Mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres! (Matthieu 6:23)
La Revue française de Défense Nationale RDN n° 484 Février 1988 commence ainsi un article sur: L’islamisme radical:
Intégrisme, fondamentalisme, islamisme, on dispose de trois termes pour un même mouvement, qui vise à revigorer – et avec quelle vigueur ! – l’islam. Le premier est un contresens ; le second n’est pas mauvais ; le troisième est le meilleur, adopté d’ailleurs par ses promoteurs. Islamisme est si adéquat que Bruno Étienne aurait pu se dispenser d’y accoler radical.
C’est ce terme radical qui va nous intéresser aujourd’hui. En Europe, nous entendons souvent dans les médias laïques et dans un christianisme « large » le terme « islam radical » ou une de ses variantes « islamisme radical »1.
Le Dr. Mordechai Kedar, Professeur de littérature arabe, de l’université de Bar-Ilan, pose une question fondamentale, et nous résumerons ici une partie de son exposé.
Existe-t-il alors un « islam radical » versus un autre islam, modéré ?
Le simple fait de poser cette question suggère qu’il n’existe peut-être pas d’islam radical, mais seulement un Islam d’essence modéré qui serait mal compris par une minorité.
S’il existe deux types d’islam, nous devrions distinguer entre deux sources de ces différentes versions de l’Islam.
Les sources
1 – Le Coran
Existe-t-il un Coran radical et un Coran modéré ? Non. La communauté musulmane insiste sur le fait qu’Il n’y a qu’un seul Coran2.
2 – Les hadiths
Ce sont les traditions orales de l’islam. Existe-t-il des hadiths radicaux et des hadiths modérés ? Non. Il n’y a qu’un seul corpus de hadiths, d’histoires sur Mahomet ou de traditions. Certains sont regardés comme plus fiables que d’autres, mais le contenu de ces hadiths n’est pas divisé en deux groupes.
3 – La Sīrah
C’est la biographie de Mahomet, le troisième texte sacré le plus important de l’islam. Nous n’avons pas ici non plus deux biographies de Mahomet, l’une radicale et l’autre modérée.
Si nous ne prenons que ces trois sources, le Coran, les hadiths et la Sirah, ces livres contiennent en fait tous, des idées les plus radicales aux plus modérées.
Je pourrais vous citer de bons exemples montrant à quel point Mahomet pouvait être gentil avec les Juifs. Mais si vous tournez une page, vous verrez comment il les massacrait.
Si un musulman pratiquant est né dans un pays occidental laïc, il peut s’en imprégner et adapter sa manière de vivre à son environnement, il va choisir dans le Coran des versets tels que : « Il n’y a pas de contrainte en religion ». Dans les hadiths, il va retenir les idées sur la manière d’être modéré. Et dans la biographie de Mahomet, il va retenir les précédents qui montrent à quel point le prophète était aimable. Nous rencontrons donc des musulmans très modérés en occident qui ne tueraient pas même un moustique. Certains immans vont à l’encontre de ce phénomène et rappellent que la uma disposent de mêmes règles.
Grâce au sondages anonymes, on estime tout de même la tranche d’islamistes radicaux représente 20 ou 30% des musulmans, en d’Europe.
En France, la ministre de la Justice Rachida Dati, originaire du Maroc, a adopté un style de vie séculier. Elle était enceinte, bien que femme célibataire. En Arabie Saoudite, elle aurait été mise au ban de la société, elle n’aurait pas eu le droit de quitter le pays et ses enfants n’auraient pas eu de certificat de naissance.
Pour le musulman, né en Libye où les gens s’entretuent et persécutent les juifs et les chrétiens, il doit adapter sa vision de l’Islam à son gouvernement islamique. Il s’imprégnera probablement des versets du Coran sur le jihad, et dans les hadiths, des ordres sur la manière de mener le jihad.
Où réside la différence entre les sunnites et les chiites? Existe une sorte de modération en opposition à un radicalisme dans l’Islam chiite3 ou l’Islam sunnite ? Le conflit chiite versus sunnite n’a rien à voir avec un degré de radicalisme ou de modération, car il existe des radicaux et des modérés chez les chiites comme chez les sunnites. Ils ne se battent pas entre eux sur des questions de radicalisme ou de modération, mais sur la question4 de savoir qui était le calife légitime après Mahomet.
En résumé Il n’y a pas d’islam radical opposé à un islam modéré. Il y a des musulmans radicaux opposés à des musulmans modérés. Ils ont tout de même le même prophète et les mêmes sources.
On ne peut pas parler d’un « Islam radical » et d’un « Islam modéré ».
Note de Vigi-Secte, une approche biblique
Au déplaire de toute pensée humaniste et laïque5 qui veut voir de la beauté et bienséance dans toute les religions, Il n’y a qu’un seul Islam, et c’est seulement par une étude complète6 de ses sources qu’on le connaît.
Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. (Mathieu 7:17)
Une position chrétienne et de reconnaître la nature de l’arbre, sur lequel on trouve de mauvais fruits7.
Aussi, Paul nous exhorte condamner ce qui s’introduit parmi nous:
examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez point part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. (Eph 5:10-11)
Accepter l’adjonction de « radical » à l’Islam peut faciliter une discussion différenciant des types de comportements, mais c’est aussi refuser de reconnaître et condamner les mauvaises oeuvres du mauvais arbre, et de discerner entre la lumière et les ténèbres.
Notes :
- Utiliser cette variante apporte une nuance significative, mais la question de fond sur la radicalité de l’islam demeure. ↩︎
- Il y a bien en fait différentes lectures ou versions du Coran, mais les différences sont non significatives quand à la radicalité des textes. ↩︎
- Iran : un haut dignitaire religieux déclare que si d’anciens musulmans font connaître leur apostasie, « nous vous tuerons et nous vous tuerons bien ». ↩︎
- Les sunnites affirment que le premier calife était Abou Bakr, puis Omar, puis Uthman, puis Ali et Muawya, tandis que les chiites affirment que seul Ali, le quatrième calife, était le calife légitime et que ses descendants devraient être les califes jusqu’à la fin des temps. ↩︎
- Après les attentats terroristes, l’ancienne Première ministre britannique Theresa May a déclaré que les actes extrémistes constituaient une perversion de la foi et a souligné que cette violence ne devait pas être assimilée à l’islam lui-même, arguant qu’il était erroné de qualifier ces attentats d’islamiques. ↩︎
- Voir les 12 articles de l’équipe thequran-com ↩︎
- Voir les statistique de meurtre sur thereligionofpeace ↩︎
