Le 12 Septembre 2006, le pape Benoît XVI a prononcé un discours à l’Université de Ratisbonne, sur les rapports entre la religion et la violence, qui a été interprété comme offensant pour les musulmans.
Le « Saint Père »
Une citation du discours a déclenché de vives réactions politiques et religieuses dans le monde, majoritairement négatives dans les pays musulmans, plutôt positives dans les pays occidentaux prenant la défense du pape au nom du dialogue religieux et de la liberté d’expression, sauf en France où l’on revient à plusieurs reprises sur la déclaration controversée du pape concernant la religion musulmane. (source Wikipédia 1)
Il n’est alors pas surprenant de voir des dirigeants musulmans vouloir répondre publiquement à cette critique venant d’une personne aussi influente.
Page de couverture
Le 12 Octobre 2006, 38 grands érudits et religieux musulmans, publièrent une lettre ouverte au pape, dans l’objectif de parvenir à une « compréhension mutuelle ». Un an après cette lettre ouverte au pape, le 11 Oct. 2007, un groupe plus large de 138 érudits musulmans, des religieux et des intellectuels envoient une autre lettre ouverte, intitulée « Une parole commune entre vous et nous, a common word (ACW2) », au pape Benoît XVI et aux dirigeants d’autres confessions chrétiennes.
Depuis lors, des centaines de musulmans et érudits chrétiens, des dirigeants et des intellectuels ont approuvé et commenté l’initiative; y compris le Pape et de nombreux grands muftis.
Certains chrétiens et musulmans ont parfois des similitudes, par exemple le refus du matérialisme. Pouvons-nous au final avoir une part de dévotion commune?
Le document sous la loupe
La lettre ACW ouverte s’introduit ainsi:
L’initiative « (a common word:ACW), une parole commune entre nous et vous » a été lancée le 13 Octobre 2007 d’abord comme une Lettre ouverte signée par 138 éminents érudits et intellectuels musulmans issus de 43 pays (y compris des personnalités telles que les Grands muftis d’Egypte, Syrie, Jordanie, Oman, la Bosnie, la Russie et Istanbul) pour les dirigeants des églises chrétiennes et confessions du monde entier, y compris Sa Sainteté le Pape Benoît XVI.
En substance, il a proposé, sur la base de versets du Saint Coran et de la Sainte Bible, que L’islam et le christianisme, partagent un noyau commun, en outre les commandements jumeaux d’importance primordiale d’aimer Dieu et d’aimer son prochain.
Basé sur ce terrain commun conjoint, le document a appelé à la paix et l’harmonie entre les chrétiens et les musulmans du monde entier.
ACW est une poignée de main universelle de bonne volonté, d’amitié et de fraternité inter-religieuse et par conséquent de gage de paix mondiale.
La phrase clef de cette lettre pourrait être la suivante:
… Dans l’obéissance au Saint Coran, nous les musulmans, invitons les chrétiens à venir ensemble avec nous sur la base de ce qui nous est commun. Ceci est aussi le plus essentiel à notre foi et nos œuvres: les deux commandements de l’amour. Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux Et que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète Mahomet
Ce document (ACW3) de 258 pages est soigneusement élaboré, contenant des subtilités équivoques pour la plupart des lecteurs « chrétiens ». Nous pensons nécessaire de présenter une courte réflexion critique sur le sujet:
Examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les.
Eph 5:10-11 ;
Le document commence par une sourate du Coran en Arabe et en anglais. Encore une fois, nous remarquons que les premières pages d’un livre sont révélatrices.
Dis: «O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous: que nous n’adorions personne que Dieu, sans rien Lui associer de partenaire, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors de Dieu». Puis, s’ils tournent le dos, dites: «Soyez témoins que nous, nous sommes soumis». _____________________
Le Saint Coran, Aal ‘Imran, 3:64
Les érudits musulmans ont commencé cette lettre par leur Coran. Nos magazines chrétiens font-ils toujours de même par un verset de l’Écriture sainte, qui est …
«inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » ?
Détails linguistiques
Dans le document original, la traduction anglaise4 du Coran utilisée dans la page de garde et celle de M. M. Pickthall. Mais le verset a été modifié, en remplaçant ‘Allah’ par ‘Dieu’.
Dans la page finale, on ne sait pas que ‘Louange à Dieu, Seigneur des mondes’ est aussi une sourate coranique, car la référence manque: C’est la sourate al-Fatihah, 1:2. Et la traduction anglophone utilisée ne mentionne pas ‘Allah’, mais ‘Dieu’.
Louange à Dieu, Seigneur des mondes
Page finale
On trouve environ 900 occurrences du mot ‘Dieu’ (God) dans cette lettre ouverte, mais jamais5 une fois ‘Allah’ dans le corps de texte.
Le discours œcuménique islamo-chrétien est plus séduisant sans faire mention du terme ‘Allah’. On élude ainsi la question essentielle: Allah est-il aussi le Dieu de la Bible?
Saint Coran et Sainte Bible: L’eau et l’huile
On repère immédiatement les expressions « Saint Coran » et « Sainte Bible». Elles se contredisent et devraient interpeller autant les chrétiens que les musulmans. Si la Bible est sainte, alors Jésus est le fils de l’homme mais aussi pleinement fils de Dieu, mort sur la croix et ressuscité le 3ème jour.
Or, le Coran le nie:
Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent: “En vérité, Allah c’est le Messie, fils de Marie.” Alors que le Messie a dit: « O enfants d’Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur”. Quiconque associe a Allah (d’autres divinités) Allah lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs ! Sourate 5:72.
Si le Coran est Saint, alors les chrétiens sont perdus, et la Bible ne peut être sainte. Cela n’a pas empêché 308 érudits chrétiens ou musulmans de signer ce genre de déclaration, qui est clairement trompeur et contradictoire.
Un dialogue historique
La sourate 3:646 qui ouvre cette lettre mérite toute notre attention:
Elle semble relever le noble souhait d’une invitation à une foi monothéiste commune, mais que se cache-t-il derrière ces mots?
Pour bien la comprendre dans le contexte autant historique qu’actuel , laissons parler le commentaire coranique très renommé de Yusuf Ali7:
des mots qui en cachent d’autres
… Il vint une ambassade chrétienne de Najran. Ils furent très impressionnés en entendant ce passage du Coran expliquant la véritable position du Christ, et ils entrèrent en discussion avec le nouvel état musulman.
Mais leurs habitudes et coutumes enracinées les empêchèrent d’accepter l’islam. Le Saint-Prophète, ferme dans sa foi, a proposé un Mubahala, à savoir, une réunion solennelle, dans laquelle les deux parties devaient invoquer non seulement sur leurs hommes, mais aussi sur les femmes et les enfants, la malédiction d’Allah sur le groupe qui mentait (ou se trompait). Ceux qui avaient une foi pure et sincère n’hésitèrent pas. Les Chrétiens déclinèrent8, et ils furent rejetés dans un esprit de tolérance avec une promesse de protection de l’État [islamique], en payant un tribut, le salaire de la loi.
Jésus n’est rien de plus qu’un homme. La raison et la révélation s’opposent à l’appeler ‘Dieu’ ou ‘le fils de Dieu’. Il est appelé le fils de Marie, afin de le souligner. Il n’avait pas de père humain, car sa naissance était miraculeuse… La louange est due à Allah. … Ce sont ceux qui l’ont mal compris qui obscurcirent ces signes clairs et l’entourent de mystère leur propre invention.
Les gens du Livre, …en pratique, échouent. C’est une défaillance doctrinales de l’unicité du Seul Vrai Dieu… idem en ce qui concerne l’adoration des Saints9 (extraits des notes 400-402)
Les sourates suivantes 65-66 reprochent aussi aux chrétiens leur ignorance et leur péché d’association10.:
Ô gens du Livre, pourquoi disputez-vous au sujet d’Abraham, … Ne raisonnez-vous donc pas? Vous avez bel et bien disputé à propos d’une chose dont vous avez connaissance. Mais pourquoi disputez-vous des choses dont vous n’avez pas connaissance? Or Allah sait, tandis que vous ne savez pas. Abraham …était entièrement soumis à Allah (Musulman). Et il n’était point du nombre des Associateurs
La réalité est autre, Paul et Barnabas refusèrent catégoriquement l’adulation de l’homme (cf. Actes 14:12-15), alors que Mahomet l’accepta (cf. RD2014-03, RD2013-04). Sam Salomon11 ex-juriste et formateur de la charia, fait remarquer:
En réalité, ces exégèses montrent que les «paroles communes » qu’ils proposent, sont en fait un déni de la Seigneurie du Christ, de sa filiation divine, et de son titre de sauveur tout en validant Mahomet d’abord comme un prophète de bonne foi du vrai Dieu – Allah – et, finalement, comme le dernier messager d’Allah. Il les invite à renoncer à cette « idolâtrie d’association christique ».
Ayant déjà décidé des questions relatives à ce « terrain d’entente », ou plutôt de non-entente dans le « débat de Najran », Mahomet offrait apparemment une «invitation» – ou une «proposition équitable», mais en parallèle, il préparait des plans pour les envahir, en se justifiant par de nouvelles révélations:
Combattez ceux qui ne croient ni en Allah …, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés. (sourate 9:29)
Selon l’Islam, le judéo-christianisme dans son ensemble a donc déjà dialogué avec Mahomet, et l’a rejeté, et aurait supprimé les références scripturaires de celui-ci dans la Torah et de l’Injil. Les chrétiens ayant rejeté le Messager d’Allah, sont maintenant considérés « apostats », et donc passibles d’une sanction sévère selon la jurisprudence islamique (sourate 3:12)
Cette lettre ouverte de 2008 nous fait revivre littéralement ce dialogue inter-religieux d’une « parole commune » vieille de 1300 ans, dont nous connaissons déjà l’issue.
Qui a signé ou répondu?
Le document contient la liste des 38 premiers signataires musulmans de cette lettre, ainsi que la liste de ceux qui l’ont approuvé après sa publication. En tout, 308 signatures: Tous des intellectuels, chercheurs, universitaires, groupe inter-religieux, etc. ayant une position importante.
Certains « chrétiens », comme Chrisostome II, l’archevêque de Chypre ont répondu:
il reconnaissent les différences théologiques, mais sont d’accord avec la volonté de respect mutuel des différences, ainsi que sur les valeurs communes que sont le monothéisme et l’amour du prochain.
Ils souhaitent que de telles initiatives contribuent positivement à l’amélioration des conditions inacceptables dans lesquelles vivent les chrétiens dans leurs pays musulmans.
On comprend leur souhait de relations pacifiques entre les deux communautés religieuses, mais un compromis de nos valeurs ne sera pas la garantie d’une paix à long terme, bien au contraire. Un manque de discernement et clarté dans nos décisions prépare un terreau favorable pour l’enracinement et la croissance de l’Islam (donc de l´Islam radical).
Ce n’est pas tout, différents leaders, ou organisations « chrétiennes » de l’ouest on répondu. La réponse la plus médiatisée fut celle rédigée par un groupe de quatre universitaires de l’Université de Yale (Yale Divinity School), intitulé « Aimer Dieu et son voisin ensemble »12. Elle a été approuvée par plus de 300 leaders chrétiens du monde entier, bien que recevant aussi une bonne dose de critique. En voici un extrait:
Réponse dite « chrétienne » à la lettre « Une Parole Commune »
Au nom de l’infiniment bon Dieu que nous devons aimer de tout notre être.
En tant que membres de la communauté chrétienne dans le monde entier, nous avons été profondément encouragés et interpellés par la récente lettre ouverte historique signée par 138 grands érudits musulmans, des religieux et intellectuels du monde entier. « Une parole commune entre nous et vous » identifie un terrain de base d’entente entre le christianisme et l’islam, qui est au cœur de nos religions respectives ainsi qu’au cœur de la plus ancienne foi abrahamique, le judaïsme. L’appel de Jésus-Christ à aimer Dieu et le prochain était enracinée dans la révélation divine au peuple d’Israël contenues dans la Torah (Deutéronome 6: 5; Lévitique 19:18). Nous recevons la lettre ouverte comme une main musulmane de la convivialité et de la coopération étendue aux chrétiens du monde entier. Dans cette réponse, nous étendons notre propre main chrétienne, en retour, de sorte que, avec tous les autres êtres humains, nous pouvons vivre dans la paix et la justice que nous cherchons à aimer Dieu et nos voisins Ensemble avec vous, nous croyons que nous devons aller au-delà d’ « un dialogue œcuménique poli entre les chefs religieux sélectionnés » et de travaillerensemble avec diligence pour remodeler les relations entre nos communautés et nos nations afin qu’elles reflètent véritablement notre amour commun pour Dieu et pour l’autre.
