Presse: Du côté des antisectaires : Paul RANC

Nous publions cet article d’une trentaine d’année en souvenir de Paul RANC, un des fondateur de Vigi-Sectes, auteur et conférencier remarquable, à l’occasion de son récent Décès.


Source: Magazine femina, janvier 1989

Face à l’ampleur du mouvement des sectes, une association a vu le jour en France, suite à l’émoi de parents face à la «disparition» d’un jeune homme.
Très vite implantée dans d’autres villes françaises, l’ADFI essaime à l’étranger. Sa branche suisse naît en février 1983, avec un théologien à sa tête, Paul Ranc.

Le communiqué de création de l’ADFI (Association pour la défense de la famille et de l’individu) diffusé par l’ATS (Agence télégraphique suisse) avait provoqué une avalanche de demandes d’aide, se souvient Paul Ranc, président de l’association. Ce dernier, diacre de l’Eglise réformée, père de famille, est connu pour ses travaux sur certaines sectes. Il s’était tout d’abord attaqué au phénomène Cravanzola, dans une brochure publiée en 1979. Il explique son engagement contre les sectes.

Quelles sont en Suisse les sectes les mieux implantées?

En Suisse romande, incontestablement, la secte la plus dangereuse est la scientologie. Les trois quarts au moins des appels qui nous parviennent émanent de personnes qui ont eu affaire à la scientologie. Mais il y a d’autres sectes qui nous posent problème. Moon, implantée depuis quelques années à Genève et récemment à Lausanne, la Conscience de Krishna et aussi les Témoins de Jéhovah. En Suisse alémanique, c’est surtout Moon.
Une association y a été fondée avec des parents dont les grands enfants sont partis dans la secte Moon. Au Tessin, je dirais Krishna et Moon.

Les Témoins de Jéhovah sont donc dangereux?

Il s’agit d’une dissidence du protestantisme créée au siècle dernier. Ce que nous leur reprochons, c’est la destruction de la cellule familiale. Des adolescents qui vont chez les Témoins

Existe-t-il de bonnes sectes?

Très difficile de répondre.

Pour nous, à l’ ADFI, nous définissons une secte par certains critères: le lavage de cerveau et l’asservissement de la personnalité, un chef incontesté, un gourou, et également les implications financières liées à l’appartenance à la secte. Je distinguerais les sectes, ou nouveaux mouvements religieux, des Eglises indépendantes de l’Etat, comme les Eglises baptistes, mennonites, etc. Ces Eglises ont un tronc commun, qui est celui de la Réforme.

Pour des raisons qui leur semblent bonnes, elles se sont séparées des Eglises d’Etat, mais nous avons de bons contacts avec elles.
Les mormons, par exemple, comme d’autres, ont une éthique irréprochable.

Pourquoi caractérisez- vous les sectes de «fléau social»?

Les sectes sont de véritables multinationales et ne visent qu’un seul but, la transformation du monde, la transformation de la société, mais selon leurs propres critères et leurs propres doctrines. Moon ne vise qu’un seul but: une grande fraternité parmi, les hommes, une société sans crimes, sans délits. Le but serait valable, comme ce fut le cas pour le christianisme ou pour l’islam.
Mais entre le but et les moyens, il y a un décalage énorme. La scientologie, par exemple, force des jeunes à s’endetter lourdement.

Depuis 1983, quelles sont les actions que vous avez entreprises?

De 1983 à 1988, nous avons travaillé dans l’ombre. En fait, l’ADFI se résumait à ma femme et à moi-même. C’est nous qui répondions au téléphone environ 250 appels – et nous avons reçu près d’une centaine de visites. Depuis le 4 novembre 1988, nous sommes regroupés officiellement en association, qui compte 42 membres fondateurs, surtout des parents et quelques personnes qui sont sorties des sectes. Notre but est l’information, puis l’aide, la réinsertion professionnelle de jeunes sortis des sectes, la recherche de ceux qui ont disparu, mais nous ne sommes pas en faveur du dé-programming (réd. contre-lavage de cerveau appliqué à ceux que l’on a sortis des sectes).

Comment les parents concernés prennent-ils contact avec vous?

En nous disant: « J’ai mon fils ou ma fille qui depuis un certain temps suit des cours de scientologie. C’est curieux, il me cache ses bouquins, Je sais qu’il a un appareil dans la cave.» (Il s’agit d’un électromètre pour mesurer les blocages.) Ou bien: «Ma fille qui est en apprentissage manque des cours, ses profs sont étonnés.» Ou encore: «Mon fils reçoit tout le temps des coups de téléphone mystérieux.» Ou aussi: «De l’argent disparaît de son carnet d’épargne», etc.

Un «enfant» majeur peut disparaître. Ses parents légalement ne peuvent rien faire, non?

Dans ce cas, c’est vrai, nous sommes désarmés. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que l’enfant majeur, qui est adulte, a reçu un tel lavage de cerveau, une telle pression psychologique qu’on ne peut sans doute plus parler de personne réellement responsable.

Pourquoi vous, diacre réformé, vous occupez-vous de cette association?

En me penchant autrefois sur le phénomène Cravanzola, en tant que théologien, j’ai découvert des parents qui souffraient en silence. Car il est considéré comme honteux en Suisse d’avoir un enfant dans une secte. On n’ose pas le dire.
Cela explique pourquoi les gens ici ne portent pas plainte, alors que dans d’autres pays, si l’on assiste à des arrestations de membres de l’Association de scientologie, c’est qu’il y a eu des dizaines de plaintes. Si vous avez l’un de vos enfants atteint du sida, qui se drogue ou qui est dans une secte, même problème, on se tait. Alors qu’il faudrait en parler le plus possible car les sectes, c’est comme les systèmes totalitaires, les mouvements d’opinion, elles n’aiment pas ça du tout.

Propos recueillis par VALÉRIE BORY
Photo Michel Schmalz

Presse: Immersion chez les témoins de Jéhovah

Voici quelques extraits de l’article du « LE MESSAGER – Chablais Jeudi 1″ août 2019 ». En fin d’article, nous donnerons quelques commentaires.


Ils sont dans les parcs, les rues, les ports. Ils nous téléphonent et frappent à nos portes pour nous évangéliser. Mais les connaît-on vraiment ? Qui sont les Témoins de Jéhovah, et que pensent-ils ?
DOSSIER RÉALISÉ PAR THIBAULT PETIT AVEC AMÉLIE LÉCOYER

Ils ont tous les deux fait de la prison. L’un, parce qu’il a castagné la police. C’était un soir et il avait bu. L’autre a refusé d’effectuer son service militaire et s’est retrouvé aux arrêts. Ils sont en chemise et pantalon de « costume, élégants. Ils sont Témoins de Jéhovah. On est au parc thermal de Thonon, un mercredi, 18 heures, ciel bleu. Et je m’apprête à suivre un cours biblique. Fabrice*, visage sec, cheveux en arrière et voix bienveillante.. : « C’est sain de se poser des questions ». Dans le Chablais, les Témoins de Jéhovah se portent bien, ils sont 100 à 120 prédicateurs.

On les voit à l’entrée des parcs et dans les ports; «aux endroits stratégiques » …

Fabrice sort une Bible et donne des exemples de «conduite immorale» : les adultères, les ivrognes, les menteurs et les homosexuels. Il s’arrête, me regarde, sourit, doucereux :

« Avant, je pratiquais presque tout ce qui est écrit »,

dit-il, comme pour me rassurer, clin d’il. Puis il raconte son histoire : il aurait eu une vie de débauche, de saoulerie, de prison. Un jour, des Témoins de Jéhovah ont toqué à sa porte. Lui leur parlait de Mahomet et de Bouddha, comme
ça, «pour les taquiner ». Mais à force d’obtenir des réponses, il a été convaincu et a repris sa vie en main. Nathan, chemise blanche et crâne rasé, se penche vers moi : « On tourne à a catastrophe. Il y a des rois, des dictateurs, des présidents, mais il n’y a pas de pays où ça va bien car Satan domine le monde ». – Fabrice hoche la tête : « On vit actuellement les Deniers jours »…

… Lui bosse dans une usine et consacre son temps libre à l’évangélisation. Au travail ? «On évite d’en parler pendant huit heures, ça peut être mal perçu, ou alors sur les temps de pause», – disent-ils. … les Témoins de Jéhovah refusent de chanter les hymnes. « On respecte les lois du moment qu’elles n’entrent pas en contradiction avec la Bible », glisse Fabrice. Il réfléchit : « C’est de l’obéissance relative. Je préfère passer trois ans en prison que d’effectuer mon serbice militaire ».

« Les catholiques sont déviants » Le deuxième jour, Fabrice donne rendez-vous. au port de Rives, sur un banc, à l’ombre. Il est prévu qu’on étudie la question numéro 8 du livret, « Pourquoi Dieu permet-il le mal et les souffrances ? » J’ouvre le fascicule : Hitler, symbole d’un monde gouverné par Satan, par l’homme, donc «imparfait», est dessiné sur un côté. Les cours fonctionnent comme ça : à chaque séance, une question, et des réponses piochées dans la Bible. Cette fois, Fabrice est accompagné d’une femme, Josiane, ex-catholique, «pas convaincue par leur pratique de la Bible ». …

Sous couvert d’anonymat, un de nos journalistes a suivi deux cours avec les Témoins de Jéhovah. Ce mouvement religieux se réclamant du christianisme dit annoncer la bonne nouvelle.

En fait, les Témoins de Jéhovah sont persuadés que Dieu va anéantir les gouvernements humains, c’est l’Armageddon. Du coup, pour eux rien ne sert de prendre par aux affaires du monde «ni de faire de grandes études ». Ce serait comme envoyer un CV dans un boîte qui va fermer », assure Fabrice, calme comme une mer sans vent. Lui bosse dans une usine et consacre son temps libre à l’évangélisation. Au travail ? «On évite d’en parler pendant huit heures, ça peut être mal perçu, ou alors sur les temps de pause», – disent-ils. – Apolitiques, les Témoins de Jéhovah refusent de chanter les hymnes. « On respecte les lois du moment qu’elles n’entrent pas en contradiction avec la Bible », glisse Fabrice. Il réfléchit : « C’est de l’obéissance relative. Je préfère passer trois uns en prison que d’effectuer mon service militaire ».

« Vous voulez une Bible ? » Il me tend un épais livre à la tranche argentée. Son titre : La Bible. Traduction d’un monde nouveau. « Vous pouvez la garder, je vous l’offre. » Une fois le livre en mains, je peux alors suivre. Du moins tenter : « Isaïe chapitre 35 verset 1 », « Daniel chapitre 10 verset 53 », « Jérémie chapitre 25, verset 34 »… annonce l’orateur. Pas facile de s’y retrouver. Me devinant un peu perdue, mon voisin me guide.
L’intervention est terminée, Les applaudissements retentissent.

Les Témoins de Jéhovah sont aussi l’objet de critique parce qu’ils utilisent leur propre traduction de la Bible.

Sont-ils une secte ?
Disons-le d’emblée : les Témoins de Jéhovah ne sont pas considérés comme une organisation sectaire, pour une raison simple : il n’y a aucune secte en France. En fait, en 1995, des députés avaient classé l’organisation sur la liste des sectes. Mais en 2005, ce rapport a été considéré comme obsolète par le gouvernement. En 2011, la Cour européenne des Droits de l’Homme a même demandé à l’administration fiscale de lui accorder le bénéfice d’association cultuelle. Cela dit, l’association chrétienne est suivie de près par la Mission – interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Ce qui pose problème?

Leur rejet des transfusions sanguines, l’isolement social lié à leur refus de se mêler au « monde mauvais » et donc de côtoyer des personnes qui ne sont pas Témoins de Jéhovah, notamment. L’organisation a aussi été critiquée pour encourager les victimes d’abus
sexuel à ne pas porter l’affaire devant les tribunaux.
Dans le Chablais, les avocats spécialisés ne font état d’aucune plainte déposée à l’encontre de l’organisation. Quant à celle-ci, elle pointe un autre argument: « une secte est un mouvement ayant un homme pour chef. Les Témoins de Jéhovah ne considèrent aucun homme comme leur chef». Logique: leur chef, c’est le Christ.



Commentaires de Vigi-Sectes sur cet article de presse du Messager

Une courte visite de journalistes non avertis dans une assemblée quelconque ne permettra que de voir la devanture de l’organisation. Une réponse d’une association chrétienne qui informe sur les sectes et les mouvements religieux comme la notre, donnera un éclairage différent d’un mouvement se réclamant du christianisme. Nous n’avons pas d’antipathie pour les Témoins de Jéhovah (TdJs), au contraire c’est avec joie que nous dialoguons avec eux, mais nous avons un regard très critique sur le comportement sociétal de leur organisation, et sur leurs croyances pseudo-chrétiennes.

