire: les femmes célibataires de l’Opus Dei, qui s’occupent des travaux domestiques dans les centres masculins, mais n’y habitent pas ; b) administration ordinaire: les femmes célibataires de l’Opus Dei qui s’occupent des travaux domestiques dans les centres masculins où elles habitent, mais dans un lieu strictement séparé.

Admissio:Simple admission comme membre (à dix-sept ans au plus tôt). Le candidat et la prélature signent un contrat. Le nouveau membre s’engage, entre autres, à vivre selon l’esprit et la pratique de l’Opus Dei et à être actif au point de vue apostolique. La prélature s’engage à garantir au membre une formation continue au point de vue théologique, une formation spirituelle et une discipline en matière d’ascèse, ainsi qu’à lui garantir un encadrement pastoral spécifique par des prêtres de la prélature. …

Âne: Symbole populaire au sein de l’Opus Dei. Egalement, mascotte dans les centres. Animal préféré de Josémaria Escriva, parce qu’il est toujours heureux de faire ce que son maître lui demande.

Aspirant: Le jeune, à partir de quatorze ans et demi, qui a été désigné en tant que numéraire (célibataire) ou agrégé (célibataire) et qui veut être accepté à l’Opus Dei, exprime sa demande dans une lettre adressée au vicaire régional. Ensuite, il est intégré par le programme de la formation initiale dans la vie interne de l’Opus Dei, sans appartenir juridiquement à l’Œuvre (voir aussi Société sacerdotale de la Sainte-Croix).

Baiser le sol:

Exercice religieux qui trouve son origine directement dans l’esprit de l’Opus Dei et qui est à accomplir immédiatement après s’être levé le matin et en d’autres occasions (par exemple: les Preces51 quotidiens, ou au cours du Cercle hebdomadaire) avec la prière Servian (Je veux servir).

Caeremoniale:

Écrit qui fixe le déroulement de certaines actions (par exemple les Preces, le déroulement d’un Cercle, l’établissement d’une Liste de Joseph).

Canard:

Symbole populaire au sein de l’Opus Dei. Un des animaux préférés de Josémaria Escrivá parce qu’il saute dans l’eau sans faire attention. Les membres de l’Opus Dei doivent agir ainsi pour recruter des membres.

Candidat siffleur: Nom qui se trouve sur la liste de Saint Joseph.

Canziones:

Chants, généralement espagnols, de l’Opus Dei pour recruter des membres, que les enfants du club ou les candidats siffleurs (= aspirants de l’Opus Dei) apprennent déjà.

Catecismo:

Catéchisme de l’Opus Dei. Instrument de formation, avec questions et réponses. Occasionnellement modifié, il est gardé scrupuleusement sous clef. Il est interdit de prendre des notes à partir du catéchisme.

Ceinture de pénitence:

Ruban métallique, muni d’épines dirigées vers l’intérieur, attaché au haut de la cuisse. Les numéraires et les agrégés (soit la moitié environ des effectifs de l’Opus Dei) doivent le porter quotidiennement pendant au moins deux heures. Information qui dément les propos de l’Opus Dei selon lesquels les instruments de pénitence ne jouent qu’un rôle minime et ne sont utilisés que par une minorité des membres de l’Œuvre. …

Charla Fraterna:

Explication hebdomadaire d’un membre avec son responsable spirituel.

Charla Periodica:

Explication occasionnelle d’un membre avec un prêtre de l’Opus Dei. …

Cinq mille kilomètres:

La distance qui, selon Josémaria Escrivá, devrait séparer ses fils et ses filles (les sections masculines et féminines, ou la Résidence et l’Administration) dans une même famille de l’Opus Dei. …

Confidencia:

Confession des membres au sein de la Charta Materma.

Correctio fraterna:

Réprimande adressée à un membre par un autre témoin d’un manquement de la personne réprimandée contre l’esprit de l’Œuvre. Cette admonestation est précédée, la plupart du temps, d’une consultation auprès d’un supérieur.

Cours annuel:

Remplace les vacances annuelles. Il est d’une durée de trois semaines consacrées à la formation en philosophie, théologie et psychologie.

Cronica:

Revue interne des responsables, qui n’est accessible directement qu’aux numéraires et qui doit être gardée sous clef par les directeurs des centres.

Cuadernos:

Œuvre, en neuf volumes, avec les instructions concernant la vie intérieure, également gardée sous clef. …

Esprit et pieuses habitudes:

Écrit en latin (De spiritu et de pius servandis consueiudinibus) avec de brefs paragraphes concernant la vie interne de l’Opus Dei. Trouve ses origines dans les Constitutions. À garder scrupuleusement sous clef.

Examen particulier: Le point que fixe le directeur spirituel lors de la Charla Fraterna et pour lequel la personne concernée doit fournir un effort particulier dans la semaine qui suit. …

Famille: Communauté de l’Opus Dei. A débuté en 1932 avec le père de Josémaria Escrivá, la grand-mère (abuela) Dolores, la tante (tia) Carmen et Santiago qui vivaient ensemble. Elle a plus d’importance que la famille de sang respective des enfants (= membres de l’Opus Dei). Les organisations de type secte aiment s’appeler “famille”.

Fidelitas: Promesse d’appartenir à vie à l’Opus Dei et admission juridiquement définitive, possible à l’âge de vingt-trois ans au plus tôt. La promesse est faite par des numéraires et des agrégés, les surnuméraires ne sont que rarement admis. En plus du contrat général à vie (comparer également Admissio et Oblatio), les candidats à la Fidelitas font encore une promesse spéciale par laquelle ils s’engagent:

1) à éviter tout ce qui pourrait nuire à l’Œuvre ;
2) à exercer la correction fraternelle ;
3) à être encore plus fidèles à l’égard de l’enseignement de l’Église et de l’esprit de l’Opus Dei.

Fouet:

Fouet à cinq bouts pourvus de nœuds (obligatoire pour les hommes) ou fait de cordes en nylon auxquelles on a attaché de grosses et lourdes boules pourvues d’épines (obligatoire pour les femmes). Est utilisé par les numéraires et agrégés le samedi, pour une durée correspondant au Salve Regina ou Regina Coeli.

Glosas: Instructions en cinq volumes, décorés avec cinq couleurs distinctes, pour la formation des candidats entrant à l’Opus Dei. Pour ceux qui sont admis à la Société sacerdotale de la Sainte-Croix (brun clair) ; pour les laïcs célibataires à Saint-Michel, numéraires (rouge) ; agrégés (bleu) ; pour les mariés, à Saint-Gabriel (bleu foncé) ; pour les jeunes, à Saint-Raphaël (brun). À garder scrupuleusement sous clef. …

Habitudes:

Exercices spirituels dans le déroulement d’une journée. À distinguer des normes (voir Esprit et pieuses habitudes).

Index: Index librorum prohibitorum. Liste de livres interdits établie par le Saint-Siège – avec punition de l’Église – introduite en 1559 et abolie en 1966. Continue à être d’application au sein de l’Opus Dei, et de manière plus sévère: plus de mille titres (par exemple: Küng, Luther, Lessing, Brecht, Pasternak) auxquels de nouveaux viennent sans cesse s’ajouter. Classification: 1) pas d’objection ; 2) uniquement permis dans le cadre d’une formation doctrinale préparatoire ; 3) tombe sous l’interdiction interne ; 4) tombe sous l’interdiction morale générale.

Inscrito/Inscrita: En espagnol: inscrit/inscrite. Numéraire qui, en plus d’un contrat normal, se lie à la prélature par un contrat supplémentaire et qualifié pour les tâches de direction. Pas mentionné dans les statuts mais dans les écrits internes (par exemple, Vademecum). Les noms des inscrits sont inconnus de la plupart des membres de l’Opus Dei.

Jour de veille: Un jour par semaine pendant lequel chaque membre de l’Opus Dei consacre une attention toute particulière à sa prière ainsi qu’à la réalisation de l’esprit opusdéiste, des normes et des habitudes envers lui-même et les autres (voir Correctio fraterna). Comprend le Sleeping.

Lanterne rouge: La dernière personne à être devenue membre d’un centre porte la lanterne rouge de manière symbolique et la transmet dès qu’un nouveau membre est recruté.

Lettre: Demande d’admission que le candidat siffleur (ou la candidate siffleur) adresse par lettre recommandée, à l’âge de seize ans et demi au plus tôt, à son ordinaire compétent à la prélature. Celui qui veut devenir numéraire ou agrégé écrit la lettre au prélat ; les futurs surnuméraires l’adressent au vicaire général compétent. …

Liste de Saint Joseph: Liste des candidats siffleurs possibles, qui est établie au Centre le dix-huit mars de chaque année (la veille de la fête de Saint Joseph et de la fête du fondateur Josémaria Escrivá) et qui est gardée sous clef. Durant une année, on essaye de recruter des candidats pour l’Opus Dei et, le dix-huit mars de l’année suivante, l’enveloppe contenant la liste de Saint Joseph est ouverte. Les recruteurs efficaces seront mis à l’honneur. Souvent, il existe trois listes différentes, selon les trois groupes de membres. …

Minute héroïque: Se lever tout de suite le matin, immédiatement après que la sonnette (du réveil-matin) ait retenti.

Mortification: a) Mortification obligatoire: par exemple, le fouet et le cilice ; dormir sur un lit blanc (uniquement pour les femmes numéraires) ; minute héroïque ; pas de sieste.

b) Mortification volontaire:

par exemple, être gentil ; le matin, une douche froide ; pas de bain dans une baignoire ; être assis sur une chaise sans s’appuyer ; pas de tartine beurrée. …

Noticias: Revue interne de la section féminine de l’Opus Dei, qui est gardée sous clef. …

Oblatio: Renouvellement annuel des liens contractuels avec l’Opus Dei. En règle générale, cinq fois jusqu’à la Fidelitas. La promesse faite lors de l’incorporation (Admissio) est renouvelée. …

Obras: Revue interne de l’Opus Dei, qui est gardée sous clef. …

Pêche: De l’espagnol: pesca. Recrutement de nouveaux membres (voir Canziones).

Piothèque: La bibliothèque fermée à clef dans un centre de l’Opus Dei. …

Preces: Prière de la famille de l’Opus Dei, obligatoire sauf pour les non-membres. Elle contient des demandes adressées à Marie, Joseph et les anges, pour le pape, pour l’évêque. Pour les bienfaiteurs de l’Opus Dei et pour le fondateur. Les Preces, et quelques autres prières, ne doivent être accomplies qu’en latin, et avec la prononciation romaine. …

Saint-Gabriel: Œuvre de l’Opus Dei pour les gens mariés qui veulent être acceptés dans les rangs de l’organisation.

Saint-Michel: Œuvre de l’Opus Dei pour les célibataires qui veulent être acceptés.

Saint-Raphaël: Œuvre de l’Opus Dei pour les enfants et les jeunes qui veulent être acceptés. …

Séminaire des siffleurs: Réunions spéciales pour non-membres prêts à entrer dans l’Opus Dei.

Siffler: Entrer à l’Opus Dei. …

Sleeping: Repos nocturne sur le plancher au moins une fois par semaine. Les numéraires féminins qui dorment dans un lit renoncent, une fois par semaine, à leur oreiller, ou le remplacent par un livre.

Vademecum: Guide. Écrit en sept volumes, établi en différentes couleurs avec des indications précises et pratiques pour la vie quotidienne à l’Opus Dei. Les dispositions d’application des Statuts et d’Esprit et pieuses habitudes sont à garder scrupuleusement sous clef. La première version a été écrite par Josémaria Escrivá, mais elle a été retravaillée pour la prélature personnelle: De publicationes internas (rouge) ; De los consejos locales (bleu foncé) ; Del apostolado de la opinion publica (orange) ; De liturgia (bordeaux) ; De sacerdotes (violet) ; De las Fedes de los Centros (vert) ; De Ceremonias Liturgicas (gris).” …

Divers: Et le Da Vinci Code ?

Le Da Vinci Code est un roman écrit par Dan Brown en 2003 et adapté au cinéma par Ron Howard en 200652. Il s’agit d’une œuvre qui présente un Opus Dei et un christianisme de pure fiction.

Nous partageons avec quelques nuances les cinq points de réplique de l’Œuvre à ce sujet;

« En résumé voici les principaux problèmes concernant Da Vinci Code:

1. Il s’en prend à l’Église catholique et à ce qu’elle croit sur Jésus-Christ, à la Bible, et à l’autorité de l’Église.
2. Il prétend être parfaitement précis et basé sur des faits, ce qui est faux.

3. Il réécrit et donne une interprétation erronée de l’histoire séculaire de l’Église.
4. Il met en exergue des idées néo-gnostiques, féministes radicales.

5. Il propage une attitude indifférente et relativiste envers la vérité et la religion. »53

Finalement l’Opus Dei a profité du Da Vinci Code pour renforcer sa communication. Le “Figaro Magazine” affirmait en 2007 que

« le site internet de l’Œuvre en France recevait une moyenne de 7.000 visites par mois avant 2004 ; il en affiche aujourd’hui 21.000. Le site mondial en décomptait 1 million en 2005 ; pour chacun des trois premiers mois de 2006, cette moyenne est passée à 13 millions ».54

L’affaire Catherine Tissier

A l’issue du procès, la justice a donc ordonné la publication du communiqué suivant dans les journaux “Le Figaro” et “La Croix”:

« Par arrêt du 26 mars 2013, la Cour d’Appel de Paris a condamné l’ACUT à une amende de 75.000 €, Madame BARDON DE SEGONZAC et Madame DUHAIL, responsables de l’École Technique Hôtelière de Dosnon et du Centre International de Rencontres de Couvrelles (Aisne), à une amende de 3.000 € chacune pour travail dissimulé en ayant fait une exploitation abusive du travail bénévole de membres de l’Opus Dei et pour rétribution contraire à la dignité en ayant profité du jeune âge et de la situation de dépendance de ses pensionnaires, élèves ou stagiaires, ainsi que de la vulnérabilité d’une numéraire auxiliaire (Catherine Tissier) pour rémunérer insuffisamment ou se passer de rémunérer leur travail. »

Les personnes qui veulent consulter l’integralité de l’arrêt de la Cour d’Appel peuvent le consulter sur internet55:

Massimo Introvigne, directeur du Centro Studi sulle Nuove Religioni – CESNUR), affirmait en septembre 2011 que le seul lien existant entre l’école Dosnon et l’Opus Dei consiste en l’assistance spirituelle. Autrement dit l’Opus Dei fournirait un service d’aumônerie à l’école hôtelière sans plus56.

C’est également la thèse officielle du mouvement:

« L’appartenance de Catherine Tissier à l’Opus Dei jusqu’en 2001 et la prise en charge de l’aumônerie de l’école Dosnon par cette institution de l’Eglise Catholique ont suffi à certains pour considérer qu’elle était partie prenante dans ce procès »57.

Quelques remarques nuancent cette opinion:

1. L’arrêt de la Cour d’Appel déclare que les protagonistes de l’affaire sont ou étaient membres de l’Opus Dei58

2. D’après la parution du jugement ci-dessus dans la presse Madame BARDON DE SEGONZAC et Madame DUHAIL, sont les responsables de l’École Technique Hôtelière de Dosnon et du Centre International de Rencontres de Couvrelles, abrités dans le même château.

3. Un ancien professeur de l’école, ex-numéraire auxiliaire, a indiqué au procès en appel que l’école avait été créée pour pallier le manque de personnel du Centre de Rencontres59

4. Le château de Couvrelles, est répertorié comme appartenant à l’Opus Dei dans la carte de ses établissements qui proposent des activités de formation spirituelle60

5. L’opusien Henri Mondion déclare sur son site que l’ancien prélat de l’Œuvre, Alvaro del Portillo (+ 1994) a séjourné à Couvrelles en 1986 et qu’il l’y a rencontré61. Quand on sait que l’école hôtelière et le centre de Couvrelles de l’Opus Dei sont dans le même château et que les élèves de l’école font leurs “stages” dans le centre, comment croire qu’il n’existe qu’un lien d’ordre spirituel.

6. Il est connu que l’Opus Dei utilise des sociétés écrans62. Ne serait-il pas possible que l’Association de Culture Universitaire et Technique (ACUT) qui gère l’école Dosnon, soit l’une d’entre elles ?

7. Sur le site d’information du CIDE, l’école hôtelière Dosnon est présentée comme une institution catholique dépendant de la Prélature de l’Opus Dei63.

Le moins qu’on puisse dire est que l’ACUT et l’école hôtelière sont proches de l’Opus Dei64.

Les personnes concernées se sont pourvues en cassation65. Donc l’affaire est à suivre.