Parmi les signataires, nous trouvons:
Rick Warren, fondateur et pasteur principal de l’église de Saddleback et du mouvement des 40 jours pour l’essentiel, Lake Forest, CA
Brian D. McLaren, auteur, conferencier, militant
Tony Jones, coordonnateur national du Village Émergent
Steve Knight, Membre national du groupe de coordination, du Village Émergent, Charlotte, Caroline du Nord
Ce sont des noms bien connus de l’Église émergente, de véritables Balaam 13. Malheureusement, de nombreuses personnes d’un institut de théologie des plus renommés des USA: le ‘Fuller Theological Seminary‘ ont signé:
Robert K. Johnston, professeur de theologie et de culture
Rick Love, directeur international de ‘frontières’, agrégé adjoint Professeur d’études islamiques, auteur de ‘rétablissement de la paix
C. Douglas McConnell, PhD, doyen de l’Ecole des etudes interculturelles
Richard Mouw, président et professeur de philosophie chrétienne
Dr. Evelyne A. Reisacher, professeur d’histoire de l’église et d’œcuménisme, directeur du Centre du Plessis David pour la spiritualité chrétienne
Cecil M. Robeck, Jr., Professeur d’Histoire de l’Église et Œcuménisme, Directeur du centre David du Plessis pour la Spiritualité Chrétienne.
Wilbert R. Shenk, professeur titulaire d’Histoire de la Mission et de la culture contemporaine
Glen H. Stassen, Lewis B. Smedes professeur d’ethique chretienne
Dr. Martin Accad, Doyen de l’école théologique arabe Baptiste (Liban), Directeur de l’Institut des etudes sur le Moyen-Orient (Liban), professeur associe d’études islamiques, Ecole Fuller des études interculturelles
David Augsburger, professeur de Pastorale et Conseils
Marlene Malahoo Forte, 2007 Yale World Fellow, Pasadena, CA
Joel B. Green, professeur d’interprétation du Nouveau Testament
Les réactions négatives
Aimer Dieu est le plus grand commandement:
Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Mat 22:36-39 ; cf Actes 10.28; Lévitique 19.34)
Nous nous associons à l’avis de Sam Solomon dans sa critique de cette réponse de Yale
Sur l’amour du prochain dans l’Islam :
Tous les érudits musulmans, sans exception, mentionnent que la nécessité de l’inimitié avec les kuffars (non-croyants) n’est pas une option mais une obligation pour les musulmans, car cela fait partie de leur culte à Allah, tout comme les croyants sont obligés de prier, jeûner, etc. Sheikh Dr Nasser Bin Al Yaha Hannini l’indique clairement quand il a dit que «ceci n’est pas le wahhabisme, ni une sorte de doctrine radicale d’un culte radical, mais c’est la religion d’Allah, le Seigneur des mots. »14
Al Wala Wa al Bara: Loyauté et désaveu
Sam Salomon, ex- professeur en Sahria
Voici un résumé de l’objectif majeur des principes fondamentaux islamiques de « loyauté et désaveu » que les érudits musulmans ont déduits du Coran et de la Sunna.
(a) Tenir le kuffar (non croyant) en inimitié, interdire de les aimer, afficher une hostilité et être déloyal envers eux. cf. (sourate 8:73)15.
(b) C’est commettre un crime grave qui pourrait même conduire un musulman complètement hors de l’Islam (sourate 5:51)16 que de se porter garant de fidélité aux non-musulmans, les aimer ou les aider de quelque manière qui les rendrait victorieux.
(c) L’hostilité et l’inimitié envers les kuffars doit être visible et non secrète, de sorte qu’ils le voient et le sentent, car cela renforcera la communauté musulmane et affaiblira le kuffar (sourate 60:4)17
(d) Vivre sans inimitié avec les non-musulmans est le plus odieux des péchés (sourates 4:48, 3:19a, 3:85). C’est d’une importance capitale en raison de leur rejet de l’Islam.
(e) L’inimitié doit être faite et de manière visible, de sorte que cette inimitié dure éternellement (sourate 60:4).
(f) Un musulman ne doit jamais faire confiance à un non-musulman, peu importe combien fidèle il ou elle pourrait être (sourates 3:28, 4: 139, 5:57, 9:28, 98: 6).
(g) N’imiter jamais un non-musulman, en aucune manière (par exemple dans leur tenue, façon de parler, etc.) C’est un signe d’affection à leur égard, car Mahomet a dit « celui qui imite ou identifie à cette communauté, est l’un d’entre eux. »18
Cette parole commune
… selon les pages même du Coran, ce terrain d’entente n’existe pas. Heureusement, certains signataires ont pris note de cet avertissement et ont retiré leurs noms.
D’autres sont restés résolus – encore dans l’illusion que la Parole commune est une porte ouverte et une occasion en or de s’asseoir et de dialoguer avec des religieux musulmans de haut rang … Tragiquement, leur amour pour les perdus et pour le dialogue est obligatoirement associé à un mépris de la révélation biblique, Celle-ci montre sans équivoque que l’Allah du Coran ne peut pas être notre Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et Jacob. Ces érudits semblent avoir oublié que «l’amour» doit toujours marcher de pair avec la « vérité » – toute la vérité, et pas seulement des fragments de vérité patchés ensemble en une illusion de « parole commune ».
Les fruits: Un partenariat sous le même joug
De cette initiative, sont nés plusieurs nouveaux ateliers, discussions, conférences inter religieux, en Juillet 2008 environ 70 intellectuels chrétiens et musulmans y ont participé, ainsi que quelques observateurs juifs. Les discussions étaient axées sur cinq grands domaines: « L’amour de Dieu», «l’amour du prochain», «Amour et discours sur l’autre »,« Amour et pauvreté dans le monde » et « Dieu est amour », et conduisent à un travail en commun.
Forum catholico-musulman à Rome: «travaillerensemble »
« En novembre 2014, et après trois jours de présentations et de discussions intenses, les principaux représentants musulmans et catholiques ont conclu avec succès le troisième Forum catholico-musulman qui a eu lieu à Rome sous le thème »Travailler ensemble pour servir les autres ».
Sa « Sainteté » le Pape François19 a donné une audience dans laquelle il a salué tous les participants, en les encourageant à persévérer sur la voie du dialogue islamo-chrétien, et a noté avec satisfaction leur engagement commun désintéressé au service de la société. Enfin, les délégués ont exprimé leur satisfaction de leur rencontre fructueuse, et attendent avec intérêt la prochaine réunion du Forum.» ( source press.vatican.va) 20
Une analyse succincte mais rigoureuse de cette lettre, à la lumière du Coran et de la Bible, nous dévoile immédiatement des contradictions:
Allah n’abandonne pas ses 99 brebis comme le bon berger pour chercher celle qui est perdue (Luc 15:4-7 ; Jean 10:11-14). Au contraire, il maudit, aveugle, rend malade, mets un voile sur leur cœur et voue à l’enfer les non musulmans (cf. sourate 2:10, 16-17,39,89, 104, 18:57, 17:46 ; 45:23 etc.)
L’amour de Dieu inclue l’amour du peuple de Dieu. L’amour de « ses frères » pèse sur le cœur de Paul (Rom. 9:2-4), alors que la haine, le mépris et le châtiment divin sont mentionnés trois fois dans le Coran contre les juifs. (cf 2:65 ; 7:166 ; 5:60), … Ces juifs « …sur qui sa colère est tombée et qu’[Allah] a transformés en singes et en porcs… »
Il est illusoire de trouver dans le Coran ou les haddiths l’amour du prochain non musulman. (cf. sourate 49:10 & 8:7221).
La grandeur de notre Dieu se révèle, non en ce que nous l’ayant tant aimé, mais
… parce qu’il nous a aimés le premier. (1Jean 4:19)
Et, la grandeur de cet amour se mesure dans ce verset si connu. (Jean 3:16)
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
Conclusion
On peut toujours trouver des apologistes islamistes prêts à rejeter la rhétorique dure du Coran avec des interprétations « créatives », tortueuses ou des dénis purs et simples. Leurs paroles et leurs actes démentent presque toujours une préoccupation urgente des victimes de l’islam – au profit de la défense de l’image de l’islam.
Bien sûr, il y a aussi une multitude de musulmans pacifiques qui ne désirent aucunement la suprématie islamique. Certains trouvent des fragments de sourates pour soutenir leur vision. Mais, ces personnes qui ouvrent les portes de l’Islam dans les pays christianisés, ne sauraient vivre eux-même en symbiose avec l’essence du Coran sous la charia.
Sur quoi repose alors cette base commune de dialogue islamo-chrétien ? Sur l’apparence de piété des derniers jours (2Tit 3:1-5)?
Retour au témoignage de la pentecôte:
Dites à ceux qui ont le cœur troublé: Prenez courage, ne craignez point; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, La rétribution de Dieu; Il viendra lui-même, et vous sauvera. (Es 35:4)
Dans un tel « dialogue » qui nous ferme la bouche, les chrétiens évangéliques ayant le fardeau du salut des âmes, voient-ils encore le devoir de témoigner à nos amis musulmans ?
Ne pas reconnaître le Messie, Yahvé venu parmi nous, c’est mourir dans ses péchés (cf. Jean 8;24)?
Élever un prophète (autoproclamé) aux côtés de Dieu est la véritable idolâtrie (cf. Apoc. 22:15)
Ce document trouble22 ceux qui désirent annoncer l’injil (l’Évangile) aux musulmans, jetant le flou sur la bonne Nouvelle. Le site theovie.org nous rappelle que:
Le quolibet « protestant » [outre protester] comporte aussi le sens littéral de l’adjectif (et plus courant à l’époque): « proclamer, attester, faire profession ».
Ce sont les ex-musulmans23 comme Sam Salomon qui témoigneront le mieux aux leaders « chrétiens » égarés. Certains chrétiens sont morts martyrs pour avoir refuser un mot ou un signe qui rejetait l’Évangile, d’aujourd’hui reconnaissent l’inspiration du « Saint Coran» en toute paix.
Quel rapport entre Yahweh et Allah?
Les Philistins prirent l’arche de Dieu, et ils la transportèrent… dans la maison de Dagon et la placèrent à côté de Dagon. Le lendemain, les Asdodiens, qui s’étaient levés de bon matin, trouvèrent Dagon étendu la face contre terre, devant l’arche de l’Éternel.
Le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob (pas de place pour Ismaël dans ce trio) ne cohabite pas avec d’autres dieux, notamment celui des Philistins. Toute nouvelle tentative est voué à l’échec
Ils prirent Dagon, et le remirent à sa place. Le lendemain encore, s’étant levés de bon matin, ils trouvèrent Dagon étendu la face contre terre, devant l’arche de l’Éternel; la tête de Dagon et ses deux mains étaient abattues sur le seuil, et il ne lui restait que le tronc. (1Samuel 5:1-4)
Dagon, ne pouvant tenir devant l’arche de Dieu
C’est aussi le respect du premier des 10 commandements de Yahvé, qui préserva le peuple de l’idolâtrie égyptienne, et c’est afin que son peuple puisse l’adorer sans contrainte que le Dieu des Juifs les délivra d’Égypte (Ex 3.18).
Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. (Exo 20:3)
Le réformateur Calvin disait:
Les hommes sont nés les uns pour les autres. Ils doivent communiquer mutuellement ensemble pour maintenir la communauté du genre humain
Oui, nous devons avoir une relation aimable et dialoguer avec quiconque
Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Rom 12:17-18
… mais « travailler ensemble » sous une même bannière en acceptants des valeurs illusoires, c’ est se mettre «sous un joug étranger. »!
Paul posent 5 questions au corinthiens:
Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité?
ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres?
Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial?
ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle?
Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles?
Rien en commun: simplement parce que nous n’avons pas le même Dieu.
Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit: J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. 2Co 6:14b-16.
Si certains trouvent beaucoup de points communs entre le « christianisme» et l’Islam, c’est peut-être qu’ils ne connaissent bien ni l’un ni l’autre et surtout Celui qui est le centre de la révélation de Dieu: Jésus Christ
Nous est-il possible d’annoncer « les merveilles de Dieu » avec un profond respect et amour des âmes, en négligeant la vérité24? Ces deux actions étant symbiotiques, on ne peut aimer sans être vrai.
5 On trouve 9 fois ‘Allah’ seulement dans les notes de bas de page, quand c’est inévitable, comme dans les titres des livres référencés.
6 Nous la reproduisons ici intégralement, selon la traduction en français par Hamidullah, sans remplacer ‘Allah’ par ‘Dieu’.
Dis: «O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous: que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah». Puis, s’ils tournent le dos, dites: «Soyez témoins que nous, nous sommes soumis». (3:64)
7 The Holy Qur’an: Text, Translation and Commentary, Abdullah Yusuf Ali, Amana Corporation, Brentwood, MD, 1989. ISBN 0-915957-033-5. Traduction de l’anglais par Vigi-Sectes
8 Il est amusant de voir comment d’autres commentateurs musulmans interprètent ce déni. Conformément aux enseignements de Christ, les chrétiens refusent d’invoquer la malédiction sur ceux qui sont dans l’erreur, non qu’ils aient peur pour eux, mais qu’ils désirent ne maudire personne.