Plusieurs points de l’article nous interpellent: premièrement l’affirmation suivante:

« en France, …
il n’y a aucune secte »

L’avènement de la laïcité et du rejet des croyances dans la sphère privée ne saurait exclure le mot secte de la langue française. Il est vrai que de nos jours il porte une connotation très négative qui ne caractérisait pas obligatoirement le terme original. Une secte peut aussi simplement être une « école de pensée » souvent issue d’un ensemble plus important dont elle s’est séparé. De nos jours, de façon pratique on retiendra plutôt le sens de « mouvement fermé, qui porte atteinte à la liberté individuelle, qui cache souvent des pratiques immorales, qui s’enrichit sur le compte de ses ouailles et qui obéit aux ordres d’un gourou ». Les sectes « apocalyptiques
» annoncent aussi la fin du monde … pour demain …

Sur la base de cette définition les Témoins de Jéhovah sont bien une secte du XXIème siècle.

Reprenons brièvement ces quatre points:

A: comportement sociétal

1) Perte de liberté individuelle et lavage de cerveau

Quand vous avez rencontré un « témoin de Jéhovah » c’est pareil que si vous en aviez rencontré mille! Ils ont tous le même message, la même doctrine, les mêmes réponses! Ce n’est pas un hasard mais la conséquence d’une allégeance complète à une organisation dictatoriale lors de son baptême. Le nouveau converti accepte que seuls les TdJs sont dans la vérité et que toute la lumière et tous les enseignements proviennent du « collège central » américain qui a la haute main sur toutes les publications mondiales. Que vous soyez français, anglais ou chinois vous lirez, le même dimanche, le même texte et subirez le même endoctrinement. Les TdJs sont les plus grands éditeurs du monde et nous sommes admiratifs face à cette « immense machine » qui permet de tels exploits. Le problème c’est la perte de la liberté personnelle: vous n’avez pas le droit de penser autrement que la Société …


2) Pratiques immorales

Les TdJs ont visiblement une morale et notre société a bien des choses à apprendre dans ce domaine… Mais tout ce qui brille n’est pas or. Le problème le plus important est celui de la pédophilie parmi les TdJs. Il est clair que ce n’est pas la doctrine qui est officiellement enseignée par la Société, mais c’est la pratique bien organisée qui a protégé les brebis noires pendant des décennies. Nombreux sur internet sont ceux qui crient leur détresse alors que les responsables ne sont pas poursuivis. Les TdJs se retranchent derrière une déclaration biblique qui doit s’appliquer en fait dans un tout autre contexte (celui de la critique non justifiée des anciens de la part d’individus):
Les TdJs ne voulaient retenir une accusation de pédophilie que s’il y a 2 témoins qui peuvent en attester … Rares sont les pédophiles qui donneront les preuves de leur égarement. Les procès sont actuellement nombreux surtout en Amérique et la Société possède un fichier secret de plusieurs dizaines de milliers de signalements qu’elle ne veut pas communiquer à la justice…

3) L’argent

Partis de rien il y a un peu plus d’un siècle ils sont milliardaires. C’est tout dire. Des millions de personnes donnent leur temps et leur argent pour engraisser cette multinationale sans scrupule. Certes, actuellement du moins, tout est « volontaire ». Du moins c’est ce qui est dit. Les pressions financières existent bel et bien et, comble de l’ironie,  les « pigeons » sont heureux de se faire plumer « pour l’organisation de Jéhovah ». Leurs immenses richesses leur permettent actuellement  de « régler à l’amiable » bien des cas de pédophilie. On peut aussi noter que leur argent n’est pas employé pour soulager la misère du monde mais pour accélérer la propagation de leurs doctrines.

4) Obéir à un gourou

Bien que le fondateur et surtout son successeur aient été d’authentiques gourous, il y a actuellement et depuis longtemps une direction collégiale. En pratique cela ne change rien. Les ordres émanent du « collège central » et sont applicables immédiatement sur la terre entière. Et quand ils se trompent ? On doit obéir et répandre l’erreur jusqu’au moment où l’ordre opposé viendra du « collège central ». En bout de chaîne cela sera interprété généreusement comme une « nouvelle lumière ». Nous avons le témoignage extraordinaire d’un Vice Président des TdJs qui s’était permis de mettre en doute certains points de la doctrine officielle. Après une cinquantaine d’années de bons et loyaux services, il fut exclu sans miséricorde et laissé dans le besoin.
Le « collège central » c’est plus qu’un gourou, c’est leur dieu.

5) Les sectes apocalyptiques

La peur de la « fin du monde pour demain » est un moyen intéressant pour récupérer beaucoup d’argent. Les TdJs ne s’en sont jamais privés et nous conseillons la lecture en ligne de la brochure « Les TdJs faux prophètes du XXème siècle », vous pourrez vous-mêmes lire les documents originaux. En effet ils détiennent le record bien peu honorable d’avoir fixé le plus souvent la fin du monde à des dates précises. Il va sans dire que cela a des conséquences sur les individus, sur la famille et sur la Société.

Nous n’avons pas parlé de deux aspects importants qui les plaçaient  jadis en opposition avec les lois françaises. Actuellement un seul demeure. Bien qu’ils aient écrit, pendant la dernière guerre mondiale qu’ils n’étaient pas contre les obligations militaires (copie du document original sur demande) de nombreux TdJs sont allés en prison pour avoir refusé le service militaire obligatoire et même le service civil. Ces temps sont révolus en France car il n’y a plus de service militaire. Par contre l’interdiction de recevoir une transfusion sanguine est franchement anachronique et immorale. Il est normal qu’une personne puisse choisir elle même d’avoir une transfusion ou pas, d’être opérée ou pas mais ce qui est insupportable, c’est la pression qui est faite sur les adhérents. S’ils acceptent une transfusion ils se retirent eux mêmes de l’organisation (formulation douce de l’exclusion) et sont coupés de tous leurs amis, voire de leur famille car ils sont devenus des « apostats » infréquentables. Quand vous savez que le salut éternel dépend de l’appartenance à l’Organisation des TdJs vous avez compris que ces gens là vivent la terreur et l’angoisse de « l’interdit catholique » aux plus sombres periods de l’inquisition.
En conclusion de ce chapitre sociétal: Les TdJs sont globalement des hommes et des femmes de bonne volonté qui s’appliquent à avoir une tenue exemplaire. A ce titre individuel, ils sont dignes de notre respect. Quant à l’aspect dictatorial de l’organisation à laquelle ils ont fait allégeance nous ne pouvons que nous y opposer et attirer l’attention sur les dangers de ce mouvement qui nous apparaît comme une monstrueuse tromperie.

Pour avoir une vision plus objective sur la question de « qui sont vraiment les TdJs? », nous recommandons de consulter des documents de spécialistes du sujet : Notamment …

  • Le site info-sectes.org : une référence de spécialiste incontournable sur le sujet, mettant à disposition gratuitement le livre de Pierre ODDON: Les TdJs les dessous de l’histoire, au format pdf.
  • Le livre mondialement connu de Raymond Franz, un défecteur haut placé car ancien membre du Collège Central des Témoins de Jéhovah : Crise de Conscience.
  • Le livre suivant: Les témoins de Jéhovah à la lumière de la Bible et de l’histoire – de Sarkis Pachaian: (l’auteur n’est pas un ex-TdJ)

Notre association Vigi-Sectes désire mettre gracieusement ce dernier livre à disposition de toute bibliothèque municipale du Chablais. Il suffit d’en faire la demande à info@vigi-sectes.org avant le 31 déc. 2019

B: L’aspect religieux

C’est certainement le plus important car c’est le cœur du sujet et de leur motivation. Mais il est clair que nous sommes en France, un pays où toutes les religions sont considérées en principe comme égales et respectables. Seul l’aspect sociétal présente de l’intérêt dans un pays laïque. L’agnosticisme, la laïcité et la tolérance sont les ingrédients fondamentaux de la postmodernité.

Les explications « religieuses » sont fondamentales ici pour comprendre les TdJs, mais risquent malheureusement d’être interprétées pour la plupart comme des « querelles de clochers » supplémentaires, sans grand intérêt pour le commun des mortels qui ne semble pas intéressé par « la question religieuse ».

Une question s’est posée : Doit-on ne faire mention que de la problématique sociétale ? Quand les gens ne savent pas ce qu’est une bible, doit-on disserter de religion ou d’une traduction tendancieuse de la bible?

C’est pourtant l’aspect religieux qui fera réfléchir les TdJs, ou les TdJs en devenir, et chaque personne qui s’intéresse à ce sujet en profondeur.

Nous ne pouvons donc pas faire l’impasse d’aborder 4 aspects de leur croyance, et ceci pour 3 raisons :

  • L’article du Messager du chablais aborde la dimension religieuse en présentant les TdJs à plusieurs reprise comme des chrétiens. C’est une erreur monumentale, qui ne peut rester sans réponse.
  • Ce sont de citoyens en recherche religieuse qui seront trompés par cet article et peuvent potentiellement devenir TdJs. Un avertissement religieux est nécessaire.
  • L’article de presse conclue par une contre-vérité et contradiction chez les TdJs, qui est au cœur de la problématique, et qui touche chaque croyant:

Leur chef, c’est le Christ !

Non! Disons le d’emblée, leur chef c’est cette organisation américaine, qu’ils suivent comme des moutons. Leur chef n’est pas Christ, ils lui dénient sa divinité et n’ont pas le droit de le prier. Ce collège centrale le remplace, il est donc anti-christique. Et même un journaliste agnostique aurait pu s’en rendre compte.

1) Les TdJs ont leur propre traduction

… nous dit l’article. Eh alors dira l’agnostique, quel est le problème ? Si un restaurant a sa « propre » spécialité culinaire ce n’est pas un mal, c’est même une preuve de créativité! Mais dans l’optique judéo-chrétienne, c’est Dieu le créateur de l’univers, qui est l’auteur (par inspiration) des Saintes Écritures. Biaiser Sa Parole en rajoutant, enlevant ou transformant des mots, est formellement réprouvée tout au long de la Bible.

La traduction de la Bible des TdJs n’est pas seulement « propre » à eux, elle contredit les bases même de la Bible. Elle est inspirée de la traduction hérétique du Nouveau Testament d’un ex-curé, Johannes Grebber, qui l’a réalisé en pratiquant du spiritisme ( en contactant des puissances démoniaques). Il a ensuite émigré d’Allemagne vers les Etats-Unis. Le spiritisme est un des plus grave péché mentionné dans la Bible. En cela, la Société de la Tour de Garde s’oppose aux bases même de la Bible.

D’autres aspects doctrinaux de ce mouvement ont des conséquences dramatiques.

2) La volonté de l’organisation passe avant toute valeurs, bibliques ou pas

Ne pas accepter un don de sang de son propre époux lors d’un accouchement, est littéralement non chrétien (car l’homme et la femme ne forme qu’une seule chaire, et l’homme doit aimer sa femme, étant prêt à mourir pour elle). L’organisation prend indirectement droit de vie ou de mort sur ses membre, bien entendu, pour les TdJs, c’est la volonté de « Jéhovah » et chacun est libre et responsable de son choix. L’organisation se « « lave les mains » des morts qui auraient pu survivre. Peu de gens savent que nombre d’exclusions relatives aux transfusions ont été décidées dans leur collège centrale sans faire l’unanimité. Les conséquences sont que la vie de milliers d’innocents sur plusieurs décennies s’est jouée à quelques voix prêt.

Un déflecteur ne se verra pas le droit de parler à ses proches qui sont encore TdJs. On pourrait citer encore nombre raisons pour expliquer comment les TdJs se sont coupés du christianisme et ne sont pas chrétiens.

3) La bonne nouvelle?

De quelle bonne nouvelle parle-t-on chez les TdJs?
Il n’y en a pas.
Chez les chrétiens, il y a une bonne nouvelle, Christ est mort pour nous sauver, et quiconque croit en Lui à la vie éternelle. Les TdJs n’ont pas l’assurance du Salut pour lequel, ils travaillent toujours, et sans jamais parvenir à une relation personnelle avec Jésus.

Terminons par une lecture attentive d’un de leur livre, qui parle de la personne centrale du judéo-christianisme – Christ.

4) Leur livre « Le plus grand Homme de tous les temps »

est sensé présenter Jésus, mais affiche un blasphème sur Christ dans chacun de ses 133 chapitres. … Il est intéressant de voir que ce livre mentionne plus de 130 fois le terme Pilate, en faisant parfois le zèle de rajouter aux citations des titres honorifiques (le gouverneur Ponce Pilate), et concluent sur qui est Jésus par une Parole de Pilate – Or Pilate n’a pas reconnu que Christ est « le Chemin, la Vérité et la Vie » . Il l’a condamné et s’en est lavé les mains. Les TdJs qui sont-ils vraiment?