Dans son dépliant « Chercher Dieu dans la vie ordinaire »66, l’Opus affirme que l’âge de 18 ans est requis pour s’engager:

« Lorsque leur décision a mûri suffisamment, elles (les personnes) peuvent demander à être admises. Dix-huit mois plus tard, si elles ont toujours la ferme conviction que leur place est là, elles peuvent s’engager dans l’Opus Dei. L’âge minimal pour prendre cet engagement est de 18 ans. Il doit ensuite être renouvelé chaque année pendant au moins cinq ans, avant de pouvoir devenir un engagement à vie. »

Pourtant, en 1987, Catherine Tissier s’est engagée dans l’Œuvre par les promesses d’obéissance, de pauvreté et de chasteté avant l’âge de 16 ans67. On peut quand même se demander si elle était assez mature pour faire de telles promesses en toute connaissance de cause.


Conclusion

En conclusion on peut citer les critères de discernement d’une secte élaborés par le Vatican68:

Les 11 caractéristiques des mouvements religieux destructifs selon le Vatican

Caractéristique n° 1: Un processus subtil d’introduction du converti et (une) découverte progressive de ses véritables interlocuteurs ; ainsi que l’approche générale basée sur la tromperie et la séduction.

Caractéristique n° 2: Utilisation de techniques de domination: “matraquage d’amour” (“love-bombing”), etc.

Caractéristique n° 3 Réponses toutes faites… on force quelquefois la décision des recrues.

Caractéristiques n° 4  et 5: Usage de la flatterie et contrôle grâce à la distribution d’argent, de médicaments.

Caractéristique n° 6: Exigence d’un abandon inconditionnel au fondateur, au leader.

Caractéristique n° 7: Utilisation de l’isolement: contrôle du processus rationnel de pensée, élimination de toute information ou influence extérieure (famille, amis, journaux, … etc.) qui pourrait briser la fascination et le processus d’assimilation des sentiments, des attitudes et des modèles de comportement.

Caractéristique n° 8: Détournement des recrues de leur vie passée, insistance sur les comportements passés déviants, comme l’usage de la drogue, les méfaits sexuels ; moquerie du sujet, des troubles psychiques, du manque de relations sociales, etc.

Caractéristique n° 9: Méthodes d’altération de la conscience conduisant à des perturbations de la connaissance (“bombardement intellectuel”), utilisation de clichés inhibant la réflexion, systèmes logiques clos, limitation de la pensée.

Caractéristique n° 10: Maintien des recrues dans un état d’occupation continue, en ne les laissant jamais seules ; exhortation et formation continuelles dans le but d’arriver à un état d’exaltation spirituelle, de conscience émoussée, de soumission automatique aux directives ; écraser la résistance et la négativité.

Caractéristique n° 11: Forte concentration sur le leader ; certains groupes peuvent même diminuer le rôle du Christ en faveur du fondateur (dans le cas de “sectes chrétiennes”).

Il convient évidemment d’appliquer ces caractéristiques également aux mouvements catholiques eux-mêmes, y compris à l’Opus Dei. Nous avons produit quelques opinions de différentes personnes qui permettront à chacun de se faire une idée.

En terminant, voici les quatre directives du cardinal Hume, archevêque catholique de Westminster à l’Opus Dei en décembre 1981 pour son diocèse:

1. Aucune personne âgée de moins de 18 ans ne doit être autorisée à prononcer de vœux ou à prendre des engagements à long terme, en relation avec l’Opus Dei ;

2. Il est essentiel que les jeunes qui désirent entrer dans l’Opus Dei s’en ouvrent à leurs parents ou à leurs tuteurs légaux. Si, par exception, il existe des raisons fondées pour que l’on n’entre pas en contact avec leurs familles, ces raisons doivent, dans tous les cas, être débattues avec l’évêque local ou son délégué ;

3. S’il est admis que ceux qui adhèrent à l’Opus Dei prennent les devoirs et les responsabilités propres aux membres, il faut bien veiller à respecter la liberté de l’individu ; tout d’abord la liberté, pour l’individu, d’adhérer à l’organisation ou de la quitter sans que s’exerce une pression indue ; la liberté, pour l’individu, à quelque étape que ce soit, de choisir son propre directeur spirituel, que ce directeur soit ou non membre de l’Opus Dei ;

4. Les initiatives et les activités de l’Opus Dei dans le diocèse de Westminster doivent porter la claire indication qu’elles sont patronnées et dirigées par lui.

Je suis convaincu que ces quatre directives ne gêneront nullement l’Opus Dei dans son travail apostolique mais l’aideront à adapter sa spiritualité à nos traditions.”

Nous recommandons quatre sites internet aux personnes qui veulent aller plus loin au sujet de l’Opus Dei:

Sites favorables:

    • Site de l’Opus Dei en français opusdei.fr
    • Site consacré au fondateur fr.josemariaescriva.info

Sites défavorables:

    • Site internet d’anciens membres opuslibre.free.fr
    • Opus Dei info, une mine de documents opus-info.org

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Jacques LEMAIRE

Jacques LEMAIRE est né en 1950, décédé en octobre 2022
Il a étudié la théologie dans l’Église catholique romaine, où il se destinait à la vie monastique. Il s’est converti en 1971. Il est pasteur de l’Assemblée Chrétienne de Courcelles (Belgique), qu’il a fondée en 1980 avec son épouse Danièle BRACQ. Il se consacre à l’enseignement biblique. Il est en outre membre du comité directeur de Vigi-Sectes, directeur du Centre de Formation Chrétienne et il collabore à la formation de pasteurs et de responsables d’Églises locales.

1 viechretienne.catholique.org/saints/33909-saint-josemaria-escriva-de-balaguer

2 culture-et-foi.com/critique/edith_richard_opusdei_canonisation.htm

3 vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20021006_escriva_fr.html

4 fr.escrivaworks.org/book/chemin.htm

5 fr.wikipedia.org/wiki/Josemaía_Escrivá_de_Balaguer

6 fr.wikipedia.org/wiki/Javier_Echevarría_Rodríguez

7 eglise.catholique.fr/ressource-annuaires/lexique/definition.html

8 opusdei.fr/art.php?p=12472

9 atheisme.org/opus.html

10 opusdei.fr/art.php?p=25495

11 benoit-et-moi.fr/2012%20%28II%29/045500a02d0f3c31a/045500a0730809002.html

12 Sauf indication contraire ces statistiques sont tirées du site de l’Opus Dei: opusdei.fr/

13 opusdeifrance.com/lopus-dei-en-bref/

14 lalibre.be/light/societe/l-opus-dei-oorigine-recrutement-et-organisation-12-

51b8fa0ae4b0de6db9c9de01

15 besoindesavoir.com/article/617923/opus-dei-armee-secrete-pape

16 lalibre.be/light/societe/l-opus-dei-origine-recrutement-et-organisation-12-

51b8fa0ae4b0de6db9c9de01

17 zenit.org/fr/articles/l-opus-dei-au-dela-des-mythes-enquete-du-vaticaniste-john-l-allen

18 fr.josemariaescriva.info/article/la-societe-sacerdotale-de-la-sainte-croix

19 fr.be.opusdei.org/art.php?p=37142

20 zenit.org/fr/articles/l-opus-dei-au-dela-des-mythes-enquete-du-vaticaniste-john-l-allen

21 fr.wikipedia.org/wiki/Juan_Luis_Cipriani_Thorne

22 fr.wikipedia.org/wiki/Julián_Herranz_Casado

23 fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_de_J%C3%A9sus

24 zenit.org/fr/articles/l-opus-dei-au-dela-des-mythes-enquete-du-vaticaniste-john-l-allen

25 idem

26 prevensectes.com/opus14.htm

27 lalibre.be/light/societe/l-opus-dei-origine-recrutement-et-organisation-12-

51b8fa0ae4b0de6db9c9de01

28 L’université de Navarre, à Pampelune, fondée en 1952 (le campus comprend 20 facultés et une clinique universitaire); L’université internationale de Catalogne à Barcelone ; L’IESE Business School (1952) à Barcelone qui dépend de l’université de Navarre.; L’université pontificale de la Sainte-Croix à Rome; L’université Campus Bio-Medico à Rome ; Le Lexington College à Chicago ; L’université de Piura à Piura (Pérou) ; L’université Strathmore à Nairobi ; L’université panaméricaine à Mexico ; L’université de La Sabana, à Chia, en Colombie; L’université des Andes, à Santiago, au Chili; L’université Monteavila, à Caracas fr.wikipedia.org/wiki/Opus_Dei#Universit.C3.A9s

29 opusdei.fr/art.php?p=12046

30 fr.wikipedia.org/wiki/Álvaro_del_Portillo

31 zenit.org/fr/articles/opus-dei-mgr-alvaro-del-portillo-bientot-beatifie

32 opusdei.fr/

33 fr.josemariaescriva.info/article/l27objectif-de-l27opus-dei

34 dekamer.be/FLWB/pdf/49/0313/49K0313008.pdf

35 prevensectes.com/rev0804.htm#15

36 opus-info.org/index.php?title=

Controverse_entre_Jacques_Trouslard_et_Dominique_Letourneau

37 La théologie de Jacques Trouslard est-elle vraiement catholique? Le salut par les œuvres indique plutôt le contraire.

38 opusdei.fr/art.php?p=17444

39 opus-info.org/index.php?title=Plan_de_vie

40 Golias Magazine N° 129, novembre/décembre 2009, bimestriel.

41 agoravox.fr/tribune-libre/article/les-methodes-totalitaires-de-l-67682

42 fr.wikipedia.org/wiki/Opus_Dei#Question_du_secret

43 lalibre.be/light/societe/l-opus-dei-origine-recrutement-et-organisation-12-51b8fa0ae4b0de6db9c9de01

44 monde-diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/1804

45 fr.josemariaescriva.info/article/opus-dei-fondateur-benie-soit-la-douleur

46 lalibre.be/light/societe/l-opus-dei-influence-financement-secrets-et-sacrifices-corporels-22-51b8fa15e4b0de6db9c9dfde

47 fr.josemariaescriva.info/article/opus-dei-fondateur-st-josemaria-escriva-questions-sur-le-mariage

48 monde-diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/1804

49 fr.josemariaescriva.info/article/que-pensait-escriva-d92hitler-et-du-nazisme3f

50 golias-news.fr/article855.html

51 Les Preces, (Preca au singulier), sont des chants propres à la messe hispanique, qui se récitent seulement lors du Carême avec un caractère pénitentiel. Elles ont une forme de litanie à laquelle l’on répond avec une petite acclamation ; habituellement, Miserere Nobis.

52 fr.wikipedia.org/wiki/Da_Vinci_Code

53 fr.be.opusdei.org/art.php?p=12414‎ ; opusdei.fr/art.php?p=12417

54 lefigaro.fr/lefigaromagazine/2006/04/21/01006-20060421ARTMAG90512-

l_opus_et_le_da_vinci_code.php

55 Arrêt_de_la_Cour_d’Appel_de_Paris_condamnant_les_représentants_de_l’Opus_Dei_ dans_l’affaire_d’une_numéraire_auxiliaire.pdf

56 zenit.org/fr/articles/france-proces-contre-l-opus-dei-une-instrumentalisation

57 opusdei.fr/art.php?p=45419

58 Arrêt_de_la_Cour_d’Appel_de_Paris_condamnant_les_représentants_de_l’Opus_Dei_dans_l’affaire_ d’une_numéraire_auxiliaire, p 19

59Arrêt_de_la_Cour_d’Appel_de_Paris_condamnant_les_représentants_de_l’Opus_Dei_dans_l’affaire_d’une_numéraire_auxiliaire, p 19

60 ..https://maps.google.fr/maps/ms?ie=UTF8&hl=fr&msa=0&msid= 107357370250982573662.0004569f9bda38e90ab39&z=6

61 henri.mondion.free.fr/index.php/2013/07/05/don-alvaro-bienheureux-jean-paul-ii-et-jean-xxiii-canonises/

62 monde-diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/1804

63 enseignement-prive.fr/lycee-enseignement-professionnel/242-ecole-technique-d-hotellerie-dosnon.php

64 lefigaro.fr/flash-actu/2013/03/26/97001-20130326FIL www00576-l-asso-proche-de-l-opus-dei-condamnee.php

65 opusdei.fr/art.php?p=52833

66 multimedia.opusdei.org/pdf/fr/tract_opus_dei.pdf

67Arrêt_de_la_Cour_d’Appel_de_Paris_condamnant_les_représentants_de_l’Opus_Dei_dans_l’affaire_d’une_numéraire_auxiliaire, p 14 et 16

68 opuslibre.free.fr/v/spip.php?article27

Holiness Revival Movement Worldwide

Réponse à une demande d’attestation concernant le mouvement « Holiness Revival Movement Worldwide ».

C’est un mouvement aux origines africaines conduit par Paul Rika. Page facebook.

Nous pouvons découvrir une organisation parallèle en Angleterre.
Nous ne savons rien concernant l’appartenance ecclésiastique et la consécration pastorale de Paul Rika.
La brève présentation du mouvement trouvé sur internet ne nous donne pas d’avantage d’informations

PAPE REVIVAL mouvement mondial ­ GHANA
HEURE DE FIN PAPE REVIVAL MOUVEMENT
alias
(NON ­ CONFESSIONNELLE)

basé sur la tête (non confessionnel) au Nigeria.

Bienvenue à la Sainteté Revival mouvement mondial, le Ghana, le produit de la Sainteté Revival mouvement mondial HOREMOW est de propager la justice et la sainteté du Christ dans les églises et les nations du monde à travers croisades, réunions Revival, conférences, et la propagation de Sainteté Littérature et vidéos dans le monde entier. Pour toutes les façons astucieuses de Satan contre les chrétiens, Dieu a ressuscité son étendard en révélant ciel et l’enfer à Ses serviteurs pour l’humanité d’interdire stratégies sataniques.

Nous savons grâce a cette brève présentation du mouvement que celui­ci est non confessionnel.
Il n’est ainsi rattaché a aucune mouvance protestante évangélique ou catholique romaine.
Les infos que l’on trouvent sur internet sont peux nombreuses, et ne permettent pas d’avoir une réelle idée sur l’organisation.

Il existe une présentation concernant une action visant des enfants au Nigeria, mais là non plus pas de possibilité réelle de suivit des actions et des opérations financières.

Ce qui est inquiétant, c’est que ce soi­disant pasteur africain Paul Rika, s’associe avec le Sadhu Sundar Selvaraj

MESSAGE BY PROPHET SADHU SUNDAR SELVARAJ “OUR GOD IS WITH US IN … KNOW YOUR GOD By Pastor Paul Rika 08056834323; …

Ce dernier est une sorte de prophète du catastrophisme. C’est une sorte de télé­-évangéliste manipulateur.

Rev. Sadhu Sundar Selvaraj, Chef de Jésus ministères et directeur général Ange TV, Il est principalement présent sur Facebook, et généralement tout les commentaires et toutes les vidéos sont en anglais. Il est connu pour son mysticisme, qui est relayé par Paul Rika et le mouvement « Holiness Revival Movement Worldwide »:

  • Les messages concernent généralement des révélations prophétiques hasardeuses et incontrôlables.
  • Les messages et les images portes essentiellement sur du catastrophisme apocalyptique.
  • Tout est basé sur une création d’ambiance, ou la peur sert à manipuler les masses:Exemple:
    Le prophète Sadhu Sundar Selvaraj, a déclaré en Avril 2013, lors du Rassemblement de prière nationale 24 à Cuneta
    Astrodome, qu’une grave maladie se propage partout dans le monde, qui va consommer la chair d’hommes et de percer à travers les os.
  • Ce système de manipulation est connu:
    • Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion.
    • Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court­circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus.
    • De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y
      implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
      Généralités éblouissantes et mots vertueux: les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l’auditoire. Par exemple, faire appel à l’amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l’honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l’esprit critique de l’auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.

Une secte vise l’instabilité familiale, les biens mobiliers et immobiliers, ainsi que l’intégrité mentale et spirituelle des personnes concernées. Parfois, il existe de l’agression physique pouvant conduire aux pires situations.

Concernant cette mouvance, Je n’ai pu obtenir aucun témoignage de spoliation financière, où d’actes délictueux avérés qui pourrai les porter en justice. Cela ne veut pas dire que dans l’avenir nous n’ayons d’avantages d’informations et de témoignages.

Aujourd’hui, je ne peux qu’émettre une sérieuse réserve sur des manipulations de l’esprit au nom d’un Christianisme très particulier.

Votre témoignage de déstructuration familiale liée a ce type de croyance et les médias que j’ai visualisé pousse a la plus grande prudence.

