Une Eglise, une vision: Honte et nudité

lc-folder-smal Je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu,
afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs,
afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas,
et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.
Apoc. 3:18


Selon une nouvelle d’idea-online, le prédicateur allemand Kai S. Scheunemann a offert 120 exemplaires du magazine érotique « Playboy » (L’éditeur du magazine les ayant mis à disposition) après un « culte » intitulé:

Un GoSpecial complètement libéré sur le sexe.

C’est ainsi que son assemblée  (Andreasgemeinde de Nieder-Höchstadt près de Francfort) désire s’adresser à de « nouveaux groupes d’auditeurs ».

Dans sa « prédication », Kai S. Scheunemann a présenté une éthique très ouverte:

Il est vrai que la sexualité a sa place seulement dans le couple, mais en ce qui concerne la définition du couple, on devrait oublier tout ce qu’on a pu se représenter jusqu’à présent.

Scheunemann a confirmé dans une discussion après son exposé que les homosexuels peuvent participer activement dans son assemblée, et qu’il est pour la bénédiction des couples homosexuels. A la question de savoir si un célibataire peut aller vers une prostituée, il a répondu (selon Idea):

Tu ne dois pas te priver de sexe!

Kai S. Scheunemann n’est pas un pasteur d’une quelconque  Eglise luthérienne allemande (Landeskirche) déjà largement déchue – si c’était le cas, il aurait été presque inutile de signaler l’incident – mais en tant que directeur de  « Une Eglise, une vision »  (Kirche mit Vision), la branche allemande du mouvement de Rick Warren, il est un leader représentant l’Evangélisme moderne. De plus, il est l’auteur d’un livre classique sur le concept de Willow-Creek, intitulé « Eglise pour les distants ». … Le texte de son exposé (plein de formulations obscènes) ainsi que le message d’Idea, peuvent être téléchargés sur le site internet de son assemblée.

C’est un cas extrême  – mais pensé jusqu’au bout et de manière congruente – de la philosophie évangélique influencée par le Nouvel-Age, qui veut mettre l’homme (avec ses penchants et besoins naturels) au centre du culte. Le mot « culte » confirme pourtant qu’il doit être rendu à Dieu. La Parole de Dieu et sa Gloire doivent être au centre et être notre étalon …

En mai 2010, Kai S. Scheunemann a écrit une lettre pour expliquer et justifier son action.

Vigi-Sectes / Betanien Medien-Info 4-2010 / Der Der schmale Weg – Orientierung im Zeitgeschehen 2-2010

Encyclopédie des sciences religieuses: La peine de mort

Article de l’Encyclopédie des sciences religieuses de 1877


L’abolition de là peine de mort, ou la conservation, le maintien dans nos codes de ce châtiment rigoureux et de cette suprême expiation au plus haut degré de l’échelle des peines, n’est pas habituellement de nos jours, comme il le faudrait sans nul doute, le plus sérieux et le plus délicat sujet de réflexions, d’étude ; c’est une opinion qu’on regarde à tort comme inséparable d’un certain programme politique. S’il était aussi facile qu’on le croit de répondre par oui ou par non à une question si grave, comment aucun orateur, aucun écrivain, n’aurait-il rencontré l’argument décisif, depuis un siècle, depuis la Révolution française qui la posa nettement et tenta dans les assemblées de trouver, la réponse, au cours d’une discussion au plus haut degré brillante et passionnée? On a prétendu tour à tour attaquer ou défendre cette peine, au nom de la religion, du droit, de la raison philosophique. Avec moins de passion, on se serait résigné à observer simplement les faits et à consulter la science pénitentiaire. En matière de répression pénale, et à tous les degrés du châtiment, réclusion, emprisonnement cellulaire, transportation, il faut que l’homme cède à l’une de ces dispositions contraires: rigueur exemplaire ou philanthropie, justice ou pitié. Il n’y a pas autre chose ici. Dans l’état actuel de nos mœurs, la nécessité doit-elle faire maintenir, aux premiers articles de notre loi, une peine que, par humanité, nous nous sentirions portés à abolir? Voilà la question.

1- Controverse au point de vue philosophique

On va jusqu’à soutenir, d’une manière générale, que la société peut seulement corriger, et n’a pas le droit de punir. N’insistons pas sur cette erreur. Il faut, pour la partager, accuser d’égarement l’esprit de tous les peuples et le consentement universel. C’est une peine, et une peine souvent fort dure, qui accompagne dans nos codes, comme sanction, chaque disposition du législateur. Laissons à la société, c’est-à-dire à l’autorité visible, le soin de veiller à l’ordre matériel, notre premier intérêt, et le droit, pour l’obtenir, d’employer tous les moyens efficaces et nécessaires. Ce droit, établissons-le d’une part, sur la loi morale imprimée par Dieu dans la conscience de l’homme qu’il a créé libre, et d’autre part sur la nécessité pour nous tous de vivre en société. Aujourd’hui, d’ailleurs, il n’est plus sérieusement contesté. Un jurisconsulte, un partisan décidé de l’abolition de la peine de mort, M. Jules Favre, le déclarait, il y a, quelques années, au Corps législatif (séance du 6 avril 1865, discussion de l’Adresse): « Oui, la société a le droit de punir. Pourquoi ? Parce qu’elle est le résultat de la puissance collective du groupe qui s’appelle une nation. Sans le droit primordial de punir, les sociétés n’existeraient pas. » Reconnaissant donc que la société a ce droit, on s’attache à présenter avec force une objection nouvelle, et l’on demande s’il ne convient pas qu’elle en suspende l’exercice avant d’arriver à l’extrême limite, c’est-à-dire au sacrifice de la vie même de l’homme? A l’Assemblée nationale (séance du 15 septembre 1848), Athanase Coquerel, qui avait le premier la parole, commençait ainsi l’attaque, dans un éloquent discours: « La peine de mort ne corrige jamais…
Reconnaissez que les mots repentir et conversion ne sont pas vides de sens. S’il est vrai que le criminel peut effacer son crime devant Dieu par le repentir et le remords, pourquoi voulez-vous lui ravir l’occasion et le temps de l’effacer devant l’homme? » Dans la même discussion Victor Hugo s’efforçait d’établir le principe de l’inviolabilité de la vie humaine, principe adopté et soutenu, de nos jours, par tous ceux qui demandent l’abolition de cette peine. Il convient de rapprocher ainsi ces deux arguments qu’une même idée, le respect pour l’oeuvre de Dieu dans la création de l’homme, lie étroitement l’un à l’autre. On peut refuser de se rendre à de semblables raisons sans en méconnaître la force. Ne rappelons pas qu’il est toujours dangereux de faire intervenir Dieu à notre gré dans nos controverses humaines, et que les théocraties qui l’ont tenté n’ont jamais laissé après elles, en disparaissant, de vifs regrets. Il est aisé de répondre au premier de ces arguments qu’en fait les condamnés dont la peine a été commuée ne se convertissent ni habituellement, ni souvent, et qu’au contraire il y a un nombre relativement important de convertis de la dernière heure qui manifestent en allant à la mort des sentiments véritablement chrétiens de repentir. On veut établir et rendre à jamais respectable (c’est l’autre argument) le principe de l’inviolabilité de la vie humaine. Dieu seul a donné la vie, dit-on, et il peut seul la reprendre; Alors que devient le droit de la guerre ? Que devient le droit de légitime défense? Ce dernier n’est nié par personne. Défense individuelle ou défense sociale, on se sent autorisé, que dis-je ? contraint, par l’instinct de conservation et par son propre droit à l’existence, à atteindre l’agresseur qui s’est mis lui-même hors la loi, jusque dans la source de la vie, à méconnaître son droit à l’inviolabilité, et à ne plus tenir compte de son salut éternel 1 « Si le pouvoir doit considérer les droits naturels comme sacrés, écrit M. Faustin-Hélie, s’il ne doit intervenir que pour en garantir l’exercice, il est clair que ces mêmes droits forment le domaine de la pénalité, quand l’agent s’est rendu indigne de les exercer ; ils peuvent être suspendus, anéantis dans sa personne. » Le droit à la liberté est-il moins un don de Dieu, moins inviolable que le droit à l’existence? Evidemment non. Et cependant les adversaires de la peine de mort le violent tous les jours dans la personne des malfaiteurs arrêtés, par un motif pareil, identique, la nécessité. Aussi jamais la conscience du genre humain ne s’est-elle soulevée contre cette expiation suprême, et souvent même, dans les crimes atroces et flagrants, le cri public, devançant le jugement, la demande au magistrat. Dans l’antiquité, Platon, bien qu’il eut compris le premier que le but de la peine était habituellement de rendre l’homme meilleur, n’élevait aucune objection contre la sentence de mort qui frappait les grands criminels. ********* dit-il dans son neuvième livre des Lois. Chez les chrétiens des premiers siècles, Justin, Athénagore, Théophile, Saint-Augustin qui voudrait qu’on se bornât à enfermer les malfaiteurs, mais permettait de frapper à mort les hérétiques, ce qu’on peut relever contre la peine de mort, ce n’est F as proprement une doctrine, c’est l’horreur pour des supplices devenus l’amusement et le spectacle des païens, pour des supplices dans l’exécution desquels ils figuraient presque toujours, eux, chrétiens, comme victimes ; c’est aussi l’espoir prochain de leur suppression, plutôt que la conviction actuelle de leur inutilité à l’égard des criminels. Grotius, au dix-septième siècle, idans son célèbre traité De jure belli et pacis (éd. prim , lib. I, p. 49 ss., Paris, 1625, après avoir fait cette remarque: Capitalibus judiciis si non interfuerunt christiani, !taud mirum, cum plerumque de christianis ipsis esset judicandum, établit sur divers passages de la Bible, le droit d’ordonner la mort (1 Titmoth. II, 1. 2. 3. 4; Luc III, 14 ; Actes XXV, 2 ; 1 Pierre II, 19. 20 ; Apoc. XVIII, 4), et réfute les arguments .que des adversaires de son opinion prétendent emprunter à des passages, contraires (Esaïe II, 4; Matth. V; 1 Cor. VII, 4, etc.), et l’on arrive ainsi sans discussion, sans contestation sérieuse, jusqu’au dix-huitième siècle, jusqu’à Beccaria. —

