Mon fils, cesse d’écouter l’instruction qui fait errer loin des paroles de la connaissance. (Proverbes 19:27)

Le débat créationnisme versus l’évolutionnisme-théiste … a fait rage aux USA, mais était moins virulent en Europe, et le monde évangélique francophone a rejoins sans heurt le protestantisme traditionnel, ainsi que le catholicisme dans sa manière d’appréhender le livre de la Genèse, en un récit seulement littéraire et non littéral.

Ce récit est donc présenté, osons le reconnaître honnêtement, comme non historique.

Nous n’argumenterons pas ici les allants et venants de ce débat, d’autres sources(1) le font, mais nous mentionnerons au moins la nécessité de connaître l’existence de ce sujet devenu presque tabou, et de se positionner (au bon endroit. 🙂 ). Adam avait un nombril, ou n’en avait pas, la mort existait avant lui ou pas, on ne peut s’assoir entre deux chaises.

Depuis 50 ans, des pointures dans l’enseignement théologique comme Tim Keller, ou Henri Blocher en France, ont massivement contribué à faire sombrer la communauté chrétienne dans cette vision évolutionniste, qui n’est pas plus bibliquement fondée qu’elle n’est scientifique. Bien que toutes les facultés de théologie ne jurent que par ces deux là, certaines critiques exposent très bien l’enjeu.

Inévitablement, une nouvelle œuvre à la croix dénué d’une nécessité historique est désormais établie dans l’évolutionnisme théiste. Les théologiens influencés par ce consensus peuvent pleurer des larmes chaudes en disant que la foi chrétienne a été vidée de sa substance, …mais cette substance,  il l’ont rejetée eux-mêmes.

Le début de la Bible

Cette substance est justement dans l’Histoire, le premier mot de la Bible étant: Béréshit = littéralement “dans un commencement”, il est établi que c’est cette historicité qui nous fait découvrir la première action et propriété de notre Dieu, Lui qui n’est dans aucun commencement. L’histoire du passé, présent et futur est l’élément l’introduction qui nous permet de connaitre celui qui connait tout, et de ne pas rester sans connaissance (sans science).

Mais le consensus chrétien comme l’esprit laïque de ce siècle, s’associe au consensus scientifique (une intégrale d’énigmes) et rejette sans honte l’histoire de la puissance de Dieu dès la Genèse. 

Bara, en premier …

En hébreux Bara (= créa) est le 2ème mot de la Bible, mais est la première action après avoir situé l’action dans le temps. Ce seul mot Bara, balaye comme une tornade, ou mieux comme une réelle explosion notre obscurantisme (et celui de notre dernière génération chrétienne trop bien initiée dans la fausse science, un scientisme d’incrédules), ayant obscurci l’acte créateur de Dieu. La création est si importante qu’elle vient en tout premier (en premier, après le terme Béréshit = dans un commencement, il fallait d’abord dire que c’est bien d’histoire qu’on parle).

Ancien testament orthodoxe juif, la datation du monde
et les âges pré-déluge ne sont pas remis en cause

Une œuvre incomplète ?

On lit sur le site internet bénédictin de l’abbaye de Notre-Dame de Trior… :

Dans sa Regula, saint Benoît parle explicitement du travail (cf. chap. 48). Jésus, dans l’Évangile de Jean, défend son action le jour du shabbat : « Mon Père (…) est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (5, 17)… Dieu Lui-même est le Créateur du monde, et la création n’est pas encore achevée. C’est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l’homme participant à l’œuvre créatrice de Dieu dans le monde. »

ndtriors.fr/vie-benedictine/

Cette affirmation est en en totale opposition à la Parole de Dieu. L’homme travaille dans la création de Dieu, oui, mais n’est pas co-créateur de cette création, qui est par ailleurs achevée.

Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour.  Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée. Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant.  (Genèse 1:31-2:1-3)

Confusion

Chaque auteur(2) Evangélique qui perpétue une confusion sur la création, peut aussi crier haut et fort « on croit à l’inerrance des écritures » comme Tim Keller, qui a une énorme influence dans les milieux évangéliques (et notamment chez les réformés). Il est un véritable loup prêchant un évangile social, étant lui-même un ancien marxiste.

Mais les livres de ces auteurs, enseignés dans les établissement de théologie aux futurs pasteurs, parlent pour eux-mêmes et révèlent, appelons le comme c’est, l’incrédulité de leur auteurs devant la création.

Cette incrédulité prétend ne s’adresser qu’à une (fausse et méprisable) interprétation littérale de la Genèse, mais elle s’adresse tout simplement à toute la Parole de Dieu, si puissante et tranchante, aux textes littéraires et littéraux de Genèse à l’Apocalypse. Les conséquences et implications de l’ historicité de la Genèse sont visibles à l’époque néotestamentaires, jusqu’aux fruits pourris d’aujourd’hui, dans l’athéisme de la nouvelle génération dans les familles de croyants.