« Or il arriva, comme les jours de son assomption s’accomplissaient, qu’il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem; et il envoya devant sa face des messagers. Et s’en étant allés, ils entrèrent dans un village de Samaritains pour lui préparer un logis; et ils ne le reçurent point, parce que sa face était tournée vers Jérusalem. Et ses disciples, Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume, comme aussi fit Élie? Et, se tournant, il les réprimanda fortement et dit: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés! » Luc 9:54-55
9 Adoration des saints: Yusuf Ali dévoile ici une facette du catholicisme:
10 Le terme associer ou associateurs, signifie ceux qui nomment un homme, Dieu, faisant une association à la divinité.
11 Sam Solomon est un ex-musulman ayant été pendant 15 ans formateur et juriste dans la loi de la charia au Moyen-Orient. Sa décision d’embrasser le christianisme, lui a valu d’être arrêté, condamné à mort, avant d’être exilé de sa terre natale. truth_about_common_word
12 Publiée le 18 Novembre 2007, dans le New York Times: “Loving God and Neighbor Together”.
Voir aussi common-word-christian-response
13 Cf. Mic 6:5, 2Pi 2:15 ; Ap 2:14 ; Jude cite 3 exemples d’« hommes corrompus »: Caïn / Balaam / Coré: Caïn jalouse chez son frère la justesse et simplicité de l’adoration seulement possible par le sacrifice de l’Agneau. Balaam ne pouvant maudire le peuple de Dieu, le séduit pour qu’il tombe dans le péché. Coré sans appel de Dieu, s’autoproclama leader et se révolta pour sa perte.
15 Paraphrase (…) de la sourate 8:73 Et ceux qui n’ont pas cru sont alliés les uns des autres, (et) si vous (les musulmans du monde entier collectivement) ne le faites pas (c.-à devenir des alliés, comme un bloc uni avec un Khalifah – chef souverain musulman pour l’ensemble du monde musulman visant à rendre victorieuse la religion d’Allah islamique monothéisme), il y aura la fitna (guerres, batailles, polythéisme, etc.) et de l’oppression sur la terre, et un grand méfait et la corruption (apparition du polythéisme).
16Paraphrase (…) dela sourate 5:51 Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés (Amis, protecteurs, aides, etc.), devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes (polythéistes, malfaiteurs et injustes).
17 Sourate 60: 4 Certes, vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple: «Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah, seul».
18 Musnad Ahmad vol 2/50; Section Abu Dau’wud sur la robe 4031; Sunan Abi Dawud 3401
19 François, le chef de file de 1,2 milliard catholiques romains, a déclaré aux journalistes à bord de son avion de retour d’une visite en Turquie qu’il comprenait pourquoi les musulmans ont été scandalisés par beaucoup en Occident qui assimilent automatiquement leur religion avec le terrorisme. (jpost.com)
21 Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde.
Et ceux qui n’ont pas cru sont alliés les uns des autres. Si vous n’agissez pas ainsi [en rompant les liens avec les infidèles], il y aura discorde sur terre et grand désordre..
22 En fait, ce document renie l’Évangile. Car il promeut une « paix » inter-religieuse, mais rejette le Prince de paix, le seul qui puisse nous apporter la paix du cœur, et nous sauver.
23 Les ex-musulman sont appelés Murtad – ‘celui qui se détourne’ de l’Islam, et sont passibles de mort dans de nombreux pays musulmans.
24 Il m’est arrivé de recevoir un Témoin de Jéhovah (chef de circonscription) et de lui parler immédiatement des origines occultes de la Société de la Tour de Garde et de l’influence du spiritiste Greber sur la Traduction du Monde Nouveau. Il ne voulait rien entendre et surtout vite partir. Quelle surprise de le revoir 4 semaines plus tard venir me demander des photocopies du NT de Greber pour ensuite accepter une invitation à revoir les traductions bibliques francophones.
Six hommes, dont le beau-frère de Mohamed Merah, ont été condamnés vendredi à Paris à des peines allant de 2 ans ferme à 15 ans d’emprisonnement pour être partis en Syrie en 2014 aux côtés de figures du jihadisme français et de proches du « tueur au scooter ».
Les prévenus, jugés pour association de malfaiteurs terroriste, faisaient partie d’un groupe de Toulousains et Albigeois partis début 2014 en Syrie. Le tribunal correctionnel a notamment condamné Imad Djebali, soupçonné d’être l’un des leaders des Toulousains et en récidive, à 15 ans de prison, et Abdelouahed El-Baghdadi, époux de Souad Merah, à neuf années d’emprisonnement.
Le parquet avait demandé des peines allant de 5 à 15 ans.
Ces « revenants » nient avoir combattu pour le compte de l’organisation Etat islamique en Syrie. La plupart ont expliqué être rentrés en France car la réalité sur place ne correspondait pas à leurs aspirations.
L’un des prévenus assure avoir fait de l’humanitaire en Turquie
Djebali, El-Baghdadi et un converti albigeois, Gaël Maurize, ont connu un retour mouvementé: ils s’étaient retrouvés dans la nature après leur expulsion de Turquie vers la France, sans personne pour les interpeller, à la faveur d’un retentissant « cafouillage » franco-turc. Ils s’étaient rendus dans la foulée.
Gaël Maurize, qui a concédé avoir monté la garde pour l’EI, a été condamné à huit ans d’emprisonnement, assortis d’une période de sûreté des deux tiers comme pour ses deux comparses. Les trois autres prévenus avaient été interpellés plus classiquement, après leur retour.
Noureddine Othmani, qui assure avoir fait de l’humanitaire en Turquie, a été condamné à neuf années d’emprisonnement. Et deux jeunes hommes, qui comparaissaient libres et ont dit avoir été traumatisés par les exactions en Syrie, ont été condamnés à cinq ans dont trois avec sursis, une peine aménageable.
Selon le procureur, les prévenus ne pouvaient « bénéficier de l’excuse de naïveté » et invoquer un « séjour mystico-humanitaire », au vu des cercles dans lesquels ils gravitaient dans le Sud-Ouest.
Un lien avec d’autres filières jihadistes
Djebali et El-Baghdadi appartenaient au groupe de Toulouse, une émanation selon l’accusation d’une précédente filière jihadiste dite d’Artigat (un village de l’Ariège) vers l’Irak pendant la guerre, dossier dans lequel le même Djebali a été condamné en 2009.
On retrouvait dans ce groupe de Toulouse le demi-frère par alliance de Mohamed Merah, Sabri Essid, lui aussi condamné dans le dossier Artigat. Mais également Jean-Michel Clain qui, avec son frère Fabien, a été la voix de la revendication des attentats parisiens du 13 novembre 2015.
C’est une autre figure du jihadisme dans le Sud-Ouest, l’Albigeois Thomas Barnouin, là encore condamné dans l’affaire Artigat, qui faisait office de trait d’union entre les deux groupes de Toulouse et Albi. Barnouin, Lebrun, Clain et Essid seraient toujours en Syrie, vivants ou morts.
Nous reproduisons ici cet article d’Europe1 qui nous rappelle que la « croyance » en l’homéopathie peut être dangereuse. Voir aussi le canal Youtube de Vigi-Sectes
Un nouveau rapport sur l’homéopathie estime qu’il existe des motifs sérieux d’inquiétude pour la santé et la sécurité des patients.
Plus de 220 ans après son invention, l’homéopathie suscite toujours le scepticisme de la communauté scientifique. Un nouveau rapport pointe son inefficacité et demande la fin de son remboursement.
L’homéopathie est-elle vraiment efficace ?
Depuis l’invention du concept, au 18ème siècle, ce vieux serpent de mer ne cesse de diviser la communauté scientifique. Dans un rapport publié le 29 septembre, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes (EASAC) tranche dans le vif, en concluant à « l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité » de tels traitements. L’organisme, qui regroupe 27 pays, dont la France, craint même un effet « nocif » de ces fameuses granules. Mais pourquoi une telle réticence, alors que 73% des Français font confiance à l’homéopathie, selon un récent sondage Ipsos ?
Des doses infinitésimales.
Comme pour les vaccins, l’homéopathie repose sur l’idée que pour soigner une maladie, il faut habituer le corps aux symptômes provoqués par celle-ci. Les traitements, préparés à partir de substances végétales, animales, minérales et parfois chimiques, reposent donc sur des doses très fortement diluées, à tel point que la molécule active disparaît. C’est cette dilution qui rendrait inefficace le processus thérapeutique, selon ses détracteurs. De leur côté, les pro-homéopathie soutiennent que la « mémoire » de la substance originale subsiste malgré tout, et son efficacité avec.
Des études de mauvaise qualité.
Ceux-ci sont cependant renvoyés à leurs études par les membres de l’EASAC. Selon leur rapport d’une douzaine de pages, les résultats disponibles censés démontrer les bienfaits de l’homéopathie peuvent s’expliquer « par l’effet placebo, une mauvaise conception de l’étude, des variations aléatoires, une régression des résultats vers la moyenne ou un biais de publication ». Pour les académiciens, les revendications scientifiques de l’homéopathie ne sont tout simplement « pas plausibles et sont incompatibles avec les concepts établis de la chimie et de la physique ».
En mars 2015, des scientifiques australiens, après avoir analysé 225 études provenant de particuliers et de groupes de soutien de l’homéopathie, ainsi que des rapports gouvernementaux d’autres pays et des observations cliniques, avaient déjà qualifié ces expérimentations « de mauvaise qualité”, car réalisées sur un nombre trop restreint de personnes.
La composition des remèdes homéopathiques devrait être étiquetée de manière similaire à d’autres produits de santé disponibles.
Un manque de contrôle.
Les scientifiques de l’EASAC abordent également le sujet du manque de contrôle lors de la fabrication des préparations homéopathiques, et donc des problèmes potentiels de sécurité. En France par exemple, avant d’être commercialisé, un produit homéopathique n’est pas obligé de déposer un dossier d’autorisation de mise sur le marché (essais toxicologiques, pharmacologiques et cliniques), contrairement à un traitement médicamenteux classique. Une indulgence qui date des années 1960 et que l’on retrouve dans une directive européenne de 2001. Pour la justifier, un article du Code de la santé publique évoque notamment « l’usage bien établi » du « médicament ou des souches homéopathiques le composant », et même une certaine « tradition homéopathique »…
Pour un étiquetage plus clair.
La composition des remèdes homéopathiques devrait être étiquetée de manière similaire à d’autres produits de santé disponibles, avec une description précise, claire et simple des ingrédients et de leurs quantités présentes dans la formulation,
défend encore le rapport des académiciens, alors qu’aux États-Unis, une loi de novembre 2016 oblige désormais les industriels de la granule à remplir les mêmes obligations que les autres, à savoir être en mesure de prouver leur efficacité à travers des études scientifiques dûment contrôlées. Et, dans le cas contraire, à afficher sur les boîtes vendues, en toutes lettres:
Il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité du produit
ainsi que
les allégations le concernant sont basées uniquement sur les théories de l’homéopathie du 18ème siècle, non acceptées par la plupart des experts médicaux actuels.
Dans certains cas, des effets « nocifs »
Sceptique, l’EASAC se veut même inquiet face aux effets « nocifs » que peut avoir l’homéopathie, lorsqu’elle retarde la consultation d’un médecin, « dissuade le patient de rechercher les soins médicaux appropriés », voire « fragilise la confiance des patients et du public envers la démarche scientifique fondée sur des preuves ».
En mai dernier, l’Italie s’émouvait ainsi de la mort d’un enfant de 7 ans à la suite d’une otite traitée uniquement à l’homéopathie, quand la persistance des symptômes aurait dû le conduire à consulter un médecin et à changer de médicamentation.
Un message adressé aux « décideurs européens ». Partant de ces constats, l’organisme européen demande la fin du remboursement des traitements à base d’homéopathie, qui peuvent actuellement être couverts à hauteur de 30% par l’Assurance maladie, dans le cas de la France. Et renvoie les autorités de santé des différents pays à leurs responsabilités, invitant
les décideurs de l’Union européenne à adopter une approche plus explicitement fondée sur des preuves.
Car si les membres de l’EASAC reconnaissent qu’il est important de laisser au malade le choix de son traitement, ils estiment indispensable que ce dernier soit correctement informé.
Ces dérives sectaires qui ébranlent l’Église catholique romaine
Dans un livre publié ces jours-ci, une ex-religieuse de la communauté Saint-Jean raconte l’emprise mentale dont elle a été victime. Ce récit éclaire une réalité encore taboue dans l’Église: l’abus spirituel.
À propos de l’article
Créé le 15/10/2017
Publié par:Agnès Chareton
Édité par:Cécile Picco
Publié dans Pèlerin
n°7036 du 5 octobre 2017
Marie – Laure Janssens a 42 ans, elle est mariée et a deux enfants. Pendant onze ans, « sœur Marie-Laure » a porté le grand voile blanc et l’habit sombre des religieuses contemplatives de Saint-Jean, cette communauté française catholique fondée en 1975 par le P. Marie-Dominique Philippe, à Fribourg, en Suisse.
Culpabilisation, isolement, verrouillage de l’esprit… Dans un témoignage écrit en collaboration avec Mikael Corre, journaliste à Pèlerin, la jeune femme décrit les mécanismes d’un système qui l’a privée de sa liberté intérieure, et manipulée dans ce qu’elle avait de plus intime: sa foi en Dieu. C’est la première fois qu’une ancienne religieuse de Saint-Jean prend la plume sans recourir à l’anonymat (1).
Issue d’une famille catholique de Compiègne (Oise), Marie-Laure pousse les portes du couvent de Saint-Jodard, près de Lyon, en 1998, après des études à Sciences-Po. À l’époque, elle a « soif de Dieu » et rêve de donner sa vie au service des pauvres.