2. La peine de mort en France

Historique:
C’est à la publication du Traité des délits et des peines de Beccaria qu’il faut faire remonter la longue controverse élevée depuis plus d’un siècle sur ce difficile sujet. L’éminent auteur avait écrit:
Quel peut être ce droit que les hommes se donnent d’ « égorger » leur semblable? Qui jamais a voulu donner, aux autres hommes le droit de lui ôter la vie ? » (éd. de Lausanne, 1766, p. 114). Son système, établi sur une erreur commune à plusieurs des philosophes du dix-huitième siècle, l’hypothèse d’un « contrat social » primitif intervenu entre les hommes, devait être bientôt abandonné. Aucun membre de la société, disait-il, n’avait pu consentir dans le pacte primitif à faire le sacrifice de sa vie. Or, Jean-Jacques Rousseau tirait du même principe la conséquence absolument contraire, et Kant (Doctrine du droit politique, trad. Barni, p. 20) répondait de son côté que personne West puni pour avoir voulu la punition, mais pour avoir voulu et accompli une action punissable. Ce qui devait rester, après ce mot de Beccaria, c’était une grande question décidément posée, sa protestation au nom de l’humanité, et jusqu’à ce ton déclamatoire (qu’on ne cesse de retrouver plus tard dans toutes les discussions) qu’il prend le premier quand il accuse la société d’ « égorger » ceux qu’elle ne fait que punir. Voltaire qu’on avait déjà le tort, en cette matière, d’écouter avec plus de faveur que Montesquieu, publie un Commentaire du livre de Beccaria, « livre qui, est en morale ce que sont en médecine le peu de remèdes dont nos maux pourraient être soulagés, » et ajoute pour son compte « qu’un homme pendu n’est bon à rien. ».Il n’en fallait pas plus, et l’on pouvait prévoir que quelques uns des hommes de la Révolution, avec moins de réflexion que de générosité, attaqueraient la peine de mort comme une erreur et un abus de l’ancien régime. N’avaient-ils pas raison sur un point au moins, la torture? En effet, depuis 1789, dans toute nouvelle assemblée, à chaque changement de régime politique, on voit invariablement revenir, comme une proposition inévitable, quelque demande tendant à l’abolition de cette peine. A la première Assemblée nationale, à propos du Rapport sur le projet du code pénal, au cours des séances du 23, du 30 et du 31 mai 1791 (consignons à cette place, après les avoir recueillis spécialement pour les lecteurs de l’Encyclopédie, tous ces renseignements précis), s’ouvre un très intéressant débat auquel prennent part en première ligne, avec un talent, une richesse d’arguments qui n’ont pas été dépassés dans les discussions plus récentes, deux anciens membres du parlement de Paris, Lepelletier de Saint-Fargeau et Adrien Duport. On voudrait pouvoir insister sur ce projet pour dire, malgré le talent et la bonne intention, à quel épouvantable système de cachot, de torture morale et d’inquisition il s’agissait de soumettre le criminel pour lui épargner une mort cent fois préférable. A la Convention, on décide par une loi du 4 brumaire an IV, que l’abolition commencera à dater du jour de la publication de la paix générale.Ce jour fortuné n’arriva jamais. Dans la suite, en 1810, à propos du code pénal actuel, en 1824, en 1830, en .1832, à l’occasionde la révision du même code, en 1848 à la Constituante, en 1849, en 1854 au Corps législatif, en 1861 au Sénat (discours de M. Delangle), en 1865 (le 6 avril, proposition de M. Jules Favre); en 1870 (le 22 mars, proposition de M. Jules Simon), la même demande a été faite et rejetée. Une dernière, présentée par M. Schœlcher, sous la République, en 1872, à eu le même sort. On peut affirmer sans erreur, quoique cette proposition ait donné chaque fois lieu à de brillants assauts oratoires, qu’il ne s’est pas produit depuis la fin du dix-huitième siècle un seul argument véritablement nouveau. Arrivons à présent aux points soumis à l’examen dans ces assemblées.