Pour l’association Vigi­-Sectes, Monsieur Frank Van Muylem


NDLR:  C’est un schéma classique de plus en plus fréquent, le “pasteur” ne se satisfait pas de le révélation des Saintes Écritures, mais ouvre une porte à une multitude de témoignages extra-bibliques, comme ceux des personnes ayant eu une expérience de mort et retour à la vie, et ayant parler avec “Jésus”.

L’Apôtre Paul nous rappelle que la Parole de Dieu révélée dans les Écritures est suffisante:

2Tim 3:14-16
Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises; dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus Christ. Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice.

KWASIZABANTU

 Si quelqu’un porte dans le pan de son vêtement de la chair consacrée, et qu’il touche avec son vêtement du pain, des mets, du vin, de l’huile, ou un aliment quelconque, ces choses seront-elles sanctifiées? Les sacrificateurs répondirent: Non!  Et Aggée dit: Si quelqu’un souillé par le contact d’un cadavre touche toutes ces choses, seront-elles souillées? Les sacrificateurs répondirent: Elles seront souillées. Hag 2:12-13


Les témoignages critiques qui nous parviennent régulièrement sur le mouvement de Kwasizabantu  ne font pas état de changement la direction du mouvement. Ces témoignages sont confirmés par différente sources. L’article ci-dessous, bien que datant de plus d’une dizaine d’année, garde donc toute sa pertinence.  (Janvier 2017)


Erlo Stegen et le réveil parmi les Zoulous

(1) d’après le livre de Joachim Rosenthal

Résumé et traduction par Eric Ropp, du “Centre de Recherches, d’Information et d’Entraide”.

1. Naissance et développement du mouvement

Le mouvement Kwasizabantu (KSB) a son origine en Afrique du Sud où il a commencé dans les années 60, sur l’initiative de Erlo Stegen, suite à un réveil parmi les Zoulous. Stegen est né en 1935 en Afrique du Sud. Ses ascendants sont issus d’une famille luthérienne allemande (Lüneburger Heide). À l’âge de 15 ans il se convertit et, à 17 ans, il débute une formation de deux années dans un institut biblique à Pretoria (2).
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Un homme s’arrache les 2 yeux pour apaiser la colère des dieux

Monsieur Mudukappa Karadi, un pauvre paysan de 40 ans, s’est auto-mutilé d’abord un œil pour apaiser son dieu Shankaraiajja math ( 2008-08-28).eyestab.jpg (210×133).20150904_105436.001946

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Encyclopédie des sciences religieuses: La religion des Musulmans, ou Mahométisme

Article de l’Encyclopédie des sciences religieuses de 1877–lc-press

Le mahométisme ou islamisme, professé actuellement par plus de cent millions d’individus, est la religion des Arabes, des Persans, des Afghans, des Turcs, des Tartares, de l’Archipel indien, d’une partie de l’Indoustan et de toute l’Afrique septentrionale, depuis l’Egypte jusqu’au Maroc (voir Vambéry, Der Islam in neunzehnten Jahrhundert, Leipzig. 1875). En Chine, rapidement du terrain (voir Dabry de Thiersant, Le mahométisme en Chine et dans le Turkestan oriental, Paris, 1878). En Afrique, il se répand de plus en plus parmi les tribus idolâtres du centre (Bosworth Smith, Mohammed and Mohammedanism, 2e édit.). Mais si cette propagande active, qui pourrait devenir un danger pour l’avenir, mérite de fixer les regards des hommes politiques, le philosophe et l’historien, comme le fait observer Sprenger dans sa belle vie de Mahomet (Das Leben und die Lehre des Mohammed, 3 vol.) n’ont guère moins intérêt à étudier une religion sur la naissance et le développement de laquelle nous possédons les informations les plus sûres et les plus abondantes.

Et d’ailleurs, pendant le moyen âge, l’histoire du mahométisme est l’histoire même de la civilisation. C’est grâce aux musulmans que la science et la philosophie grecques, tirées de l’oubli, sont venues réveiller l’Occident et provoquer le grand mouvement intellectuel qui aboutit à la rénovation de Bacon (voir Renan, Averroès et l’ Averroïsme; Sprenger, ouvrage cité, introd., p. 4 ; Dieterici, Die Lehre von der Weltseele bei den Arabern im X. Jahrhundert, introd ; Dugat, Hist. des philosophes et des théologiens musulmans, préface).

— Au septième siècle de notre ère, le vieux monde agonisait. La conquête arabe lui infusa un sang nouveau. Mahomet avait emprunté sa doctrine tout entière aux étrangers. En échange il leur donna le Coran qui fut le point de départ d’une culture nouvelle ; car c’est pour préserver leur livre sacré contre toute altération que les musulmans durent créer, peu après la mort du prophète, la grammaire, la lexicographie et l’exégèse, laquelle, à son tour, donna naissance à la théologie, sœur de la philosophie. C’est ainsi qu’amenés à la curiosité scientifique, les musulmans, sous le règne des premiers Abbâsides, exhumèrent Aristote, Platon, Euclide, Archimède que par l’intermédiaire des Arabes d’Espagne ils transmirent à nos écoles d’Occident.

— Avant Sprenger, on attribuait le triomphe éclatant de Mahomet à des causes plus ou moins bizarres. Muir y voyait la main de Satan. Selon Carlyle, Mahomet était un de ces héros qui, de temps à autre, apparaissent au monde pour y accomplir l’oeuvre de la prédestination. En Allemagne, on rangeait Mahomet au nombre des prophètes, négligeant d’expliquer ce qu’on entendait par ce terme de prophète. Le premier, Sprenger a fait toucher du doigt la vraie cause du succès de l’islamisme. A l’époque où parut Mahomet, l’empire byzantin et celui des Perses s’effondraient d’eux-mêmes. Les Syriens chrétiens, opprimés par les Grecs, n’aspiraient qu’à s’en affranchir. Les Perses étaient hors d’état de résister. D’autre part, l’islamisme se présentait comme une simple formule à prononcer:

Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allàh, et Mahomet est son envoyé

formule moyennant laquelle on entrait sous la protection d’une nation puissante, libre, égalitaire et victorieuse. C’est donc à la force brutale et à l’intérêt personnel qu’il faut attribuer la rapide extension de l’islamisme. Les premières conversions furent peu sincères. On le vit bien, dans la suite, lorsque les principales provinces Musulmanes devinrent des foyers d’hérésies fondées sur d’anciennes croyances que l’islamisme n’était point parvenu à déraciner. En Arabie même, le mahométisme ne dut son salut qu’à l’extrême division des tribus qui, subjuguées l’une après l’autre, finirent par se ranger sous les drapeaux des plus forts et par faire cause commune avec eux parce qu’ils étaient vainqueurs. Car ni Mahomet ni ses successeurs ne purent extirper cette indifférence naturelle des Bédouins en matière de religion qui faisait dire à Mahomet, dans le Coran (chap. ix, vers. 98):

Les Arabes du désert sont les plus endurcis dans leur infidélité et dans leur hypocrisie, et il faut naturellement s’attendre à ce qu’ils ignorent les préceptes que Dieu a révélés à son envoyé.

Encore aujourd’hui, c’est à peine s’ils connaissent la profession de foi musulmane, et plusieurs voyageurs attestent qu’au lever du jour ils se prosternent devant le soleil. Ces considérations n’ont point échappé au savant auteur de la vie de Mahomet non plus qu’au docte professeur de l’université de Leyde, M. Dozy, à qui la science est redevable d’un excellent Essai sur l’histoire de l’islamisme (traduit du hollandais par Victor Chauvin, Paris, Maisonneuve). Leurs ouvrages seront pour nous les plus sûrs des guides dans l’exposé que nous allons tracer du mahométisme.

— Lorsque parut Mahomet, l’Arabie comptait, au nord, au sud et à l’est, de nombreux adhérents au judaïsme, au christianisme et au parsisme ; mais les Arabes de la Mekke et des régions avoisinantes étaient restés attachés aux superstitions de leurs ancêtres. Ils avaient bien une notion vague d’un être supérieur, qu’il nommaient Allâh (contraction de Al-ilâh « le Dieu ») ; mais ce dieu leur paraissait trop haut pour qu’ils pussent entrer en relations avec lui. Aussi préféraient-ils s’adresser à ses filles, les Djinns, dont l’esprit était censé résider dans certains
arbres et certaines pierres et rochers. Les Bédouins remarquaient-ils quelque belle pierre, ils en faisaient leur idole, l’arrosant du sang de leurs chameaux et lui demandant en échange l’accomplissement de leurs vœux. Le centre du culte était la Kaabah, sorte de temple carré, placé au milieu de la Mekke; et où était adorée notamment l’idole principale de la tribu mekkoise des Qoréïchites, statue d’agate rapportée de Mésopotamie ou de Syrie et appelée Hobal (voir Wüstenfeld, Geschichte der Stadt Mekka, IV, § 14). Ce temple, célèbre dans toute l’Arabie et vénéré par toutes les tribus, était, une fois l’an, l’objet d’un pèlerinage. Chaque tribu y avait dressé son idole, en sorte qu’il en contenait trois cent soixante; au dire des historiens arabes.
On y voyait aussi cette fameuse pierre noire qui passait pour avoir servi de marchepied à Abraham, alors qu’il édifiait la Kaabah. En dehors de ces marques purement extérieures de respect, les Arabes ne se souciaient guère de religion. La notion d’une vie future choquait particulièrement leur bon sens. Or, sans cette croyance, il ne saurait exister de religion digne de ce nom. Pourtant quelques esprits distingués ne se contentaient pas des grossières idées de leurs compatriotes. Déjà Caussin dé Perceval, en son Essai sur l’histoire des Arabes, avait montré que Mahomet eut, dans les hanîfs, de véritables précurseurs (voir Barthélemy Saint-Hilaire, Mahomet et le Coran, p. 69). Sprenger a complété la démonstration. Le mot hanif signifie littéralement « qui penche plutôt d’un côté que d’un autre; qui se détourne de; sectaire. » Or ces hanîfs, rejetant les idoles, inclinaient à croire en un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, et à la volonté de qui les hommes doivent s’abandonner entièrement. En arabe, Islâm est le terme qui désigne cette soumission absolue aux décrets divins, et l’homme qui professe l’Islâm est dit moslim (d’où musulman). On s’explique donc très bien cet aveu de Mahomet, dans le Coran, qu’avant lui il existait déjà des musulmans.

— Les historiens arabes rapportent que plusieurs personnes de la famille de Mahomet et de celle de Khadîdjah, sa première femme, se déclaraient hanîfs, et protestaient contre l’adoration des idoles. Le hanîfisme avait été vraisemblablement introduit à la Mekke par un certain Zéïd ben ‘Amr qui s’était rendu en Syrie tout exprès pour s’y informer de la meilleure des religions. S’étant entretenu avec des juifs et des chrétiens, mais peu satisfait de leurs réponses aux questions qu’il leur posait, il les aurait priés de lui indiquer une autre religion, et ceux-ci l’auraient engagé à embrasser le hanîfisme ou religion d’Abraham, consistant en une simple profession de foi en un Dieu unique. De retour à la Mekke, Zéïd commença à prêcher publiquement l’unité de Dieu. Souvent on le voyait, le dos appuyé contre la Kaabah, adresser des conseils et des reproches à ses concitoyens ; et il disait à haute voix:

Oui, j’en jure par celui qui tient mon existence entre ses mains, je suis le seul parmi vous qui suive la religion d’Abraham

(On sait que les Arabes regardaient Abraham comme le père de leur race) ; après quoi il ajoutait:

O Allàh, si je savais quelle est la formule d’adoration qui te plaît le mieux, je la pratiquerais ; mais je ne la connais pas » (Voir Weil, Sirat ap. Barthélemy Saint-Hilaire, p. 73).

— Mahomet ayant épousé Khadîdjah, riche veuve de la Mekke, subit d’autant plus facilement l’influence des hanîfs que par sa nature il était très porté à la rêverie. il aimait beaucoup à s’entretenir avec Zéïd ben ‘Amr, avec des juifs et des chrétiens ; et depuis que son mariage avec la riche Khadîdjah lui avait enlevé tout souci de la vie matérielle, c’était les idées religieuses qui formaient le sujet ordinaire (le ses méditations. Sa mère Amînah, d’un tempérament très nerveux et très impressionnable, lui avait transmis le germe d’une maladie que ses symptômes, minutieusement décrits par les historiens musulmans, ont permis au docteur Sprenger d’assimiler avec l’hystérie. Les attaques de ce mal très semblable à l’épilepsie faisaient croire aux Qoréïchites que Mahomet était possédé d’un djinn. Lui- même en fut d’abord convaincu. Souvent il s’entendait appeler ; mais il avait beau regarder de tous côtés, il ne découvrait personne. Mahomet avait dépassé sa quarantième année lorsqu’il eut sa première révélation. Un jour (vers 612 de notre ère), se trouvant solitaire, sur le mont Hirâ situé à environ une heure de la Mekke, il s’endormit, accablé par la chaleur, et vit en songe un être surnaturel qui, s’approchant vivement, lui dit:

iqra’ « prêche. »

Il paraît certain qu’à cette époque Mahomet se sentait déjà poussé à prêcher l’unité de Dieu, voulant imiter en cela Zéïd ben’Amr et peut-être aussi d’après les conseils de Bahîrâ (voir l’article Coran). La vision qu’il eut d’un ange lui ordonnant de prêcher doit être sûrement attribuée à la surexcitation de son cerveau sous l’empire de ses préoccupations religieuses. Toutefois, c’était avec appréhension que Mahomet envisageait les luttes qu’il aurait à soutenir contre lès Mekkois s’il se décidait à combattre ouvertement leurs croyances établies: aussi, épouvanté de l’ordre que son propre esprit lui intimait en songe, répondit-il à l’ange:

Je ne suis pas un prédicateur.

Par deux fois l’être surnaturel répéta son commandement et par deux fois Mahomet le repoussa ; puis il se réveilla. Pendant longtemps il attendit en vain que la vision se renouvelât, et, persuadé qu’il avait été en butte à l’obsession d’un djinn, il résolut de mettre fin à ses jours en se précipitant du haut du mont Hirâ. A ce moment même, l’esprit se montra à lui et le salua du titre d’envoyé de Dieu. Cependant, Khadîdjah, inquiète de l’absence prolongée de son mari, avait envoyé des gens à sa recherche. Rentré près de sa femme, Mahomet lui fit part de ses visions et des doutes qu’elles suscitaient dans son âme. Khadîdjah, dit la tradition, le consola de son mieux, l’assurant que rien ne pourrait ébranler sa foi en lui et que Dieu l’avait certainement choisi pour être le prophète de sa nation. Néanmoins, effrayée de la confidence qu’elle avait reçue, elle eut recours aux lumières du vieux Waraqah, son cousin, hanîf comme elle. Celui-ci ne parut nullement étonné de ce qu’il apprenait.

Si ce que tu viens de me raconter est vrai, dit-il, ton mari a reçu une révélation et sera le prophète de notre peuple.

Peu après, Waraqah ayant rencontré Mahomet, l’aurait engagé à obéir aux ordres de l’ange et à prêcher. A partir de cette époque, Mahomet se crut réellement appelé à propager une religion nouvelle et si plus tard il trompa réellement ses compatriotes en leur donnant comme révélés des récits qu’il tenait du juif Bahîrâ ou en promulguant comme divines des lois dictées souvent par son caprice, c’est qu’ayant foi en sa mission, il pensait que le but justifie les moyens. Au surplus il faut distinguer trois périodes dans la carrière prophétique de Mahomet. La première, pendant laquelle il n’a que des idées peu arrêtées sur sa propre religion, est consacrée à détruire le paganisme et à y substituer la croyance en un seul Dieu et à une vie future dans laquelle seront récompensées les bonnes actions et punies les mauvaises. Dans la seconde période, Mahomet aux prises avec les Qoréïchites incrédules et railleurs se voit forcé d’improviser des réponses à des objections qu’il n’avait pas prévues

Si, lui disaient les Qoréïchi tes, tu es réellement l’envoyé d’Allah, opère quelque miracle.

Mis au pied du mur, Mahomet en est réduit à présenter le Coran même comme un miracle.

Eh bien, repartissent, les Qoréïchites, ton Coran a beau être un miracle il ne nous convainc pas. Pourquoi ton dieu, qui est si puissant, ne change-t-il pas nos cœurs ?

Ici, Mahomet répond par ce pitoyable argument:

Dieu dirige dans le vrai chemin qui il veut, et égare qui il veut. Vous êtes du nombre des égarés, ô Qoréïchites, et de ceux que de toute éternité Dieu prédestinait au feu de l’enfer.