Les débatteurs

Ils existent (2) ! Et ils ont fait leur travail, nous présenterons un passage de la conclusion (demeurant très respectueux et aimant des intervenants) d’un(3) de ces débats :

JM Berthoud -> H Blocher :

C’est ainsi votre constante opposition de l’interprétation littéraire à l’interprétation littérale que je mets en question. Car le débat véritable n’est aucunement prose contre poésie, interprétation littéraire contre interprétation littérale, mais interprétation vraie contre interprétation fausse. La véritable opposition est style littéraire vrai contre style littéraire faux, style littéral vrai contre style littéral faux. ( … )

Je ne peux comprendre que vous puissiez ainsi ignorer le danger que représente pour le peuple de Dieu votre manie à inciter le lecteur à l’admiration d’auteurs infidèles à la Foi. Non qu’il soit inutile de lire les ouvrages de tels hommes et de profiter des lumières que Dieu leur a donné dans sa grâce générale, mais nos ancêtres dans la foi, les Athanase, les Chrysostome, les Viret, les Bucer, les Spurgeon et les Machen avaient une conception plus haute de leurs responsabilités pastorales et un sens plus aigu des dangers épouvantables pour les mêmes et pour l’Eglise de Dieu que représente l’hérésie. ( … )

Si nous avons d’abord abordé la question de votre attitude face à la Révélation divine des origines sur ce plan formel littéraire c’est que nous restons fermement convaincus de votre sincérité, de votre profond souci de plaire au Seigneur et d’œuvrer pour le bien du peuple de Dieu. Mais, comme nous ne le savons que trop bien pour nous-mêmes, il se trouve malheureusement bien souvent un écart entre notre volonté de plaire à Dieu et nos réalisations. Vous avez beau vous récrier de votre orthodoxie, à l’égard de laquelle nous ne voudrions émettre de doute, cependant le mal est fait. Jouer sur plusieurs tableaux, voir pratiquer un double langage, comporte de graves dangers!

Votre ouvrage a puissamment servi à détruire certaines défenses immunitaires indispensables à la survie du peuple de Dieu obligé à respirer l’atmosphère spirituellement et doctrinalement polluée de cette fin de siècle. Il ne vous est pas possible simplement de rejeter la responsabilité sur ceux de vos lecteurs qui vous auraient mal lu. Nous sommes tous responsables des conséquences qu’entrainent nos actes et Je crains que ceux qui ont poussé votre pensée plus loin que vous ne le souhaitiez ont, sur certains points, que trop bien lu votre livre. Tel un catalyseur, vos hypothèses dangereuses ont favorisé les réactions les plus malsaines. C’est cette passion renouvelée pour le vrai et ce dégoût du mal, d’abord en nous-mêmes, dans nos propres cœurs, dans nos pensées et dans nos actions, qui permettra le retour de cet esprit de repentance sans lequel il ne peut y avoir de salut ni pour le peuple de Dieu, ni pour un monde lancé à une allure terrifiante sur la piste de son autodestruction.

calvinisme.ch

Henri Blocher cite en effet positivement des auteurs plus que controversés, comme par exemple, Teilhard de Chardin. Le four et le foyer de l’enseignement biblique est souillé de cet animal impur et mort, qu’est l’évolutionnisme théiste, et d’autres débats rejetant ce mensonge accepté et cette continuelle manipulation de langage sont encore à faire.

Tout objet sur lequel tombera quelque chose de leurs corps morts sera souillé; le four et le foyer seront détruits: ils seront souillés, et vous les regarderez comme souillés.  (Lévitique 11:35)


Notes :

  • (2) Livres évolutionnistes:
    La révélation des origines, de Blocher Henri
    Comprendre Genèse 1-11 Aujourd’hui, de Matthieu Richelle
  • (3) http://calvinisme.ch/index.php?title=RAMBERT_Serge_-%22R%C3%A9v%C3%A9lation_des_origines%22_de_Henri_Blocher-_Une_r%C3%A9ponse
  • http://calvinisme.ch/index.php?title=BERTHOUD_Jean-Marc_-_Henri_BLOCHER_-_D%C3%A9bat_public_sur_la_doctrine_biblique_de_la_cr%C3%A9ation
  • Il est bien entendu recommandé de lire l’entièreté de ce débat et l’ample correspondance entre Henri Blocher et Jean-Marc Berthoud dans son livre “Création, Bible et Science” (ISBN-10 : 2825138878, ISBN-13 : 978-2825138878) qu’on peut trouver sur amazon

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