3. Discussion sur le droit et sur les faits.

Pour permettre à ceux qui étudient notre système de répression de se rendre compte de la bonne application et de la valeur des peines, la doctrine énumère un certain nombre de qualités qu’elles doivent avoir. Il en manque une ou deux à la peine de mort. Elle a, par exemple, toute la brutalité du fait une fois accompli, elle est « indivisible. » Mais insister sur. .ce point ce serait se.plaindre d’un adoucissement; elle était divisible en quelque manière, susceptible de plus ou de moins, quand on infligeait la torture. Encore convient-il de remarquer qu’elle peut être graduée, puisque la loi indique certaines mesures de sévérité à prendre contre ceux qui ont été reconnus coupables de parricide, et puisque son application permet de distinguer entre le meurtrier et ceux qui ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour d’autres crimes. Elle est «irréparable. » Voilà sans doute l’argument le plus fort des partisans de l’abolition. Sous leur plume les cas d’erreurs judiciaires se rencontrent (voyez Jules Simon, La peine de mort, 1870, et séance au Corps législatif du 22 .mars, même année) fréquents, multipliés jusqu’à l’invraisemblance. En réalité, ces cas sont très rares aujourd’hui, et il est facile de le comprendre. Qui ne sait que le jury s’empresse d’accorder les circonstances atténuantes, quand la préméditation n’est pas tout à fait démontrée, quand il y à un doute, même le plus léger, et souvent (on le lui reproche) quand il n’y en a pas du tout. Ajoutons que la loi de 1867 sur la réhabilitation a été faite en faveur de la famille du condamné en vue des erreurs possibles. D’ailleurs, ces considérations de droit, qui ont leur grande valeur, passent au second rang, s’il est vrai qu’on se trouve ici en présence d’un intérêt de premier ordre, de l’intérêt-social. C’est sur ce point de fat, la nécessité de la peine de mort, que porte actuellement tout le débat. Si elle est nécessaire, disent leS partisans de l’abolition, comment expliquez-vous qu’on ait appris à s’en passer déjà dans plusieurs pays, notamment en Portugal, en Allemagne et en Amérique, au moins dans certains petits Etats ; que le nombre des attentats diminue ,partout à mesure que les exécutions deviennent rares; que le jury s’obstine à accorder les circonstances atténuantes dans quelques-uns de nos départements ? N’est-ce pas presque un crime de maintenir provisoirement ce châtiment irréparable, puisque vous reconnaissez vous-même qu’il est injuste et destiné à disparaître dans’un temps prochain? — On pourrait répondre: si les crimes de viennent moins nombreux dans les « grands pays » qui tous, sans exception, ont conservé dans leurs lois et prononcent contre les criminels la peine capitale, c’est que cette peine produit l’effet qu’on en attend précisément, l’intimidation; et si les petits pays l’ont supprimée, c’est qu’ils sont dans le cas de ce duché de Toscane qui donnait déjà l’exemple au dix-huitième siècle, « si peu étendu, écrivait Dupaty, que le prince voit passer pour ainsi dire une pensée mécontente au fond de l’âme des sujets, et l’arrête tout court, par un seul mot.’» Mais n’est-il pas plus simple et plus conforme à la vraisemblance de faire honneur de cette horreur croissante pour le crime à l’adoucissement des mœurs et au progrès de la civilisation? On se trompe également quand on accuse. le législateur, le magistrat de conserver e d’appliquer provisoirement une peine qu’il sait injuste. Injuste? Non, mais dure, cruelle, lourde moins à la conscience qu’au cœur de celui qui l’applique. Mais serait-il vrai, comme le soutiennent les partisans de l’abolition sans se décourager, .que le recours au dernier supplice contre les malfaiteurs, s’il n’est pas même efficace et nécessaire, est de plus funeste, parce qu’il produit le crime au lieu de l’empêcher? A cette objection se rattache la question importante de la publicité des exécutions. Il est en vérité bien difficile de prendre parti sur ce point (la proposition de procéder à l’exécution dans la prison-même, rejetée au Corps législatif dans la séance du 21 juillet 1870, vient d’être reprise en 1879, à la suite de récents scandales, par M. Dufaure, sans que la discussion ait encore eu lieu), quand on voit, sans parler dés soupçons du public qui ne veut pas croire à certaines exécutions, s’il ne les a vues, les adversaires de la peine de mort s’écrier tantôt qu’il est honteux de dresser l’échafaud sur une place où vont se produire de déplorables scènes, et tantôt, si l’on fait droit à leur réclamation, que la société le désavoue tout en s’en servant, puisqu’elle le cache. Il est bien vrai que certains criminels ne sont pas intimidés par la vue du supplice, puisque plusieurs condamnés à mort ont déclaré qu’ils avaient assisté à une exécution peu de temps avant leur crime. Il est bien vrai que tantôt l’audace du condamné et tantôt sa souffrance peut provoquer parmi les spectateurs une impression fugitive d’étrange admiration ou de pitié qui s’égare. Mais les soldats tiennent aujourd’hui cette foule à l’écart! Mais il est à peine jour quand l’exécution a lieu! Admettons même que  quelques criminels particulièrement vicieux et endurcis ne soient pas intimidés, puisque la torture et la roue autrefois ne les intimidaient pas. Il en est d’autres, et beaucoup, pour lesquels le maintien dans la loi de cette peine sera un frein salutaire. Combien de « préméditations » criminelles (voilà réellement l’effet préventif) sont étouffées par la crainte de la mort! Combien de crimes domestiques, qui ne sont pas commis ceux-là ordinairement par des habitués de la prison, se trouveront prévenus. N’y a-t-il donc que des criminels d’habitude et des voleurs de grand chemin? Ne voit-on pas dans les familles des descendants, des serviteurs de vieillard, avides d’hériter et de jouir ? Sur eux qui existent, ici et là, sans qu’on les puisse compter dans la statistique, l’effet d’intimidation sera, certainement produit. Peut-être faut-il avoir de l’indulgence pour des malheureux, des égarés. Mais les victimes ne méritent-elles pas aussi quelques égards et quelque pitié ? Les adversaires de la peine de mort devraient se demander quelquefois si elles ne sont pas aussi intéressantes, et ne méritent pas d’être protégées, défendues, même un peu plus que les criminels. Il ne faut donc pas dire: La société donne un mauvais exemple, parce qu’elle « se venge.» Non, tel n’est pas son dessein. Elle exerce le droit de légitime défense, qui consiste pour l’individu à frapper celui qui l’attaque, et pour la société à frapper dans le but d’intimider et de prévenir. Intimider, c’est pour cet être collectif, spécial, la société, la manière même de se défendre. En conséquence, la peine de mort est réellement exemplaire, non, comme on le prétendait, dans le mauvais, mais dans le bon sens du mot. Elle est réellement préventive. On en a si bien le sentiment, qu’on a vu plus d’une fois ceux qui proposaient d’adopter le principe de l’abolition à l’égard de la société civile dans les, assemblées, faire des réserves expresses touchant l’armée et la marine. Pourquoi ? Parce que là, l’exemple doit être frappant et immédiat! Ainsi, le langage des adversaires de la peine de mort est, on a pu le voir, généreux toujours, dicté par la philosophie et la philanthropie ; mais fondé en droit et justifié en fait, non.

Achevons cette démonstration:

Ils verraient, en poursuivant leurs recherches et leurs études, tomber plusieurs des arguments sur lesquels ils comptaient le plus pour soutenir que les meurtriers sont tout simplement des malades, et créer pour eux, de la sorte, un privilège d’irresponsabilité. On l’a tenté quelquefois ; cependant, il faut reconnaître que jamais une telle opinion n’a été même exprimée dans une seule de nos assemblées délibérantes ! Mais, par exemple, ils affirment que la mort en perspective n’intimide pas les criminels. Or, la vérité de la proposition contraire apparaît en ceci que, entre eux, quand ils se croient trahis, la mort seule de celui qu’ils accusent peut donner satisfaction à leur détestable besoin de vengeance. A cette question bien naturelle Par quoi remplacerez-vous la peine de mort?» ils répondaient avec force jusqu’en 1848: « Par la transportation ! » Aujourd’hui nous avons des colonies pénales, et la moindre critique qu’on dirige contre ce mode de répression, c’est la constatation de son insuffisance. La condamnation aux travaux forcés dans une colonie, loin d’intimider les détenus, semble presque leur plaire (voy. notre étude sur ce sujet dans le Bulletin  de la Société générale des prisons, numéro de février 1879, Rapport sur la transportation, par le pasteur Arboux, aumônier). N’examinons pas l’hypothèse de l’emprisonnement cellulaire à perpétuité ou à très long terme ; ce serait, à n’en pas douter, une torture morale pire que la mort. Enfin, les partisans de l’abolition ont toujours hâte de faire disparaître le dernier supplice de nos codes pour n’être pas devancés par l’étranger. On disait, en 1791: « Imitons la Toscane, imitons la Russie ; » en 1848: « Imitons Francfort et Berlin ; » en 1870: « Imitons la Suisse. » Et ce qui est vrai, c’est qu’en Russie, en Prusse, en Angleterre, on condamne à mort aujourd’hui comme autrefois ; c’est qu’en Suisse même, l’Assemblée fédérale, composée du conseil national et du conseil des Etats, décidait le 28 mars 1879 la suppression de l’art. 65 de la Constitution, qui avait aboli-la peine capitale, et que le peuple consulté ratifiait le 28 mai cette suppression à vingt mille voix de majorité.