Ainsi crée Mahomet par boutade son dogme de la prédestination, dogme qui est en contradiction
manifeste avec celui de l’acquisition, par les actes, du mérite ou du démérite. Cette contradiction n’échappa nullement aux fidèles, qui, du vivant même de Mahomet, lui exprimèrent leur étonnement.

Si tout est fixé d’avance, ô messager de Dieu, dit un jour un musulman à Mahomet, pourquoi donc agirais-je?

Mahomet, fort irrité de cette question indiscrète, répondit avec humeur que l’homme, ne sachant s’il était prédestiné au paradis ou à l’enfer, devait agir comme si ses actes n’étaient pas déterminés d’avance (voir S. Guyard, ‘Abd arRazzáq et son traité de la prédestination et du libre arbitre dans le Journal asiatique de février-mars 4873).

— Dans la troisième période, Mahomet, devenu le chef d’une puissante communauté, fut conduit à lui prescrire des lois et à régler définitivement les rites et cérémonies du culte. C’est alors qu’en sa qualité de prophète reconnu, il dut revêtir d’un caractère divin les résolutions que lui inspiraient les besoins du moment. Par exemple, Mahomet voulait conserver à la Mekke son rang de capitale de l’Arabie. Il imposa donc aux musulmans, scandalisés d’abord, mais bientôt soumis, de continuer à s’y rendre en pèlerinage pour y accomplir les sept tournées autour de la Kaabah. Or ce pèlerinage était, comme on l’a vu, l’une des anciennes coutumes du paganisme. C’est aussi durant cette période que Mahomet précisa le dogme de l’unité de Dieu, celui de sa mission et celui de la vie future.

— Les premiers convertis furent Khadîdjah, ‘Alî qui épuisa Fâtimah, fille de Mahomet, Zaïd, affranchi du prophète, Aboû Bekr l’un de ses beaux-pères, ‘Othmân et ‘Omar. D’autres, moins illustres, suivirent de près cet exemple. Aboû Bekr et ‘Omar, qui plus tard succédèrent à Mahomet, peuvent être considérés comme les colonnes de l’islamisme naissant. Sans eux, la religion de Mahomet eût infailliblement péri, étouffée dans son germe. Le prophète manquait de sens pratique et d’énergie dans l’action, qualités que possédaient éminemment la première Aboû Bekr et ‘Omar la seconde. Aussi Mahomet ne prenait-il jamais une décision sans l’avis de son beau-père: ‘Omar se chargeait de l’exécution. Et pourtant, malgré l’appui de ces deux hommes, les débuts de la prédication furent extrèmement pénibles. Il n’était pas d’injures et de menaces dont ne fussent accablés Mahomet et ses partisans. C’est pourquoi le prophète conseilla aux premiers musulmans d’émigrer en Abyssinie. La situation de Mahomet, demeuré presque seul, devint si intolérable que dans un moment de faiblesse il apostasia et associa à Allâh trois des idoles Qoréïchites, Allât, ‘Ozza et Manât (Coran, chap. LIII, vers. 19 ss.)

Les fugitifs d’Ayssinie revinrent alors à la Mekke; mais Mahomet s’étant rétracté, la persécution reprit de plus belle. Plusieurs musulmans furent mis à la torture. Sur ces entrefaites, les habitants de Médine, qui détestaient les Qoréïchites, ayant appris ce qui se passait à la Mekke, envoyèrent au prophète une députation pour lui offrir de le protéger lui et les siens. C’était une occasion de manifester leur haine contre les Qoréïchites. En outre, beaucoup de juifs résidaient à Médine: ils entretenaient souvent les Médinois de la venue d’un Messie qui devait faire passer la suprématie des mains des enfants d’Ismaël aux mains des fils d’Israël. Les Médinois virent dans Mahomet le Messie attendu et pour supplanter les juifs, ils s’empressèrent de le reconnaître. Mahomet accueillit avec joie ces ouvertures et députés médinois ayant embrassé l’islamisme et répondu des sentiments de leurs concitoyens, le prophète expédia ses partisans par petits groupes sans que les Mekkois missent obstacle à leur départ. Mais lorsqu’il ne resta plus à la Mekke que Mahomet, Aboû Bekr et ‘Ali, les Qoréïchites commencèrent à se repentir de ne point s’être opposés à la fuite des musulmans. Prévoyant que Mahomet, une fois à Médine, pourrait sérieusement entraver leur commerce en s’emparant des caravanes que chaque année ils envoyaient en Syrie, ils résolurent de mettre à mort leur compatriote. Averti de ce complot, Mahomet s’échappa secrètement de la ville en compagnie d’Aboû Bekr, et, trois jours après, ‘Ali, qui, revêtu du manteau vert du prophète, s’était jeté sur son lit afin de donner le change aux espions Qoréïchites aux aguets, vint le rejoindre à Médine. C’est là ce que les musulmans appellent Hidjrah l’hégire ou émigration de Mahomet. Cet événement, arrivé en de notre ère, est le point de départ de l’ère musulmane.

— Aussitôt installé à Médine, Mahomet s’occupa de régler le culte. Il fit construire un temple, Masdjid (« lieu de prosternation » d’où mosquée) et décida que cinq fois par jour les musulmans seraient appelés à la prière. Son esclave Bilâl fut chargé de ce soin et reçut le titre de Mo’azzin (Muezzin « qui annonce. » ) Les prières devaient être précédées d’ablutions. Pendant la prière, Mahomet remplissait les fonctions d’Imam « modèle » ): c’est-à-dire que, placé en avant des fidèles, et le visage tourné vers Jérusalem, il prononçait à haute voix la prière qui devait être répétée, en imitant tous ses gestes, par les assistants. Mahomet n’avait choisi Jérusalem pour Qiblah ( « point vers lequel on fait face » ) que pour se concilier les Juifs, fort nombreux à Médine. Plus tard, lorsqu’il eut exterminé ces hôtes incommodes qui le battaient sur son propre terrain, il remplaça Jérusalem par la Mekke, sa ville natale, et dès lors tous les musulmans en quelque lieu qu’il se trouvent s’orientent vers la Kaabah, au moment de la prière. Mahomet institua aussi le jeûne, emprunté aux juifs. Seulement il choisit pour le célébrer le mois de Ramadhân (Ramazan chez les Persans et les Turcs) neuvième mois de l’année arabe. A peine eut-il pris ces premières dispositions, le prophète songea à tirer vengeance des Qoréïchites. Par son ordre, les émigrés commencèrent à attaquer des caravanes mekkoises. On fit du butin et ce premier succès enflamma le courage des musulmans. Mais leur ardeur fut portée à son comble lorsque des révélations vinrent déclarer obligatoire la guerre sainte contre les infidèles (djihâd) et promettre aux martyrs de la foi (chahîd, pluriel chohadâ) qu’ils entreraient tout droit en paradis. Un grand nombre d’anecdotes montrent que cette perpective des jardins ombreux du paradis, rafraîchis par des cours d’eau et ornés de houris (Hoûr « femmes aux yeux noirs ») ne fut pas le moindre stimulant du courage des musulmans. Non seulement elle leur faisait mépriser la mort, mais elle la leur faisait désirer. Après quelques alternatives de succès et de revers, Mahomet, dont la puissance croissait de jour en jour, put réunir une armée forte de huit mille hommes et réaliser le but de sa vie. En 630, huitième année de l’hégire, il marcha contre la Mekke et s’en ’empara presque sans coup férir. Bon gré mal gré, les Qoréïchites durent se résigner à devenir musulmans. Ils adoptèrent la religion nouvelle sans enthousiasme, comme bien l’on pense, mais bientôt, comprenant que le pouvoir de Mahomet retombait en leurs mains, ils se rangèrent franchement du côté de leur vainqueur et les autres tribus de l’Arabie, comprenant que toute résistance était impossible, se soumirent à l’envi.

Maître de la Mekke, Mahomet se rendit à la Kaabah. Il donna l’ordre de briser les idoles, mais respecta la pierre noire comme ayant servi de marchepied à Abraham. Quant au pèlerinage, non seulement il ne l’abolit point, mais il en fit un des devoirs fondamentaux de l’islamisme. C’est que par là il assurait à sa propre tribu l’hégémonie et croyait consolider l’unité politique de l’Arabie. Deux ans plus tard, Mahomet s’éteignait à Médine où il fut enterré.

Outre les dogmes fondamentaux de l’unité de Dieu, de sa mission divine, de la prédestination et de la vie futur, Mahomet laissait aux musulmans cinq devoirs d’obligation divine à accomplir:

  • la prière,
  • le jeûne,
  • l’aumône (ou dîme aumônière),
  • la guerre sainte
  • et le pèlerinage.

Il leur laissait aussi, dans le Coran, un code complet pour son époque de lois civiles et criminelles, code qui dans la suite des temps s’est accru des décisions rendues par les khalifes et docteurs de la loi. Nous n’avons pas à nous en occuper ici et nous nous bornerons à faire observer que relativement à la jurisprudence et aux rites les musulmans orthodoxes ont à choisir entre quatre sectes également reconnues qui ont été fondées du premier au troisième siècle de l’hégire par Aboû Hanîfah, Chafi’i’, Malik et lbn Hanbal, et dont les partisans se nomment hanafites, châfi’ites, malikites et hanbalites (voir le tableau si complet de l’islamisme moderne chez d’Ohsson, Tableau général de l’Empire Ottoman.) Nous ne traiterons pas davantage de la morale du Coran, car elle est tout entière empruntée au christianisme (sur les éléments chrétiens du Coran, voir E. Sayous, Jésus-Christ d’après Mahomet, Paris, 1880). Seulement il est important d’ajouter que les effets en sont neutralisés par la théorie de la prédestination qui, en dépit des déclarations de Mahomet relativement au libre arbitre, conduit au fatalisme et détruit toute idée de responsabilité chez l’homme. En vain, les théologiens musulmans ont tenté de réconcilier le déterminisme avec la liberté restreinte, comme l’avait fait déjà Mahomet lorsqu’il répondit à un Arabe qu’il faut agir sans se préoccuper de savoir si l’on est destiné au paradis ou à l’enfer. C’est précisément cette préoccupation qu’il était impossible aux musulmans de bannir de leur esprit, et la certitude de n’être qu’un instrument entre les mains de Dieu devait forcément étouffer en eux toute velléité d’user de leur libre arbitre. La réaction qui se produisit dès le premier siècle de l’hégire contre le dogme inique de la prédestination donna naissance à la secte des mo’tazilites.

— S’il y a conflit dans le Coran entre le libre arbitre et la prédestination, la question de la nature de Dieu ne soulève pas moins de difficultés. Dès que l’étude du livre sacré eut été instituée, au premier siècle de l’hégire, dans des écoles de Koûfah et de Basrah (Bassorah), on vit surgir les premières sectes. Mahomet affirme l’unité absolue de Dieu et déclare qu’en dehors de lui on ne peut admettre aucun principe; il ajoute que Dieu ne doit être comparé à rien, ce qui ne l’empêche pas de parler de la puissance, de la bonté, de la clairvoyance du créateur, de menacer les incrédules de sa colère, tous attributs essentiellement humains. Il dit aussi que Dieu a créé l’univers de ses propres mains, qu’il est assis sur un trône, qu’à la fin des temps tout s’anéantira excepté sa face. Ces expressions, prises au pied de la lettre par les uns, expliquées métaphoriquement par les autres, conduisirent certains docteurs à un anthropomorphisme grossier (les sifâtites), certains au panthéisme. Effectivement les panthéistes soutenaient que puisque Dieu est le seul principe existant, ses attributs et l’univers lui-même avec tout ce qu’il renferme doivent en être une émanation. Ajoutons qu’au surplus le panthéisme ne fit son apparition chez les musulmans qu’assez tardivement et par l’intermédiaire des sectes gnostiques comme les ismaéliens (voir l’article Assassins). Les mo’tazilites, ou dissidents, considérant que la prédestination est incompatible avec l’attribut divin de justice, rejetaient ce dogme et enseignaient le libre arbitre ou création par l’homme de ses actes moraux (voir Steiner, Die Mutaziliten oder die Freidenker im Islâm, Leipzig, 1865). Les djabarites rejetaient au contraire toute participation de l’homme à la création des actes, sous prétexte que Dieu seul a le pouvoir de créer. Au milieu de ces querelles, les orthodoxes étaient fort embarrassés, nous entendons les gens instruits, car la majorité des musulmans ne s’inquiétait guère de ces disputes. Les docteurs orthodoxes s’en tenaient forcément à la lettre du Coran, tenant pour impie quiconque cherchait à pénétrer le mystère de ses contradictions. Sous le khalifat de l’Omayyade ‘Abd-al-Malik, les orthodoxes eurent même recours à l‘ultima ratio. Ils obtinrent du khalife une sentence de mort contre le plus célèbre des théologiens mo’tazilites. Mais un partisan du libre arbitre, Yazîd III, étant monté sur le trône, les doctrines des mo’tazilites se répandirent de plus en plus et ne disparurent qu’au dixième siècle de notre ère.

Ces sectes n’étaient dangereuses que pour l’Église. D’autres, contemporaines aussi des premiers successeurs de Mahomet, s’attaquèrent à l’État même. Nous voulons parler du schisme de kharidjites et surtout de celui des chî’ites qui a divisé et divise encore en deux camps le monde musulman. Le gendre de Mahomet, pouvait espérer succéder immédiatement au prophète. Il se vit préférer Aboû Bekr, ‘Omar et ‘Othman. Et lorsqu’enfin, après le meurtre d’Othman, il fut élu khalife par la majorité des musulmans, il se vit disputer le pouvoir par l’ambitieux préfet de Damas, Mo’âwiyah, le fondateur de la dynastie des Omayyades. ‘Ali aurait pu écraser son adversaire à la bataille de Siffîn, il préféra s’en remettre à la décision de deux arbitres qui le trahirent et le déposèrent. C’est alors que douze mille de ses partisans l’abandonnèrent et, se refusant aussi à reconnaître Mo’âwiyah, déclarèrent que le pouvoir spirituel et temporel, l’Imâmat, devait être confié non pas comme le pensait la majorité à un membre de la tribu qoréichite, mais à tout fidèle qui s’en montrerait digne. Ces révoltés (kharidjites) se retirèrent en Mésopotamie, puis dans le Khoûzistân, en Perse, et il fallut leur faire une guerre d’extermination pour s’en débarrasser. Chassés d’Asie, ils se réfugièrent en Afrique, où ils trouvèrent le meilleur accueil chez les Berbères. Après l’assassinat d’Alî, son fils aîné Hasan ayant résigné le pouvoir entre des mains de Mo’âwiyah, et le cadet, Hosaïn, ayant été mis à mort par ordre de Yazîd, fils et successeur de Mo’âwiyah, les partisans d’Ali n’en restèrent pas moins fidèles à la malheureuse famille du prophète ‘et désormais il n’y eut plus d’accord possible entre eux et entre les musulmans orthodoxes.

Ils reçurent le nom de chîites ou sectaires. Ces chi’ites, persans pour la plupart, étaient par là même hostiles au principe électif en vertu duquel la communauté musulmane avait successivement élevé au khalifat Aboû Bekr, ‘Omar et ‘Othmân. Chez les Perses, la royauté était héréditaire, et le souverain était considéré comme le représentant de Dieu sur la terre. Les partisans d’Alî s’imaginaient donc que le khalifat aurait dû passer directement de Mahomet à son gendre, le prophète ne laissant pas de descendant male. Aussi les trois premiers khalifes sont-ils pour eux nuls et non avenus. Les plus fanatiques allèrent même jusqu’à voir dans ‘Alî une incarnation de la divinité, et cette doctrine se transmit à un grand nombre de sectes qui se réclament des descendants d’Ali: on les nomme chî’ites outrés (Gholât).

Le chî’isme s’est naturellement propagé en Perse où de nos jours il règne encore. Les plus modérés même des chî’ites accusent les sunnites ou orthodoxes d’avoir falsifié le Coran et d’en avoir supprimé tous les passages où Mahomet parlait d’Ali. Nous ne pouvons passer en revue toutes les branches du chî’isme. On en trouvera la description dans l’introduction de S. de Sacy à son Histoire des Druses, dans la traduction allemande, due à Haarbriicker, du Livre des sectes de Chahrastânî (Religionspartheien und Philosophenschulen, Halle, 1850-1851) et dans l’Histoire des philosophes et des théologiens musulmans de M. G. Dugat (Paris, 1878). Nous ajouterons seulement que, sous couleur de chî’isme, d’habiles novateurs introduisirent subrepticement dans l’islamisme les anciennes croyances dualistes et les données philosophiques et gnostiques de l’émanation et de la métempsychose.