Lever à 5 h 30, offices, service communautaire, travail au potager… De l’extérieur, c’est une jeune religieuse souriante. À l’intérieur, les doutes sur sa vocation la tiraillent. Marie-Laure voue une obéissance aveugle à la toute-puissante sœur Marthe, à la fois directrice spirituelle, maîtresse des novices, assistante générale de la fondatrice, sœur Alix… Elle reste prisonnière de cette relation toxique, malgré les envois en mission aux Philippines, à Taïwan, aux États-Unis et au Canada.
En 2009, la communauté est reprise en main par Rome, et quatre supérieures – dont sœur Marthe – sont exclues de la vie religieuse par le cardinal Barbarin. Épuisée physiquement et psychologiquement, Marie-Laure quitte l’habit six mois après.
« Je n’ai pas décidé d’écrire pour soigner mes blessures, affirme-t-elle. Je veux interpeller l’Église, car des dysfonctionnements perdurent. »
Son témoignage n’apporte pas de nouvelles révélations sur la communauté Saint-Jean, qui a pudiquement reconnu, en 2013, que son fondateur, le P. Marie-Dominique Philippe, « a parfois posé des gestes contraires à la chasteté ». Son originalité réside dans le fait qu’il documente, de l’intérieur, le phénomène encore tabou des dérives sectaires dans certaines communautés catholiques. Le récit, enrichi d’extraits de sa correspondance avec sa famille (177 lettres ont été retrouvées), met en évidence la réalité de « l’abus spirituel », rendu possible quand un supérieur est en même temps directeur de conscience. Il y a alors confusion entre le « for interne » et le « for externe », distingués par le droit canon.
LE DÉSARROI DES VICTIMES
De fait, son expérience n’est pas un cas isolé, même si aucun chiffre n’existe sur les dérives sectaires dans l’Église. Celles-ci concernent souvent des communautés « nouvelles », fondées par une personnalité dotée d’un fort charisme.
En 2015, une enquête canonique a été ouverte visant les Sœurs de Bethléem, et en 2016, les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée ont fait l’objet d’une visite apostolique. Parmi les affaires les plus retentissantes, qui impliquent aussi des abus sexuels, on peut citer la suspension du P. Maciel, fondateur de la Légion du Christ, en 2006 ; celle, en 2008, du F. Ephraïm, fondateur de la communauté des Béatitudes ; la condamnation canonique du fondateur de Points-Cœur, le P. de Roucy, en 2011…
En 2013, une quarantaine de victimes et de familles avaient écrit leur désarroi à Mgr Pontier, président de la Conférence des évêques de France (CEF). Celui-ci leur avait répondu dans une lettre très bien accueillie par les associations de victimes, comme l’Avref (2). Dans la foulée, la CEF avait renforcé sa vigilance, en créant différents services, regroupés en une Cellule pour les dérives sectaires. « Notre travail consiste à accueillir, écouter et accompagner les victimes qui se font connaître, explique Mgr Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, placé à sa tête. Nous constituons ensuite des dossiers et alertons les autorités religieuses compétentes: l’évêque, le supérieur de la congrégation, Rome, etc. »
Mais, dans les faits, les choses ont peu bougé. Les dossiers, complexes, aboutissent rarement à des décisions concrètes. Les raisons sont multiples: difficulté à recueillir la parole des victimes, responsabilité diluée entre des acteurs ecclésiaux qui se renvoient la balle, culture du secret, etc. « Sœur Chantal-Marie Sorlin fait un gros travail à la Cellule pour les dérives sectaires, mais son pouvoir d’action est limité. La seule manière de secouer le cocotier est d’aller en justice ou d’alerter les médias », déplore Aymeri Suarez-Pazos, président de l’Avref.
« L’Église ne communique aucune information sur les enquêtes canoniques, regrette de son côté Yves Hamant, dont la fille a été concernée par ces dérives. Or ce problème ne concerne pas juste quelques familles. Il implique l’ensemble des baptisés parce qu’il touche les communautés nouvelles, sur lesquelles l’Église mise pour son avenir. »
Le silence de la Vierge, Marie-Laure Janssens avec Mikael Corre, Ed. Bayard, 260 p.; 18,90 €.
(1) Félicité, la vérité vous rendra libre, témoignage anonyme d’une ancienne sœur apostolique de Saint-Jean, a été publié en 2014 aux Éd. Sentinelle.
(2) Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles.
Brian Houston, le pasteur de Hillsong, ne prendra pas de position sur le «mariage» gay (homosexuel):
Par Heather Clark, journaliste du « Christian News Network » (traduction: Vigi-Sectes)
Nous sommes en train de « vivre un voyage » avec le mariage gay (‘We’re on the Journey With It’)
Lors d’une récente conférence de presse lors de laquelle l’homosexualité, les finances et l’abus sexuel sur mineur étaient évoqués, le pasteur principal de l’Église de Hillsong a refusé de se prononcer sur la question de savoir si les responsables de ses congrégations américaines peuvent officier des « mariages » de même sexe.
Cette question se pose, en dehors et au sein des grandes Eglises. Cet article ne prétend pas répondre exhaustivement à la problématique, mais donne un aperçu des créationnistes.
La majorité de nos contemporains les considère comme des ignorants et bigots, mais ignorent tout d’eux. Les créationnistes eux, connaissent non seulement les Écritures, mais aussi l’idéologie de leurs adversaires et souvent les observations scientifiques contemporaines.
Que dit la Bible sur la création?
Le dernier compagnon de Job le ramène sur le bon chemin et lui permet de renouer le dialogue avec Dieu, son créateur.
Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu as de l’intelligence. Job 38:4
Personne n’était présent au moment de la création ! Comment Dieu a-t-il fait ? En combien de temps ? Ni la science, ni nul d’entre nous ne peut le savoir de lui-même avec certitude, et ce qui manque dans ce grand débat, à mon avis, c’est souvent l’humilité et le respect de la Parole de Dieu.
Dieu sait comment cela s’est passé. La Parole de Dieu dans les proverbes annonce le futur de manière humainement inexplicable. Le fils de Dieu est présenté ainsi que ses attributs, env. 1000 ans avant sa venue, à une époque ou la notion même du Messie, le fils de Dieu, était encore largement mystérieuse. Prov 30:1-6
Certes, je suis plus stupide que personne, Et je n’ai pas l’intelligence d’un homme; Je n’ai pas appris la sagesse, Et je ne connais pas la science des saints. Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu? Qui a recueilli le vent dans ses mains? Qui a serré les eaux dans son vêtement? Qui a fait paraître les extrémités de la terre? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils?Le sais-tu?
ici encore, cette question sarcastique doit nous remettre en face de notre ignorance. Ces paroles, montrent les limites de notre entendement, et devraient nous remplir d’humilité, comment les expliquer? Il y plus de 2000 ans déjà que ces Paroles se sont réalisées, et nous les comprenons aujourd’hui. Mais qui pouvait à l’époque comprendre et répondre?
Les versets 5-6 tout à coup, montre l’importance de sa Parole pour parvenir à le connaitre.
Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge. N’ajoute rien à ses paroles, De peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur. (Proverbes 30:1-6)
La Parole de Dieu et d’une valeur prophétique indéniable, et nous ne pourrons pas mieux comprendre les mystères du passé, que ceux du futur, sans elle!
Le consensus improuvable: Le darwinisme
Sachons que le Darwinisme (théorie de la sélection naturelle) a émergé à une époque ou le message du judéo-christianisme dérangeait. Il a fait figure de proue d’une multitude de mouvements humanistes – naturalistes, et de certains mouvements racistes. Les chrétiens créationnistes (non-évolutionnistes) n’y adhèrent pas, mais sont tout de même régulièrement accusés d’être un danger pour la société et la démocratie. Ces accusations viennent aussi d’autres chrétiens, évolutionnistes. Sont-elles gratuites? scientifiques? idéologiques?
Non. Un consensus est-il une preuve par l’évidence? Bien que la théorie de l’Evolution fasse aujourd’hui le consensus de la communauté scientifique, elle est très hypothétique, elle a beaucoup de contradictions et de questions ouvertes, et les scientifiques évolutionnistes ne s’en cachent pas d’ailleurs.
Le créationnisme est une partie inhérente du judéo-christianisme. Dieu a formé l’homme, de la chute nous apprenons notre état, et besoin de Salut.
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé: Pourquoi m’as-tu fait ainsi? Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur et un vase d’un usage vil?
Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. Mais il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense; car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup.
(Genèse 1:1; Romain 5:14-15 ; 9:20 -21)
Il y a parmi les créationnistes chrétiens aussi de nombreux scientifiques de renom talentueux, qui constatent que leurs découvertes scientifiques confirment ce que la Bible enseigne. Voir le site Au commencement et Réponses dans la Genèse
Créationnisme d’abord, et Darwinisme ensuite?
Le naturalisme (qui a donné naissance au Darwinisme) est un mouvement philosophique voulant expliquer l’univers sans Dieu. Peut-on tout de même croire en un Dieu créateur qui crée par l’évolution.
Beaucoup d’argument scientifiques s’y opposent. En voici un:
L’évolutionnisme appelle facilement le temps à son secours. Avec un temps suffisamment long, tout deviendrait possible. Mais non seulement le temps est incapable d’augmenter l’information d’un système, en plus, il travaille contre la théorie, et cela de deux manières. D’abord, il favorise la dispersion plutôt que la concentration. … Plus le temps avance, plus les découvertes de la science embarrassent la théorie. Plus on découvre les merveilles d’ingénierie du corps humain ―et la même chose vaut pour l’ensemble du monde vivant― plus on se rend compte que la théorie est incapable de fournir les réponses.
Mais surtout, la Parole de Dieu s’y oppose. Voir Exode 20.
Le créationnisme: consensus au sein du christianisme:
Il n’en est plus ainsi. Des différents sont relancés lorsque des livres polémiques comme le suivant prétendent (sans arguments bibliques ni scientifiques) pouvoir unifier la science de l’histoire (évolutionniste) et la Bible.
Le faux problème de l’évolution, Plaidoyer pour une réconciliation de la science et de la Bible à propos de l’évolution (Roger Lefèbre)
De tels ouvrages éclairent-ils le sujet? Voici l‘analyse critique d’Egbert Egberts , un chrétien qui répond à cet ouvrage, d’une manière remarquable.
Extrait:
Je veux terminer avec ces paroles comme un appel à revenir à notre bon sens. Ce livre [Le faux problème de l’évolution] n’aurait pas dû avoir besoin d’être écrit. Ecrire à des Chrétiens pour défendre la Bible devrait être un non-sens, un peu comme enfoncer une porte ouverte. Mais je l’ai écrit. Il le fallait. L’Évangile est en jeu. C’est comme une pomme dont on a enlevé le trognon. De l’extérieur, cela ressemble encore à une pomme. Ça goûte encore la pomme. Mais la vie a été enlevée. Elle n’est plus bonne qu’à être mangée. Mais n’est-ce pas le but de la pomme ? Alors, pourquoi se plaindre ? Parce qu’il n’y a plus que le plaisir instantané. L’avenir a disparu. La jouissance a remplacé l’espérance. L’Évangile a subi un traitement comparable. De l’extérieur, cela ressemble encore à l’Évangile. Tout va bien. Alors, pourquoi s’inquiéter ? Parce qu’on a enlevé le cœur. L’apparence est encore la même. Le langage est encore évangélique. On promet encore d’abondantes jouissances. Mais l’espérance a été enlevée. Comment ? En enlevant le passé. Et sans passé, il n’y a pas d’avenir. En enlevant le fondement, la maison de la foi vacille. En enlevant les raisons de l’Évangile, on reste avec un Évangile sans raison. En bricolant un mauvais diagnostic, on rend inopérable le traitement adéquat. C’est vrai que parler de ces choses dans le monde actuel ne rend pas la foi chrétienne plus attrayante. Sauf, peut-être, auprès de ceux qui réfléchissent et qui trouvent difficile de croire dans les fables de l’évolution. Selon la Bible, ils font partie des bons observateurs de la nature:
Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit. Ils n’ont donc aucune excuse, car alors qu’ils connaissent Dieu, ils ont refusé de lui rendre l’honneur que l’on doit à Dieu et de lui exprimer leur reconnaissance. Ils se sont égarés dans des raisonnements absurdes et leur pensée dépourvue d’intelligence s’est trouvée obscurcie. Ils se prétendent intelligents, mais ils sont devenus fous. (Romains 1.20-22 Sem)
Pour le croyant, la question des origines n’est pas d’abord une question de science. Elle est d’abord une question de théologie. La Bible, et la foi judéo-chrétienne fondée sur elle, nous enseigne qu’il faut mettre le qui avant le comment et que le comment est déterminé par le qui. L’évolution ne s’intéresse qu’au comment. Elle ne peut tolérer l’irruption du qui dans la question. Il n’y a donc pas de place pour la théologie. Il n’y a que de la mécanique. Le problème du chrétien évolutionniste est qu’en voulant conserver la théologie, il est cependant forcé à sacrifier sur l’autel de la mécanique évolutionniste. C’est que la Bible ne lui rend pas les choses faciles. Ce qu’elle affirme si clairement est “scientifiquement” irrecevable. Il se trouve alors devant un choix: sola scriptura ou sola scientia ? Pour ce qui est de la Genèse, les sirènes du sola scientia l’ont séduit. Mais sait-il à quel prix ?
Ah ! fais-nous revenir à toi, ô Eternel, pour que nous revenions ! Renouvelle pour nous les jours des anciens temps ! (Lamentations 5.21 Sem) Ougrée, le 1 septembre 2014.