 4. Derniers renseignements de la statistique et conclusion

Que reste-t-il après cette exposition du sujet, et cette attentive discussion ? Non, certes, la preuve que dans le camp des partisans de l’abolition, on a bien fait soit de contester à la société son droit, soit de regarder toutes réserves faites sur cette question comme exclusives du libéralisme en politique. Ce qui est vrai c’est que, ni sous la première ni sous la seconde République, on n’a pu trouver dans les Assemblées pour rayer la peine capitale de nos codes soit une majorité, soit même une imposante minorité. En 1848, la proposition était repoussée par 498 voix contre 216, et en 1865 par 203 voix contre 26. Mais il reste également, à l’honneur de, ceux qui croyaient le temps venu d’en finir avec les exécutions, l’expression d’un désir généreux et d’une espérance que réalisera l’avenir. On peut dire que si le but principal n’a pas été encore atteint, aucune de ces nobles paroles, aucune de ces protestations qui s’élevaient au nom de l’humanité, aucun de ces appels à la pitié n’a été perdu. Lepelletier de Saint-Fargeau, qui devait mourir assassiné, étrange destinée ! pour avoir appliqué à Louis XVI la peine de mort maintenue malgré lui, obtient du moins de l’Assemblée constituante la suppression des tortures. La loi du 18 avril 1832 fait disparaître la peine de mort dans neuf des cas où elle était appliquée, et l’art. 463 C. P. permet encore de la supprimer dans tous les autres cas, eu égard aux circonstances. En 1848, par décret du 26 février, la disposition qui la rendait applicable en matière politique, est abrogée toutes les fois que l’acte délictueux peut se distinguer, par un caractère marqué, des délits de droit commun. En 1867, enfin, une loi sur la révision vise les cas où l’erreur est reconnue. Il est donc certain que cette peine qu’on veut écarter définitivement de nos lois, au nom de l’humanité et de la civilisation, tend à disparaître. La statistique, d’autre part, fournit des chiffres trop élevés encore, mais, à ce point de vue, rassurants. Sur une moyenne, annuelle de 600 crimes pouvant entraîner la peine capitale (tout compris: parricide, empoisonnement, infanticide, assassinat), voici le nombre des sentences de mort qui ont été rendues pendant les dernières années:
  • 31 en 1872, réduites à 24 exécutions par suite des commutations de peine ;
  • 34 en 1873 et 15 exécutions ;
  • 31 en 1874 et 13 exécutions ;
  • 33 en 1875 et 12 exécutions.
  • En 1876, il n’y a plus que 22 condamnations à mort (20 hommes et 2 femmes), 13 commutations en travaux forcés à perpétuité, en 20 ans de travaux forcés, et le chiffre des exécutions tombe à 8.
  • De 1826 à 1852, il y avait eu une moyenne annuelle de 40 exécutions.
Ainsi, nous touchons au but, et le vœu de tout homme de cœur c’est, qu’en attendant, les arrêts de mort soient prononcés le plus rarement passible, dirions-nous volontiers avec Rossi. On a toujours traité cette question dans les assemblées politiques, et cependant la réflexion qui s’impose à la fin d’une telle étude, c’est que peut-être le droit de prononcer l’abolition n’appartient pas en premier lieu aux assemblées. Le jury, recruté partout, dans les campagnes moins protégées et dans, les villes, est meilleur juge du danger social. Qu’il persévère dans l’habitude déjà prise d’accorder les circonstances atténuantes! Que l’opinion, se détournant de cette peine, l’abolisse en fait! On peut être sûr qu’alors personne ne viendra défendre l’échafaud devant les Chambres, et que toute assemblée sera unanime à voter l’abrogation du fameux article 12 de notre code pénal. —
Voyez Dalloz, Répertoire, etc.; Faustin Hélie, Leçons de Droit criminel, I vol. in-8°, Paris, 1.872 ; Procès-verbal de l’Assemblée nationale constituante, 1789-1791 ; tome 56, 57, avec une Table des Pr. Verb., Paris, 1791; Débats de la Convention, 5 vol. in-8°, Paris ; Le Moniteur universel, 1er semestre 1832 ; id., septembre 1848 ; ibid, avril 1865 ; Journal officiel, mars et juin 1870 ; Compte général de l’administration de la Justice criminelle en France en 1876, Imp. nat., Paris, 1878, 4 vol. in-4°.
JULES ARBOUX

Dossier: Mormonisme

Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure: si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème!

La Bible – Epître aux Galatiens 1:8-9

Dossier mormonisme


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La plupart des articles de ce dossier nous aiderons à répondre à la simple question:
L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours » est-elle vraiment une Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours?

 

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Les anciens articles tirées de la route droite se recoupent parfois en partie avec les articles plus récents. Ils ont donc été retirés du site.

 

ex-Wicca / Sataniste témoigne: J’ai CHOISI la vie

Nous avons rencontré une personne ex-adepte de la Wicca, ayant gravis les marches jusqu’au Satanisme. Le simple fait de témoigner envers nous a réveillé en elle ces anciens démons et elle était à deux doigts de se suicider quelques jours plus tard. Elle se sentait encore mal à l’aise en entendant des cantiques.

Le Satanisme même à l’hôpital et à la mort. Selon son témoignage, elle était proche d’un maître de la Wicca, et celui-ci lui a confirmé que le but ultime de ka Wicca est aussi l’adoration de Satan.

Elle est devenue sataniste a fait un pacte avec Satan, et elle a visitait aussi les Eglises pour savoir si on la reconnaitrait.


Témoignage

Je tiens tout d’abord à remercier les personnes qui, par leur soutien et leur affection, m’ont permis de persévérer jusqu’au bout du tunnel.
J’ai cherché Dieu dès mon plus jeune âge, non sans larmes, mais j’étais en même temps attirée par des forces ténébreuses qui me dominaient et me faisaient chuter à maintes reprises. Mais le Seigneur, dans son amour, était là et m’a rejointe jusque dans les profondeurs de l’abîme.
Pourtant j’étais dans l’incapacité de faire un choix …
Mais Dieu avait son heure. Il est venu à mon secours et m’a aidée à renoncer petit à petit à Satan et à ses œuvres. Jésus-Christ a eu la victoire. Il a vaincu les puissances des ténèbres à la croix. C’est de Son amour dont j’avais soif! Il a parlé à mon cœur par Sa Parole:

« Sois sans crainte, car je l’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, TU ES A MOI! » (Esaïe 43, v. 1)

J’ai enfin pu dire OUI au seul vrai Dieu qui nous a aimés et sauvés en Jésus-Christ. Quelle joie d’avoir pu choisir le Seigneur et avoir l’assurance de passer l’éternité, en sa présence! Il a valu la peine de persévérer !

Anonyme: (Ex-membre de la wicca et du satanisme en contact avec Vigi-Sectes)

Ivo Sasek: Réincarnation et Universalisme

Début  2009, Ivo Sasek a introduit la doctrine de la réincarnation dans un traité  intitulé « L’Olivier (Ölbaum) » (01/2009) . Le site Bibelkreis.ch a répondu entre autre à cette hérésie par un article détaillé sur Ivo Sasek (Wer ist und was lehrt Ivo Sasek) dont nous traduisons un chapitre: « réincarnation et universalisme ».