De ce mélange naquirent les hérésies des ismaéliens, des assassins, des nosaïris et des druzes qui se répandirent en Perse, en Syrie, en Egypte et dans l’Inde, et sur lesquelles on peut voir nos articles Assassins et Druzes. Le babisme qui a paru en Perse il y a peu d’années est l’héritier direct des anciennes doctrines des chi’ites outrés (voir De Gobineau, Les religions et les philosophies dans l’Asie centrale, Paris, 1866, et le mémoire de Kazem Beg dans le Journal asiatique, fie série, VII et VIII).

— C’est sous les premiers Abbâsides, de 750 à 861 de notre ère, que l’étude de la philosophie grecque s’implanta chez les musulmans. Si, à la vérité, elle détacha de la religion beaucoup de penseurs, on peut dire que du même coup elle assura le triomphe de l’orthodoxie. Les théologiens, mettant la dialectique des philosophes au service de la foi, créèrent ainsi le Kalâm ou théologie scholastique. Le véritable fondateur du Kalâm, Al-Ach’arî, qui vivait au dixième siècle de notre ère, avait commencé par être mo’tazilite. Mécontent des doctrines qu’il professait d’abord il rentra dans le giron de l’Église. Son système, qui prétend concilier la philosophie et la foi, ne peut soutenir un examen sérieux ; mais ik est commode et propre à rassurer les consciences, timorées. Il est donc naturel que, sauf en Perse, l’Ach’arisme ait supplanté toutes les sectes dissidentes. A partir du dixième siècle il reste seul en face de la philosophie et des encyclopédistes de Basrah, dont les traités si curieux ont été traduits en allemand par Dieterici (voir notamment, Die Philosophie der Araber im X. Jahrhundert, Leipzig, 1876. Pour les Ismaéliens et les Druzes, voir les articles spéciaux que nous leur avons consacrés). Sur le système d’Al-Ach’arî on lira avec fruit Spitta, Zur Geschichte Abu’l-Hasan Al-As’ari’s, Leipzig, 1876; Mehren, étude sur Al-Ach’ari., dans le troisième volume du congrès international des orientalistes. Voir aussi Schmölders, Essai sur les écoles philosophiques chez les Arabes, Paris, 1842, ouvrage qui, toutefois, ne doit être consulté qu’avec précaution surtout en ce qui concerne le curieux opuscule de Ghazzâlî, intitulé le Préservatif de l’Erreur.

M. Barbier de Meynard a publié une excellente traduction de cet ouvrage si important pour l’histoire des sectes musulmanes dans le Journal Asiatique de janvier 1877. — Le mysticisme ou soûfisme, qui a joué un si grand rôle dans le monde musulman ne forme pas à proprement parler une secte spéciale. Fondé sur un amour ardent de la créature pour le créateur, il doit avoir été, comme le pensent les auteurs musulmans, institué par une femme embrasée de l’amour divin. Que le soûfisme puisse aboutir et ait abouti réellement au panthéisme, c’est ce que l’on ne peut nier: il n’en est pas moins vrai que beaucoup de soûfis sont restés ou ont cru rester orthodoxes. Nous étudierons en son lieu cette intéressante manifestation de l’esprit humain.
— On chercherait vainement de nouveaux systèmes ans l’histoire moderne de l’islamisme, si l’on excepte le wahhâbisme, qui s’est produit au commencement de ce siècle en Arabie et qui n’est d’ailleurs qu’une tentative pour revenir au mahométisme pur et dur le dégager de toutes les superstitions qui au cours des siècles se sont greffées sur lui (voir Histoire des Wahabis, par L. A***, Paris, 1810; Mémoire sur les trois plus fameuses sectes du musulmanisme, par M. R***, Paris, 1818). Au seizième siècle l’empereur mogol Akbar essaya bien de substituer une religion nouvelle au mahométisme (Voir Rehatsek, The Emperor  Akbar’s repudiation of Esslani, Bombay, 1866) ; il n’y réussit point et l’islamisme compte aujourd’hui près de vingt millions d’adhérents dans l’Indoustan (sur les particularités de la religion musulmane dans l’Inde, voir le mémoire de Garcin de Tassy, Paris, Maisonneuve, 1869). La Perse, bien que travaillée par le bâbisme, n’en est pas moins musulmane. La Turquie d’Europe et d’Asie, les Tartares de Russie et du Turkestan, la Syrie, la Palestine, l’Arabie, l’Egypte, Tunis et le Maroc professent l’orthodoxie la plus étroite. Pour ce qui est des Arabes du désert, bien qu’indifférents, ils ne se considèrent pas moins comme des musulmans. Et, comme nous le disions au début de cet article, le mahométisme, loin de perdre du terrain, en gagne tous les jours dans la Chine et dans l’Afrique centrale. Pendant longtemps encore il faudra compter avec lui.

STANISLAS GUYARD.

Ivo Sasek: Réincarnation et Universalisme

Début  2009, Ivo Sasek a introduit la doctrine de la réincarnation dans un traité  intitulé “L’Olivier (Ölbaum)” (01/2009) . Le site Bibelkreis.ch a répondu entre autre à cette hérésie par un article détaillé sur Ivo Sasek (Wer ist und was lehrt Ivo Sasek) dont nous traduisons un chapitre: « réincarnation et universalisme ».


Avec Ivo Sasek, prenons garde! Le vers est dans la pomme. Vigi-Sectes a  suivi de loin les racines et l’évolution de ce mouvement depuis qu’il s’est répandu en Suisse et en Allemagne. Nous avons mis en garde plusieurs personnes au début leurrées.

(Nous considérions ce mouvement dans les années 2000 comme un mouvement pseudo-chrétien, sectaire issue de la branche évangélique, nous pourrions le reclasser depuis une 15aine d’année dans un mélange d’épices variées: Théories de conspirations, Scientologie, etc…  2023)

J’ai pu faire plusieurs parallèles entre Ivo S. et  le leader d’une secte des plus meurtrières:  Jim Jones. On peut craindre un dénouement tragique de cette secte.

Notre société étant de plus en plus laïque, se pensant donc « éclairée » 🙂  on rejette aujourd’hui facilement  la lumière des Écritures, pour ne plus reconnaître la nature d’une idéologie sectaire, et s’opposer à l’expansion de tels mouvements, jusqu’au jour où c’est … trop tard.


Réincarnation et Universalisme

(L’Universalisme est la doctrine selon laquelle  tout le monde sera sauvé à la fin, dans certaines variantes cela inclue même Satan et ses démons.)

L’enseignement de la réincarnation a été débattu par 1500 personnes lors du “Concile” d’Ivo Sasek – le «concile prophétique à Flums» le 22/11/2008. ( cf. Sasek, Ivo, Ölbaum,  01/2009 “, p.8 )

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Les 3 étapes du Jihad

  La bible  – 1 Co 14:33…car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix...

Un compagnon de Mahomet:
Nous sourions à la face de certaines personnes,
bien que nos cœurs les maudissent..

Alors que Mohamed Merah, le tueur [présumé] de Toulouse et Montauban, revendique être un moudjahidin (un combattant de dieu), l’imam de la mosquée de la rue Vincent-Courdouan à Toulon, Mustafa El Ouammou, est inquiet pour sa communauté:

Tous les musulmans de France condamnent ces actes. Tuer des enfants, des personnes innocentes, n’a rien à voir avec l’islam. C’est l’acte d’une personne seule qui ne connaît pas notre religion, n’en a pas reçu les enseignements. L’islam, c’est la paix. (source varmatin.com 2012-03-22)

Pour le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui:

l’auteur présumé des tueries a agi « avec horreur, préméditation et ne peut en aucun cas le faire, le justifier à travers la religion musulmane ».

Ce triste événement nous laisse remettre en cause ces affirmations «L’islam, c’est la paix» , «le tueur … ne peut le faire à travers la religion musulmane»  en presentant un texte de answering muslims sur le Jihad, relatant à un événement similaire aux USA.

Ignorance ou manipulation: Vérifiez nos arguments et tranchez vous-même.


Tromperie dans les médias (CNN)

Le 5 Novembre 2009, un musulman nommé Nidal Malik Hasan, Major de l’armée a ouvert le feu à Fort Hood, au Texas. Beaucoup de personnes innocentes sont mortes, et Hasan a été accusé de treize chefs d’accusation, d’assassinat avec préméditation, et de plus de trente chefs d’accusation de tentative de meurtre.

Peu de temps après la fusillade de Fort Hood, CNN a publié un article intitulé «Assassiner n’a pas de religion» (par Arsalan Iftikhar), qui a affirmé que de telles attaques sont interdites dans l’Islam.

Arsalan est un avocat international des droits de l’Homme, fondateur de TheMuslimGuy.com, et collaborateur à la rédaction pour le magazine Islamica à Washington.

L’article commençait ainsi:

La plupart des 1,57 milliards de musulmans dans le monde savent que le Saint Coran stipule clairement que:
… quiconque tuerait un être humain… sera censé avoir tué l’humanité entière, Celui qui aura sauvé la vie d’un seul homme sera tenu pour le sauveteur du genre humain.”

La plupart des autorités européenes, comme Arsalan, décrivent aussi l’islam comme une religion qui condamne le meurtre de toute sorte.

Mais que dit réellement le Coran?

Il est facile de citer des phrases (ou demi-phrases) hors contexte, et de ne pas en donner la référence, mais c’est une manipulation malhonnête qui ne mérite que le dénonciation. Par probité intellectuelle nous nous devons de mettre à la disposition du public les vraies déclarations du Coran et de donner les références exactes afin que chacun puisse vérifier le bien fondé des citations; de plus nous donnerons l’original arabe de manière à ce qu’il n’y ait pas de contestation.

Voici la citation de CNN replacée dans son contexte (Sourate 5.32-33)

32. A cause de cela Nous avons prescrit aux fils d’Israël que celui qui a tué un être sans que ce soit pour meurtre ou pour corruption en Terre, c’est comme s’il avait tué l’humanité entière et celui qui l’a fait revivre, c’est comme s’il avait fait revivre l’humanité entière. Certes Nos Messagers leur sont effectivement venus avec les preuves évidentes, p)puis plusieurs d’entre eux sont après cela vraiment prodigues sur Terre [1].
من أجل ذلك كتبنا على بني إسر‌ائيل أنه من قتل نفسا بغير‌ نفس أو فساد في الأر‌ض فكأنما قتل الناس جميعا ومن أحياها فكأنما أحيا الناس جميعا ۚ ولقد جاءتهم ر‌سلنا بالبينات ثم إن كثير‌ا منهم بعد ذلك في الأر‌ض لمسر‌فون

33. La seule récompense (digne) de ceux qui font la guerre à Dieu et à Son Messager et qui s’efforcent de semer la corruption en Terre, est qu’ils soient massacrés ou crucifiés ou qu’on leur coupe successivement les mains et les pieds par ordre croisé[2]ou qu’on les bannisse du pays. Cela est pour eux un opprobre dans ce monde et ils auront dans l’autre de très grands tourments.
إنما جزاء الذين يحار‌بون اللـه ور‌سوله ويسعون في الأر‌ض فسادا أن يقتلوا أو يصلبوا أو تقطع أيديهم وأر‌جلهم من خلاف أو ينفوا من الأر‌ض ۚ ذلك لهم خزي في الدنيا ۖ ولهم في الآخر‌ة عذاب عظيم

Deux choses peuvent être notées dans ce passage.

  • Il est clair qu’il s’agit du verset auquel fait allusion la chaîne CNN «quiconque tuerait un etre humain… sera censé avoir tué l’humanité entière». Remarquons que cette exhortation est donnée «aux enfants d’Israël» (c.-à-d aux Juifs) et non pas directement aux musulmans.
  • En supposant que les musulmans occidentalisés souhaitent appliquer ce verset pour eux-mêmes, le verset suivant ordonne de tuer et de massacrer les gens qui répandent “la corruption sur terre.” Or, pour un musulman pieux, tous les non-musulmans sont des mécréants, des ennemis de Dieu …

Ainsi puisque les États-Unis ont maintenu une présence militaire dans les pays à prédominance islamique, les musulmans comprennent que, selon Mahomet les soldats « envahisseurs » répondent au critère de «semer la corruption», et doivent donc être tués. Ce n’est pas hasard que le Major Hasan cibla des soldats, dont beaucoup ont été déployés en Irak et en Afghanistan.

Ainsi, CNN (Arsalan Iftikhar) a cité deux parties soigneusement remaniées d’un passage coranique qui justifie le meurtre de combattants ennemis, mais les a utilisées pour laisser croire que l’islam condamne les attaques telles que le tir de Fort Hood. Certes, ce genre de manipulations sont facilement repérables, il demeure beaucoup de confusion dans le monde concernant le rôle de la violence dans l’islam. Ce texte souhaite éclaircir quelque peu cette confusion.

Paix, violence et abrogation

L’abrogation consiste en la suppression d’une règle qui cesse ainsi d’être applicable pour l’avenir. Les musulmans en Occident sont prompts à pointer les passages tels que le Coran Sourate 109:6 et 2:256a comme une preuve que L’islam est une religion de paix.

A vous votre religion, et à moi ma mienne
لكم دينكم ولي دين
Nulle contrainte en religion!
لا إكر‌اه في الدين ۖ قد تبين الر‌شد من الغي ۚ فمن يكفر‌ بالطاغوت ويؤمن باللـه فقد استمسك بالعر‌وة الوثقى لا انفصام لها ۗ واللـه سميع عليم

Lorsqu’ils sont confrontés à des passages plus sévères tels que Sourate 9:05a

Une fois que les mois sacrés ont pris fin (se sont écorchés), tuez les Associateurs partout où vous les trouvez. Prenez-les, assiégez-les et installez-vous pour les épier dans tout poste d’observation. S’ils reviennent à Dieu, accomplissent correctement la prière plus leur liberté. Dieu est parfaitement absoluteur et miséricordieux. .
فإذا انسلخ الأشهر‌ الحر‌م فاقتلوا المشر‌كين حيث وجدتموهم وخذوهم واحصر‌وهم واقعدوا لهم كل مر‌صد ۚ فإن تابوا وأقاموا الصلاة وآتوا الزكاة فخلوا سبيلهم ۚ إن اللـه غفور‌ ر‌حيم

Ils interprètent ces versets à la lumière des enseignements les plus pacifiques du Coran, typiquement en disant quelque chose comme:

Eh bien, le Coran ne peut pas nous commander de tuer les infidèles, car il est dit qu’il n’y a pas de contrainte en religion.

Par conséquent, les musulmans occidentalisés choisissent les versets du Coran les plus attrayants, et les utilisent pour assainir le reste du Coran. Mais est-ce l’interprétation correcte du Coran? Malheureusement, la réponse est non.

Le Coran présente sa propre méthode d’interprétation: la doctrine de l’abrogation.

Coran 2:106.

Chaque fois que nous abrogeons un verset ou que Nous le laissons tomber dans l’oubli,
Nous en apportons un meilleur ou un verset pareil.
Ne sais-tu pas que Dieu est bien capable de toute chose.
ما ننسخ من آية أو ننسها نأت بخير‌ منها أو مثلها ۗ ألم تعلم أن اللـه على كل شيء قدير‌

Coran 16:101

Si nous remplaçons un verset par un autre, et Dieu sait mieux que tous ce qu’Il fait descendre, ils disent “tu n’es qu’un fabricant de mensonges”.
Mais la plupart d’entre eux ne savent plutôt rien.
وإذا بدلنا آية مكان آية ۙ واللـه أعلم بما ينزل قالوا إنما أنت مفتر‌ ۚ بل أكثر‌هم لا يعلمون

Ainsi, selon le Coran, lorsque les musulmans sont confrontés à des commandements contradictoires, ils ne sont pas censés choisir ceux qu’ils aiment le mieux. Au contraire, ils vérifient l’aspect historique et considérèrent le verset révélé en dernier. Quel que soit ce dernier verset, celui-ci abroge (ou annule) les révélations antérieures.

Appliquons cette méthodologie aux versets coraniques traitant de la paix et de la violence:

L’appel au Jihad: Trois étapes

Lorsque nous nous tournons vers les sources théologiques de l’Islam et les écrits historiques (Coran, Hadith, Sira, et Tafsir), nous trouvons qu’il y a trois étapes dans l’appel du jihad, selon le statut des musulmans dans une société.

Première étape

Quand les musulmans sont complètement dépassés en nombre et ne peuvent pas gagner une confrontation physique avec les infidèles, ils doivent vivre en paix avec les non-musulmans et prêcher un message de tolérance. Nous voyons un exemple de cette étape, lorsque Mahomet et ses disciples étaient une minorité persécutée à La Mecque.