En fait, ils sont comme Pilate, ils ne reconnaissent pas qui est Jésus (cf- Jean 8:24; Jean 20;28; 1Jean 5:21), et le rejettent.

  • Jean 8:24  C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés. 
  • Jean 20:28  Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! …
  • 1Jean 5:21  C’est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. …

Notre conclusion en une phrase sur l’aspect religieux:

Les soit-disant Témoins de Jéhovah
sont en fait
des Témoins de
Pilate.

Presse : Un Genevois Hispano-Suisse converti à l’islam, a écopé de 20 de prison


K., le Genevois soupçonné d’avoir participé à l’assassinat de deux Scandinaves fin 2018, a écopé de 20 ans de prison. Il a toujours clamé son innocence.

Le procès pour l’assassinat de deux jeunes Scandinaves, décapitées fin 2018 au Maroc au nom du groupe Etat islamique (EI), s’est clos jeudi. Les trois principaux accusés ont écopé de la peine de mort. L’audience s’est tenue devant le tribunal antiterroriste de Salé, près de la capitale Rabat.

Seul étranger du groupe de 24 personnes jugées, K., un Hispano-Suisse converti à l’islam, a écopé de 20 de prison, a indiqué son avocate genevoise, Me Saskia Ditisheim. Il est accusé d’avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée et de les avoir «entraînés au tir». Il a toujours clamé son innocence.

«Je ne suis pas extrémiste»

«Je n’ai pas eu de chance pour avoir croisé certaines personnes dans ma vie», a-t-il déclaré d’une voix émue. «Je ne suis pas extrémiste, je ne l’ai jamais été. Je condamne fermement cet acte barbare dans ce magnifique pays», a-t-il poursuivi. L’accusation avait requis 20 ans de prison contre lui.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées dans une région montagneuse du sud du Maroc prisée des randonneurs voulant gravir le plus haut sommet d’Afrique du Nord, le mont Toubkal (4167 mètres). Elles campaient sur un site isolé. Le double assassinat avait suscité l’émoi au Maroc, en Norvège et au Danemark.

Éprises de nature, les deux victimes suivaient des études de guide à l’université norvégienne de Bø et voyageaient ensemble pour les vacances de Noël au Maroc.

Peine de mort demandée

La mère de Louisa Vesterager Jespersen avait appelé la semaine dernière les juges marocains à condamner à mort les accusés ayant reconnu le crime. «Le plus juste serait de donner à ces bêtes la peine de mort qu’ils méritent, je vous le demande», avait déclaré Helle Petersen dans une lettre lue par son avocat.

Des condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire sur les exécutions est appliqué de facto depuis 1993 et l’abolition de la peine de mort fait débat.

Issus de milieux modestes, avec un niveau d’instruction très bas, la plupart des accusés vivaient de boulots précaires dans des quartiers déshérités de Marrakech. «Nous allons plaider les circonstances atténuantes compte tenu de leurs conditions sociales précaires et leur déséquilibre psychologique», avait déclaré l’avocate commise d’office des trois suspects principaux.

La partie civile demande dix millions de dirhams (près d’un million d’euros) de dommages pour les parents de Louisa Vesterager Jespersen en invoquant la «responsabilité morale» de l’Etat marocain.

(mpo/afp)

Presse: Paris: Un ancien policier condamné à six ans de prison pour avoir adhéré aux thèses djihadistes

JUSTICE –
PROCES: Cet ancien gardien de la paix au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, a été reconnu coupable d’avoir partagé l’idéologie de l’organisation Etat islamique entre 2014 et 2016

20 Minutes avec AFP
Publié le 08/07/19 à 17h07 — Mis à jour le 08/07/19 à 17h07

Un ancien gardien de la paix de 47 ans a été condamné ce lundi à six ans de prison pour avoir adhéré à la cause djihadiste. Mamadou N’Diaye a notamment été reconnu coupable d’avoir partagé l’idéologie de l’organisation Etat islamique entre 2014 et 2016 avec son frère radicalisé, en regardant des vidéos et suivant des profils de djihadistes sur les réseaux sociaux, cautionné l’attentat contre un couple de policiers à Magnanville en 2016, activé avec ce frère un compte Twitter pour un djihadiste français en Syrie, et consulté dans des fichiers de police les fiches de personnes poursuivies pour terrorisme.

Cet ancien gardien de la paix au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, depuis révoqué, avait été interpellé en juin 2017 dans son commissariat et placé sous contrôle judiciaire. Devenu chauffeur VTC, il avait comparu libre au cours du procès qui s’était tenu sur trois demi-journées fin juin. La présidente Isabelle Prévost-Desprez a estimé qu’il avait porté « une atteinte grave » au travail de la police et à la « confiance » des Français envers les forces de l’ordre.

Intervenu sur l’attentat d’Aurélie Châtelain
Ce policier aux bons états de service affecté à la brigade des accidents et délits routiers était notamment intervenu sur les lieux du meurtre d’Aurélie Châtelain, tuée à Villejuif en 2015 sur fond de projet d’attentat avorté, et s’était même porté volontaire en cas de besoin après les attentats parisiens du 13 novembre 2015, un « comportement pouvant être considéré comme inquiétant », selon le tribunal.

Son avocat, Gabriel Dumenil, a fustigé une justice rendue « pour l’exemple » et annoncé qu’il allait faire appel et demander sa libération. Mamadou N’Diaye, qui était jusqu’alors sous contrôle judiciaire, « a pu s’amender, a pu changer », a-t-il souligné. « C’est une catastrophe pour lui et pour la société. »

Presse: Un prof Steiner fait la promotion de théories délirantes et racistes

Enseignant dans une école Steiner-Waldorf sous contrat dans l’Essonne, Charles Le Goff tient, sur YouTube, une chaîne occultiste et racialiste. Inquiétant.

Par Thomas Mahler

le 27/06/2019

Le Point.fr

« Si vous ne voulez pas un front de personne qui fasse un bac pro – bon, il faut des personnes qui fassent un bac pro –, mais quand je vois un jeune dont le front s’arrête là (il montre un front bas), je sais qu’il ne pourra pas faire un bac général. Parce que, s’il n’y a que la partie inférieure du front, cette personne a une intelligence concrète. » Mêlant ésotérisme, techniques d’autoguérison et références à Rudolf Steiner (fondateur de l’anthroposophie) ou à Peter Deunov (gourou théosophe qui a initié la Fraternité blanche universelle), le youtubeur « Charles spiritualité » multiplie les vidéos délirantes. Il y explique notamment comment notre apparence physique n’est que le reflet de notre karma. Autrement dit, « Charles spiritualité » est adepte de morphopsychologie, pseudoscience prétendant établir une correspondance entre la morphologie des traits du visage et la psychologie de l’individu. Dans une autre vidéo, « Choisissons-nous notre apparence ? », qui, prévient-il, « va à contre-courant de la pensée unique de notre société », « Charles spiritualité » explique que le nez africain moyen correspond à un nez « terrestre » qui « évoque de la chaleur et de la bonne humeur », soit des personnes « spontanées » et « primaires » qui aiment les choses concrètes (traduction : pas de grands intellectuels). Ailleurs, il assure que le nez des Arabes ou des juifs est, lui, en général, sous influence lunaire, c’est-à-dire proche de celui des bébés, ces « personnes qui gobent absolument tout ». Le nez « mercurien », qui se reconnaît à sa forme pointue, serait, lui, marqueur de personnalités intellectuelles, à l’image du sien. Toujours souriant, Charles prend soin de préciser qu’il a un colocataire camerounais et que « c’est une joie ».

L’homme qui fait la promotion de ces délires racialo-ésotériques et prétend savoir si un élève a un physique intelligent ou non se nomme Charles Le Goff. Il exerce le métier d’… enseignant. Professeur des écoles, il travaille depuis septembre à l’école Waldorf-Steiner de Verrières-le-Buisson (Essonne), une école sous contrat avec l’État. Charles Le Goff est aussi anthroposophe depuis 2017, comme le prouve un numéro du bulletin Nouvellesde la Société anthroposophique en France. Contactée, l’école nous fait savoir par mail que « Monsieur Le Goff a été embauché à la rentrée dernière, et durant l’année scolaire, nous avons découvert ses opinions personnelles. Il n’a jamais fait état de ces dernières dans le cadre professionnel, néanmoins, elles ne sont pas compatibles avec les objectifs pédagogiques de notre établissement. De fait, la direction a pris la décision d’une séparation, et l’information a été officiellement communiquée aux parents ce 18 juin. D’autre part, sachez que les raisons de cette séparation – et son processus – sont pleinement connues de l’Éducation nationale. » En interne, on était au courant de l’existence de cette chaîne depuis au moins décembre, et on craignait que cela ne nuise à l’image de l’anthroposophie, sous le feu des critiques rationalistes. Charles Le Goff a officiellement fait l’objet d’un protocole d’accord de rupture conventionnelle, en raison d’une demande de stage non approuvée par l’établissement.

Méthodes controversées

Les écoles Steiner-Waldorf ont été créées par Rudolf Steiner (1861-1925), occultiste autrichien et père de l’anthroposophie, doctrine mêlant syncrétisme religieux, réincarnation, rejet du matérialisme, biodynamie… Rudolf Steiner croyait notamment que les groupes raciaux représentent des stades différents de l’évolution spirituelle. Les responsables des écoles Steiner affirment que l’anthroposophie n’est pas enseignée dans leurs établissements. Mais, pour Grégoire Perra, ex-anthroposophe et enseignant en école Steiner devenu le critique le plus farouche de cette mouvance en France, les théories ésotériques et pseudo-scientifiques de Steiner sont inculquées de façon insidieuse aux élèves. Selon d’autres anciens élèves en revanche, la pédagogie Steiner n’a rien à voir avec l’anthroposophie. Cette ambiguïté se retrouve sur le site même de l’école Steiner-Waldorf de Verrières-le-Buisson. Dans la présentation de sa pédagogie, l’établissement commence par évoquer l’anthroposophie de façon très avantageuse : « Cette philosophie se base sur une compréhension élargie de l’homme, intégrant sa dimension spirituelle, et cherche à répondre aux défis posés par un monde en transformation. Ainsi, le travail de Rudolf Steiner a fécondé de nombreux domaines de la vie pratique comme la pédagogie, mais aussi la médecine, la pharmacie, la pédagogie curative, l’agriculture, l’architecture et l’art. » Mais, ensuite, l’école précise que « l’anthroposophie n’est cependant pas enseignée aux élèves, car la pédagogie Steiner-Waldorf n’a pas vocation à transmettre une vision du monde. Elle s’emploie au contraire à développer la sensibilité et l’intelligence, fondements de la liberté de penser. »

On constate les mêmes contradictions dans la réaction de la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf en France à la suite de l’interview publiée sur Le Point de Grégoire Perra. Après avoir expliqué que « l’intention fondatrice de la pédagogie Steiner-Waldorf est de favoriser l’épanouissement d’individualités libres et créatives qui puissent apporter leur dynamisme et leur énergie de transformation à la société contemporaine », cette association prend la défense des théories farfelues de Rudolf Steiner, assurant qu’elles ne sont pas incompatibles avec les connaissances scientifiques modernes. « Dans une culture scientifique dominée par le matérialisme, certaines perspectives de l’anthroposophie peuvent paraître originales, mais, considérées dans l’histoire de la pensée humaine et de la spiritualité depuis l’Antiquité, ainsi que dans de grands débats de la culture contemporaine, elles ne sont pas si étonnantes. Les idées de réincarnation ou de corps subtils, par exemple, peuvent être débattues du point de vue scientifique ou philosophique, et n’ont pas à être considérées comme des hérésies. » Les corps subtils sont, chez les ésotériques, des « enveloppes suprasensibles ».

L’un des professeurs à l’école Steiner-Waldorf de Verrières-le-Buisson, Virginie Macé, poursuit Grégoire Perra pour un article de son blog où il dénonçait un voyage de classe sur le thème « minéralogie et astronomie », sortie scolaire pour laquelle a été convié René Becker, qui n’est autre que le secrétaire général de la Société anthroposophique en France. Grégoire Perra est aussi attaqué par la Fédération des écoles Steiner-Waldorf. Les deux procès auront lieu le 9 juillet au tribunal de grande instance de Strasbourg.

___________________________________

Commentaire de notre association chrétienne vigi-sectes

Qu’on ne s’abuse … ! Le racisme est très saillant dans certains enseignements religieux ou philosophiques, mais il est malheureusement aussi présent chez la plupart de nos contemporains, (sous une forme légèrement différente).