Avec Ivo Sasek, prenons garde! Le vers est dans la pomme. Vigi-Sectes a  suivi de loin les racines et l’évolution de ce mouvement depuis qu’il s’est répandu en Suisse et en Allemagne. Nous avons mis en garde plusieurs personnes au début leurrées.

(Nous considérions ce mouvement dans les années 2000 comme un mouvement pseudo-chrétien, sectaire issue de la branche évangélique, nous pourrions le reclasser depuis une 15aine d’année dans un mélange d’épices variées: Théories de conspirations, Scientologie, etc…  2023)

J’ai pu faire plusieurs parallèles entre Ivo S. et  le leader d’une secte des plus meurtrières:  Jim Jones. On peut craindre un dénouement tragique de cette secte.

Notre société étant de plus en plus laïque, se pensant donc « éclairée » 🙂  on rejette aujourd’hui facilement  la lumière des Écritures, pour ne plus reconnaître la nature d’une idéologie sectaire, et s’opposer à l’expansion de tels mouvements, jusqu’au jour où c’est … trop tard.


Réincarnation et Universalisme

(L’Universalisme est la doctrine selon laquelle  tout le monde sera sauvé à la fin, dans certaines variantes cela inclue même Satan et ses démons.)

L’enseignement de la réincarnation a été débattu par 1500 personnes lors du « Concile » d’Ivo Sasek – le «concile prophétique à Flums» le 22/11/2008. ( cf. Sasek, Ivo, Ölbaum,  01/2009 « , p.8 )

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Que penser de la réincarnation ?

Comme la nuée se dissipe et s’en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas;  Il ne reviendra plus dans sa maison, Et le lieu qu’il habitait ne le connaîtra plus.

La Bible Job 7:910

Nous laisserons l’apologiste J-M. Nicole répondre à cette question de la réincarnation.

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karma
On appelle réincarnation la théorie selon laquelle un être humain passerait, au cours de sa carrière, par plusieurs existences terrestres successives. (On parle aussi dans ce sens de métempsychose (parfois avec l’orthographe métempsycose) ou de transmigration des âmes. Les différents termes sont synonymes).

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Confession de Foi de l’Église Universelle du Royaume de Dieu

  • Nous croyons aux Saintes Écritures de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, dans leurs versions originales, comme étant pleinement inspirées par Dieu, les acceptant en tant qu’autorité suprême et finale de foi et de vie.
  • Nous croyons en un seul Dieu existant éternellement en trois personnes: le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
  • Nous croyons que Jésus-Christ fut conçu par le Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, étant vrai Dieu et vrai Homme.
  • Nous croyons que Dieu créa l’homme à Sa propre image; que l’homme, en péchant, s’est attiré comme condamnation la mort physique et spirituelle; et que tout être humain hérite d’une nature pécheresse, qui est la cause des transgressions actuelles entraînant la culpabilité personnelle.
  • Nous croyons que le Seigneur Jésus est mort pour nos péchés, comme sacrifice substitutif selon les Saintes Écritures, et que tous ceux qui croient en Lui sont justifiés à travers Son rang répandu.
  • Nous croyons au corps ressuscité du Seigneur Jésus, à Son ascension au ciel et à Son actuelle existence en tant que notre souverain sacrificateur et notre avocat.
  • Nous croyons au retour personnel du Seigneur Jésus-Christ en gloire.
  • Nous croyons que ceux qui se repentent de leurs péchés, qui reçoivent le Seigneur Jésus-Christ par la foi et se tiennent fermes devant Lui, sont nés à nouveau par le Saint-Esprit et deviennent enfants de Dieu.
  • Nous croyons au baptême du Saint-Esprit, préparant les croyants au service de Dieu, accompagné des dons surnaturels du Saint-Esprit opérant en communion avec Lui.
  • Nous croyons aux ministères divinement ordonnés d’apôtre, de prophète, d’évangéliste, de pasteur et de docteur.
  • Nous croyons à la résurrection du juste et de l’injuste, à la bénédiction éternelle des rachetés et à la condamnation éternelle de ceux qui ont rejeté le salut.
  • Nous croyons que la véritable Église est constituée de tous ceux qui furent rachetés par Jésus-Christ et régénérés par le Saint-Esprit; que l’Église locale, sur terre, doit fonder son caractère sur cette conception de l’Église spirituelle et que, par conséquent, le renouvellement de vie et le témoignage personnel du Christ sont indispensables aux membres de l’Église.
  • Nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ a institué deux ordonnances – le baptême d’eau et la sainte cène – afin d’être observées en signe d’obéissance comme un témoignage des faits propres à la foi chrétienne; que le baptême est l’immersion du croyant dans l’eau comme une confession du Seigneur Jésus, de Sa mort et résurrection; et que la sainte cène est la participation au corps et au sang de notre Sauveur en mémoire de Son sacrifice jusqu’à Son retour.
  • Nous croyons que la guérison divine, vérifiée dans l’Ancien et dans le Nouveau Testaments, est partie intégrante de l’Evangile.
  • Nous croyons que la Bible enseigne que sans sainteté nul ne peut voir Dieu.
  • Nous croyons à la sanctification en tant que travail défini, mais progressif, de la grâce, commençant lors de la nouvelle naissance intérieure et continuant jusqu’à la fin de la vie.

Heures des réunions

  • Lundi Prière en faveur de ceux qui affrontent des problèmes financiers.
  • Mardi Prière en faveur de la guérison et onction d’huile sacrée.
  • Mercredi Etude biblique et louange au Saint-Esprit.
  • Jeudi Prière contre les problèmes familiaux.
  • Vendredi Prière contre les problèmes spirituels
  • Samedi
    10h00 Réunion du Groupe d’Evangélisation et prière en faveur du Pays.
    15h00 Prière contre les cas impossibles.
    18h00 Prière en faveur de la vie sentimentale.
  • Dimanche
    08h00 Réunion du Saint-Esprit pour ceux qui désirent faire l’oeuvre de Dieu.
    10h00 Réunion du Saint-Esprit pour les enfants de Dieu.
    15h00 Réunion de la Puissance de Dieu, l’après-midi total.
    18h00 Louange au Saint-Esprit.

Encyclopédie des sciences religieuses – 1877

Encyclopédie des sciences religieuses
publiée sous la direction de F. Lichtenberger


Doyen de la faculté protestante de Paris, 
Ancien professeur à la faculté de Théologie de Strasbourg
Paris 1877



Note de Vigi-Sectes


Cette préface et les différents articles de cette encyclopédie vieille d’un siècle et demi, nous donnent un éclairage différent sur les mouvements religieux anciens.


Les scientifiques et théologiens humanistes d’antan manquaient de recul pour décrire les mouvements religieux naissants, mais nous éclairent sur la perception qu’on en avait à l’époque.


Ces anciennes études donneront aux chercheurs aussi des informations pertinentes sur:



  • l’histoire et l’évolution de ces mouvements,

  • la capacité des théologiens à discerner leur essence, et

  • … des détails d’époque significatifs, qui échappent aux travaux contemporains.


Ces articles sont appréciés pour leur valeur historique, nous ne nous associons pas forcément à l’intégrité de leur contenu. 


Nous les  reproduisons sans commentaire, avec l’orthographe d’antan.


Préface

L’Encyclopédie des sciences religieuses se propose d’offrir à tous ceux qui s’intéressent à cet ordre de questions un moyen facile de s’orienter et de connaître les résultats des travaux contemporains. Elle désire présenter à ses lecteurs, sur chaque sujet de quelque importance, un ensemble de faits aussi exact, aussi complet et aussi succinct que possible.