Extrait de: Les vrais problèmes du faux problème de l’évolution, Une analyse critique de: Roger LEFEBVRE, Le faux problème de l’évolution, Science et foi.com
… car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages… mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous; (Rom 1:19-22)
Article de Maria Kneas: Lighthouse Trails Booklet Tract. (traduction de Vigi-Sectes)
Un article important
Comme le dit l’apologiste américain Roger Oakland ,
ce qu’on croit de la création ou de l’évolution, détermine ce que l’on croira de la morale et du Sauveur.
Après que l’Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman: Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. (Job 42:7)
Danny Frigulti, l’auteur de cet article en anglais, est diplômé de l’Université de l’État de Fresno (USA) et est professeur retraité. Depuis plus de trente ans, il a comparé les doctrines de la Parole de Foi à l’Écriture, afin de tester l’exactitude biblique de la Parole de Foi. Il est l’auteur de: Le faux Évangile de Guérison et prospérité mis en lumière (angl. Exposed: The False Faith Healing-Prosperity Gospel)
(Texte de Lighthouse Trails Publishing, avec autorisation, traduction par Vigi-Sectes)
Depuis les années 1970, un mouvement croissant et captivant d’enseignement de la foi a saturé le monde. Ce mouvement continue de souligner les « Écritures de Foi » comme fondement pour encourager les chrétiens à avoir une foi forte et inébranlable en parlant, en confessant ou en affirmant la Parole de Dieu en vue d’obtenir la santé et la richesse.
La plupart des gens se réfèrent à ce mouvement en le nommant « Parole de foi », et beaucoup utilisent Romains 10:8 et 17 pour jeter les bases de leur foi.
Que dit-elle donc? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons… Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ.
Lorsqu’en 2005, Bobby Henderson affirme dans une lettre ouverte au comité d’État à l’éducation du Kansas que l’univers a été créé par un monstre en spaghettis volant, il est sans doute loin d’imaginer que les dix millions de fidèles qu’il revendique alors constitueront douze ans plus tard une prophétie auto-réalisatrice. Présents dans le monde entier – jusque dans la Syrie en guerre –, les pastafariens constituent une communauté dont la raison d’être ne se limite pas à parodier la religion.
En 2005, un jeune professeur de physique et « citoyen préoccupé » – Bobby Henderson – se fend d’une lettre ouverte aux autorités scolaires du Kansas. Ces dernières viennent d’acter qu’en cours de biologie les théories de l’évolution, d’une part, et du dessein intelligent (intelligent design), d’autre part, seront enseignées à part égale afin de laisser l’élève exercer son libre arbitre. Dans sa lettre, Bobby Henderson présente une autre « théorie alternative » affirmant que l’univers a été créé par un monstre en spaghettis volant (MSV).
La conclusion de la missive ne laisse aucun doute sur les intentions ironiques de l’auteur: « Je pense que nous pouvons nous réjouir à l’idée qu’un jour ces trois théories aient une part de temps égale dans les cours de sciences de notre pays mais aussi du monde entier: un tiers du temps pour le dessein intelligent ; un tiers du temps pour le MSV, et un tiers du temps pour une conjecture logique fondée sur une masse écrasante de preuves irréfutables et observables ». A ce stade, le MSV n’est rien d’autre qu’une nouvelle théière de Russel. Pourtant en quelques mois, celui-ci va devenir sur Internet un véritable phénomène viral – que l’anthropologue des religions Lionel Obadia a étudié dans un des premiers articles scientifiques consacrés au pastafarisme en 2015 –, le support d’une religion parodique dont la popularité surpasse rapidement les autres « fake cults » présents sur la toile.
Si Bobby Henderson, prophète autoproclamé publie en 2006 L’Évangile du MSV, il est, semble-t-il, rapidement dépassé par l’imagination fertile des premiers pastafariens. En quelques mois, ces derniers, glosant à partir de la lettre de Bobby Henderson, construisent une cosmogonie, un enseignement et une liturgie qu’ils accompagnent d’un art parodique tout aussi original. Selon les pastafariens, le MSV a créé le monde en quatre jours et en état d’ébriété, ce qui en explique les imperfections, puis il s’est ensuite reposé trois jours. Les pastafariens « croient » en l’existence d’un monde au-delà de la mort, composé d’un paradis – des volcans de bières et des boites de strip-teasers et de strip-teaseuses en fonction des goûts de chacun-e – et d’un enfer – la même chose avec les maladies vénériennes en plus. Le MSV s’est manifesté aux hommes pour leur remettre son enseignement.
Ce sont les pirates – dont Bobby Henderson affirme dans sa lettre que le déclin sur les mers explique le réchauffement climatique – qui l’ont reçu via le capitaine Mosey, sous la forme de dix tables de la loi. Mosey en brise malencontreusement deux, ce qui laisse au pastafarisme huit commandements tous introduits par la formule: « Je préférerais que vous évitiez de… », qui témoigne de leur flexibilité. À cela s’ajoute une liturgie dotée d’un calendrier précis (Pastaover, Ramendan, Nouillel) où, pour l’essentiel, les prescriptions convient les fidèles à faire la fête en mangeant des pâtes arrosées de bière, si possible vêtus d’un costume de pirate. La passoire, utilisée comme couvre-chef, est également devenue un symbole de ralliement planétaire.
Des prières sont en outre conçues d’où émergent quelques formules rituelles plagiées à l’instar de « R-Amen » (les ramens sont des nouilles japonaises servies dans un bouillon) ou de « Puisse son appendice nouilleux vous toucher ». Internet et les nouveaux outils numériques facilitent grandement les détournements de symboles (Ichtus) et d’œuvres d’art (voûtes de la chapelle Sixtine). À noter aussi l’existence de pseudo-scissions et de tendances occultistes, les pastafariens s’amusant en particulier à placer aussi bien sur la pierre de Rosette que dans le code d’Hammourabi ou encore sur des photos du sol de Mars des représentations du MVS, attestant ainsi de son omniscience dans le temps et dans l’univers.
Le pastafarisme cible enfin les logiques de marchandisation du religieux. Sur le site lancé par Bobby Henderson, vous pouvez acheter pour 25$ un certificat de prêtrise pastafarienne ainsi que tout un arsenal de propagande (T-shirts, autocollants…). D’autres que Bobby Henderson se sont saisis de l’opportunité que présente le succès du pastafarisme pour enclencher des logiques marchandes sans doute moins parodiques. D’abord autoproduit, L’Évangile du MSV a ainsi ensuite été publié et traduit notamment en français (aux Éditions le Cherche-midi), en allemand et en japonais. Le MSV fait donc l’objet de multiples recette(s).
Pour autant, le pastafarisme n’est-il qu’une parodie virale de religion ? Sans doute pas. L’énergie déployée par les pastafariens dans leurs différents engagements, le recrutement toujours croissant et la fécondité du mouvement sur Internet et de façon croissante dans l’espace public nécessitent de porter un regard attentif à ce que cette communauté représente, y compris à travers les divergences observées dans ses différents contextes d’expression.
Si le décorum pastafarien marque largement l’imaginaire de ceux qui l’abordent, il n’en reste pas moins qu’en contexte étasunien en particulier, l’Église du MSV est au cœur d’un combat pour la promotion de la science. C’est la lutte contre le dessein intelligent et son enseignement à l’école qui est à l’origine de la lettre de Bobby Henderson et celle-ci se poursuit après 2005. Les productions pastafariennes étasuniennes continuent de parodier le scepticisme des milieux intégralistes chrétiens. Récemment, le 25 avril, Bobby Henderson, dont l’activité sur tweeter est modeste, y remerciait les participants de la marche pour la science, organisée en réaction aux propos du président Donald Trump sur les alternative facts.
La cause de la science mobilise moins dans une Europe, pour le moment encore relativement épargnée par le militantisme pro-dessein intelligent. Le pastafarisme y constitue davantage le lieu d’un athéisme joyeux et mobilisateur. Les pages facebook des différentes Églises nationales relaient et encouragent les différentes initiatives. Pourtant, si la parodie reste sur le devant de la scène, quelques réactions aux événements récents témoignent d’un positionnement bien spécifique. Ainsi le(s) responsable(s) du compte de l’Église pastafarienne de Belgique refuse-nt d’adhérer au slogan « Pray for… », largement relayé sur Internet lors des dernières attaques terroristes d’Orlando ou d’Istanbul, préférant promouvoir le slogan « Fight hateful religious ideology ». Un autre post ainsi que plusieurs réactions montrent également une focalisation plus spécifique de ces pastafariens anti-religion sur l’islam.
Cependant, la principale activité mobilisant les pastafariens du monde entier consiste à défier les relations États-religions en s’efforçant de faire reconnaître leur communauté comme culte et en en revendiquant les droits afférents. En 2011, après une longue bataille procédurière, l’Autrichien Niko Alm parvient à obtenir de l’administration de son pays le droit d’utiliser, sur ses papiers officiels, une photo d’identité où il apparaît coiffé d’une passoire. Dans la foulée, de nombreux pastafariens conquièrent ce droit aux États-Unis, en République tchèque, en Australie, etc.
En avril 2016, Karen Martyn, ministeroni de l’Église du MSV de Nouvelle-Zélande célèbre le premier mariage pastafarien ; l’union est valide au regard de l’État puisque la ministeroni est reconnue depuis février comme officiante. Le pastafarisme est reconnu comme religion en Pologne en 2014 — avant que la décision ne soit révoquée — et aux Pays-Bas en 2016. Les enjeux sont loin d’être mineurs puisque dans plusieurs pays d’Europe, le statut de religion ouvre, en fonction des contextes, la possibilité d’obtenir un statut fiscal avantageux, un accès à l’enseignement, voire un financement de l’État. Ainsi, en 2015, l’Église pastafarienne du Luxembourg, alors que le pays renégocie ses conventions avec les cultes reconnus, adresse une missive au Premier ministre du Grand-Duché. Ses dirigeants y revendiquent le statut de première religion du pays au regard du nombre de « likes » de sa page Facebook, supérieur à celui de l’Église catholique. Ils y exigent par conséquent un financement annuel de 7,5 millions d’euros – l’Église catholique obtenant chaque année 6,75 millions d’euros.
Les démarches ne sont cependant pas toujours couronnées de succès. En décembre 2016, la justice bulgare a refusé d’accorder au pastafarisme le statut de religion, dénonçant le mouvement comme délibérément antireligieux et pouvant constituer une menace pour la concorde entre religions. Quelques mois plus tôt, en avril, la cour de justice fédérale du Nebraska déboutait un prisonnier – Stephen Cavanaugh – de sa plainte contre le personnel de la prison accusé de l’empêcher de pratiquer sa religion – i.e. porter un costume de pirate et manger des pâtes. Loin de prendre l’affaire à la légère, le juge John M. Gerrard livre un jugement de seize pages qualifiant le pastafarisme de « satire à visée politique », remettant en question la sincérité de la foi de Stephen Cavanaugh et affirmant que toute fiction ne saurait revendiquer le statut de doctrine religieuse.
Les considérations du juge Gerrard pourraient probablement occuper un colloque de spécialistes en sciences des religions pendant plusieurs journées. Les pastafariens continueront certainement de porter le débat devant les instances compétentes et ces dernières trancheront, sans réduire les oppositions ; depuis la fin des années 1970, la Cour européenne des Droits de l’Homme a ainsi reconnu comme religions entre autres le druidisme, la conscience Krishna, la secte Moon, le mouvement Osho, le veganisme, le pacifisme… et la liste n’est pas exhaustive, sans faire taire les polémiques. En revanche la question des motivations de l’engagement pastafarien reste ouverte et nécessitera sans doute que des chercheur-se-s s’y attachent plus profondément dans les années à venir.
Article repris avec autorisation de l’auteur (01/2018) Athéenuation IV (twitter: @AtheeIV)
Les laboratoires Boiron, spécialisés dans l’homéopathie, voulant éviter les effets négatifs d’une critique sur Internet et la faire taire, ont au contraire donné une résonance particulière aux propos qui les gênaient, comme souvent en pareil cas.
Que s’est-il passé ?
Un blogueur italien, Samuele Riva, a publié sur son site blogzero.it des propos peu amènes pour l’homéopathie et pour les laboratoires Boiron, en particulier sur son produit Oscillococcinum, vendu en masse pour contrer les « états grippaux » avec force publicité télévisée. C’est bientôt la rentrée, vous n’échapperez pas à ces charmants petits spots: « aussitôt oscillo » ! Riva disait en substance sur son blog:
« Il n’y a aucune molécule active dans le produit »
« L’homéopathie est une insulte à l’intelligence»
Ces propos n’ont pas plu aux labos susnommés, qui se sont fendus d’un courrier rageur et menaçant parlant de diffamation, exerçant des pressions sur l’hébergeur pour qu’il supprime le blog. Rappelons qu’ils y a diffamation si les propos incriminés sont infondés. Ces pressions sont un scandale que je dénonce ici, car malheureusement pour Boiron, les propos en question de Riva sont non seulement parfaitement justifiés, mais encore bien en dessous de la réalité. Voyons pourquoi.
L’homéopathie c’est quoi ?