Comme les musulmans étaient en infériorité numérique, Mahomet reçut à cette époque des révélations (par exemple: «A vous votre religion, et à moi ma religion») appelant à la tolérance religieuse et proclamant un châtiment futur (plutôt qu’un châtiment terrestre) pour les incroyants.

Deuxième étape

Quand il y a suffisamment de musulmans et de ressources pour défendre la communauté islamique, les musulmans sont appelés à s’engager dans un Jihad Défensif.

Ainsi, lorsque Mahomet avait formé des alliances avec divers groupes dehors de la Mecque et que la communauté musulmane était devenue assez grande pour commencer les combats, Mahomet reçut cette révélation Coran 22:39-40

La permission (de se défendre*) a été donnée à ceux qu’on combat en pure injustice[3]. Dieu est parfaitement capable de leur donner victoire. Ceux qui ont été chassés de leurs maisons sans aucune juste raison si ce n’est qu’il disent « Notre Seigneur est Dieu ». Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres on aurait assurément démoli bien des monastères, des églises, des synagogues et des mosquées où l’on prononce beaucoup le nom de Dieu. Dieu donne certainement victoire à ceux qui oeuvrent à la sienne. Dieu est assurément fort et digne de considération.
أذن للذين يقاتلون بأنهم ظلموا ۚ وإن اللـه على نصر‌هم لقدير‌
الذين أخر‌جوا من ديار‌هم بغير‌ حق إلا أن يقولوا ر‌بنا اللـه ۗ ولولا دفع اللـه الناس بعضهم ببعض لهدمت صوامع وبيع وصلوات ومساجد يذكر‌ فيها اسم اللـه كثير‌ا ۗ ولينصر‌ن اللـه من ينصر‌ه ۗ إن اللـه لقوي عزيز

* Pratiquement toutes les traductions coraniques du v.39  en allemand et en anglais mettent ici entre parenthèse (se battre / prendre les armes) et non (se défendre) comme dans la traduction française de Amidullah ou celle du Dr Salah ed-Dine Keckhrid.

Il est aussi intéressant de remarquer que selon le Coran – le nom de Dieu, littéralement Allah, serait beaucoup prononcé dans les églises et les synagogues ?!? (les chrétiens ont accepté ce terme mal traduit dans les pays comme l’Indonésie et la Malaisie ou l’islam est majoritaire).

Bien que les musulmans d’Occident prétendent souvent que l’Islam ne permet que le combat défensif, les révélations tardives prouvent le contraire. Pour eux aussi, les agressions islamistes sont aussi transformées en actes défensifs, comme dans Sourate 5.32-33, car insulter le Prophète ( dire la vérité sur ce qu’il a fait) est une “agression” passible de mort.

Troisième étape

Quand les musulmans sont majoritaires et atteignent le pouvoir politique dans un lieu, ils ont pour ordre de s’engager dans le Jihad offensif. Ainsi, une fois la Mecque et l’Arabie sous contrôle de Mahomet, il reçut l’appel à combattre tous les incroyants. Dans la sourate 9:29, nous lisons:

Combattez ceux qui ne croient pas à Dieu et au Jour Dernier, n’interdisent pas ce que Dieu a interdit ainsi que Son Messager, et ne pratiquent pas la religion du vrai (Dieu) parmi ceux qui ont reçu le Livre (juifs et Chrétiens) jusqu’à ce qu’ils paient l’impôt de capitation selon leurs moyens et en toute humilité.
قاتلوا الذين لا يؤمنون باللـه ولا باليوم الآخر‌ ولا يحر‌مون ما حر‌م اللـه ور‌سوله ولا يدينون دين الحق من الذين أوتوا الكتاب حتى يعطوا الجزية عن يد وهم صاغر‌ون

Notez que ce verset ne commande pas aux musulmans de combattre les oppresseurs, mais de combattre ceux qui ne croient pas en l’Islam (y compris les “Gens du Livre», c’est à dire les juifs et chrétiens). Il n’est pas surprenant, de trouver des ordres similaires dans les hadiths les plus fiables de l’Islam. Les hadiths sont les traditions contenant les enseignements de Mahomet.

Sahih Muslim 30-Mahomet a dit:

On m’a donné l’ordre de combattre les personnes tant qu’elles ne déclarent pas qu’il n’y a pas de Dieu à part Allah.
Eng. [I have been commanded to fight against people so long as they do not declare that there is no god but Allah, and he who professed it was guaranteed the protection of his property and life on my behalf except for the right affairs rest with Allah.  ]
Ici encore, le critère de combat, est que les gens croient en autre chose que l’Islam. Lorsque les musulmans ont pris le pouvoir, les versets pacifiques du Coran ont été abrogés par des versets ordonnant aux musulmans de combattre, en fonction de leurs croyances. Les plus éminent spécialistes de l’Islam le reconnaissent, par exemple, Ibn Kathir (le plus grand commentateur du Coran) résume la troisième phase comme suit:

Par conséquent, tous les peuples du monde devraient être appelés à l’islam. Si quelqu’un d’entre eux refuse de le faire, ou refuse de payer la Jizyah, ils doivent être combattus jusqu’à ce qu’ils soient tués.

Le troisième stade

L’abrogation tient également compte de l’évolution des attitudes concernant les Juifs et les chrétiens dans le Coran. Alors que les musulmans doivent être amicaux envers ceux-ci lorsqu’ils sont moins nombreux, cette optique change quand ils atteignent la troisième phase, lors de laquelle les chrétiens et les juifs doivent reconnaître leur statut d’infériorité et payer la Jizyah (un paiement effectué aux musulmans pour avoir le droit de vivre).

Considerons certains des enseignements tardifs de Mahomet au sujet des chrétiens et des juifs:

Coran 5:51.

O vous qui avez cru ! Ne prenez pas les Juifs et les Chrétiens comme amis et soutiens. Ils sont les amis et les soutiens les uns des autres. Celui qui les prend comme amis et soutiens est certainement des leurs. Dieu ne guide pas la gent injuste.
والذين سعوا في آياتنا معاجزين أولئك أصحاب الجحيم

Coran 9:30

Les juifs ont dit « Ozéir est le fils de Dieu ». Et les chrétiens ont dit « Le Messie est le fils de Dieu ». C’est ce qu’il disent de leurs bouches. Ils sont, quant au parler, semblables à ceux qui ont mécru auparavant. Puisse Dieu les combattre ! A quel point ils s’en laissent compter ?
وقالت اليهود عزير‌ ابن اللـه وقالت النصار‌ى المسيح ابن اللـه ۖ ذلك قولهم بأفواههم ۖ يضاهئون قول الذين كفر‌وا من قبل ۚ قاتلهم اللـه ۚ أنى يؤفكون

Coran 98:6

Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs iront au feu de l’Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création, ce sont eux les pires.
إن الذين كفر‌وا من أهل الكتاب والمشر‌كين في نار‌ جهنم خالدين فيها ۚ أولئك هم شر‌ البر‌ية

Selon Sahih Muslim 4366, Mahomet a dit:

Je vais expulser les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique et n’en laisserai aucun, mais elle sera musulmane.

et selon Al-Bukhari, Al-Adab al-Mufrad 1103:

Ne donnez pas aux gens du Livre le premier message d’accueil. Forcez-les à marcher sur la partie la plus étroite de la route.

Inutile de dire que ces enseignements ne peuvent guère être considérés comme pacifiques ou tolérants.

Les musulmans en Occident

Il est clair que Mahomet a commandé à ses disciples de lutter contre les infidèles (simplement parce qu’ils ne sont pas musulmans), et on se demande pourquoi les musulmans en Occident osent le nier? La difficile intégration des musulmans en occident s’explique par la sourate 3:28, qui se lit:

Que les croyants ne prennent pas les Négateurs comme amis intimes à la place des Croyants. Celui qui le fait n’a aucune appartenance à Dieu. A moins que vous ne cherchiez à vous protéger de leur mal. Dieu vous met en garde contre lui-même et c’est vers Dieu que va la destinée.
لا يتخذ المؤمنون الكافر‌ين أولياء من دون المؤمنين ۖ ومن يفعل ذلك فليس من اللـه في شيء إلا أن تتقوا منهم تقاة ۗ ويحذر‌كم اللـه نفسه ۗ وإلى اللـه المصير‌

Selon ce verset (qui utilise une variante de la taqiyya – mot qui signifie «dissimulation»), les musulmans ne sont pas autorisés à être amis avec les non-musulmans. Toutefois, si les musulmans se sentent menacés par un adversaire de taille, ils sont autorisés à faire semblant d’être ami. Ibn Kathir commente:

Dans ce cas, de tels croyants sont autorisés à témoigner de l’amitié vers l’extérieur, mais jamais vers l’intérieur.

Abu Darda, l’un des compagnons de Mahomet, s’est exprimé de cette façon:

Nous sourions à la face de certaines personnes, bien que nos cœurs les maudissent.

L’Islam une religion de paix?

Non, l’islam est une religion qui prétend être pacifique quand les musulmans sont trop faibles pour gagner une guerre.

Quand l’islam est dominant, les musulmans ont ordre de subjuguer ou de tuer tout le monde autour d’eux. Il suffit de regarder la façon dont les non-musulmans ou ex-musulmans sont traités dans les pays fondés sur l’Islam; Les pays occidentaux ont dépensé des milliards pour que les pays bordant la méditerranée accèdent à la démocratie. Ils doivent constater amèrement qu’ils ont aidé à mettre des gouvernements islamistes et intolérants en place. La propagande d »un « Islam paisible » est contredite tous les jours par ce qui se passe dans le monde.

Bien sur, nous rencontrons aussi en France beaucoup de musulmans non violents, qui apprécient la paix, l’amour et la tolérance de l’Occident. Mais souvent, ils n’ont pas même lu le Coran et ils n’adhérent que superficiellement à l’Islam: Certains mangent du porc, boivent de l’alcool, ne font pas la prière 5 fois par jour, etc.  Ceux qui se radicalisent sont ceux qui se mettent à lire et à prendre à la lettre le Coran; ceux qui s’inscrivent à des formations coraniques au Pakistan, en Irak, ou en Afghanistan… N’en déplaise à notre siècle humaniste qui veut que toutes les religions soient bonnes, c’est une évidence.

Mohamed Merah, comme les autres s’est mis à lire assidûment le Coran depuis 2009[4]. Sa mère a affirmé

  • Les arabes sont nés pour haïr les juifs …

  • Le prophète autorise de tuer les enfants juifs

Si nous ne devons pas faire un lien direct de cause à effet, il y a cependant assez d’éléments objectifs pour que nous nous questionnions:

  • Pourquoi, dans tous les pays où la Charia est mise en application, y a-t-il une intolérance violente ? La mise à mort d’une personne qui « change de religion » est encore de nos jours pratiquée.
  • Pourquoi les fatwas émanant des plus hautes instances islamiques condamnent-elles à mort ceux qui osent dénoncer les dérives de l’islam, ou simplement parce qu’on est Rédacteur en chef d’une chaîne de télévision non islamique?
  • N’est-ce pas là une intolérance et une violence indigne d’une société pacifiste?

Les musulmans européens ré-interprètent souvent l’islam sur la base des valeurs occidentales. Mais pour les musulmans engagés et authentiques, il y a seulement deux situations possibles:

  • Soit combattre ouvertement les incroyants, lorsqu’ils peuvent le faire,
  • Soit faire semblant d’être pacifique avec eux, tout en se préparant à les combattre quand ils seront en position de force.

Quoi qu’il en soit, l’objectif inchangé de l’Islam demeure la conquête du monde au nom d’Allah .

Traduction et adaptation par HDR


[1] Là et ailleurs les majuscules sont dans la traduction française du Dr Salah ed-Dine Keckhrid, revue et corrigée par le Dr. Mohammad Yalaoui. Professeur à l’Université de Tunis. Le traducteur est un Musulman et un Croyant.

[2] Note du Dr Salah ed-Dine Kechrisd: Par ordre croisé, c’est à dire qu’au premier délit on leur coupe la main droite, au deuxième le pied gauche …

[3] Note du Dr Salah ed-Dine Kechrisd: C’est la première fois après plus de quinze ans de souffrances et de vexations, que le Coran vient autoriser les musulmans à combattre ceux qui les combattent en toute injustice …

[4] France-Info du 24/3/2012 d’après le témoignage du psychologue qui l’a suivi.


Pour Plus d’info en français: http://islam.faq.free.fr/index.htm

Mère de Merah : « Le prophète nous permet de tuer des enfants juifs »

pour plus d’info en anglais:

Pour en savoir plus sur ces questions, n’oubliez pas de visiter ces sites:

Pour certains articles spécifiques, s’il vous plaît visitez les liens suivants:

  • http://answering-islam.org/Silas/swordverse.htm
  • http://answering-islam.org/Silas/femalecaptives.htm
  • http://answering-islam.org/Silas/jihad.htm
  • http://answering-islam.org/Shamoun/badawi_mushrik.htm
  • http://answering-islam.org/Shamoun/badawi_tolerance.htm
  • http://answering-islam.org/Shamoun/badawi_holy_war.htm
  • http://answering-islam.org/Shamoun/na_debate.htm
  • http://answering-islam.org/Authors/Wood/two_faces.htm
  • http://answering-islam.org/Authors/Wood/women.htm

L’islam est-il une Secte?

… ordre du Coran:
“S’ils se détournent, saisissez-les, tuez-les, partout où vous les trouverez”

Impertinence?

Poser cette question peut sembler d’une coupable impertinence.
Mais ce n’est là qu’une apparence et c’est surtout ignorer les écrits de  Jean Damascène.

Icone de Jean Damascène

Jean Damascène
Image Source Wikipédia

Jean Damascène est né vers 640 à Damas. Il portait le nom arabe de Mansour. Il devint administrateur des finances de la ville de Damas, qui avait dû capituler en 635 devant l’envahisseur musulman.

Il se retira au monastère de Saint-Sabbas, près de Jérusalem où, après son ordination, il rédigea ses œuvres théologiques. Il est mort vers 750, plus que centenaire. Honoré comme saint à la fois par les orthodoxes et par les catholiques, sa Source de la connaissance a servi de manuel de théologie jusqu’au XIIIème  siècle, et il fut même rangé parmi les docteurs de l’Église par le pape Léon XIII en 1890.

Jean Damascène a qualifié l’Islam de 101ème secte chrétienne. A quel titre pouvait-il le faire? Pour répondre à cette question, il nous faut d’abord définir ce qu’est une secte.

Aspect social

Pour le sociologue, la secte est un diverticule qui s’est séparé d’une Église-mère, et qui suit un processus évolutif qui la fait passer par des étapes assez clairement définies. Pour le juriste, et aussi le politicien, la secte est un mouvement qui est en infraction avec la législation, et plus particulièrement avec la législation concernant la protection des individus. Quant au théologien, il définit la secte comme une hérésie. Il y a enfin des mouvements sectaires qui ne se sont pas détachés d’une confession religieuse existante, mais qui naissent d’un conglomérat disparate de pensées et de pratiques religieuses variées. On préfère les appeler: nouvelles religiosités ou spiritualités nouvelles.

Sociologiquement, on ne peut qualifier l’Islam de secte chrétienne ; son fondateur, Mohammed (570-632), est né dans un milieu polythéiste, peut-être hénothéiste (un Dieu dominant). Cependant, lors de ses voyages en Syrie, Mohammed avait rencontré le moine chrétien Bahira. Plus tard à Marwa, près de la Mekke, il rencontrait souvent un esclave chrétien du nom de Djabr (Voir Sirâ du Prophète). Une de ses concubines qu’il prit en 629, Myriam, était chrétienne.

A la Mekke vivaient des Jufis, et Médine abritait trois tribus juives constituant environ la moitié de la population, avant leur décimation. Khaïbar, située à quelque 250 km au nord de Médine, était une ville forte juive. Rayhana, une concubine que Mohammed prit en 627 était juive, ainsi que Saffiyya qu’il épousa en 629.

Bien qu’il n’y eut pas encore, à l’époque de Mohammed, de traduction complète de la Bible en arabe, les récits de l’Ancien comme du Nouveau Testament circulaient, mais aussi des fables talmudiques et des légendes tirées d’écrits chrétiens apocryphes.

L’Islam prit ainsi naissance dans un bouillon culturel qui englobait polythéisme et hénothéisme, judaïsme et christianisme, mais aussi zoroastrisme, voire hindouisme. En utilisant la terminologie d’aujourd’hui, Jean Damascène aurait dû qualifier l’Islam de religiosité nouvelle.