Nous avons préféré le titre d’Encyclopédie à celui de Dictionnaire; bien que l’un et l’autre conviennent également à l’œuvre telle  que nous l’avons conçue. Elle renferme, en effet, un grand nombre de courts articles qui définissent un sujet, le délimitent, en esquissent les traits essentiels et en indiquent les sources; ou bien encore elle renvoie le lecteur aux articles plus étendus dans le cadre desquels le sujet désigné rentre naturellement. Ce sont ces études de fond, embrassant l’ensemble des sciences religieuses, qui assurent à notre: recueil son caractère encyclopédique.

Nous disons science religieuses et non théologiques: d’abord parce que notre entreprise s’adresse essentiellement au public, plus nombreux parmi nous de jour en jour même en dehors des cadres ecclésiastiques, qui demande à être initié et associé aux recherches dont les théologiens de profession avaient jadis le monopole; et, ensuite, parce que le domaine que nous embrassons est en réalité beaucoup plus étendu que celui de la théologie proprement dite. Depuis que par une plus juste appréciation des termes, l’on commence à distinguer, même dans le langage commun, entre la religion et la théologie, cette dernière n’est plus considérée comme la seule forme que revête le sentiment religieux, et l’on s’occupe avec un intérêt croissant à en saisir et à en étudier les manifestations partout où elles se produisent. Par une suite naturelle de cette évolution, la théologie elle-même s’est entièrement renouvelée depuis cinquante ans; s’inspirant du principe de la méthode historique, appliquée au domaine qui lui est propre, elle a pu, en utilisant largement les travaux des sciences auxiliaires et parallèles et sans rien perdre de son originalité, agrandir beaucoup son cadre.

On jugera de l’étendue considérable du champ que l’Encyclopédie embrasse par le nombre des articles qui y figurent, Ces articles comprennent d’abord les diverses branches de la théologie systématique, telles que la, dogmatique, la morale, l’apologétique, et la philosophie de la religion qui y confine ; elles nous présentent une ample moisson de termes à définir, de notions à analyser et à préciser, de théories et de systèmes à exposer, ce que nous ferons en restant autant que  possible le terrain de l’objectivité. Notre recueil a dû s’ouvrir également aux articles qui concernent la théologie pratique, bien que la place que nous ayons à leur offrir soit forcément plus restreinte: nous avons tenu à esquisser, du moins en traits rapides, les principes et l’histoire du culte de l’homilétique, de la cathéchétique et de tout les sujets qui rentrent dans le cadre de la science pastorale. Mais le vaste domaine de l’histoire qui a fourni les matériaux les plus nombreux à l’Encyclopédie. L’histoire des religions, d’origine toute récente, y trouvera une large place. Grâce aux travaux remarquables que les dernières découvertes ont provoqués sur l’Egypte, la Phénicie, l’Assyrie, la Perse, l’Inde, la Chine, venant succéder aux recherches plus anciennes sur la Grèce, la Scandinavie et la Gaule, il est possible, dès aujourd’hui, de tracer un tableau complet du paganisme.

Nous demanderons aux documents originaux de nous faire connaître l’expression si variée et souvent si ingénieuse que le sentiment religieux a trouvée chez les peuples qui vivaient avant l’ère chrétienne ou qui sont placés en dehors de l’action de l’Évangile. Toutefois, nous prévenons nos lecteurs qu’ils devront chercher dans les études d’ensemble les noms des divinités, des symboles et des usages religieux des diverses mythologies païennes: notre table de matières, déjà si chargée, eût été trop encombrée par les innombrables articles ou les incessants renvois qu’une pareille nomenclature eût entraînés. L’histoire des religions bibliques occupe naturellement, dans l’Encyclopédie, la place d’honneur. On y trouvera l’explication de tous les noms géographiques et historiques de l’Ancien et du Nouveau Testament de quelque importance, l’analyse des principales idées religieuses, une introduction critique détaillée de chacun des livres canoniques et apocryphes, ainsi que des études d’ensemble sur le canon, le texte, les versions, l’exégèse, la propagation des saintes Écritures et l’archéologie sacrée. Nous n’avons pas négligé, cela va sans dire, l’histoire de l’Église: les Pères, les docteurs scolastiques et mystiques, les ordres religieux, les missions, les sectes anciennes et modernes, l’époque de la Renaissance et celle de la Réforme, la statistique religieuse contemporaine, tant matérielle que morale, de chaque pays, l’organisation particulière de chaque Église, seront t’objet d’articles spéciaux. Il a, de même, été tenu grand compte de tout ce qui, dans le domaine du droit comme dans celui des lettres et des arts, touche au développement des institutions ou des idées religieuses.

L’Encyclopédie ne saurait avoir la prétention de ne présenter aucune lacune. Tous ceux qui se sont occupés de travaux de ce genre savent qu’il n’est pas possible, en ces matières, d’être absolument complet. Le nombre de volumes fixé par les éditeurs pour cette publication nous imposait, à lui seul, la nécessité de nous restreindre et de faire un choix. Il existe d’ailleurs sur diverses branches des sciences religieuses des dictionnaires spéciaux que nos lecteurs consulteront avec fruit. Nous ne voulons citer ici que la France protestante, cette œuvre monumentale des frères Haag que M. Henri Bordier réédite et complète en ce moment même d’une manière si heureuse. Nous osons espérer toutefois n’avoir point d’omissions graves à nous reprocher, et nous nous engageons à réparer de notre mieux celles que l’on voudra bien nous signaler.

La plus grande difficulté contre laquelle nous ayons eu à lutter n’a pas été de tracer le cadre, mais de déterminer l’ étendue des articles, et surtout de contenir, dans les limites prescrites, la bonne volonté et le zèle de nos collaborateurs. On ne manquera pas de relever une certaine disproportion entre les articles de notre recueil. Que l’on veuille bien observer toutefois que, dans notre détermination, nous avons dû nous laisser guider non-seulement par la nature du sujet, mais aussi par la nouveauté des découvertes ou l’originalité des appréciations. Tel personnage, telle localité, telle notion, tel événement moins important ou moins connu occupera peut-être plus de place que tel autre dont on peut trouver partout la biographie, la description ou l’analyse. Une remarque analogue s’applique à la signature des articles, que nous n’avons pas cru devoir inutilement prodiguer.

Un écueil que nous nous sommes principalement appliqué à éviter en embrassant une matière si étendue, c’est de n’être jamais ni superficiel ni vague, et de ne remplacer nulle part par des développements de rhétorique l’exposé sobre, précis et substantiel des faits. Nous nous sommes interdit avec soin la pompe banale des considérations oratoires. » A cet effet, nous nous sommes invariablement adressé aux hommes spéciaux, faisant appel à tous ceux qui se sont occupés des sciences religieuses et dont les travaux font autorité. La liste complète des collaborateurs figurera, dans le dernier volume, il côté de la table générale des matières.

L’Encyclopédie des sciences religieuses n’est pas destinée à servir les intérêts d’un parti ou d’une coterie; elle est l’œuvre collective des diverses fractions du protestantisme de langue française et des quelques hommes de bonne volonté qui, en dehors de nos cadres, ont bien voulu se joindre à nous. Tout en nous plaçant sur la base positive du christianisme et sans compromettre en rien l’unité de notre œuvre, nous n’avons, dans le choix de nos collaborateurs et dans la distribution des matières, considéré que la valeur scientifique des articles. Nous avons demandé à chacun l’impartialité et Je respect des convictions d’autrui, et nous avons prévenu que toute controverse blessante serait sévèrement bannie de ce recueil.