Pour la plupart des gens, les produits homéopathiques sont des « médicaments à base de plante », « produits naturels », ce qui est totalement faux. De plus ils sont vendus en pharmacie, et même en partie remboursés pour certains par l’assurance maladie. Dans ces conditions et avec ces cautions, pourquoi douter de leur sérieux ?
En réalité, ces médicaments n’en sont pas: ils sont totalement inefficaces, ce qui n’a rien de surprenant puisqu’ils ne contiennent absolument rien. Bien sûr, il ne faut pas compter sur les laboratoires comme Boiron pour diffuser ce genre d’information, qui risquerait de mettre à mal leur très juteux business, consistant principalement à vendre de la poudre de perlimpinpin.
Ça vous semble outrancier ? C’est que vous ne savez pas ce qu’est vraiment l’homéopathie. Alors accrochez-vous au pinceau et lisez la suite, je vous assure que ça en vaut la peine.
L’homéopathie ça vient d’où ?
Les produits homéopathiques ont été inventés par un certain Hahnemann, né en 1755, selon le principe du « soigner le mal par le mal ». Ce principe est souvent nommé « loi de similitude ». Il consiste à administrer au malade, en petite quantité, une substance qui produit les mêmes symptômes que la maladie à soigner, ce qui devrait soigner le mal à la source. Et pour éviter tout problème prévisible d’empoisonnement, Hahnemann a prévu de diluer la substance « active », et même, tant qu’à faire, à la diluer beaucoup, car plus grande serait la dilution, plus actif serait le médicament obtenu !
Poser ces hypothèses, pourquoi pas ? Toute hypothèse, aussi farfelue soit-elle, peut-être formulée. Le tout est ensuite de la confronter correctement à la réalité afin de la valider ou de l’infirmer. Sinon, vous, moi, n’importe qui, peut proclamer avoir inventé un nouveau médicament miracle et le faire gober aux personnes crédules moyennant finances. N’oublions jamais qu’un esprit ouvert c’est bien, mais que cela doit toujours s’accompagner d’esprit critique, si l’on ne veut pas se faire bouffer tout cru par le premier charlatan venu.
Malheureusement, comme cela a trop souvent été le cas en matière de médecine jusqu’au milieu du vingtième siècle, poser le principe de l’homéopathie, c’est le rendre « vrai », au sens performatif du terme. Dites n’importe quoi, mais dites-le avec assurance: voilà la clé du succès ! Donc de validation, point. Pourquoi faire ? Quelques expérimentations faites sur lui-même par Hahnemann lui suffirent pour conclure hâtivement à l’efficacité du procédé, ce dont on pouvait se douter. Sûr de lui, il réussit ensuite à convaincre d’autres personnes. Il donne le nom de « lois » à ses inventions, et cela fait, par enchantement, que ces lois existent. Ces prétendues « lois » donc, inventées il y a 200 ans, bien qu’elles ne soient étayées ni confirmées par strictement rien de probant, contraires à toutes nos connaissances actuelles en physique et en biologie, président encore maintenant à la production et la vente de millions de « médicaments ».
La dilution extrême
Tout élève de lycée le sait bien, la matière, formée de molécules et d’atomes, n’est pas infiniment sécable. Cela veut dire qu’au-delà d’un certain taux de dilution, la probabilité pour qu’il reste dans le résultat de cette dilution une seule malheureuse molécule de la substance initiale devient très, mais alors vraiment très proche de 0. Cela découle de la loi d’Avogadro, loi qui n’a rien d’imaginaire, elle.
Jetez dans la mer à Brest un dé à coudre de votre substance, disons de l’arsenic, laissez s’écouler quelques mois pour un bon mélange, puis sautez dans un avion pour aller prélever un nouveau dé à coudre d’eau de mer en Nouvelle Zélande. Vous obtiendrez alors une dilution d’environ 12CH (voir plus loin), c’est à dire sensée être encore des milliards de fois plus concentrée que certaines utilisées par Boiron.
Reprenons le cas d’Oscillococcinum. La dilution est ici de 200K. Le K, ou le CH, c’est à dire Centésimale Hahnemannienne, presque identique, correspondent au type et degré de dilution. 1CH signifie que le principe actif est dilué 100 fois, c’est à dire un volume de cette substance dans 100 volumes d’excipient, généralement de l’eau. On fait une petite agitation spéciale (on dit une succussion dans le rite de la magie homéopathique inventée par Hahnemann), essentielle puisqu’elle conditionne la réussite de la préparation en la « dynamisant », puis on prélève un volume du résultat. Et on recommence, pour obtenir 2CH, 3CH, etc. Dans le cas du 200CH ou 200K, on procède donc successivement à 200 fois cette opération.
Pour comprendre pourquoi cette technique vaut vraiment son pesant de cacahouètes, imaginons un volume initial de 1 cm3 d’arsenic. 1CH correspond donc à une dilution d’un centième: un cm3 d’arsenic pour 99 cm3 d’eau. 2CH correspond maintenant à un centième de centième, soit un dix-millième. A 3CH, on arrive déjà à un millionième, c’est à dire, si on le faisait en une seule opération, la dilution de notre cm3 initial d’arsenic dans un mètre cube d’eau. Ça reste encore raisonnable.
Mais comme vous le voyez, cela progresse très vite: 4CH, c’est un cm3 dans 100m3 d’eau, une bonne piscine… 5CH, dans 10000m3 d’eau, un beau petit lac… continuons… A 12CH, on arrive grosso-modo au volume total des océans terrestres…
Un petit calcul simple montre alors que le résultat final pour 200CH est identique à celui que vous obtiendriez en diluant 1cm3 d’arsenic dans un volume d’eau de 100x100x100x…x100 cm3 (avec cette multiplication faite 200 fois), soit 100 puissance 200 cm3, soit encore 10 puissance 400 (c’est à dire un 1 suivi de 400 zéros). Les mots me manquent pour commencer à rendre intelligible le volume d’eau que cela représente. Même exprimé en milliards de milliards d’années-lumière au cube (donc un cube dont l’arrête correspond à la distance parcourue par la lumière dans le vide en un milliard de milliards d’années, l’univers je le rappelle n’étant vieux que de 15 milliards d’années environ), le nombre s’écrirait encore avec une suite d’environ 300 chiffres… Ça fait quand même beaucoup d’eau pour diluer notre petit cm3 initial ! Notre préparation à 200K ou 200CH est cependant sensée être diluée à ce degré absolument pharamineux, tel que vous êtes absolument certain que votre prélèvement final ne contient aucune trace de votre ridicule petit cm3 initial. En réalité, avec Avogadro, le calcul montre qu’il n’y a plus rien du tout à partir de 12CH !
Conclusion: vous avez beaucoup plus de chances de gagner 50 semaines de suite à l’euromillion, que de trouver une seule molécule de principe actif dans l’Oscillococcinum 200K des laboratoires Boiron.
Mais au fait, c’est quoi le principe actif d’Oscillococcinum ?
Si vous n’êtes pas encore tombé de votre chaise, tenez-vous bien ! Car ce principe actif, c’est encore une pure invention, cette fois-ci d’un dénommé Joseph Roy, né en 1891. Ce monsieur voyait un microbe, qu’il a baptisé l’oscillocoque, absolument partout. Comme ces microbes étaient selon lui responsables de la grippe (mais aussi du cancer et d’une foule d’autres choses), il imagina donc de créer des préparations homéopathiques à partir, pourquoi pas, d’extraits de foie de canard de Barbarie, sensé en contenir. Pour quelle raison du foie de canard de Barbarie ? Mystère total. Personne ne le sait, ni ne s’en inquiète d’ailleurs. Une touche glamour peut-être, c’est important pour le marketing. Ou bien probablement Monsieur Roy avait-il sous la main ce jour d’illumination un foie de canard de Barbarie ? Allez savoir ! Et voilà, c’est la recette que continue de suivre Boiron. Mais il y a beaucoup mieux: ce fameux microbe, l’oscillocoque, qui vous l’avez compris donne son nom à Oscillococcinum, est absolument inconnu au bataillon ! Aucun bactériologiste ne l’a jamais vu ! Car Roy, évidemment, était complètement à côté de la plaque… Et comme ce microbe n’existe pas, il faut se lever de bonne heure pour en trouver dans du foie de canard, fut-il de Barbarie.
Oscillococcinum, qu’on le dise en latin ou dans n’importe quelle langue, ça n’existe pas !
Aussi totalement grotesque que cela paraisse, Oscillococcinum est donc une préparation faite à partir d’un principe actif complètement imaginaire, et tellement dilué que même s’il existait il ne pourrait plus en rester de toute façon ! Du « rien » dilué jusqu’à ce qu’il disparaisse, on pourrait appeler ça du « rien de rien »…
Et pourtant, d’après Boiron, ce produit agit pour lutter contre les « états grippaux ». Comment diantre est-ce possible ? Essayons d’être un peu logique…
1) L’hypothèse du foie de canard
Rappelons que ce produit est sensé agir selon les prétendues lois Hahnemanniennes, c’est à dire: similitude et haute dilution. Or on l’a vu, le principe actif de départ, l’oscillocoque, qui a haute dose devrait provoquer les symptômes grippaux, n’existe pas. On part donc d’une dilution de foie de canard vierge de toute contamination microbienne (il faut noter que, quand bien même l’oscillocoque existerait, Boiron ne pourrait partir d’un échantillon contaminé pour sa préparation: il faudrait pour cela une procédure d’autorisation du produit bien plus compliquée, comme pour les vaccins).
On pourrait donc considérer que c’est bien le foie de canard lui-même qui constitue le principe actif de départ. Mais dans ce cas, quid du principe de similitude ? Personnellement, le foie de canard, même à haute dose, ne m’a jamais provoqué de symptômes grippaux… Mais peut-être est-ce le cas pour Monsieur Boiron ?
Bon, soyons honnête: le foie de canard que l’on déguste à Noël n’a pas grand chose à voir avec celui utilisé par Boiron, puisque ce dernier est en autolyse, c’est à dire qu’on le laisse se décomposer entièrement, et ce pendant 40 jours. Du foie de canard pourri, quoi.
2) L’hypothèse du médicament intentionnel
Il est bien sûr possible d’imaginer un nombre infini de produits comme Oscillococcinum: il suffit de choisir n’importe quel substance ou combinaison de substance dans la nature, puis de lui appliquer un nombre variable de traitements et de dilutions.
De la même manière, les symptômes grippaux constituent un simple échantillon parmi des milliers de symptômes potentiels recensés par la médecine.
Il faut donc constater que si Roy a effectivement « découvert » un médicament comme l’oscillococcinum qui fonctionne, il a eu beaucoup de chance: reposant sur une hypothèse fausse (l’existence de l’oscillocoque), ce produit a pour ainsi dire été conçu « par hasard », comme « tiré au sort » parmi des milliards de combinaisons possibles. Que ce produit s’avère ensuite efficace pile poil contre le mal ciblé au départ, commeRoy le conclut rapidement, voilà qui tient du miracle !
La raison se rebelle devant ce qui semble une si incroyable coïncidence. C’est pourquoi il faut aller plus loin.
On peut faire l’hypothèse d’une aide divine apportée à Roy: Dieu dans sa grande bonté aurait orienté Roy sur la voie de sa découverte, en faisant de fait une « eau de Lourdes », une « onction sainte ».
Pour ma part je propose aux homéopathes et à Boiron une autre explication: celle du médicament intentionnel. La voici: ce qui transforme Oscillococcinum de « rien » en médicament, pourrait être « l’intention » avec laquelle ce produit est fabriqué. Cette « intention », présente dans l’esprit du concepteur et du préparateur du médicament, imprègnerait les énergies sous-jacentes du substrat de dilution qui la mémoriserait grâce à des états quantiques dynamisés par les succussions du produit, puis la restituerait en agissant là aussi sur les états quantiques macroscopiques impliqués dans l’état de santé général du patient. Ainsi, le bruit fond quantique serait dirigé vers la cible, expliquant ainsi l’extraordinaire adéquation entre le produit et son action ciblée. Plausible, non ?
Conclusion définitive sur Oscillococcinum
Si à ce stade, concernant Oscillococcinum, votre esprit critique n’allume pas une grosse lampe rouge clignotante, c’est que vous n’en avez pas. Bonne nouvelle: vous pouvez aussi vous faire soigner par imposition des mains, par réflexologie plantaire, ou toute autre patalogie disponible à foison, cela fonctionnera sur vous sans aucun problème !
Avec ce produit on est, au mieux dans la magie et l’obscurantisme de bas étage, au pire dans l’escroquerie pure et simple. Dans les deux cas, ce produit est bel et bien une incroyable insulte à l’intelligence, comme le disait Riva. Sauf peut-être à l’intelligence commerciale, car pour fourguer ainsi de « l’inexistant imaginaire » à des millions de gens qui en redemandent, il faut quand même être fort, à défaut d’être honnête.
L’honnêteté voudrait que pareil élixir soit rejeté par les homéopathes eux-mêmes, puisqu’il ne cadre même pas avec leur doctrine. Mais pas du tout, bien au contraire. On se pince en lisant les propos effarants de tel homéopathe, qui prétend faire de cette soupe magique, attention accrochez-vous: « le chef de file de nouveaux remèdes élaborés sur le même modèle, pour lutter par une quelconque voie interféron-like plus spécifiquement contre d’autres maladies virales, hépatite, sida et certains cancers, et selon les dosages utilisés, favoriser une action activatrice ou inhibitrice des mécanismes immunitaires, ceci dans une optique curative ou préventive« . Là, on comprend vraiment que c’est grave, docteur.