Pourquoi? Parce que ce sont des fausses sciences (1 Timothée 6:21) identiques à celles qui ont influencé Rudolf Steiner qui sont enseignées dans notre société encore. La théorie de l’évolution de Darwin ( le consensus scientifique la préserve mais en reconnaît les faiblesses et énigmes), le naturalisme et enfin l’eugénisme (Francis Galton, cousin de Darwin).

S’il y a évolution du singe vers l’homme, alors qu’est-ce qui garantie que toutes les « races » aient atteint le même niveau? Si les faibles doivent disparaître, pourquoi ne pas avorter les futurs handicapés?

L’enseignement de Rudolf Steiner va plus loin car il est influencé par la spiritisme et maîtresse du Nouvel-Age Helena Blavatsky.

Que dit le judéo-christianisme sur les races?

La Bible mentionne la « descendance d’Abraham » (ou semence en hébreu), mais dans le sens d’une promesse qui lui est faite, à lui et à sa descendance. Elle ne parle strictement jamais de races au sens biologique du terme. Elle ne fait jamais de jugements négatif basés sur la couleur ou sur la forme du nez, du crane…. et, ni n’évoque de race plus ou moins évoluée ou intelligente. Un seul verset mentionne un jugement psoitif : la beauté d’une femme noire, dans le livre du cantique des cantiques, écrit par Salomon (1:5).

Bien au contraire, le nouveau testament nous rappelle que nous sommes tous issus d’un même et seul sang, d’Adam et d’Eve. Jésus et les apôtres ne rejettent pas l’aspect littérale de la Genèse. Il n’y a qu’une seule race depuis Adam, et nous sommes tous pécheurs.

Les pigments de la peau ou la forme des yeux et du nez n’étant que des particularités de croisement d’ADNs sans importance sur l’intellIgence ou la nature de l’Homme, qui est une créature de Dieu, réfléchissant sa Gloire. (Genèse 1:26)

Voir notre article du magazine la route droite sur le racisme. Nous recommandons le site internet créationiste answersingenesis qui propose beaucoup d’articles de scientifiques chrétiens de haut niveau traitant de ce sujet et de l’évolution de la vision du monde pendant ces 2 derniers siècles, et des conséquences (racisme, xénophobie, génocides).


Presse: SPIRITUALITÉ, LUXE ET PRÉCISION

Des montres suisses à l’heure des gourous indiens

swissinfo.chPar Anand Chandrasekhar

LE 9 AVRIL 2019 16:3009. AVRIL 2019 

Les fidèles fortunés veillent souvent à ce que leurs chefs spirituels possèdent le meilleur, y compris des montres suisses. Voici les modèles que cinq célèbres gourous indiens portaient au poignet.

Les mystiques indiens étaient autrefois célèbres pour leurs maigres possessions matérielles. Leurs robes orange, leurs nattes en peau de daim et leurs bols de mendicité étaient souvent les seules choses qu’ils avaient. Ils rejoignaient différents lieux de pèlerinage à pied, s’arrêtant pour se reposer et donnant des discours sur des questions spirituelles en chemin.

Aujourd’hui, leurs adeptes sont répartis dans le monde entier grâce à l’influence des pionniers qui se sont installés en Occident à partir de la fin du XIXe siècle, ainsi qu’à une diaspora indienne qui grandit. Leur emploi du temps a souvent de quoi rivaliser avec celui d’un chef d’État ou du directeur d’une multinationale. Une bonne montre peut les aider à parcourir les fuseaux horaires, tout en gardant le cap.

Osho (1931 à 1990)

Osho, ou Bhagwan Shree Rajneesh, s’était lui-même qualifié de «gourou de l’homme riche». Le gourou spirituel indien s’est fait connaître à Mumbai à partir de 1970 avant de déménager à Pune, une ville indienne des environs, où ses disciples lui avaient aménagé une retraite. Il a acquis une certaine notoriété en prêchant contre l’orthodoxie religieuse quand il s’agit de richesse et de sexe. C’est lors de son installation aux Etats-Unis qu’il a commencé à faire grimper les enjeux de l’extravagance. À un moment donné, il a prétendu que ses disciples lui avaient offert plus de 90 Rolls Royce.

Les montres faisaient aussi partie des attentions qu’il recevait. En Inde, il portait encore des garde-temps suisses relativement modestes comme une Omega Seamaster Memomatic et une Rado DiaStar. Toutefois, lorsqu’il a déménagé dans la communauté de Rajneeshpuram en Oregon, il s’est mis à porter des montres plus luxueuses. En 2015, Osho exhibait une Rolex Oyster Perpetual, achetée aux enchères pour 40’000 francs. Le cadran et le boîtier étaient sertis de diamants et de rubis, alors que le bracelet à lui seul avait environ 31 carats de diamants.

Sadhguru Jaggi Vasudev (1957)

Le fondateur de la Fondation Isha Lien externesupervise plus de 200 centres à travers le monde, qui proposent des cours de «gestion intérieure» (méditation). Sadhguru Jaggi Vasudev parcourt le monde pour donner des conférences et est un intervenant régulierLien externe du Forum économique mondial (WEF). Il est aussi fan des motos et de textiles indiens multicolores. Son style flamboyant contribue à sa notoriété.

En ce qui concerne les montres, Sadhguru Jaggi Vasudev les aime sportives. Au Forum économique mondial, il portait une montre vintage Victorinox Swiss Army Cavalry. Ce n’est pas un garde-temps cher, car on peut se procurer un modèle d’occasion en quartz pour seulement 40 francs sur eBay.

De temps à autre, il porte cependant une montre plus chère: une Cartier Pacha Seatimer de fabrication suisse. Le modèle a été lancé en 2006 et était vendu à l’époque pour environ 4’500 francs.

Paramahansa Yogananda (1893-1952)

Yogananda est largement reconnu pour avoir répandu l’intérêt pour la méditation dans le monde entier. Il a quitté l’Inde pour les États-Unis en 1920 et y a fondé le «Self-Realization FellowshipLien externe» afin de diffuser la méditation et les enseignements du yoga. Son livre «Autobiographie d’un yogi» s’est vendu à des millions d’exemplaires et a même été distribué au service funèbreLien externe en l’honneur du fondateur d’Apple Steve Jobs, sur son instruction.

Yogananda possède une montre Hamilton, qui était une marque américaine mais qui appartient désormais au groupe horloger helvétique Swatch Group.

Satya Sai Baba (1926-2011)

A l’âge de 14 ans, il s’est autoproclamé réincarnation d’un mystique célèbre. Arborant une chevelure afro, il a attiré d’importants dons de la part de ses fidèles qui ont été attribués à des projets caritatifs tels que la construction d’écoles ou d’hôpitaux en Inde. L’un de ses riches donateurs était Isaac Tigrett Burton, cofondateur du Hard Rock Café. En 1991, ce dernier a donné trois milliards de roupies irlandaises (43 millions de francs suisses) provenant de la vente de sa participation dans la chaîne Hard Rock Café à Sai Baba pour la construction d’un hôpital.

Sai Baba ne portait pas de montres, mais ses disciples prétendaient qu’il avait fait apparaître des montres RolexLien externe, tout comme d’autres objets tels que des cendres, des colliers et divers bijoux. Ses détracteurs ont affirmé que ces apparitions étaient en réalité un tour de passe-passe commun utilisé par les magiciens.

Le 14e Dalai Lama (1935)

Tenzin Gyatso, le chef spirituel tibétain exilé, vit en Inde depuis 60 ans. Parmi les objets qu’il a apportés avec lui du Tibet se trouve une montre de poche Patek Philippe Lien externe de référence 658 qui lui a été offerte par le président américain Franklin Delano Roosevelt en 1943. Il s’agit de l’une des montres les plus compliquées produites à l’époque avec un chronographe, un calendrier lunaire et une répétition minutes. Une montre de poche similaire a été vendue aux enchères chez Christie Lien externe’s à Genève en 2011 pour 243’000 francs.

Sa Sainteté porte également des montres Rolex Lien externe. Cependant, elles sont difficiles à identifier car il les porte avec le cadran face à lui. Il préfère également les bracelets de montres Spiedel Twist-O-Flex à ceux d’origine, ce qui rend encore plus difficile l’identification des montres.

www.swissinfo.ch/fre/spiritualit%C3%A9–luxe-et-pr%C3%A9cision_des-montres-suisses-%C3%A0-l-heure-des-gourous-indiens/44882340

Presse: Les dérives du yoga

le 10 avril 2019 

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Méconnaissance de l’anatomie, blessures plus fréquentes, enseignements parfois farfelus, inconduites sexuelle… L’engouement pour le yoga a fait exploser le nombre de studios à Montréal, mais ils ne sont pas tous sûrs, affirment des professeurs. Qui adorent la pratique et ses bienfaits, mais sont néanmoins inquiets pour le grand public.

Une expansion anarchique

Le jour où son ex-voisine – et élève occasionnelle – a atterri aux urgences, le professeur de yoga Julien Gagnon voyait se concrétiser ses pires craintes.

« Une prof de yoga lui avait dit de se faire un lavement au sel pour se purifier. Alors, elle l’a fait et s’est ouvert l’oesophage sur toute la longueur », rapporte l’étudiant en kinésiologie, propriétaire d’un autre studio, Asana Performance, destiné aux athlètes.

« On présente toujours le côté « Calinours » du yoga, où tout est toujours beau. Mais il y a un revers à la médaille », dit-il.

Le futur kinésiologue n’est pas le seul à s’inquiéter. Plusieurs yogis d’expérience ne reconnaissent plus leur milieu, qui a connu une expansion fulgurante.

La formation d’aspirants professeurs de yoga n’est ni surveillée ni réglementée. Le contenu des cours non plus. « On se retrouve avec plein de gens extrêmement sous-qualifiés qui prennent soin du corps des autres », s’inquiète Julien Gagnon, qui est danseur de formation.

Il suffit de 200 heures – dont 30 sur l’anatomie – pour obtenir une certification, dit-il. « On s’en fiche, des heures ! Il faudrait que la formation se compte en années ! »

Hier, La Presse a publié une enquête au sujet d’un ex-culturiste, qui a formé des professeurs de yoga pendant 10 ans dans le Plateau Mont-Royal. Aujourd’hui, plusieurs ex-élèves soutiennent avoir été exploitées psychologiquement, financièrement ou sexuellement pendant leur formation.

« C’est le symptôme spectaculaire de quelque chose de plus généralisé [le manque d’éthique et de surveillance], qui explique que quelqu’un comme ça ait pu travailler aussi longtemps sans être dérangé », affirme Marie-Daphné Roy, fondatrice du centre Yoga Bhavana, dans le quartier Villeray.

Acrobaties et blessures

Problèmes d’articulations, de dos, de tendons… « Chaque année, de 20 à 30 personnes me consultent parce qu’elles se sont blessées au yoga, rapporte Julien Gagnon. La récupération peut prendre plusieurs mois. »

Comme n’importe quels autres sportifs – encore plus sujets aux accidents -, certains s’étaient fait mal par excès de zèle. Mais plusieurs autres avaient été mal conseillés, estime-t-il.

Deux novices ont été poussées à renverser leur corps sur leurs épaules, écrasées par cette lourde charge. Par la suite, la première « ne pouvait même plus tenir une pomme ou une orange », raconte M. Gagnon. La seconde s’était présentée au cours avec des hernies discales aux cervicales : « Cette posture aurait pu la laisser paralysée ! »

Les gens veulent parfois « entrer » dans des postures sans tenir compte de leurs limites, de leur colonne vertébrale, parce qu’on leur a promis que ça débloquerait leurs « chakras » et qu’ils « atteindraient l’extase », déplore le futur kinésiologue.

« Certains sont totalement ensorcelés. On a mis la religion de côté, alors ils cherchent de nouvelles valeurs. Mais on joue avec eux quand on se prend pour des gourous. C’est manquer d’éthique. »

La femme à l’oesophage déchiré par un lavement faisait partie d’une formation suivie chaque année par une centaine d’autres aspirants professeurs, précise Julien Gagnon.

« Trop de gens sont des cobayes ! Qu’est-ce qui va se passer dans 10 ans si tu compresses tes hanches, ton dos à répétition ? On ne le sait pas…

« Non seulement on peut endommager nos disques, mais on peut aussi endommager nos organes, car on est souvent en train de les projeter vers le bas. À la longue, ça peut finir par créer plus d’incontinence chez les femmes et plus de hernies chez les hommes », prédit-il.