Juridiquement et politiquement, il faut distinguer entre Islam modéré et Islam fondamentaliste/intégriste, ce dernier seul portant atteinte à la législation concernant la protection des individus.

Le Coran

Le Coran contient aussi de nombreuses réminiscences bibliques. Il rend un vibrant hommage à la fois à la Torah (taurat) et à l’Evangile (Indjil). Il reconnaît que ces livres, descendus de Dieu, sont véridiques (Sourate ‘Al `Imran, III.3) ; les musulmans doivent y croire (Sourates Al-Baqara, II.87 ; ‘Al `Imran, III.84 ; An-Nisa’, IV.136).

Le Coran témoigne de la naissance virginale de Jésus (Sourates Al-‘Anbiya’, XXI.91 ; At-Tahrim, LXVI.12), de sa messianité (III.45 ; IV.157), de son prophétisme (III.49 ; IV.157, 171 ; Al-Ma’ida, V.46, 75 ; Maryam, XIX.30), de sa vie sans péché ( XIX.19 ; III.46) et le qualifie de Parole de vérité (XIX.34), de Parole de Dieu jeté en Marie (IV.171), de Verbe émané de Dieu (III.39, 45), d’Esprit émané de Dieu (IV.171 ; XXI.91 ; LXVI.12), mais sans reconnaître que Jésus est le Fils de Dieu.

Jean Damascène n’a pas seulement dénoncé cette dernière hérésie, mais encore celle qui déclare que la crucifixion était un faux-semblant (IV.157, 158). Ici encore, la doctrine coranique diverge fondamentalement de la foi chrétienne selon laquelle la crucifixion apporte au monde le salut. Non seulement le Nouveau Testament, mais déjà les prophéties de l’Ancien attestent cette doctrine fondamentale.

Une autre divergence concerne la résurrection de Jésus-Christ. Pour le Coran, dans les versets cités plus haut, Jésus est bien au ciel, auprès de Dieu ; il y a été élevé, mais sans passer par la mort et la résurrection.

Jean Damascène avait donc raison de qualifier l’Islam d’hérésie ou de secte chrétienne.

Aspect juridique

Mais juridiquement, qu’en est-il ? Une caractéristique des sectes que relèvent les juristes, c’est l’assujettissement des adeptes à leur mouvement et la très grande difficulté à en sortir. Les mots “Islam” et “Musulman” signifient: soumission, sous-entendu: soumission à Dieu. C’est là une des injonctions de toutes les religions. Mais, dans l’Islam, cette soumission est essentiellement une soumission aux lois de la Communauté (la Umma), au sein de laquelle s’exerce une rigoureuse surveillance réciproque.

Islam et Christianisme

Aussi est-il difficile à un Musulman de sortir de son carcan religieux et adopter, par exemple, la foi chrétienne. Il est alors considéré comme un renégat ou apostat et encourt la vindicte de ses anciens coreligionnaires, conformément à cet ordre du Coran:

S’ils se détournent, saisissez-les, tuez-les, partout où vous les trouverez (Sourate An-Nisa’, IV.89).

Les milliers de musulmans algériens qui ont été assassinés ces derniers temps l’ont été parce qu’ils furent considérés, en raison de leur modération, de leur libéralisme, de leur ouverture comme des renégats de la foi coranique par les islamistes fondamentalistes fidèles à l’ordre coranique ci-dessus.

Il faut certes, faire la part des choses entre “Musulmans modérés” et “Islamistes fondamentalistes / intégristes”. Mais tout musulman qui prend le Coran à la lettre peut devenir intégriste !

On rétorquera en affirmant que le Coran prône une religion tolérante et l’on invoquera les versets coraniques suivants:

A vous votre religion, à moi la mienne (Al-Kafiruna, CIX.6)

ou

Pas de contrainte en religion (Al-Baqara, II.256)

ou encore

Il est notre Seigneur et votre Seigneur…Notre Dieu qui est votre Dieu est unique ( Al-Baqara, II.139 ; Al-`Ankabut, XXIX.46).

Mais ces versets n’ont que l’apparence de la tolérance, au regard de l’ordre de tuer les renégats qui changent de religion. De plus, le Coran méprise la foi chrétienne:

Les Chrétiens ont dit: Le Messie est fils de Dieu. Qu’Allah les anéantisse ! Ils sont tellement stupides (At-Tauba, IX.30).

La question

L’Islam peut donc, à juste titre, être qualifié de secte.

La question qui se pose dès lors à nos autorités est de savoir si elles sont disposées à protéger les ex-musulmans comme elles protègent les transfuges des autres sectes ?  Elles le devraient, que l’on considère l’Islam comme une religion ou comme une secte.

Abd-Al-Haqq
(Serviteur de la Vérité)


… Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée… et ton prochain comme toi-même. Et il lui dit: Tu as bien répondu; fais cela, et tu vivras.
# La Bible – 1 Corinthiens 13:3; Luc 10:27-28

 

 

Le Père Samuel prêtre médium de Charleroi


Le Père Samuel oubliant l’existence d’un petit micro sur lui, demande à  l’exorcisé de faire semblant d’être libéré et de dire que le démon est parti.


Depuis longtemps déjà le père Samuel, prêtre catholique en rupture de ban avec l’évêché de Tournai est devenu une figure bien connue de l’agglomération caroloringienne. Il est devenu l’épouvantail de l’Église officielle qui a importé de Turquie cet étrange personnage.

Les églises se vident mais le Père Samuel fait salle comble. De plus il a réussi l’annexion d’une des plus grandes et des plus jolies églises du Pays Noir qu’il a par personne interposée rachetée pour 409.024 Euros. Il a comme projet de racheter Koukelberg à Bruxelles.

Pour lui, le Concile de Vatican II fut une immense catastrophe pour l’Église de Rome. Elle est devenue infidèle, moderniste et insipide. En tant que protestants, nous suivons le débat de l’extérieur. Il est clair que certains reproches sont tout à fait justifiés mais à côté d’aspects positifs dans son action, on découvre des enseignements et des situations que nous ne pouvons en âme et conscience avaliser.

Le 10 avril 2002, la RTBF (télévision belge francophone) dans l’émission “Au nom de la loi”, a enquêté sur ce prêtre quelque peu particulier. Ce que l’on a pu entendre et voir est totalement inadmissible. La vénération des fidèles vis-à-vis du Père Samuel frise l’insoutenable. A califourchon sur un âne, il parcourt les rues de Montignies-sur-Sambre en tentant d’imiter l’entrée de Jésus à Jérusalem.

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur

La foule de ses fidèles, rameaux en mains l’acclame frénétiquement en citant les paroles de l’Evangile

“Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur”.

Image illustrative de l’article Père Samuel
Image Wikipedia du Père Samuel

C’est équivoque au plus haut point. Qu’on ne s’y trompe pas ! Cette pitoyable mascarade débouche sur une véritable adoration du Père Samuel. Les visages de ses dévots ou plutôt de ses dévotes sont révélateurs.

Sans doute pensent-ils vraiment que le Père Samuel vient à l’instar du Fils au nom de Dieu. Il se fera fouetté, crucifié (pour rire), et ressuscité en passant par une petite porte dans le fond de l’église. Les nombreuses femmes présentes tombent dans une hystérie collective.

Vous l’avez compris, ce n’est pas Jésus-Christ qui est honoré mais la personne du Père Samuel.

Comme le fait remarquer très justement le Doyen Mattelart de Charleroi, il n’y a dans les interventions du prêtre schismatique aucune proclamation de la Parole de Dieu. C’est l’indigence totale. Il ne conduit pas à Christ qui est Lui le véritable libérateur mais au contraire, il enchaîne les gens à sa personne en les rendant dépendantes de lui.

Le Guérisseur

Les témoignages sont explicites, c’est le Père Samuel qui guérit !

Aucune mention de Dieu ou de Christ dans ces phénomènes. Un texte biblique nous permet de cerner le danger d’une telle situation:

Ainsi parle l’Éternel: Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme, qui prend la chair pour appui et qui détourne son coeur de l’Éternel.
Jérémie 17:5

Il laisse exploser sa haine lorsque dans son homélie il traite l’abbé Pierre et Soeur Emmanuelle de diable et de grande diablesse. On se demande de quel esprit sont animés les nombreuses personnes présentes qui applaudissent à tout rompre.

Le père Samuel est loin de porter le fruit de l’Esprit (Galates 5:22).

La peur

Il aime lier les hommes par le carcan de la peur. Le journaliste présent lui fait remarquer que des problèmes s’abattent sur les personnes qui s’opposent à lui et le Père Samuel d’approuver en citant des exemples concrets où les opposants ont perdu leur place, sont devenus malades ou sont décédés. Ces pratiques sont totalement anti-chrétiennes:

Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, ainsi la malédiction sans cause n’a point d’effet.
Proverbes 26:2.

Ceci démontre amplement que l’Esprit qui animait Jésus n’est pas celui qui dirige le Père Samuel. Il y a beaucoup plus grave encore !

Dans cette émission télévisée, les journalistes sont un moment absents lors d’un exorcisme raté d’un pauvre homme appelé André. Le Père Samuel oubliant l’existence d’un petit micro sur lui demande à  l’exorcisé de faire semblant d’être libéré et de dire que le démon est parti.

Il est vraiment pathétique de voir cette pauvre victime tenter maladroitement d’obéir au Père Samuel. Il est clair que c’est un mensonge grossier doublé d’une tromperie manifeste.

Or l’apôtre Jean dans son évangile assure que le prince des menteurs, c’est le diable lui-même. (Jean 8:44). Il est clair que si le père Samuel a trompé une fois, il peut le refaire quantité de fois.

Le Sauveur

Il déclare haut et fort qu’on ne peut être sauvé en-dehors de ses lieux de culte. Il est nécessaire de rejoindre l’église de Saint-Antoine de Padoue à Montignies.

La vraie église serait composée de ses seuls sympathisants puisque en toute logique l’Église catholique n’est plus dans la vérité. Dans ce cas également les lacunes théologiques du prêtre apparaissent au grand jour.

Le Nouveau-Testament seule norme acceptable enseigne que l’Église authentique est composée de celles et de ceux qui ont accepté Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur. (Jean 3:36; Actes 4:32; Actes 2:40-42).

Une appartenance religieuse quelconque n’entre pas en ligne de compte.

Voulant sans doute déstabiliser l’establishment Romain, le Père Samuel s’en prend au système hiérarchique en déclarant que le mot “évêque” n’existe pas dans le Nouveau-Testament. On s’attendrait de sa part à plus de sérieux.

Le texte biblique du Nouveau-Testament comprend de nombreuses fois cette appellation (Actes 20:28; Phil. 1:1; 1 Tim. 3:1-2; 1 Pierre 2:25). Il est certain que nous n’avons pas la même perception du rôle de l’évêque lorsque nous comparons les thèses protestante et catholique.

Lorsqu’il affirme que l’Église n’a pas besoin d’argent car chez lui tout est gratuit, on doit cependant admettre que les sommes brassées sont bien plus importantes que toutes les paroisses catholiques de Montignies.

En fait, plus on étudie les positions du Père Samuel plus on peut cerner ses nombreuses contradictions. Prenons l’exemple de sa position vis-à-vis de l’évêque de Tournai ainsi que du Cardinal Daneels de Bruxelles-Malines qu’il traite de cochon. Néanmoins, il se range sous la houlette du Pape, car dit-il “Là où est le Pape là se trouve l’Église”.

Pourtant, il devrait savoir que tous les évêques du pays et d’ailleurs sont en totale communion avec celui de Rome et que dans le grave problème opposant les évêques belges et le Père Samuel, Jean-Paul II soutient totalement les premiers cités. Le Père Samuel n’est donc plus en communion avec le chef de l’Église Romaine. Oserait-il traiter le chef des évêques de porc ? Nous en doutons !

Les démons ne doivent pas craindre le Père Samuel lorsque celui-ci tente de les déloger. Tous ont pu voir le fiasco avec le pauvre René.

Lorsqu’il dit que seul le prêtre a reçu le pouvoir d’exorciser et de guérir, le Nouveau-Testament seul normatif assure tout le contraire !

En effet, Marc 16:17 enseigne que tous les chrétiens authentiques peuvent exercer un tel ministère. Quant à la position du Père Samuel concernant l’Islam et les adeptes de cette religion, on peut affirmer qu’elle est maladroite et totalement dommageable.

Conclusion

En tant que chrétien, je ne crois ni à l’inspiration divine du coran ni à l’appel prophétique de Mahomet et je crois qu’en dehors de Jésus-Christ il n’y as pas de salut ! (Actes 4:12).

Il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. Actes 4:12

Cela étant dit nous croyons que le respect et la tolérance sont des vertus chrétiennes qui doivent obligatoirement accompagner le témoignage (1 Pierre 3:9, 15; Tite 3:1-2; Romains 12:19-21).

Les horreurs de l’inquisition, des croisades, des conflits religieux de toutes sortes sont le fait d’odieux personnages qui ont dénaturé l’Evangile de notre Seigneur.

Le véritable Evangile relève l’homme et ne le traumatise pas ! Il étanche la soif de ceux qui s’y abreuvent. (Jean 7:37-39).

J. Lemaire.

C. Piette.

Tiré de la route droite n°36

L’église néo-apostolique est-elle apostolique?

Un exposé orale en allemand Mr. A. Schönfeld en 1983 est à la base de ce document qui a été révisé en partie en novembre 1998 par « Projekt B ». L’exposé est certes organisé par des rubriques particulières, mais les sections se complètent, de sorte que le texte doit être considéré en entier.

 Introduction

D’après l’enseignement de l’église néo-apostolique, le Seigneur ressuscité n’est présent et abordable dans ce monde que par les Apôtres de l’ENA (Église néo-apostolique). Seulement les « nouveaux Apôtres » peuvent répandre le Saint-Esprit par imposition de leurs mains sur les croyants.

Après le décès des douze Apôtres, il n’était plus possible recevoir le Saint-Esprit car plus personne n’était là, pour le donner. Pour renouveler la possibilité de recevoir le Saint-Esprit, Dieu a nommé de nouveaux Apôtres dans le monde, et ce en 1832, c’est ce que l’on appelle la pluie tardive.

D’après cette vision néo-apostolique, aucun don du Saint-Esprit n’était possible, entre le décès du dernier Apôtre, env. autour de 100 après le Christ, et l’année 1832, quand les nouveaux Apôtres sont apparus. Il en suit que selon cet enseignement, Martin Luther, Calvin, Zwingli, Augustin et beaucoup d’autres hommes de Dieu n’ont pas eu en réalité le Saint-Esprit. Ils n’ont agi que par leur propre force.

 Jésus a-t-il fait une fausse déclaration ?

Selon cet enseignement, il faut se demander ce que Jésus a voulu dire par cette parole:

« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »,

une parole adressée à ses disciples. En réalité Jésus n’aurait pas dû s’exprimer ainsi. Selon la doctrine néo-apostolique il aurait dû dire:

Je suis avec vous par la présence de mes premiers apôtres, et puis seulement à nouveau à partir de l’année 1832, lorsque je serai de nouveau présent dans les nouveaux apôtres.

Mais ceci, Jésus ne l’a pas dit. Il a dit:

«Je suis avec vous tous les jours »

donc également après la mort des premiers apôtres. Tous les jours veut dire, bien entendu, aussi jusqu’en l’an 1832, et au-delà, jusqu’à la fin du monde. Par quel moyen Jésus voulait-il être tous les jours avec ses disciples ? Pas par ses apôtres, bien sûr, puisqu’ils moururent un jour, mais c’est par le Saint-Esprit qu’il voulait être avec eux, tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Rien que par cette parole de Jésus on s’aperçoit que des choses importantes ne sont pas justes dans la doctrine néo-apostolique, vue qu’elle défie toute logique.

 Examinez toutes choses !

«Examinez toutes choses », l’apôtre Paul nous y invite dans 1 Thess. 5:21; Nous devons examiner tout enseignement avec soin, et ceci à l’aide de ce que la Bible elle-même déclare à ce sujet. La caractéristique de toutes les fausses doctrines (hérésies) est de sortir quelques passages du contexte, et de développer une doctrine à partir de ces quelques passages mal interprétés. Mais il faut lire (étudier) la Bible dans son ensemble, afin de se garantir des erreurs.

 Pas de schématisation

Nous posons la question: où est-il donc écrit dans la Bible, que le Saint-Esprit ne peut être communiqué que par l’imposition des mains d’un apôtre, et uniquement par ce moyen ? Réponse: nulle part ! Certes, il est vrai que Dieu a parfois communiqué le Saint-Esprit par l’imposition des mains des apôtres, comme nous pouvons le lire dans Actes des Apôtres 8:17 et 19:6. Mais d’autres passages de la Bible montrent clairement que Dieu ne s’est pas lié par cette seule méthode. Par exemple à l’occasion de la prédication de Pierre, dans la maison de Corneille, la réception du Saint-Esprit se passe sans imposition des mains de l’apôtre. Voici ce que nous lisons:

«Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. » (Actes 10:44).