Bien que l’Oscillococcinum soit fabriqué de manière totalement farfelue, gardons « l’esprit ouvert », comme disent les homéopathes, et demandons-nous si cela fonctionne quand même ? Eh bien non. Aucune étude indépendante sur le sujet ne montre un quelconque gain statistique de santé chez ceux qui en prennent comparé à ceux qui n’en prennent pas. Voilà par exemple, en termes nuancés comme à l’habitude, ce qu’en a conclu un article publiée dans la Cochrane Database en 2009 à partir des résultats de sept études:
« Les données ne sont pas suffisamment solides pour faire des recommandations générales sur une utilisation d’oscillococcinum pour traiter la grippe ni les syndromes de type grippal. Les preuves actuelles ne confirment pas d’effet préventif des produits homéopathiques de type oscillococcinum . »
Résumons: Oscillococcinum est constitué de « rien » extrêmenet dilué, et ne fonctionne pas. Comment appelle-t-on habituellement ce genre de produit ?
C’est pour avoir écrit sur ces faits bien connus (que bien sûr je ne fais que relayer ici, tellement ils sont déjà très abondamment commentés) que Boiron voudrait inquiéter ce blogueur italien, ne réussissant qu’à décupler la fréquentation de son blog. Remarquez, un chiffre d’affaire de plus de 500 millions d’euros avec des produits imaginaires, ça vaut le coup d’être défendu.
Argument de Boiron: cela marche, donc il y a des processus physiques encore inconnus à l’œuvre ?
Boiron, qui ne pousse pas la cuistrerie jusqu’à remettre en cause la loi physique d’Avogadro, et qui est donc bien obligé d’admettre l’absence de tout principe actif dans ses préparations, ne rend pas les armes pour autant. Le labo, qui pose contre toute raison comme vérité de départ que ses produits sont efficaces, est à l’affût de tout semblant d’explication qui rendrait plausible le fonctionnement de médicaments réduits à du simple sucre. Tout y passe: énergies vitales imaginaires, magnétisation, mémorisation du passage du principe actif par l’excipient, et autres billevesées encore et toujours invalidées par des expérimentations indépendantes. Il n’y a pas limite à l’imagination délirante des chercheurs marrons financés par Boiron, qui sont engagés dans une fuite en avant épuisante pour tout le monde. Hélas, à ce petit jeu, les scientifiques risquent fort de se lasser avant Boiron, qui lui a tout intérêt à prolonger la plaisanterie aussi longtemps que possible !
Mais le problème n’est pas là: car pourquoi vouloir trouver une explication à une action qui n’existe tout simplement pas ? Les expérimentations l’ont montré: les médicaments homéopathiques ne sont pas plus efficaces que des placebos « officiels »… Que du sucre, préparé selon une obscure tambouille imaginée à l’époque des saignées, ne soigne pas du tout, cela vous étonne vous ? Moi pas.
Mais vous me direz, si leurs produits se vendent, c’est que leurs clients en sont contents, non ?
Effectivement, certains patients, pas tous loin de là, sont satisfaits de l’homéopathie. Car l’homéopathie fonctionne exactement comme la radiesthésie, l’auriculothérapie, l’acupuncture, la chiropraxie, la psychanalyse, la magnétothérapie, la réflexologie, l’aromathérapie, le shiatsu et certainement quelques autres que j’oublie. Toutes ces pseudo médecines, toutes plus loufoques les unes que les autres dès lors qu’on observe de près leurs prémisses fondamentaux, souvent inventées en des temps obscurs par un père fondateur totalement dénué de méthode scientifique et même de connaissances médicales, opèrent quelques fois, et ce grâce à la suggestion. Dès lors que vous désirez être soigné, que le médecin en qui vous avez toute confiance vous donne un médicament en vous regardant droit dans les yeux, et en vous disant avec assurance « ceci va vous faire du bien », votre propre organisme, dopé par un regain d’optimisme salvateur, va faire tout le travail, à condition bien sûr d’y croire et surtout, surtout… que vous ne soyez pas trop malade ! L’homéopathie est une médecine pour gens bien portants, qui ne supportent pas de sortir du cabinet de leur médecin sans au moins quelques prescriptions médicamenteuses rassurantes… Et cet effet de guérison par suggestion porte un nom déjà cité: l’effet placebo.
Le placebo est le mètre-étalon du médicament dans les études menées de manière impartiale. Ces études sont assez compliquées, car il faut s’assurer de n’introduire aucun biais dans les résultats, dus par exemple aux convictions préexistantes des expérimentateurs (on comprend que des études bâclées faites sur soi-même, comme celles d’Hahnemann, n’aient strictement aucune valeur). Que votre produit ait alors une efficacité sensiblement supérieure statistiquement à un pur placebo utilisé en comparaison, et c’est le jackpot ! Qu’on soit proche du placebo au contraire, et c’est le flop. Car aussi étonnant que cela paraisse, quoi que vous donniez aux patients pour les soigner, il s’en trouvera toujours pour trouver que c’est efficace, et même beaucoup: environ 35 % en moyenne, jusqu’à 50 % parfois ! Pourcentage qui ne doit d’ailleurs pas être bien loin de celui des satisfaits de l’homéopathie, allez chercher pourquoi je dis ça… Attention, on parle évidemment ici de petites affections comme un rhume, et non de pathologie grave. En tout cas, impossible de se baser sur le témoignage de quelques personnes satisfaites pour conclure à l’efficacité d’un médicament quel qu’il soit.
Hélas pour Boiron, non seulement aucune étude sérieuse ne vient montrer une quelconque efficacité de l’homéopathie comparée aux placebos, mais c’est même exactement le contraire. Toutes les études effectuées indépendamment des laboratoires homéopathiques concluent immanquablement à l’égalité d’efficacité des produits homéopathiques avec des placebos. Les études commandées par les labos, elles, soit sont entachées d’erreur, de mauvais protocole, ou même de tricherie, et ne sont pas reproductibles ; soit elles sont carrément non publiées, les résultats n’étant pas ceux escomptés. Autrement dit, ces produits homéopathiques ne sont ni plus ni moins efficaces que les simples morceaux de sucre qu’ils sont d’ailleurs.
Découvre-t-on aujourd’hui cette situation ? Pas du tout: elle était déjà vigoureusement dénoncée en 1860 par le pharmacien inspecteur Poggiale dans un discours:
« Si vous, hommes éclairés, vous n’opposez pas une digue à ces théories incroyables, telles que celles d’Hahnemann, sur les effets des médicaments, je ne crains pas de le dire devant les médecins les plus illustres de l’Europe, la médecine sera avant peu la plus arriérée des sciences naturelles. »
L’homéopathie n’est donc finalement, pour le dire vite, qu’une vaste fumisterie, et voilà selon moi un autre scandale: la survivance anachronique à notre époque de cette patalogie et surtout des laboratoires Boiron eux-mêmes. Le fait que Boiron existe encore aujourd’hui et vende autant de produits homéopathiques montre dans quel état désastreux se trouve la recherche médicamenteuse et surtout la rationalité des méthodes de soin: on se moque aujourd’hui des clystères et saignées de l’époque de Molière ? Il ne faut pourtant pas chercher bien loin d’aussi misérables arriérations.
Un argumentaire typique des pires charlatanismes
Comme souvent dans les logiques charlatanesques bien huilées, le discours est rôdé, bien appuyé sur deux solides pivots:
1) Les produits sont très dilués, donc ne peuvent pas être dangereux: pas besoin donc d’autorisation compliquée de mise sur le marché. Ça on veut bien le croire, car si le « rien » était dangereux, ne parlons pas du « quelque chose » ! D’ailleurs on ne fait pas toute une histoire habituellement pour vendre du sucre…
2) Cependant, même dilués et non dangereux, les produits agissent quand même. Avec quelles preuves ? Là, aucune, il faut croire sur parole les affirmations des homéopathes. Et ils agissent comment ? Mais pourquoi poser cette question, on vous dit que ça agit, que voulez-vous de plus ?
Mais alors, s’ils agissent quand même, ils peuvent certainement agir autant en mal qu’en bien, non ? Ah non. Là encore, par la grâce de l’affirmation homéopathe, ils n’agissent qu’en bien, pour soigner pile poil votre petit bobo, donc sans effet secondaire. C’est comme ça. De preuve, aucun besoin: puisqu’on vous le dit que ça marche. Les preuves, c’est seulement pour les « fermés d’esprit », les « obtus », comprenez: ceux qu’on ne prend pas si facilement pour des gogos.
A écouter Boiron et les homéopathes, les « médicaments » homéopathiques constitueraient donc le graal de la médecine: ils ne sont pas toxiques même en quantité importante (il m’arrive pour rire de sucrer mon café avec un tube entier de granules), ils soignent exactement là où ça ne va pas (quand on y pense, les molécules, même absentes, sont quand même très fortes, à croire qu’elles sont téléguidées par l’esprit du patient, ou par « l’intention » du préparateur, à moins qu’elles ne soient douées d’intelligence ?), et ils ne provoquent pas d’autre effet que celui désiré. On est plus près des potions d’Harry Potter que des découvertes de Pasteur ou Flemming !
Bien sûr tout est dans la suggestion du patient et dans sa relation avec le médecin. On entend dire que plus celui-ci est chaleureux, plus ses prescriptions sont efficaces ! Après tout pourquoi pas, mais pourquoi ne pas utiliser ces leviers puissants que permettraient peut-être la psychologie utilisée de manière transparente et honnête, plutôt qu’enrobés sous des faux-semblants magiques, et offrir une rente indue à Boiron et autres charlatans ?
On voit qu’on est dans un système de croyance typique, où tout repose sur la foi, autrement dit la crédulité, pour faire agir la suggestion salvatrice, et où les détracteurs doivent être soigneusement écartés (ce sont tous des esprits obtus à la solde de l’establishment pharmacologique). Sans parler de religion, on est très proche des dérives reprochées aux diverses sectes comme la scientologie, pour lesquelles les médecines dites douces constituent un formidable terrain de jeu, car la première qualité d’un adepte de secte, c’est d’être très crédule. Hélas, ce n’est pas en réduisant les moyens de la Mivilude, comme ce fut fait récemment, qu’on s’attaquera au problème.
Pourtant, quand on veut s’attaquer à un problème, on sait le faire. Souvenez-vous récemment du ménage effectué dans les fausses « allégations de santé » de divers produits alimentaires par la communauté européenne. On a bien été capable, là, de mettre fin à toute une série de charlatanismes commises pendant longtemps en toute impunité. Il est vrai que la même méthode appliquée aux produits Boiron, et c’est la fermeture immédiate…
Pourquoi une telle survivance ? Oh les raisons ne manquent pas…
Des patients rassurés par le médicament
Il faut convenir qu’il y a chez les patients, en même temps qu’un désir de soin, une demande pour une médecine sensée être moins agressive. D’où le florissant marché des médecines « douces », qui doivent vous soigner efficacement mais sans vous faire de mal par ailleurs. Pour cela l’homéopathie semble parfaite: à chaque petite bobologie, elle apporte une réponse, sous forme de petites granules faciles à prendre et peu coûteuses. De plus, tout le monde le dit, ce n’est pas dangereux, et pour cause… Pour couronner le tout, ces préparations portent de jolis noms latins, du plus bel effet: il suffit au médecin de dire le nom du médicament au patient pour qu’il commence à agir ! Vous avez dit Molière ?
Cette idée est bien sûr séduisante, mais c’est hélas une utopie. On ne sait toujours pas, aujourd’hui, créer le médicament parfait, c’est à dire ayant une réelle action exclusivement positive et totalement dépourvu d’effet secondaire. C’est hélas un mythe, aussi inaccessible que la Toison d’Or, et ceux qui prétendent fournir ce mythe, ils sont légions, sont des charlatans qui abusent de la crédulité des patients. Si les produits homéopathiques n’ont pas d’effet secondaire, c’est parce qu’ils n’en ont pas plus de primaire. C’est pourquoi la meilleure alternative aux pseudo-médicaments homéopathiques ou autres est encore de ne rien utiliser du tout ! Car ces produits ne « soignent » de toute manière que des affections qui guérissent toutes seules, ou pour lesquelles on ne connaît aucun autre vrai remède…
De la même manière qu’on apprend aux patients que les antibiotiques, ce n’est pas automatique, il faudrait leur apprendre que parfois, il n’y a tout simplement pas de médicament efficace contre telle ou telle affection. Que l’on peut donc sortir de chez son médecin sans une ordonnance longue comme le bras, et que cela ne signifie pas que ce médecin est nul, mais simplement honnête: aucun médicament ne vous fera guérir plus vite. Pas besoin donc de courir chez un autre plus compréhensif qui, lui, vous fournira complaisamment la rassurante liste de produits attendue. Produits qui, s’ils sont homéopathiques, guériront en huit jours ce qui se guérit tout seul en une semaine.