De 2001 à 2014, le taux de blessures de yoga traitées dans les urgences a pratiquement doublé aux États-Unis, et a été multiplié par 8 chez les 65 ans et plus – bien qu’elles restent globalement rares, à 17 par 100 000 participants. Il s’agissait d’entorses et de foulures dans environ la moitié des cas.

« Il semble y avoir un potentiel manque d’éducation adéquate, même pour les instructeurs certifiés », avancent les chercheurs ayant analysé ces données1.

« Référés par des psychologues »

L’écrivain et professeur de yoga torontois Matthew Remski a déjà subi des ajustements brutaux « dans lesquels [sa] cuisse ou [son] épaule était poussée, déchirée ou manipulée, comme s’il s’agissait de dompter une sculpture en métal indisciplinée », écrit-il sur son site internet.

Son professeur était pourtant « hautement qualifié » – comme l’étaient les profs de plusieurs autres des quelque 200 yogis blessés qu’il a interrogés dans le cadre d’une enquête.

À l’origine, le yoga était une pratique spirituelle et la douleur était vue positivement, comme un signe de transformation, explique Matthew Remski. Mais aujourd’hui, c’est tout le contraire : on promet de soigner son corps grâce au yoga.

« Le yoga a plusieurs bienfaits prouvés scientifiquement », indique un guide publié en 2017 par l’École de médecine de l’Université Harvard. Les impacts positifs énumérés concernent entre autres : l’endurance, la souplesse, l’équilibre, le sommeil, les systèmes immunitaire et nerveux, la mémoire et l’attention, la dépression et l’anxiété, le stress, la fatigue, la douleur et la consommation d’alcool ou de cigarettes…

« Les gens sont de plus en plus nombreux à s’initier au yoga dans l’espoir de soigner des blessures ou parce qu’ils ont été référés par des psychologues », constate Marie-Daphné Roy, qui enseigne le yoga depuis 20 ans et est aussi massothérapeute.

« C’est super ! Mais les professeurs de yoga ne sont pas forcément formés pour aider des blessés ou des gens en dépression. Ils peuvent parfois aider, mais certains pourraient tout aussi bien aggraver la situation sans s’en rendre compte… »

– Marie-Daphné Roy, massothérapeute et professeure de yoga

Au fil de sa carrière, elle a observé toutes sortes de petits dérapages : « Ils surviennent quand des gens immatures se retrouvent en position de pouvoir, sans que personne ne leur ait jamais enseigné que des responsabilités viennent avec la relation prof-élève », ajoute Mme Roy.

« En yoga, on sent notre corps, on se sent connecté, et c’est facile de conclure que le professeur est la cause de ce bien-être jamais ressenti auparavant. Ça crée une grande fidélité. »

Un prof a eu des relations amoureuses avec au moins trois élèves, raconte Mme Roy. D’autres ont rendu des élèves dépendants, sans même chercher consciemment à le faire, précise-t-elle. « La quête de mieux se connaître, d’être bien dans son corps, on peut vite transformer ça en dépendance. Le prof peut encourager les inscriptions de façon constante. Ça finit par avoir un impact sur le portefeuille. »

Que faire ?

Dans la foulée du mouvement #moiaussi, la plus grande association de professeurs de yoga en Amérique du Nord, Yoga Alliance, a ajouté sur son site une section intitulée « Ressources sur l’inconduite sexuelle », où l’on trouve sa politique sur le sujet. « Mais c’est juste un guide, ça ne donne aucun recours au public », souligne Marie-Daphné Roy.

Elle suggère d’imposer un plancher de 10 ans d’expérience pour pouvoir entraîner les aspirants professeurs de yoga. Et qu’une instance quelconque sélectionne et encadre ces formateurs chevronnés.

Pour Matthew Remski, il est encore plus urgent de s’attaquer au « culte de la personnalité » dont bénéficient certains professeurs vedettes. « Les blessures les plus dommageables viennent de relations profs-élèves dysfonctionnelles », affirme l’écrivain, qui vient tout juste de publier un livre sur la dynamique sectaire dans le milieu du yoga (lisez son entrevue sur le sujet à l’onglet suivant).

C’est ce qui permet à quelques-uns d’imposer des « comportements abusifs » et des « méthodes discutables », estime-t-il.

Quelque 90 400 professeurs de yoga américains ou canadiens sont actuellement certifiés par la Yoga Alliance. Leur nombre augmente de plusieurs milliers chaque année.

Le nombre d’Américains qui pratiquent le yoga a atteint 36,7 millions en 2016. Une hausse de 80 % en quatre ans et de 817 % en 15 ans.

1. « Yoga-Related Injuries in the United States From 2001 to 2014 », Orthopaedic Journal of Sports Medicine

Ce qu’en pense la Canadian Yoga Alliance

« Nous sommes fortement en accord [avec les conclusions de l’étude américaine sur les blessures en yoga] pour dire que les normes nationales doivent être plus strictes au sujet de la sécurité », nous a indiqué par courriel la Canadian Yoga Alliance (CYA), qui regroupe près de 2000 professeurs de yoga canadiens. « Certaines associations enregistrent des écoles n’ayant pas ou peu de critères de sélection de professeurs, ce qui produit des profs sans expérience ni formation préalable en yoga. Les problèmes commencent quand ils vont ensuite enseigner. Un marché de professeurs de yoga inexpérimentés provoque des blessures. » Les écoles membres de la CYA doivent pour leur part sélectionner leurs professeurs en fonction de critères obligatoires, sous peine d’être radiées. « Comme dans d’autres professions, il y a des pommes pourries », ajoute l’organisme dans son courriel. « Nous avons peut-être reçu trois ou quatre plaintes concernant des professeurs de yoga en près de deux décennies. Mais aucune plainte de nature sexuelle ni une seule demande d’assurance pour dommages corporels. »

Comment le piège se referme

Aux États-Unis, depuis 2012, plusieurs élèves ont accusé trois superstars du yoga de les avoir exploitées sexuellement. Après avoir appris que son ancien maître était du lot, le professeur de yoga torontois Matthew Remski a recueilli les témoignages de 16 femmes et d’une centaine d’autres personnes. Il raconte le tout dans un nouveau livre, qui permet de comprendre comment le piège se referme : Practice and All Is Coming – Abuse, Cult Dynamics, and Healing in Yoga and Beyond(« Entraîne-toi et tout suivra : abus, dynamique sectaire et guérison dans le yoga et au-delà »). Nous avons lu son ouvrage et l’avons interviewé. Compte rendu (adapté par souci de concision).

Qui peut devenir prisonnier d’un groupe de yoga toxique ?

Cela n’a rien à voir avec la personnalité de l’individu. Les désirs d’appartenance ou de trouver un sens sont très humains. Tout le monde passe par des périodes de vulnérabilité, vit des deuils, une séparation, la maladie… C’est ce qui nous rend plus vulnérables devant les promesses d’un groupe.

« Personne ne s’enrôle dans une secte, on retarde le moment de quitter une organisation qui nous a trahis », m’a dit une des victimes de Pattabhi Jois [son ancien maître, célèbre fondateur d’Ashtanga Yoga].

Pourquoi ne pas fuir dès les premiers signes inquiétants ?

La personne sent bien qu’il se passe quelque chose de mal, mais les autres membres la conditionnent à ignorer l’abus. Ils le dépeignent comme quelque chose de bénéfique spirituellement et peuvent même se montrer jaloux.

La prémisse voulant que le leader soit un maître spirituel favorise le déni. On répète à la victime qu’elle doit continuer à pratiquer le yoga pour comprendre ses gestes, qu’elle manque de courage si elle veut partir.

C’est une forme de « toilettage social ». Pattabhi Jois a pu commettre des crimes pendant des décennies parce que ses élèves disaient aux femmes que ses attouchements n’étaient « pas sexuels ».

Pourquoi ne pas fuir après une grave agression ?

Si une personne se fait fracturer la jambe, on ne la tiendra pas responsable de ne pas se mettre à courir pour fuir son agresseur. L’attaque a anéanti ses capacités.

Les relations abusives érodent tout autant la faculté d’agir. Maintenir une personne dans les émotions et l’isolement l’empêche d’exercer sa pensée critique.

La victime devient émotivement et financièrement dépendante de la structure. Ce qu’elle vit dans le groupe la reprogramme petit à petit et désorganise ses stratégies d’attachement.

Le maître est vu comme un père. Et, comme les enfants battus, la victime se sent obligée d’aller chercher des soins auprès de lui, même s’il lui fait du mal et si elle veut fuir.

Ces réflexes contradictoires la paralysent. Quand elle a peur, son esprit peut même s’éteindre, elle peut s’absenter d’elle-même. C’est une façon de survivre. Mais cet engourdissement peut être interprété à tort comme une expérience spirituelle.

Est-il possible d’intenter des poursuites ?

Il est difficile de prouver l’absence de consentement dans ce genre de situations, parce que la loi ne tient pas compte du fait que des gens semblent consentir, alors qu’ils sont en fait victimes d’une influence indue.

Les défenseurs de Pattabhi Jois disent que les femmes consentaient à être touchées puisqu’elles retournaient le voir. Mais c’est un « consentement » problématique, dans la mesure où la réponse à un traumatisme peut être de geler, de figer ou de chercher à apprivoiser [l’agresseur].

En réalité, il y a un contact sexuel non désiré puisqu’il y a un déséquilibre de pouvoir.

Quelles croyances sont nuisibles ?

Des maîtres de la croissance personnelle martèlent qu’avoir une « mentalité de victime » trahit un manque de caractère, qu’être « victime » est débilitant.

Le terme doit être déstigmatisé. Il a aussi un sens purement juridique, qui sert à désigner une personne contre laquelle un crime a été commis. Prétendre que l’impact du crime ne tient qu’à l’attitude de la victime est injuste et faux. Le crime est traumatisant, il a un impact sur le corps. Le trauma n’est pas une « mentalité ».

Reconnaître qu’il y a eu tromperie permet de replacer la responsabilité là où elle réside vraiment. Personne ne devrait être blâmé pour avoir été berné.

Pourquoi avoir écrit un livre sur le sujet ?

Pour réduire le risque que des gens entrent dans un groupe en souhaitant guérir ou être guidés et vivent tout autre chose. Connaître la dynamique des groupes toxiques – l’idéalisation, le transfert – nous rend moins vulnérables.

En donnant une voix aux femmes qui ont été victimes de Pattabhi Jois, j’espère aider des gens à reconnaître leur propre expérience. Un certain modèle de professeurs masculins et charismatiques suscite encore la fascination, ce qui peut conduire à la domination.

Toute l’industrie du yoga est aux prises avec un problème envahissant : l’absence de réglementation et de responsabilité.

Quatre cas de suspects

Des attouchements en plein cours

Des vedettes comme Sting, Madonna et Gwyneth Paltrow étaient fans de Pattabhi Jois, fondateur de la méthode de yoga Ashtanga, qu’il enseignait aux États-Unis et en Inde. « Des femmes rapportent que [devant tous les autres élèves], il tâtait leur poitrine, se frottait sur elles en bougeant et les pénétrait de façon digitale, sous prétexte d' »ajuster » leur posture », écrit Matthew Remski dans un article publié dans The Walrus, après deux ans d’enquête. Jois a d’abord été dénoncé sur Facebook – huit ans après sa mort – en 2017. Mais des vidéos corroborent en partie ce que les victimes rapportent.

Pénétrées à travers leurs vêtements

Il y a quelques jours, un prof vedette d’une très populaire branche de yoga a été radié… trois décennies après les premières plaintes le concernant. Le fondateur de l’école lui avait d’abord donné « une deuxième chance », ce qui avait provoqué la démission de professeurs indignés. Manouso Manos – qui a donné un atelier à Montréal en juillet – a pénétré avec ses doigts des Américaines à travers leurs vêtements ou touché leur poitrine, sous prétexte d’« ajuster » leur posture. Leurs témoignages sont convaincants « hors de tout doute raisonnable », précise le rapport d’enquête indépendante mis en ligne la semaine dernière sur le site de l’association américaine de yoga Iyengar (IYNAUS).

Millionnaire en fuite

Bikram Choudhury – devenu millionnaire en popularisant la pratique du yoga dans des pièces surchauffées – a fui la Californie pour l’Asie lorsqu’un jury l’a condamné à verser 6,5 millions à une ex-employée. Elle avait été témoin et victime de ses agissements « graves, continus et offensants » à l’égard des femmes et des minorités. Plusieurs autres femmes le poursuivent pour harcèlement ou agression. « Je les ai trouvées dans les déchets et leur ai donné vie », a-t-il dit en entrevue avec HBO, en 2016. « Pourquoi devrais-je harceler ? Les gens dépensent 1 million pour une goutte de mon sperme. »

Massages à plusieurs mains

Une autre superstar du yoga, John Friend, a eu des relations sexuelles avec des employées. Et lancé un groupe de « sorcières », qui se dénudaient pour lui donner des massages à plusieurs mains. Le scandale a été rapporté par de grands médias en 2012, après la diffusion de documents sur un site anonyme et la cueillette de témoignages. Une femme a dit au site Daily Beast que leur premier « rituel » avait eu lieu lors d’un séjour à Montréal, en 2008. Disant s’absenter pour « réfléchir » et suivre une thérapie, John Friend a quitté son entreprise, Anasura, pour en lancer ensuite une autre, Sridaiva.

www.lapresse.ca/actualites/enquetes/201904/09/01-5221563-les-derives-du-yoga.php

Presse: Alain Stoffen: Un ex-adepte de la scientologie témoigne.