Deuxièmement: Par l’imposition des mains d’Ananias Saul reçut le Saint-Esprit. Il n’est pas dit qu’Ananias était un apôtre. La Bible le désigne simplement comme un disciple (Actes 9:10).

Rien que par ces deux passages bibliques du livre des Actes, nous constatons que Dieu ne s’est pas lié à un schéma, quand il s’agit de communiquer le Saint-Esprit. Jésus lui-même confirme ceci par la parole bien connue de Jean 3: « l’Esprit souffle où il veut ! » Dieu ne s’est donc pas lié à un schéma. II choisit sa manière de donner le Saint-Esprit. Mais l’église néo-apostolique veut lier Dieu à un schéma. Dieu ne se laisse pas imposer un schéma. Il reste libre et souverain dans ses actes.

 Par la foi seulement

Paul écrit dans l’épître aux Galates cette phrase remarquable:

« Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi ? » (Galates 3:2).

Les chrétiens auxquels Paul s’adresse ici, ont reçu le Saint-Esprit par la prédication de la foi. En quoi devaient-ils croire ? En une imposition des mains ? Non, en Jésus-Christ et son œuvre accomplie à Golgotha; ils devaient croire que Jésus est mort pour les péchés de l’humanité et qu’il offre le pardon des péchés à celui qui croit en lui. Nulle part Paul ne rappelle aux chrétiens de Galatie qu’ils auraient reçu l’Esprit par l’imposition de ses mains, mais par la foi dans le message du salut qui leur avait été annoncé. Dans le premier chapitre de son épître aux Ephésiens, Paul explique encore une fois cet état de choses. Il dit, à partir du verset 12:

«… nous, qui d’avance avons espéré en Christ. En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage. »

Comme nous l’avons déjà vu précédemment, il n’y a pas de schéma pour Dieu. La seule chose importante, pour la réception du Saint-Esprit, est la foi en Jésus-Christ et son œuvre. C’est pourquoi Paul annonce aussi aux Corinthiens (1 Cor. 1:23):

« Nous, nous prêchons Christ crucifié. »

Ceci était le contenu du message de l’apôtre:

« Nous, nous prêchons Christ, à savoir, Christ crucifié. »

Celui qui croyait à ce message recevait le Saint-Esprit, et cela selon le vouloir de Dieu, chez l’un lors de l’imposition des mains d’un apôtre, chez un autre par la foi seulement après la prédication du message du salut, chez un autre encore lors de l’imposition des mains d’un simple disciple, qui n’était pas apôtre. Ce qui était décisif lors de la réception de l’Esprit c’était toujours la foi en Jésus-Christ. En ce qui concerne les circonstances extérieures, Dieu se réservait la manière de distribuer le Saint-Esprit, selon chaque cas particulier.

 Les apôtres ne raisonnaient pas selon la doctrine néo-apostolique

Rien ne laisse supposer que les vrais apôtres de Jésus auraient soutenu l’enseignement de l’église néo-apostolique. Nulle part dans l’Ecriture les vrais apôtres ne prétendent que:

« Ce n’est que par l’imposition de nos mains que des hommes reçoivent le Saint-Esprit. »

Aucun membre de l’église néo-apostolique n’a pu, jusqu’à présent, me citer un seul passage de la Bible, dans lequel ils annonceraient cet enseignement. Évidemment, il est clair que les vrais apôtres de Jésus n’ont pas enseigné cela, mais c’est l’église néo-apostolique qui leur attribue gratuitement cet enseignement.

 Don et sceau de l’Esprit sont l’œuvre de Dieu seul.

Le don de l’Esprit et le sceau du croyant sont l’œuvre de Dieu seul. Selon l’enseignement néo-apostolique, seuls les apôtres peuvent sceller le croyant par imposition des mains. En réalité la Bible dit tout autre chose. Partout où il y est question du sceau de l’Esprit, elle ne mentionne aucune imposition des mains d’un apôtre, ni même une intervention humaine quelconque de la part d’une communauté. Paul dit dans 2 Cor.1:21-22:

« Celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau. »

Pas un mot ne laisse supposer que des apôtres marquent du sceau.

« C’est Dieu qui nous a marqués d’un sceau »,

écrit l’apôtre Paul.

L’enseignement, selon lequel Dieu aurait chargé les apôtres (et leur en aurait donné le pouvoir) de marquer le croyant d’un sceau par imposition des mains, est une invention de l’église néo-apostolique. Ainsi les soi-disant néo-apôtres actuels revendiquent quelque chose que Dieu s’est réservé pour lui-même et qui se trouve entièrement sous son autorité. On discerne facilement que là des hommes se sont élevés à un niveau que Dieu n’a pas voulu. Jésus dit:

«Celui qui s’élève sera abaissé.»

 L’apôtre-patriarche est-il infaillible en matière de doctrines ?

A la tête de ces apôtres se trouve le soi-disant apôtre-patriarche. Sa parole est parole de Dieu; elle est infaillible. Celui qui critique l’apôtre-patriarche ,ou doute du bien-fondé de son action, s’oppose à Dieu lui-même et risque de perdre son salut éternel, car l’apôtre-patriarche ne peut se tromper dans des questions de foi. Il est sous la direction et l’inspiration divine. Combien l’apôtre Pierre est petit en comparaison. Il était pourtant réellement l’un des plus grands apôtres. N’empêche qu’il a commis une erreur funeste dans le domaine de la foi, lorsqu’il se distança, par peur des judéo-chrétiens, des pagano-chrétiens nouvellement convertis, et qu’il ne voulut plus manger avec eux. L’apôtre Paul reprit publiquement le grand homme-rocher, Pierre, et condamna son comportement qu’il qualifia d’hypocrisie (Gal. 2:11-14). Paul aurait-il perdu son salut éternel parce qu’il a critiqué le véritable « apôtre-patriarche » ? Paul put toutefois dire à la fin de sa vie:

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là… » (2 Tim. 4:7-8).

Paul se souciait de la vérité et ne regardait pas à la personne. Comme Dieu ne regarde pas non plus à la personne, lorsqu’il s’agit de la vérité. Paul savait que l’apôtre(-patriarche ?) Pierre pouvait se tromper, parce qu’il était encore un homme avec ses faiblesses. Peut-être l’église néo-apostolique concéderait-elle que son apôtre-patriarche est, bien entendu, un homme avec des faiblesses pouvant commettre des erreurs dans sa conduite. « Mais au moins, dit-on, les paroles qu’il dit sont infaillibles, parce qu’il les reçoit directement de Dieu ! » Combien, en réalité, ses paroles sont faillibles est démontré par un exemple tiré de l’histoire récente de l’église néo-apostolique. En 1951, l’apôtre-patriarche en fonction, Johann Gottfried Bischoff, annonça qu’il conduirait l’église-épouse-du-Christ, à la rencontre du Seigneur qui revient. Il dit textuellement:

« Je suis le dernier, il n’y en aura plus après moi. C’est ainsi que Dieu l’a décrété, c’est décisif et définitif, et le Seigneur, notre Dieu, le confirmera. Ceci doit être un signe pour vous, que le Seigneur reviendra de mon vivant. »

Alors vint le 6 juillet 1960. Le Seigneur ne revint pas, mais l’apôtre-patriarche mourut ce jour-là. Il n’a pas vécu l’avènement du Christ tel qu’il l’avait prophétisé.

Le Seigneur le confirmera.

avait-il prédit. Le Seigneur n’a pas confirmé sa prophétie mais l’a infirmé. L’apôtre-patriarche Bischoff était, aux yeux de tous, non pas un apôtre, mais un faux-prophète, car il est écrit dans Deutéronome 18:20-22:

« Mais le prophète qui aura l’audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d’autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort… Peut-être diras- tu dans ton cœur: Comment connaîtrons-nous la parole que l’Éternel n’aura point dite ? Quand ce que dira le prophète n’aura pas lieu et n’arrivera pas, ce sera une parole que l’Éternel n’aura point dite. C’est par audace que le prophète l’aura dite ; n’aie pas peur de lui. »

Des milliers de croyants de la secte étaient à ce moment sous le choc et irrités. Beaucoup tirèrent de ces événements la seule conséquence logique et juste; ils quittèrent leur église hiérarchisée. La secte risquait de s’effondrer totalement, ce que Dieu avait certainement voulu provoquer. Mais que firent les chefs de cette église apostolique ? Pour prévenir d’autres défections, on inventa rapidement la thèse suivante:

Dieu, dans ses voies impénétrables, a changé son plan. Il voulait certainement nous mettre à l’épreuve, pour voir si nous continuerions à lui faire confiance.

Il faut déjà un comportement dénué de tout sens critique pour admettre de telles thèses ; car comment peut-on avoir confiance en un Dieu, qui dit aujourd’hui « hue » et demain « dia », un dieu avec lequel on n’est jamais sûr de ce qu’il dit, ou même s’il le pense ? On ne peut pas se fier en un Dieu aussi déconcertant. Non, Dieu en soit loué, ce dieu néo-apostolique n’a rien à voir avec le Dieu que la Bible nous révèle. Car il y est dit:

« La parole de l’Éternel est droite, et toutes ses œuvres s’accomplissent avec fidélité » ((Psaume 33:4),

Comment Dieu peut-il promettre quelque chose à l’apôtre-patriarche Bischoff et ne pas tenir sa promesse ? Quelle contradiction avec le Dieu de la Bible ! De ces faits découle clairement, que nous n’avons pas affaire, là, à des apôtres qui ont une relation avec le Dieu de la Bible.

Ce sont tout simplement des faux-apôtres!

 Ne pas être attachés aux hommes

Les vrais apôtres de Jésus ne se mettent pas au centre, sous les projecteurs, mais montrent Jésus. De cette manière ils refusaient catégoriquement l’attachement à leur propre personne. Ils avaient à cœur uniquement la relation de chaque croyant avec Jésus.

Les apôtres néo-apostoliques attirent l’attention sur eux et s’attachent les croyants en leur déclarant:

«Nous sommes le seul lieu de contact entre Dieu et l’homme. Nous seuls communiquons le St-Esprit. Nous seuls sommes mandatés par Dieu. »

Tout se concentre sur les apôtres et non plus sur Jésus seul. Ces faux apôtres sont ceux qui apportent le salut. Leur enseignement met le croyant sous leur dépendance – et par là – sous la dépendance d’êtres humains. Mais une dépendance des hommes conduit toujours à la servitude, à l’esclavage, à des liens. Jésus-Christ, par contre, nous conduit dans l’indépendance vis-à-vis des hommes, et nous attache uniquement à lui. Ce n’est que dans cet attachement à Jésus et à sa parole que nous trouvons la vraie liberté, liberté vis-à vis des hommes et liberté vis-à-vis de nous-mêmes. Jésus lui-même dit:

« Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8:36).

Dieu veut conduire chaque homme vers la liberté et, pour ce faire, il a proposé un seul chemin. Ce chemin se nomme Jésus-Christ. Il dit de lui-même:

« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14:6).

 Seulement un médiateur !

Paul écrit à son élève Timothée:

« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme ». « Seulement un médiateur, Jésus Christ »,

écrit l’apôtre Paul. Lui seul apporte le Salut au monde, Lui seul donne le Saint-Esprit, Lui seul est médiateur.

Le diable sait qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, et il sait aussi bien que c’est seulement par ce médiateur que l’on obtient le pardon des péchés, la paix avec Dieu, et le don du Saint-Esprit. C’est pour cela qu’il fait tout pour nous détourner de ce médiateur.

Il s’efforce donc de dévaloriser Jésus-Christ, le seul médiateur. Comment cela ? Très simplement ! Il introduit un deuxième médiateur entre l’unique médiateur et nous, qui serait au moins aussi important que Jésus-Christ en personne. C’est une astuce très ancienne de Satan qui a apparemment fait ses preuves dans sa stratégie de séduction. Dans la cas de l’église néo-apostolique, ce sont même plusieurs qui ont été introduits entre Jésus-Christ et les hommes: les nouveaux apôtres ! Il affirme que ceux-ci sont les dispensateurs du Saint-Esprit. Ces derniers deviennent alors si importants que Celui qui donne le Salut par excellence, à savoir Jésus-Christ, passe complètement à l’arrière-plan et devient presque insignifiant.

« Les apôtres sont importants. Tout dépend des apôtres! »

Le diable a atteint en cela son objectif . Il peut détourner du médiateur unique entre le Dieu et des hommes avec succès, en laissant apparaître d’autres médiateurs plus importants.

Des gens crédules et simples sont ainsi séduits et ne remarquent pas qu’ils sont pris au piège. Ils persistent dans cette fausse doctrin et ne veulent s’en défaire pour rien au monde, parce qu’ils sous-estiment les ruses raffinées de Satan. Et, peut-être parce qu’il est difficile et douloureux de reconnaître devant les autres que l’on s’est fait berner, on se résigne à rester sur sa position. Enfin, on craint surtout les pressions et les regards de sa propre communauté.

Cependant, celui qui n’est pas prêt de se séparer de l’erreur reconnue et de se rendre à la vérité est perdu. Celui qui ne se suffit pas du médiateur que Dieu a prédestiné à notre salut, est perdu. La Bible affirme sans équivoque qu’il n’y a qu’un médiateur. Par là même, l’existence d’autres médiateurs est impossible. Ceux-ci ne peuvent pas sauver, et se condamnent eux-mêmes en détournant du seul médiateur – le Christ, et en s’accaparant son rôle.

 La caractéristique de toutes les fausses doctrines

Dans l’Église catholique, le diable a appliqué avec succès la même tactique. Il intercale Marie, le pape* et d’autres personnes qu’on a déclaré « Saints », comme médiateurs entre le Dieu et les hommes. Le diable a tenu fermement à dénaturer Jésus-Christ, le seul médiateur, et à proposer un Salut par d’autres. C’est une caractéristique de toutes les fausses doctrines: Il n’y a pas qu’un seul médiateur, mais toujours un deuxième, si ce n’est pas plus, aussi important que le Christ.

Cependant, Paul dit:

« Un seul médiateur entre Dieu et les hommes. »

Jésus et les Apôtres, Jésus et Marie, Jésus et le livre Mormon, Jésus et la société de la tour de garde, Jésus et la science chrétienne, Jésus et Ellen White*, Jésus et W. M. Branham*, Jésus et le Corps dirigeant de l’Organisation de la Société de la Tour de Garde*, etc… Derrière toutes ces manœuvres ne se cache personne d’autre que l’ennemi de Dieu, qui veut détourner les hommes du seul médiateur qui peut nous sauver, le Christ.

Le diable est très malin, il sait trop bien que le Salut est en Jésus seul. C’est pourquoi Il se démène pour empêcher les hommes de croire en ce médiateur-là, en intercalant d’autres médiateurs qui ne peuvent sauver. Paul nous prévient que le diable se déguise en ange de la lumière et vient même chez les hommes sous la forme de faux apôtres ( 2Cor. 11:14-15).

Je demande à chaque auditeur ou lecteur* d’examiner sa vie et de voir s’il ne s’est pas laisser détourner du Salut en Christ par des êtres humains ou des communautés religieuses quelconques.

Je vous en prie, quittez ce chemin non biblique et convertissez-vous à Christ. C’est lui qui donne l’Esprit aux saints, et il est le seul qui offre le Salut. Nous avons la vie éternelle par la foi en lui. Et nous avons l’Esprit Saint, comme il nous l’est annoncé en Jean 5:24 et Gal. 3:2.

L’enseignement disant que les apôtres de l’église néo-apostolique donnent l’Esprit aux saints est bibliquement faux et nous dérobe le vrai donateur du Saint-Esprit. Les chrétiens de Bérée (Actes 17:11), examinaient tous les jours dans les Écritures pour vérifier ce que l’on leur enseignait.

Les Écritures seules étaient leur référence. Je vous souhaite la même chose. Cherchez dans les Écritures et vérifiez si l’enseignement de l’église prétendue néo-apostolique est biblique. Dieu ne veut pas, que les gens se perdent mais:

« Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Tim. 2:4).

C’est pourquoi demandez à Dieu qu’il vous guide par la lecture de sa Parole. et qu’il ouvre vos yeux, afin que vous puissiez dire comme l’apôtre Paul:

« Il n’y a de Salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » Actes 4:12.

 


 

Note:

(*) = Complément d’information par Vigi-Sectes lors de la traduction.