Mais rien n’y fait, il faut du médicament, encore et toujours, même s’il n’y a rien dedans. Les adeptes de l’homéopathie crient à l’insulte lorsque l’on prononce le (gros) mot placebo. Pourtant personne ne remet en cause cet effet puissant et bien connu. Oui mais voilà: que cela marche chez le voisin, peut-être, mais chez moi, jamais de la vie ! Pour une raison toute simple: si on me prescrit un médicament, cela prouve que je suis vraiment malade. Or je veux que la planète entière sache, accepte, reconnaisse que je suis malade. Impossible d’admettre que tout se passe dans ma tête… Donc, si mon médecin me prescrit un médicament pour soigner un banal rhume, qu’importe que celui-ci guérisse tout seul en deux jours, la guérison est forcément le résultat de la prise de médicament, parce que je suis vraiment malade !
Si cela est aussi vrai pour beaucoup de médicaments non homéopathiques plus ou moins efficaces qui mériteraient parfois un bon coup de balai, cela l’est en tout cas pour tous les produits homéopathiques à haute dilution. Que la pommade d’arnica de Boiron agisse par le seul effet du massage, mais sûrement pas grâce à la quantité plus qu’infinitésimale d’arnica qu’elle contient, voilà une chose toute simple à comprendre mais manifestement hors de la portée intellectuelle de beaucoup de gens.
Le consumérisme médical a atteint un tel point aujourd’hui que beaucoup sont convaincus qu’il existe un médicament tout prêt sur l’étagère du pharmacien quelle que soit leur affection. Cette illusion, entretenue par les politiques commerciales de tous les labos pharmaceutiques dans le domaine de la bobologie (allez voir les pubs affichées dans une pharmacie !), trouve hélas vite ses limites. Si l’on prend l’exemple de l’Oscillococcinum, on serait bien en peine de produire un médicament ayant réellement les mêmes effets qu’annoncés, c’est à dire prévenir ou guérir les « états grippaux », libellé d’ailleurs volontairement flou. Mais prendre un produit, même pas du tout actif, reste plus rassurant que ne rien prendre du tout…
Réduire les abus ne peut donc passer que par l’édification des patients, qui doivent être à même de comprendre la nature de ce qu’ils avalent et comment cela fonctionne. Sinon, pourquoi la majorité rejette-t-elle comme absurde la médecine maraboutique et accepte-t-elle d’autres incongruités comme l’homéopathie ? Trop compliqué pour la plupart des gens ? Vision pessimiste: quand on voit comment les mêmes s’intéressent au fonctionnement de leur voiture, téléphone portable, ordinateur ou autre objet techno, on se dit qu’avec quelques efforts minimes ces gens seraient tout aussi capables de comprendre le B-A-BA de ce qui les soigne.
Un business très lucratif qu’il faut protéger à tout prix
Un business comme celui-là, arrivé à une aussi grande échelle, s’auto-entretient. Un argument facile est en effet de dire: regardez le nombre de personnes satisfaites de ces médicaments, c’est pas une preuve ça ? Preuve de l’importance de l’effet placebo, en fait. Et le nombre de pharmacies affichant crânement « homéopathie » sur la devanture, avec d’ailleurs généralement du matériel marketing fourni par Boiron, c’est pas non plus une preuve ? Pourtant, n’importe quel pharmacien digne de ce nom sait parfaitement qu’en vendant de l’homéopathie, il vend du placebo sans en informer le client. Est-ce vraiment déontologique ? Pas sûr, mais lucratif ça oui.
Ensuite, sachant que Boiron, le plus gros labo homéopathique au monde, est français, et exporte une bonne partie de sa production, quelle est la meilleure conduite à tenir pour les autorités française ? Détruire ce business en le discréditant, ou bien le soutenir en continuant à rembourser ses médicaments, afin d’offrir un argument en or en dehors du pays: « regardez, en France, nos médicament sont remboursés par la Sécu, c’est pas une preuve de sérieux, ça ? » Que ne ferait-on pas pour soutenir notre balance commerciale… Comme c’est hélas souvent le cas en matière de santé publique, le pragmatisme économique prévaut. Rien donc à attendre du côté des autorités sanitaires, qui se discréditent depuis des années par leur silence complaisant sur ce dossier et sur d’autres pour des raisons purement politiques. Pire: les préparations homéopathiques sont dispensées d’Autorisation de Mise sur le Marché, une simple déclaration suffit. Aucun besoin donc de prouver que la préparation est efficace ! Cette procédure d’exception n’est ni plus ni moins que de la complicité de charlatanisme, et cela dure depuis la publication d’un decret de 1948 s’appuyant sur une loi de 1941, promulguée donc par le régime de Vichy !
Il faut quand même mettre au crédit de l’homéopathie, et c’est un argument souvent avancé en sa faveur, que ces produits ne coûtent pas très cher (ce serait un comble étant donné leur contenu). Donc, quitte à rembourser de pseudo-médicaments pour ceux qui ne peuvent pas s’en passer, autant que ce soit des placebos pas chers produits en France, plutôt que des placebos chers produits ailleurs… Effet pervers en retour: ces produits risquent de devenir les médicaments du patient pauvre ou non averti, ne disposant pas des moyens d’acheter des produits réellement efficaces, ou n’ayant pas de recul intellectuel critique face à la réalité homéopathique. C’est exactement ce qui s’est passé en Afrique, où l’homéopathie a été utilisée pour soigner le SIDA, avec les résultats absolument calamiteux qu’on imagine facilement.
Cependant cet âge d’or international pourrait bien avoir une fin proche, car le vent tourne. Des class-actions aux Etats Unis de clients qui se découvrent floués par Oscillococcinum, des procès au Japon suite à des morts, le scandale de l’utilisation de l’homéopathie contre le SIDA en Afrique, une rébellion de l’Association Médicale Britannique, une complaisance moindre de l’OMS, un recul généralisé des ventes dans le monde entier, tout cela sent fortement le roussi pour Boiron.
Nul doute que, protégé par les autorités françaises, Boiron le sera moins par les autorités européennes, qui tôt ou tard donneront un coup de pied dans la fourmilière. Je n’ose pas imaginer les sommes dépensées par Boiron en lobying à Bruxelles et à Strasbourg pour retarder l’inéluctable…
Car enfin, il faut aussi être conscient que Boiron, incapable de justifier ses produits par des études scientifiques sérieuses à l’instar des autres produits médicamenteux, compense cette faiblesse par une machine de guerre juridique visant à faire taire toute voix discordante pouvant troubler leurs ventes de granules magiques et à influer sur les décisions sanitaires qui les concernent. A défaut de chercheurs sérieux et qui trouvent, on paie des avocats qui attaquent.
Tiens au fait, serai-je attaqué à mon tour ? Je n’ose en rêver. Je voudrais bien, et beaucoup d’autres gens avec moi, voir Boiron prouver le caractère diffamatoire de mes propos tenus ici devant un tribunal, tous ces faits étant bien connus et facilement démontrables. Mais Boiron ne commettrait pas l’insigne erreur d’aller devant un tribunal où il perdrait à coup sûr: il préfère probablement utiliser ses moyens financiers considérables à intimider, influencer, soudoyer, diffamer, discréditer: c’est bien plus efficace.
Une poule aux œufs d’or pour les pharmaciens
Le métier de pharmacien de ville est avant tout un métier de vendeur. Certes il faut les connaissances de base, mais les jeunes diplômés qui veulent se faire embaucher dans une officine sont bien souvent sélectionnés sur leurs connaissances des gammes de produits de parapharmacie comme Yves Rocher ou autre Roche Posay, bien plus lucratifs, que sur la posologie ou les interactions des médicaments. Boiron constitue bien sûr l’un de ces gisements aurifères pharmaceutiques.
Si vous allez voir votre pharmacien pour lui demander conseil concernant un petit problème de santé bénin, que croyez-vous qu’il va faire ? Vous vendre un produit, quel qu’il soit. Essayer donc de sortir de la pharmacie sans rien acheter pour voir ! Mais peut-on reprocher à un vendeur de vendre quelque chose plutôt que rien ?
Et si votre affection n’est pas sérieuse, s’il n’existe pas grand-chose d’autre parce que ça ne se soigne pas vraiment et que ça guérit tout seul, vous aurez probablement droit à votre produit homéopathique. Le pharmacien ne risque absolument rien (vous ne pourrez jamais vous suicider avec un produit homéopathique, ni même vous surdoser, encore moins provoquer une interaction néfaste), et c’est toujours ça de pris dans le tiroir-caisse…
Evidemment, bien que cela soit de notoriété publique, hors de question de reconnaître publiquement que l’homéopathie n’est que du placebo, car alors sa vente ne serait plus autorisée par la déontologie. Un pharmacien dira donc toujours que cela « agit », ce qui est justement ce que veulent entendre les clients.
Des médias complices
On aurait du mal à trouver un média grand public qui aborderait de front le problème de l’homéopathie avec le courage nécessaire: sujet trop polémique qui heurterait le lectorat et le ferait fuir. Pire, l’homéopathie est souvent présentée comme une réalité évidente et incontournable dans la plupart des magazines, qui souvent, il est vrai, ne font pas non plus la fine bouche devant l’astrologie et autres fines fleurs intellectuelles. Après-tout ces magazines ne sont pas là pour faire l’éducation des lecteurs, mais pour vendre la soupe qui s’achète.
Même une revue de vulgarisation scientifique comme « Science et Vie », un temps fer de lance de l’information sur la réalité homéopathique, semble avoir baissé les bras…
Gageons également que les millions de Boiron et son service juridique ne soient pas de nature à encourager une grande témérité éditoriale… Car on a beau avoir raison, les procès intentés par des procéduriers, même abusifs, même s’ils font de la bonne pub quand on les gagne, sont assez enquiquinants, surtout si les adversaires ont les moyens de se payer tous les avocats qu’ils veulent.
Charlatanisme et tromperie sur la marchandise
Aussi bien Boiron, bien sûr, que les pharmaciens qui vendent ses produits, savent parfaitement qu’ils ne contiennent rien et n’agissent pas plus que des placebos. N’est-ce pas une forme de charlatanisme et d’escroquerie ? Les Conseils de l’Ordre sont théoriquement intransigeants avec le charlatanisme, mais là, pschitt !
Ces produits ne contiennent rien, alors que leur étiquette annonce le contraire. N’est-ce pas également une forme basique d’escroquerie ? Si vous achetez de la confiture de myrtille, et qu’en fin de compte cette confiture ne contient pas la moindre trace de myrtille, ne vous sentez-vous pas grugé ? C’est pourtant ce qui se passe avec les médicaments homéopathiques.
Servier, Boiron, même combat
Evidemment, si l’on dit aux patients qu’on leur délivre un placebo, celui-ci perd une bonne partie de son effet. Est-il cependant honnête de lui mentir délibérément sur la nature du produit qu’on lui vend ? Faut-il infantiliser les patients en leur faisant croire à tort qu’on leur délivre un vrai médicament ? Si la réponse des autorités est oui, c’est la preuve que l’intérêt supérieur des patients n’est pas leur priorité. L’affaire récente du Mediator de Servier a rendu à juste titre la population très méfiante à l’égard des médicaments, en poussant d’ailleurs une partie dans les bras de l’homéopathie, qui présente l’avantage de ne pas avoir d’effets secondaires (d’effets primaires non plus hélas).
Servier a défendu bec et ongle son business et ses ventes, Boiron fait exactement la même chose, et de la même manière: en racontant des bobards. Ces laboratoires défendent évidemment leurs intérêts propres avant ceux de leurs clients. Qui donc en douterait ?
La leçon de l’affaire Mediator, qui est selon moi que les gens veulent de la vérité, de la transparence, de l’honnêteté pour tout ce qui touche aux médicaments, sera t-elle comprise et appliquée enfin à ce scandale permanent qu’est l’existence de l’homéopathie ?
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Vite ! une cellule de soutien psychologique !
Sources
Merci au site Charlatans.info pour ses articles excellents et très bien informés, qui ont fourni une part des informations publiées ici.
Sur l’affaire Riva:
http://charlatans.info/news/Boiron-veut-faire-taire-ses
http://www.rue89.com/2011/08/20/les-labos-boiron-menace-un-blogueur-antihomeopathie-218524
Sur les problèmes internationaux de Boiron:
http://charlatans.info/news/La-chute-de-l-homeopathie-devient
http://charlatans.info/news/L-OMS-dit-enfin-non-a-l
Un article déjà assez ancien sur Oscillococcinum (ce scandale dure depuis pas mal de temps !):
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article39
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’homéopathie en général:
http://www.zetetique.ldh.org/homeo.html
Sur les techniques des marchands d’attrape-nigauds dont Boiron est l’un de nos plus beaux fleurons:
http://attrape-nigauds.charlatans.info/lois.shtml
(où l’on constate que Boiron respecte à peu près toutes les « lois » citées ici !)
Article 496 du code pénal:
« Quiconque, dans le but de s’approprier une chose appartenant à autrui, se sera fait remettre ou délivrer ou aura tenté de se faire remettre ou délivrer des fonds, meubles, obligations, quittances, décharges, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualités, soit en employant des manoeuvres frauduleuses pour persuader l’existence de fausses entreprises, d’un pouvoir ou d’un crédit imaginaire, pour faire naître l’espérance ou la crainte d’un succès, d’un accident ou de tout autre événement chimérique, ou pour abuser autrement de la confiance ou de la crédulité, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à cinq ans et d’une amende de 251 euros à 30.000 euros. »