Pour l’orthographe des noms propres, nous nous sommes conformé à celle que l’usage a consacrée en France, nous réservant d’indiquer, dans le courant des articles, celle qui nous paraît préférable. A cet égard encore, de nombreux renvois faciliteront les recherches du lecteur. Sauf en ce qui concerne le latin, les citations de textes étrangers ont été, de parti pris, évitées. Nous avons adopté pour les caractères hébraïques un système de transcription simple et facile dont nous avons recommandé l’emploi à tous nos collaborateurs. Les indications bibliographiques ont été l’objet d’un soin spécial: nous avons tenu à les donner aussi complètes et aussi exactes que possible, en nous permettant d’ailleurs l’emploi des abréviations en usage.

Pour la répartition et le classement des matières, nous avons utilisé un grand nombre de dictionnaires et d’ouvrages spéciaux. Nous mentionnerons tout particulièrement la Real-Encyclopædie für protestantische Theologie und Kirche de M. Herzog (Hamb. et Gotha, 1854-1868, 22 vol.), qui nous a inspiré l’idée même de cette entreprise. Nous avons mis à profit, en maintes circonstances, les travaux de nos devanciers ; mais il va sans dire que tous nos, articles de fond sont des études absolument originales, faites sur les sources elles-mêmes.

Unir l’ardeur du sentiment religieux, reconnu dans sa légitime et puissante influence tant individuelle que sociale, à l’indépendance de la pensée, soumise aux lois inflexibles de la science: ‘tel est l’idéal qui s’impose aux hommes de notre génération. Nous serions heureux de leur aider à le réaliser.

Parmi les lecteurs de ce recueil , les uns seront frappés des conceptions tout à la fois grossières et subtiles, des usages bizarres, des pratiques puériles et mesquines que l’ignorance et la superstition des âges passés ont places sous le couvert de la religion; les autres reculeront effrayés devant les hardiesses de la, philosophie et de la critique historique contemporaines: nous osons espérer toutefois que les uns et lés autres emporteront la: conviction qu’il existe, au sein: de l’humanité, un fonds solide et persistant de vérité religieuse, qui seul donne à la vie sa signification et son prix.

Plus ce siècle penche vers son déclin, moins nous sommés inquiet sur l’issue de la crise qu’il traverse. Là où les esprits à courte vue croient découvrir la tombe de la religion, nous discernons les signes manifestes de son éternelle jeunesse. L’étude critique des vieux documents et l’analyse sévère de la nature humaine nous la montrent plus belle dans son essence, plus riche et plus variée dans ses manifestations, plus puissante dans son action sur le monde. Que ses adversaires, comme aussi certains de ses défenseurs, mieux informés les uns et les autres, cessent donc de la confondre avec les formes et les systèmes parasites qui, trop longtemps ont voilé sa splendeur! Ce sont ces enveloppes poétiques et pittoresques parfois dans leur grâce naïve, mais devenues gênantes à la longue, que le travail du temps emporte; Ce sont ces scories que le minerai en fusion dépose au fond du creuset. L’or pur s’en est dégagé, et il n’y a pas de risque qu’il se perde

Dirons-nous toute notre pensée? Notre pays nous parait plus particulièrement bien placé pour opérer ce triage, devenu nécessaire, entre ce qui dans la religion est destiné à périr et ce qui doit demeurer. L’Angleterre, conservatrice par tempérament et par tradition, a compris le christianisme surtout par son côté pratique: elle réalise d’une manière merveilleuse l’activité charitable et missionnaire à laquelle l’Évangile nous convie. Moins ferme et moins libre sur le terrain ecclésiastique, mais plus hardie dans le domaine de la pensée, l’Allemagne, avec son génie spéculatif et critique, a porté plus avant le flambeau des recherches en ce qui concerne les origines des religions, les documents authentiques et la physionomie propre du christianisme. Mieux équilibrée et admirablement pondérée dans les dons qu’elle a reçus en partage, la France, lorsqu’elle suit ses meilleures inspirations, semble destinée à veiller sur le foyer religieux où s’embrase et se réchauffe la foi de l’humanité. Unissant la vaillance à la douceur, l’amour de la règle à la passion généreuse, elle a produit quelques-uns des plus beaux types de la piété chrétienne.

C’est en vain, croyons-nous, que l’on essaye aujourd’hui de la détourner de l’accomplissement de sa véritable mission. Elle n’écoutera pas les conseils de ceux qui lui disent de jeter par-dessus bord toutes ses croyances; elle suivra moins encore la voix de ceux qui voudraient lui persuader que le dernier mot de la religion a été prononcé au récent concile du Vatican. Elle réagira aussi contre cette doctrine fataliste d’après laquelle la direction religieuse de l’humanité aurait passé, avec l’hégémonie politique et sociale, des peuples de race latine aux peuples de race germanique ou anglo-saxonne. Certes, nous ne demandons pas à la France de se faire protestante, et nous laissons à d’autres le soin de lui rappeler ce qu’elle a perdu en repoussant la Réforme au seizième siècle et en proscrivant ses fils au dix-septième. Qu’elle renoue simplement avec les propres traditions de son passé et que, appliquant à- son ancienne foi les méthodes nouvelles, elle redevienne ce qu’elle a été jadis dans la fleur de ses héros: le pays des fortes études, des mœurs austères et de la propagande enthousiaste de l’Évangile!

Encyclopédie des sciences religieuses: Cabale

Article de l’Encyclopédie des sciences religieuses de 1877–


La théosophie juive appelée la Cabale se donne pour une révélation communiquée par Dieu à Abraham, selon les uns, à Adam, selon d’autres, et transmise ensuite par une chaîne non interrompue d’initiés. C’est de là que vient le nom par lequel on la désigne, le mot hébreu Cabbala signifiant tradition, ou ce qui se conserve par tradition, du verbe cabal qui, au pihel qibbel, a le sens de recevoir par transmission. Cette légende mise de côté, on peut regarder comme certain que les spéculations philosophiques qui composent la Cabale commencèrent à se former pendant le siècle antérieur à l’ère chrétienne, et ne furent enseignées pendant longtemps que de vive voix et sous le sceau du secret, à un petit nombre de disciples.

Il est fait mention en effet dans la Mischna de la Maassé Bereschith, interprétation allégorique du récit de la création dans le premier chapitre de la Genèse, et de la Maassé Mercaba, interprétation également allégorique de la vision du chariot, rapportée au chapitre premier d’Ezéchiel (c’est le thème et la base même de la Cabale), et il y en est parlé comme d’une doctrine secrète, qu’il n’est permis d’expliquer qu’à une ou deux personnes seulement, et encore après s’être assuré de leur caractère et de leur intelligence (Chagiga, 11,2. On sait d’un autre côté que, dans le courant du siècle antérieur à l’avènement du christianisme, il s’éleva dans la Judée des plaintes sur l’abus, qu’on faisait du premier chapitre de la Genèse et du premier d Ezéchiel, et que, pour mettre un terme à des explications qu’on regardait sans doute comme dangereuses pour les opinions reçues, on prit le parti d’interdire la lecture de ces deux passages de la Bible à quiconque n’avait pas atteint 1’âge de raison (trente ans). Ces plaintes se rapportaient évidemment à la Cabale naissante, et la mesure qu’on prit avait pour but d’en arrêter ou du moins d’en rendre plus difficile la propagation.

La plus ancienne exposition par écrit qui soit connue de cette théosophie, se trouve dans un petit ouvrage d’une douzaine de pages à peine, portant le titre de Sepher Jetzira (Livre de la création). La langue en est un hébreu qui est tout à fait analogue à celui de la Mischna. Cette circonstance semble une preuve décisive que cet opuscule fut composé de la fin du second siècle avant Jésus-Christ au commencement du troisième de l’ère chrétienne. On l’attribue d’ordinaire à Akiba (mis à mort en 135); mais il est difficile de croire que ce rigide et fougueux docteur de la Loi ait été d’un caractère à se plaire à la culture d’abstractions spéculatives telles que celles dont le ( Sépher Jetzira ) est rempli.