Un ex-adepte témoigne
Par LEXPRESS.fr ,
publié le 13/05/2009

Pendant quinze ans, le pianiste belge Alain Stoffen a vécu sous l’emprise de la secte. Il raconte son « Voyage au coeur de la Scientologie » (Privé), qui l’a manipulé, ruiné et a détruit sa famille. Extraits exclusifs.
« L’argent commence à manquer »
[Avril 1986. Alain Stoffen vient d’arriver au centre de Copenhague de la Scientologie qui doit lui délivrer son « état de Clair », pour lequel il a déjà déboursé 45 511,29 francs.]

-Serre les boîtes!

Olivier, mon auditeur, vient de me poser dans le creux de chaque main une électrode, un petit tube cylindrique en métal relié à l’électromètre. […] Il attend de moi que j’exerce sur les électrodes une pression légère et progressive que je dois ensuite relâcher d’un coup.

-Il faut que je règle la sensibilité, m’explique-t-il.

Je m’applique mais, comme je suis un peu stressé, mon « serrement de boîtes » ne convient pas. […] Mes mains sont en effet trop sèches, d’après lui, pour établir un bon contact électrique. Il me tend une crème hydratante. La tentative suivante est la bonne. […] J’ai cette impression de rencontrer quelqu’un à qui je peux ouvrir mon jardin secret en toute confiance, un échange précieux et complice qui m’a tant manqué jusque-là. J’ignore que cette attitude chaleureuse n’est autre que le résultat d’un véritable programme d’entraînement, voire de conditionnement poussé à l’extrême. […]

L’argent commence à me manquer. Mon crédit d’heures ayant été épuisé, il m’a été demandé d’acheter un supplément afin de pouvoir aller au bout de mon programme. Le superviseur des cas a été formel: le dénouement est proche. Dans l’état où je suis, il est inconcevable de ne pas continuer les auditions. Imaginons un seul instant que je craque et que je reparte à Paris, un « comité d’accueil » m’attendrait sur la piste d’atterrissage pour me cueillir dès ma descente d’avion et me remettre manu militari dans le prochain vol pour Copenhague. Pour eux, ne pas agir ainsi reviendrait à me laisser tomber, à trahir leur engagement. Je débourse donc la somme de 6 494,97 francs pour quelques heures d’audition supplémentaires. […]

Menacé par un « chien de garde »
[Suite à l’échec du premier séjour, la Scientologie le convainc de retourner à Copenhague en novembre 1986, en lui promettant qu’il n’aura rien à payer.]

Je suis heureux de retrouver Olivier, mon auditeur.

  • Ne t’en fais pas, me dit-il, se voulant rassurant. Quoi qu’il arrive, je vais te sortir de là.

Me remettre sur pied, de la façon dont le superviseur des cas l’a prévu, il ne veut pas s’en contenter: pour lui, il n’y a aucun doute, je ne repartirai pas sans cette reconnaissance de l’état de Clair, qui pour lui est une évidence. […] En quelques heures à peine, je suis en train de renaître de mes cendres. Je me sens à nouveau libre. La promesse de l’état de Clair, avec cette perspective d’une nouvelle vie, je la sens en moi, et ce, pour toujours. […] Plusieurs séances se succèdent, mais, contrairement à toute attente, plutôt que de confirmer cet état de bien-être auquel je viens d’accéder, elles me font à nouveau chanceler… Ne voulant pas revivre le cauchemar de mon premier séjour, je veux arrêter. Or, ils ne l’entendent pas de cette oreille: tout comme la dernière fois, ils veulent remettre en marche cet énorme rouleau compresseur qui a fini par me broyer. […] Le lendemain, je suis convoqué auprès d’une des responsables. -Tou doua trovair oun solution por péyé, me dit-elle dans un français à l’accent espagnol fort prononcé.

Il doit sûrement y avoir un malentendu, ce que je tente de lui faire comprendre. […] Aussitôt je suis amené devant le MAA [master at arms, « maître des armes »]. Une fois dans son bureau, particulièrement énervé, je lui explique que, depuis mon rendez-vous avec cette Chantal à Paris et mon arrivée ici il y a une semaine, on m’a annoncé tout et son contraire et qu’il est grand temps que tout le monde ici accorde ses violons. […]

-Nous t’avons en effet ouvert un compte, ce qui, sache-le, est une mesure tout à fait exceptionnelle, valable uniquement pour quelques heures. Là, il se trouve que tu viens de dépasser les vingt heures. […]

-Ça représente quoi?

-113 000 francs.

-Pardon? C’est une blague?

Je fais le calcul: cela représente 5 600 francs l’heure, quasi trois fois plus que le tarif normal! […]

-Mais… mais je n’ai pas une telle somme…

-Tu verras ça avec Britta, elle t’attend, me dit-elle avant de me donner congé.

Britta n’est pas seule à m’attendre: un homme, que je ne connais pas, se trouve à ses côtés. L’homme a une tête de bulldog. Il est bâti comme un catcheur, tout en muscles. Vêtu d’un blouson en cuir noir, un chewing-gum dans la bouche, il semble nerveux. Il me fait savoir qu’il fait partie du Watchdog Committee, les hommes de main de la direction mondiale, d’après ce que j’en comprendrai plus tard. Watchdog signifie littéralement « chien de garde ». Soudain, il montre ses crocs. Il se met à me hurler dessus:

-Est-ce que tu sais quelle est notre mission?… On est ici pour mettre la planète au clair!

Il est rouge de colère.

-On est là pour sortir l’humanité de la boue!… Et toi, tu nous dois de l’argent… beaucoup d’argent!

Je voudrais lui expliquer qu’il s’agit d’un énorme malentendu, mais les mots ne sortent pas de ma bouche, je suis comme paralysé…

-Je n’ai pas l’impression que tu mesures la portée de tes actes!… c’est une trahison!

[…] N’étant pas armé pour faire face à tant de violence, je m’effondre en larmes.

-Je ne veux pas savoir comment tu vas t’y prendre! Appelle tous les gens que tu connais, en France, en Belgique, je m’en tape, mais je veux ce putain d’argent maintenant!

J’ai une demi-heure, pas une minute de plus, pour réunir les fonds… […] Moi, je n’y arrive pas, même en y mettant toute ma volonté. […] Je me sens au bord d’un énorme précipice: j’ai peur que le groupe ne me rejette et qu’il me retire toute aide et tout support, fermant ainsi les portes qui m’auraient permis d’accéder à la promesse de l’état de Clair. Etre exclu est un châtiment extrême redouté par tous. A nouveau convoqué devant le maître des armes, on m’oblige à faire un véritable examen de conscience, à me repentir. Cette fois-ci, docile, je me soumets à cette confession par écrit que quelques mois auparavant j’avais refusée. […] Tout ce que j’ai fait et que je n’aurais pas dû faire, tout ce que je n’ai pas fait et que j’aurais dû faire… Les moindres dérapages de toute une vie, rien n’échappera à la « vérification à l’électromètre » qui viendra entériner ces aveux par écrit. Ce n’est qu’après avoir signé une reconnaissance de dette que j’obtiens finalement du « capitaine », le n°1 du centre, l’autorisation de partir.

Le lexique du scientologue
L’état de Clair: c’est la première étape du parcours d’un adepte débutant, dit « pré-Clair », en scientologie. Elle permettrait de chasser toutes les peurs, les anxiétés et les pensées irrationnelles. Ce passage obligé coûterait entre 45 000 et 75 000 euros.

OT: après avoir été consacré Clair, l’adepte doit passer « sur le Pont » une série d’examens de passage où il devient thétan opérant, ou « être spirituel ». Il y a 8 niveaux OT, d’OT 1 à OT 8.

Organisations avancées: ces centres dispensent les niveaux OT. Il y en a deux en Europe: Copenhague (Danemark) et East Grinstead (Grande-Bretagne).

Flag: cette organisation opère sur le Freewinds, un bateau de 134 mètres basé à Curaçao (Caraïbes), et est seule habilitée à délivrer le niveau OT 8, la « complète réalisation de l’immortalité ».

Celebrity Centers: la Scientologie y offre un traitement privilégié pour les artistes, musiciens ou comédiens, qui deviennent ensuite d’excellents vecteurs de propagande.

Electromètre: censé « mesurer l’état ou les changements spirituels », c’est en fait un vulgaire appareil mesurant la résistance électrique du corps d’une main à l’autre.

Les PTS et les SP: ce sont les ennemis de la Scientologie. Les PTS (sources potentielles de troubles) sont récupérables, alors que les SP (personnes suppressives) ont atteint un état irréversible.

Le brevet d' »homme nouveau »
[En mars 1994, il accepte un troisième séjour à Copenhague.]

Le superviseur des cas a programmé une première action qui consiste à « nettoyer les bouleversements », à nouveau selon ces techniques qu’on m’a fait subir pendant de longues heures lors de mon premier séjour et qui ont fini par se transformer en véritable torture. […] Une fois de plus je me sens à la merci d’un auditeur et d’une machine… Je suis néanmoins prêt à jouer le jeu -« autre auditeur, autre résultat », me dis-je- non sans un certain scepticisme… […] Le jour suivant, après avoir reçu ma troisième séance, la moutarde me monte au nez. Je me rends à l’évidence: une fois de plus, ces auditions non seulement n’aboutissent à rien, mais m’indisposent sérieusement. Je sens une colère monter en moi. […] On m’annonce que je vais être pris en séance par un « classe IX », un auditeur ayant atteint le plus haut degré de formation et habilité à délivrer des auditions de haut niveau. Une fois installés dans la salle d’audition, face à face, l’électromètre entre nous deux, il ouvre mon dossier et, tout en me regardant droit dans les yeux, d’un ton solennel me dit:

-Le superviseur des cas m’a chargé de te dire que nous avons toutes les preuves que tu es Clair.

Je reste sans voix, ébahi… L’émotion me submerge. Ces quelques mots qu’il vient de prononcer, depuis longtemps j’avais perdu tout espoir d’un jour les entendre. Le groupe vient de m’accorder cette reconnaissance ultime qu’est l’état de Clair. […] Maintenant que la nouvelle est officielle, je suis devenu un homo novis, un « homme nouveau ». J’entre dans ce cercle privilégié que sont les Clairs, et de ce fait je vais avoir l’immense honneur de recevoir officiellement mon invitation pour commencer le « grand voyage » […] : les niveaux d’OT (operating thetan). Au-delà de l’état de Clair, huit autres niveaux me restent à franchir: de OT 1 jusqu’à OT 8. Le contenu de ces niveaux est strictement confidentiel, tous ceux qui y sont passés étant tenus au secret.

Payer ou être chassé
[En 1996, Alain Stoffen écrit à l’International Justice Chief pour contester sa dette de 46 000 francs, mais, l’année suivante, la réplique arrive.]

-Ils veulent te déclarer « PTS type D ».

-Attends, tu n’es pas sérieuse, là?

-Je crains que si.

[…] J’ai beau argumenter, m’expliquer, la procédure a été déclenchée, me répond-on, impossible de faire marche arrière. C’est une décision qui vient d’en haut! La sentence est tombée. Elle est irrévocable, sans appel. […] Je n’ai donc plus le droit de mettre les pieds dans un centre de Scientologie, quel qu’il soit et où qu’il soit. En une fraction de seconde je vois ma vie basculer. « En haut », ils ont décrété que je suis un hérétique à excommunier, un fauteur de troubles à chasser. Un suppôt du Mal. […] Je suis bloqué dans ce petit bureau au sous-sol du Celebrity Center, le document contenant ma condamnation en tant que PTS type D sous les yeux, condamnation qui signifie la mort de mon couple, que pour rien au monde je ne veux voir sacrifier sur l' »autel de la scientologie ». « Cet ordre d’éthique a été écrit et sera publié si vous ne changez pas d’idée. » C’est écrit noir sur blanc! Il me faut désamorcer cette bombe. Or, je n’ai pas les 47 000 francs exigés en haut lieu. En face, on me somme de faire « un geste », pour « montrer ma bonne foi ».

-C’est quoi, c’est combien, un geste?

-C’est à toi de le dire…

Je signe un chèque de 10 000 francs. La sentence est levée, je ne serai pas déclaré PTS type D. Mais je ne suis pas sauvé pour autant, ma dette court toujours. […] Je suis loin d’imaginer que mon interlocutrice ainsi qu’Isabelle se sont en réalité livrées à un jeu de rôles dont le déroulement a été minutieusement élaboré « en haut lieu ». Ce document secret porte la mention: « Ce qui suit est un programme pour manier Alain Stoffen. »

Couple sous surveillance
[En 1998, Alain et Camille, son épouse également adepte de la secte, donnent naissance à Sébastien, mais dès l’année suivante leurs relations se dégradent.]

En scientologie, rien n’est du domaine privé. Le moindre problème, même le plus intime, se doit d’être rapporté et soumis aux différents responsables concernés, superviseur des cas, officier d’éthique… Mon couple bat de l’aile, je suis donc reçu par le « chapelain », sorte de médiateur qui, tel qu’il est présenté, dispose de tous les outils nécessaires pour venir à bout de tous les conflits, quels qu’ils soient. […] Quelques jours auparavant, il s’est longuement entretenu avec Camille, qui, ainsi qu’il me le rapporte, est venue d’elle-même solliciter un entretien. En réalité, me confie-t-il, elle ne va pas bien… pas bien du tout. […]

-Elle a besoin d’aide, de ton aide. Tu dois prendre la responsabilité pour elle et ton couple, me dit le chapelain.

[…] Dans les semaines qui suivent, à la maison, la tension devient insoutenable. Il suffit d’un rien, d’un regard de travers, d’un mot de trop, pour que les reproches à mon égard, les insultes fusent. Mais, d’après les « précieux » conseils que le chapelain m’a prodigués, je dois prendre sur moi, rester impassible. Je tâche de me retrancher dans mon rôle de père. La petite bouille tellement adorable et innocente de Sébastien, ses petits yeux souriants et ce regard plein de confiance, j’y trouve un réconfort immense.

Au Celebrity Center, on a décidé de s’y mettre à plusieurs pour me convaincre d’acheter des heures d’audition afin que Camille puisse être prise en séance le moment venu. La tâche ne leur est pas difficile, ils savent fort bien que je suis prêt à tout pour aider Camille et sauver mon couple. N’ayant pas d’autre solution, et face à leur insistance, je débloque les fonds, 13 000 francs exactement. […] En réalité, plutôt que d’apaiser nos relations, on n’a fait qu’envenimer la situation en me forçant la main dans le choix de mes priorités. Selon Camille, si nous avons des difficultés financières, c’est ma faute. […]

Aussitôt, Camille prend sa plume et dans le plus grand secret, le 30 octobre 1999, elle rédige un rapport de délation qu’elle fait parvenir aux responsables de l’appareil disciplinaire du Celebrity Center. Ce rapport reprend dans les moindres détails l’ensemble des actions qu’elle a menées pour me soumettre à cette dictature financière, sous la férule de la Scientologie. Je suis loin d’imaginer que la Scientologie s’est totalement immiscée dans l’intimité de notre couple. Rien ne leur est étranger, rien ne leur échappe, ni nos sentiments ni nos finances…

Le mercredi 3 novembre 1999, nous sommes convoqués. Cela fait des jours et des jours qu’à la maison Camille m’évite, m’ignore, ne m’adresse plus la parole. C’est dire combien le malaise est grand dans ce minuscule bureau au sous-sol du Celebrity Center, où nous nous trouvons assis côte à côte, presque à nous toucher, face au chapelain. […] Les modalités de la séparation sont consignées dans leurs moindres détails: « séparation de corps et de biens », « vendre la Rover » (28 000 francs), « Alain peut garder la 205 », « Alain trouve 1 appt », « Alain vient le matin garder Sébastien », « Sébastien peut venir dormir chez Alain », « la vente de la Rover va dans les impôts », « Alain donne 300 francs par mois à Camille pour Sébastien. Au 10 du mois ». La vie de Sébastien est également minutieusement organisée jour par jour et consignée dans le document. […]

Alain Stoffen « Je veux faire tomber les masques »
Pourquoi médiatiser votre histoire, et donc la revivre, au lieu de tourner la page?

Je m’étais enfermé dans la souffrance de mes blessures. Cela me tuait de l’intérieur, je somatisais. Après avoir été interviewé par une chaîne de télévision, j’ai senti que la parole me ramenait à la vie. J’ai revécu mes quinze années de Scientologie en dix mois d’écriture. Je me suis libéré d’un énorme poids. Un vrai travail thérapeutique. Que le calvaire que j’ai vécu soit reconnu me fait du bien. Je ne supporte pas que cette secte continue de passer entre les mailles des filets judiciaires et abuse les pouvoirs publics avec son double discours et ses mensonges. Je veux faire tomber les masques, que la vérité éclate.

Redoutez-vous la réaction de la Scientologie?

Il y aura des représailles. Je suis quasi certain que la secte portera plainte contre moi. Ou qu’elle tentera d’instrumentaliser Camille, la mère de mon fils, qui est toujours scientologue. Même si j’ai scrupuleusement préservé sa vie privée. Je ne suis pourtant pas très inquiet. Quelle action pourraient-ils encore décider contre moi après tout le mal qu’ils m’ont déjà fait? Ils m’ont déjà poussé au suicide, après avoir détruit mon couple. Derrière leur façade clinquante, il y a un empire de haine.

Propos recueillis par, Koch François
Camille, depuis son arrivée six ans auparavant, a enchaîné de nombreux services, cours et auditions, et ainsi fait entrer beaucoup d’argent dans les caisses de l’organisation. Ils ne peuvent pas en dire autant de moi: je suis bloqué sur le Pont, toujours à cause de ma dette. Même si pendant plusieurs années ils se sont servis de mon image en tant qu’artiste pour promouvoir la Scientologie à l’extérieur, entre Camille et moi leur choix est fait: dans cette affaire, c’est le plus scientologue des deux qui doit l’emporter. […]

Constatant que je ne pars pas, Camille passe à la vitesse supérieure. Elle rédige un rapport de délation, mais cette fois-ci, au lieu de l’adresser au chapelain, elle décide de court-circuiter toute la chaîne hiérarchique locale et de l’adresser directement au n°1 mondial de l’organisation, l’ED-Int, l’Executive Director International, dont le bureau est à Los Angeles, avec une copie pour l’OSA. L’Office of Special Affairs est officiellement le département juridique. Derrière cette dénomination se cache en réalité -ce que, comme bon nombre de scientologues d’ailleurs, j’ignorais- une véritable officine d’espionnage et de « coups tordus », agissant toujours dans l’ombre. Un appareil secret qui a pour mission de venir à bout de toute opposition et de mettre hors d’état de nuire tous les ennemis. […]

Samedi 12 février 2000, Camille a loué un camion et fait venir à la maison quelques-uns de ses amis pour lui prêter main-forte afin d’emporter une partie du mobilier. Le soir, je me retrouve seul dans un appartement dépouillé. La chambre d’enfant est vide… Sébastien n’est plus là.

Presse: Entre médecines complémentaires et techniques alternatives : quelles frontières ?

20 mars 2019 | Delphine Bauer| 

Les médecins et infirmiers accompagnent le parcours de soin des patients avec de plus en plus de médecines complémentaires, mais certaines techniques alternatives peuvent mener à des dérives sectaires potentielles. Pour autant il ne faut pas bannir l’irrationnel d’un revers de la main et renforcer l’écoute auprès des patients. Article paru dans le n°29 d’ActuSoins Magazine (Juin 2018). 

En 2018, il n’y a plus rien d’étonnant à voir des séances de sophrologie, de relaxation, ou d’acuponcture proposées dans les établissements hospitaliers. Depuis dix ans en effet les soins de support non médicaux se voient reconnaître comme nécessaires à une meilleure prise en charge médicale, permettant d’optimiser le confort et le bien-être du patient.

« Notre époque a changé le rapport à la maladie, estime Serge Blisko, président de la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Aujourd’hui, 20% des Français souffrent de maladies chroniques, les ‘’affections de longue durée’’ désignées par l’administration. Il y a vingt ou trente ans, ils auraient été promis à une mort rapide. Désormais, ces maladies – cardio-vasculaires, diabète, cancers – sont maîtrisées, contrôlées ». Mais elles n’en laissent pas moins, chez les patients, une peur farouche de la rechute et beaucoup de questionnements.

Face à ces patients fragilisés, des équipes médicales « performantes du point de vue de la qualité des soins », mais aussi « très technicisées et froides »,« débordées », alors que les patients auraient au contraire « besoin de chaleur », analyse Serge Blisko. C’est ici que se loge une demande pour « offre complémentaire de soins qui, contrairement aux dérives sectaires, n’est pas du tout condamnable ». Au contraire : il n’est pas nécessaire « d’adopter une attitude scientiste à tout prix ».

Pour preuve, Serge Blisko évoque le travail réalisé par le Groupe d’Appui Technique, rattaché au Ministère de la Santé et qui s’intéresse aux pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique. Certaines techniques « prometteuses », selon ses termes, sont étudiées de façon épidémiologique : ainsi, récemment par exemple, l’acuponcture (étudiée par l’Inserm) ou l’hypnose ont fait leurs preuves. Mais d’autres techniques – non éprouvées scientifiquement – restent du domaine du mystère.

La santé face à l’irrationnel

Daniel Serin, oncologue radiothérapeute depuis trente-cinq ans et exerçant actuellement à l’Institut Sainte-Catherine à Avignon, est confronté à cette problématique. Lui qui, cartésien convaincu, nourri à l’ « evidence-based medecine’’, a traité plus de 7 000 cancers du sein, fait face tous les jours à des patientes qui souffrent de brûlures internes causées par la radiothérapie.

« La première fois qu’une patiente m’a dit que le recours à un coupeur de feu [le plus souvent des magnétiseurs qui soulagent les brûlures, ndla] lui faisait du bien, je me suis dit qu’elle était folle. Mais quand elles sont des centaines à l’affirmer, en tant que médecin, je me dois d’entendre ce qu’elles me disent », explique-t-il. Pour lui, rien de sert de fermer les yeux : 60 à 80 % des malades du cancer auraient recours à des pratiques complémentaires.

Une étude réalisée en 2016 par le Pr Nicolas Magné, radiothérapeute et directeur de recherche à l’institut de cancérologie de la Loire, confirmait que, sur 600 femmes et 250 hommes ayant surmonté un cancer et ayant été contactés, 60 % des femmes et 40 % des hommes avaient eu recours à un coupeur de feu pendant la durée de leur traitement. Alors si Daniel Serin ne peut expliquer ce soulagement de façon scientifique, il évoque l’hypothèse du pouvoir d’une pensée magique, peut-être d’un effet placebo. Dans son cabinet, la douleur de ses patientes, elle, semble apaisée.

Ne pas fermer les yeux sur l’irrationnel, donc, mais veiller à ce que les traitements ne soient pas interrompus ou que les magnétiseurs ne demandent pas d’argent. Pour Daniel Serin, un médecin a pour mission d’accompagner les questionnements de ses patients, en les écoutant davantage, mais « celui qui chercherait à faire arrêter les traitements traditionnels mérite d’aller en prison ! »,s’emporte-t-il.

Le risque des dérives thérapeutiques

Car la frontière entre médecine complémentaire ou non conventionnelle et méthode alternative ou parallèle (la sémantique compte), avec risque de dérive thérapeutique voire sectaire, peut être ténue. La Miviluves définit ainsi la dérive sectaire par« un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes, à l’ordre public,aux lois ou aux règlements. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société ».

Pour Yann de Kerguénec, directeur du Conseil National de l’Ordre des Infirmiers, la « dérive thérapeutique devient sectaire lorsqu’elle essaie de faire adhérer le patient à une croyance, à un nouveau mode de pensée ».

Le dernier rapport de la Miviludes (2017) fait état de la très large représentation du monde de la santé dans le nombre de signalements : 46 % viennent des soignants, un chiffre qui ne « fait que croître ces dernières années », précise Serge Blisko. L’époque semble leur être favorable : « les théories du complot, les réseaux sociaux propices à la circulation d’informations non vérifiées, la mondialisation des échanges ont une forte tendance au développement de dérives dans le domaine de la santé et à la remise en cause des méthodes et techniques éprouvées scientifiquement »,estime Yann de Kerguénec.

La profession infirmière concernée

Si l’ensemble du corps médical est concerné, la profession infirmière « peut être particulièrement sujette aux dérives sectaires. L’infirmier est professionnellement proche de personnes malades et en état de faiblesse. Nous constatons que les infirmiers peuvent se laisser tenter par des méthodes insuffisamment éprouvées scientifiquement qu’ils adoptent dans leur approche holistique de la prise en charge des patients. Ce sont des dérives thérapeutiques que condamne le code de déontologie des infirmiersmais ce ne sont pas nécessairement toutes des dérives sectaires », précise le directeur de l’Ordre.  

Ainsi, la plupart des cas de dérives dont est informé l’Ordre concernent des infirmiers exerçant dans le cadre de leur cabinet une activité parallèle. Les exemples ne manquent pas : Yann de Kerguénec évoque ainsi Mme S.O., infirmière en Midi-Pyrénées. « Cette infirmière se présentait sur ses imprimés professionnels et son site comme ‘’infirmière DE praticienne de santé holistique’’ proposant des traitements par la méthode de l’’’irrigation colonique’’ ou ‘’hydrothérapie du colon’’. Après mise en demeure, elle a retiré toute mention tendant à associer ou confondre ses deux activités. Cependant elle continue ses activités alors que cette méthode relèverait de l’exercice illégal de la médecine ».

Une autre infirmière, Mme C.P. propose de « libérer les blocages psychologiques qui empoisonnent le quotidien ». Sur son site, on peut lire cette présentation : « mon parcours professionnel m’a permis de côtoyer la maladie, la souffrance mais également la mort et les difficultés de l’accompagnement au mourant. Ce vécu, ainsi que mon expérience personnelle de la maladie m’ont conduite à m’interroger sur la pertinence d’un traitement médical si la cause en amont n’a pas été clairement identifiée, et elle aussi prise en charge ». Signalé par l’ARS, ce cas fait l’objet d’une mise en demeure par l’Ordre, précise son directeur.

« Les lieux de formation comme les IFSI sont aussi des cibles privilégiées », continue-t-il. En réaction, des derniers ont commencé à mettre en place des modules de formation pour sensibiliser aux questions de dérives sectaires, comme le précise le dernier rapport de la Miviludes. (plusieurs IFSI ont été contactés par mail mais n’ont pas répondu à notre demande d’interview, ndla)

Savoir réagir

En contact régulier avec la Miviludes, avec qui il a passé une convention en septembre 2015, l’Ordre a un rôle important à jouer. « D’abord, précise Yann de Kerguénec, l’Ordre dit la déontologie et veille au respect des dispositions législatives et réglementaires. La Miviludes nous signale très souvent, environ deux à trois fois par mois, des cas d’infirmiers faisant la promotion de techniques douteuses pouvant s’apparenter à des dérives sectaires. Nous vérifions leur inscription au tableau de l’ordre – car l’Ordre ne peut poursuivre devant les chambres disciplinaires que les inscrits- puis nous leur envoyons des mises en demeure et rappels à la loi’.

L’Ordre peut aussi poursuivre devant les chambres disciplinaires ces infirmiers qui manquent à la déontologie.« Nous ne l’avons cependant encore jamais fait car les infirmiers suivent les prescriptions qu’on leur fait dans nos mises en demeure. Nous avons cependant fait une fois modifier le contenu d’un site Internet qui présentait toutes les caractéristiques de la dérive sectaire en la rattachant aux soins infirmiers », éclaire Yann de Kerguénec.

Mais si la profession peut être parfois mise sur le banc des « accusés », elle est en première ligne pour détecter des risques de dérives sectaires. Comme le précisait une audition de décembre 2012 au Sénat, « Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger », les infirmiers libéraux qui se rendent chez des malades sont les « témoins de situations dans lesquelles un patient est victime d’un mouvement à caractère sectaire ou de l’influence néfastes de personnes étrangères, y déclarait Karim Mameri, ancien secrétaire général de l’ONI. (…) Les infirmières puéricultrices qui exercent dans le domaine de la protection maternelle et infantile (PMI) ou les infirmières scolaires sont également susceptibles de détecter, chez les familles ou parmi les enfants, des signes d’emprise sectaire », de même celles qui exercent en Ehpad.

Audrey, infirmière dans un centre régional de lutte contre le cancer, se rappelle un cas particulièrement marquant, il y a deux ans. Un jeune homme, qui avait subi un cancer des testicules à seize ans, revient dans son service pour une rechute. « Cette fois, il avait développé un cancer polymétastasé et malheureusement plus aucune chance d’être guéri », raconte-t-elle. Au départ, il se montre réfractaire au moindre soin, « opposé à toute prise en charge, quelle qu’elle soit ».

Audrey découvre au fur et à mesure, que « ce jeune homme avait rencontré une femme qui se disait thérapeute et lui avait dit qu’elle pouvait soigner le cancer avec ses pierres et huiles. Il était tellement endoctriné par elle que c’était cette femme la personne de confiance et non ses parents ». La ‘’thérapeute’’ affirmait que « que nous ne faisions pas la promotion de cette technique pour des questions financières, car le cancer était devenu une marchandise ».

Devant le fait accompli, l’infirmière n’a d’autre choix que de s’adapter à la situation. Ainsi, « tous les soirs nous lui mettions ses huiles et cailloux sur le corps pour « calmer ses douleurs » et l’aider à « guérir ». Nous le faisions pour nous assurer sa confiance et coopération afin de pouvoir mettre des antalgiques et, au final, réussir à lui faire accepter une nouvelle ligne de chimiothérapie », précise l’infirmière. Mais « la discussion avec l’équipe était compliquée car beaucoup ne souhaitaient plus prendre le temps de la négociation, de l’écoute car c’était usant. Quand une infirmière gère neuf patients la journée et treize la nuit en oncologie palliative, prendre le temps à chaque soin de tout négocier n’est pas toujours possible ».

La fin de l’histoire est tragique. « Malheureusement les dégâts du cancer étant trop importants, après deux années sans autre traitement que des cailloux posés sur le corps, il a fini par décéder ». Le seul point « positif » de cette histoire est « qu’au moment où il est devenu moins vigilant et réactif nous avons pu mettre en place des soins d’accompagnements et faire en sorte qu’il parte de manière correcte, sans douleurs », se souvient encore Audrey.

Il n’y a pas eu de poursuite judiciaire, car le patient était désormais majeur. Audrey, qui espère ne jamais à devoir réaffronter une telle situation, très éprouvante, ne ferme pour autant pas la porte aux médecines alternatives, du moment « qu’elles sont pratiquées en accord avec la médecine traditionnelle et non contre elle, au détriment du patient ».

Cet article est paru dans le numéro 29 d’ActuSoins Magazine (juin 2018)

www.actusoins.com/311391/entre-medecines-complementaires-et-techniques-alternatives-quelles-frontieres.html


NDLR: Note de Vigi-Sectes.

En effet, les « médecines » parallèles prennent de plus en plus de terrain devant la médecine classique. En gros, le patient attribue aux praticiens les « dons » d’un « guérisseur » en qui il a presque confiance absolue.

Notre association remarque depuis des décennies un lien entre ces « médecines » énergétiques, l’hypnose, etc., et le comportement toujours moins rationnel à long terme de ceux qui les utilisent. Nous recommandons la prudence.

voir coupeuse-de-feu-et-cadre-de-sante-a-lhopital

Presse: Un homme pour 74 morts orchestrées

Par Marc PIVOIS — 14 juillet 2000

liberation

Dans l’affaire du Temple solaire, seul Tabachnik serait jugé.

Soixante-quatorze morts et, au bout, le renvoi d’un seul homme devant la justice, Michel Tabachnik, pour «participation à une association de malfaiteurs». Entre les deux, six ans d’enquêtes contestées qui ont mobilisé les polices et la justice de trois pays (Suisse, Canada et France).

4 octobre 1994. Le monde entier découvre le sigle OTS (Ordre du temple solaire). Au Canada, cinq adeptes sont découverts morts. Le lendemain, en Suisse, à Cheiry et à Salvan, les pompiers découvrent dans les décombres fumants de deux chalets les corps de 48 personnes, hommes, femmes, enfants. Parmi les victimes, deux des principaux animateurs de l’OTS, Joseph Di Mambro et Luc Jouret.

Vieux routier. Personnage sans charisme, Di Mambro est un vieux routier de l’ésotérisme. Au début des années 50, Jo Di Mambro, né en 1924, est bijoutier le jour et spirite la nuit. Sa réputation se limite à quelques connaissances de la région de Pont-Saint-Esprit (Gard). A l’occasion, il s’affirme guérisseur. De l’amateurisme. Tout change un jour de 1955, quand un membre de l’Amorc (Ancien et Mystique ordre de la Rose-Croix) vient donner une conférence dans le Gard. Di Mambro devient un rosicrucien enthousiaste. L’Amorc, dont le siège est en Californie, perpétue dans le monde entier «le message des Templiers». A travers l’Amorc, Di Mambro, homme d’appareil, va fréquenter les plus hautes sphères de la constellation d’organisations, sociétés, commanderies qui pullulent dans l’après-guerre. Elles ont en commun de regrouper de nombreux personnages liés aux services secrets occidentaux, aux polices politiques et à divers groupuscules d’extrême droite.

Luc Jouret est d’une tout autre trempe: médecin homéopathe, sa notoriété de conférencier dépasse sa Belgique natale. Beau, intelligent, «envoûtant», affirment des témoins. La rencontre des deux hommes, en novembre 1989, est fortuite. Mais chacun comprend aussitôt le parti qu’il peut tirer de l’autre. Di Mambro s’est mis à son compte, sans avoir coupé les ponts avec les différents ordres qu’il fréquente, en fondant à Genève la Golden Way. Une communauté dont les membres lui sont tout dévoués. Quelques mois plus tard, Jouret le rejoint. Les deux hommes attirent à la fondation de plus en plus d’adeptes qui remplissent souvent deux conditions de base: être fortunés et mal dans leur peau.

Faux nez. Mais la Golden Way n’est qu’un faux nez. Derrière, une nouvelle structure est née: l’Ordre du temple solaire. Créée seulement par les deux hommes? Une chose est certaine: Jouret et Di Mambro continuent d’entretenir des contacts réguliers avec les «maîtres secrets» d’autres organisations. Loge P2, en Italie, Amorc et l’ORT (Ordre rénové du temple), dans laquelle se retrouvent des dirigeants d’extrême droite européens.

Au cours des années 80, l’OTS prospère en France, en Suisse, au Canada, en Australie. Si le train de vie de Jouret et de Di Mambro est grandiose, le conditionnement des adeptes est de plus en plus contraignant. L’idéologie de l’Ordre est simplissime: le monde court à sa perte, seuls quelques êtres initiés sont appelés à y survivre. Le moment venu, ils devront «transiter» vers «Cyrius», où «les grands maîtres secrets» préparent la résurrection. L’auteur de ce fatras est un musicien suisse réputé: Michel Tabachnik. Ami intime de Di Mambro, il rédige à tour de bras des textes abscons, les «archées» où s’élabore la doctrine de l’OTS.

Les années 90 marquent un tournant. L’Ordre se fissure. Plusieurs adeptes prennent leurs distances, demandent réparation financière. Soupçonné de se livrer à des trafics de devises, Di Mambro se sent pris au piège. Une ambiance paranoïde règne dans les «fermes de survie» où vivent les adeptes. Les 9 juillet et 24 septembre 1994, Tabachnik donne deux conférences. Lors de la seconde, tout de noir vêtu, le musicien proclame la fin de l’OTS. «J’ai annoncé que l’avenir du Temple deviendrait Rose-Croix, ce qui signifie que les hiérarchies seraient peu à peu supprimées […], indique-t-il au juge Fontaine. Il est possible que j’aie évoqué Cyrius lors de cette conférence», dit-il. Quelques jours plus tard, en octobre 1994, 53 personnes quittent la Terre et «transitent vers Cyrius». La justice suisse ne poursuivra pas Tabachnik. Ce dernier a pourtant une conversation téléphonique avec Di Mambro la veille des massacres.

Treize «survivants». Un an plus tard, le 23 décembre 1995, les corps carbonisés de treize «survivants» du premier massacre de la secte et de trois enfants sont découverts dans une clairière du Vercors, en Isère. Cette nouvelle hécatombe va permettre à la justice française de se saisir du dossier. Les autopsies révèlent que deux policiers membres de la secte ont tué par balles les suppliciés, avant de se donner la mort.

Le juge Fontaine met Tabachnik en examen. Mais l’instruction laisse quelques questions en suspens. Pour qui Di Mambro passait-il les frontières avec d’énormes sommes? Pourquoi les deux policiers français en poste à Annemasse se sont-ils rendus à deux reprises au ministère de l’Intérieur quelques jours avant le massacre du Vercors?.

Marc PIVOIS