Cet écrit se compose d’une série d’affirmations, dont le maître donnait sans doute l’explication à ses disciples dans des leçons orales, mais qui ne seraient pour nous que des énigmes indéchiffrables, si nous n’avions pour nous guider d’un côté les commentaires qu’on en a faits et d’autres ouvrages plus développés dans lesquels des cabalistes postérieurs ont exposé la doctrine de leur école, et d’un autre côté les systèmes, fort nombreux d’ailleurs, dans lesquels, en d’autres temps et d’autres lieux, on a présenté avec plus de clarté des conceptions du même genre.

Cette théosophie appartient en effet à la famille des systèmes philosophiques qui, identifiant les lois qui régissent le monde(ordo et connexio rerum) avec les règles logiques d’après lesquelles s’enchaînent les conceptions de l’esprit humain (ordo et connexio idearum), veulent expliquer tout ce qui existe par une évolution de l’Être, et d’après lesquels il n’existe que l’Etre et ses diverses manifestations, Deus et modi essendi Dei, selon l’expression. de Spinosa.

Avec ces secours on peut espérer de saisir, sinon peut-être le sens de tous les détails, du moins la marche générale des doctrines de la Cabale. Le Sépher Jetzira se divise en deux parties. La première porte ce titre spécial:Les trente-deux voies de la sagesse. Elle a pour but de décrire l’évolution de l’Être (de Dieu) en lui-même, c’est-à-dire de montrer comment l’Être, qui n’est pas cependant encore l’Etre, mais qui est ce qui peut le devenir, prend conscience de lui-même, ou, dans un langage plus conforme à ce genre de systèmes, comment l’Etre virtuel passe à l’état d’Être réel, ou bien encore, comment l’indéterminé en hébreu a i n,(nihil) arrive à se déterminer comme principe unique de tout ce qui peut et doit exister (le Zohar fait remarquer que ¨Dieu en soi n’est rien de déterminé et qu’il est même, en dehors de ce que dans le langage humain on appelle quelque chose¨) .

La seconde partie porte plus particulièrement le titre de Sépher Jetzira (Livre de la création), et c’est en effet ici que commence ce que dans le langage vulgaire on appelle la création, c’est-à-dire la série des manifestations de Dieu. Il y est question de l’évolution de l’Être en dehors de lui-même, si on peut ainsi dire, puisque dans le système il n’y a rien en dehors de l’Être ou de Dieu; ou, en d’autres termes, on y décrit comment s’opèrent les manifestations de Dieu, sous les formes diverses des êtres et des choses dont l’ensemble compose l’univers, autant dans le monde intelligible que dans le monde sensible.

L’Être, une fois qu’il a pris possession de lui-même par les trente-deux voies de la sagesse, se manifeste d’abord comme pensée et comme parole. Comme pensée (les dix séphiroth, decem enumerationes, symbole de l’abstrait), il est l’intelligible en général, c’est-à-dire la conception de l’ensemble de tout ce qui peut être; et comme parole (les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, éléments du langage), il est non plus seulement la conception d’ensemble de toutes les idées générales, mais ces idées générales elles-mêmes, se distinguant les unes des autres par des caractères spéciaux, c’est-à-dire par des noms qui expriment ces caractères divers et qui sont formés de combinaisons diverses des lettres de l’alphabet.

Il y a évidemment ici deux manières d’être, sinon entièrement différentes, du moins distinctes. La Cabale les séparera plus tard l’une de l’autre, et en fera deux phases successives, non quant au temps, mais quant à l’ordre logique, de l’évolution descendante de l’Etre. Mais confondues ou séparées, elles sont en somme l’équivalent de ce qu’on appelle dans le langage platonicien (qui sur ce point est aussi celui de Philon), le monde intelligible ou suprasensible. Puis ces conceptions idéales, représentées dans leur généralité abstraite par les dix séphiroth, et dans leurs déterminations en idées de genre par les vingt-deux lettres de l’alphabet, se reproduisent à leur tour, à un degré inférieur de l’existence, sous la forme de ce que dans la philosophie platonicienne on désigne sous le nom de monde sensible, c’est-à-dire sous les formes infiniment variées des êtres individuels et des choses particulières. L’évolution de l’Être s’arrête ici; au-dessous de ce modus essendi Dei, de cette forme d’existence du principe de vie, il ne peut y en avoir d’autres. On comprend en effet que, dans un système qui considère l’ensemble de tout ce qui existe comme une série descendante de déterminations de plus en plus précises de ce principe, l’évolution de l’Être ait atteint sa dernière limite quand elle est arrivée à ce qu’il y a de plus précis, de plus étroitement déterminé, savoir les êtres individuels et les choses particulières. Telle est cette théosophie dans le Sépher Jetzira.

En un certain sens, ce n’est encore qu’une ébauche. Le principe, la méthode et le cadre en sont déjà clairement indiqués; mais il y manque bien des traits qu’on s’attendrait à y trouver, entre autres l’importante question de la destinée humaine qui n’y est pas même touchée. Ces détails et bien d’autres encore y furent ajoutés plus tard, probablement peu à peu; ils se présentent dans l’exposition bien plus développée qui est faite de ce système dans l’ouvrage connu sous le nom de Zohar (l’éclat, la lumière), titre qui dérive certainement de Daniel XII, 3.

Sous sa forme actuelle, le Zohar est un recueil de dix- neuf ouvrages, désignés chacun par un titre spécial, dus à des auteurs différents et probablement de diverses époques, retouchés peut-être à plusieurs reprises, et n’ayant entre eux d’autre lien que la doctrine qui en fait le fond commun. On l’attribue à Simon ben Jochaï, disciple d’Akiba; mais il est de beaucoup postérieur au Sépher Jetzira; on en a pour preuve la langue dans laquelle il est écrit et qui est celle des rabbins du moyen âge. Dans leZohar, c’est toujours, comme dans le Sépher Jetzira, l’Etre qui, absolument indéterminé dans le principe, se détermine d’abord lui-même et se manifeste ensuite en des modes d’existence décroissants, semblable (comparaison fréquemment employée par les cabalistes) à une lumière dont l’éclat diminue à mesure qu’elle s’éloigne davantage de son foyer, ou encore (comparaison moins familière toutefois aux adhérents de ce système) à des forces émanant les unes des autres, mais s’affaiblissant graduellement et dans la même proportion qu’elles sont plus loin de leur point de départ. Mais tandis que, dans le Sépher Jetzira, la décroissance dans les modes d’existence ou de manifestation de l’Être s’opère en trois moments, le Zohar, serrant de plus près le principe général de son système, dédouble le second, qui, dans le Sépher Jetzira, se compose de la pensée et de la parole, et nous parle de quatre mondes différents et successifs. C’est d’abord le monde des émanations (`ôla m etsiloth, du verbe ‘atsul, qui au pihel et s’il signifie emanare ex alio et se ab illo separare certo modo), c’est-à-dire le travail intérieur par lequel le possible (ai n, nihil) devient réel (les trente-deux voies de la sagesse du Sépher Jetzira). C’est ensuite le monde de la création (olam beria, du verbe bara, qui au pihel signifie sortir de soi-même, excidit), c’est-à-dire le mouvement par lequel l’Être, sortant de son isolement, se manifeste comme esprit en général, sans qu’il s’y révèle encore la moindre trace d’individualité; le Zohar désigne ce monde comme le « pavillon qui sert de voile au point indivisible et qui, pour être d’une lumière moins pure que le point, était encore trop pur pour être regardé ».

Le troisième monde est celui de la formation (olam jetzira, du verbe jatsar, fingere, façonner, qui au pihel a le sens passif deformari), c’est-à-dire le monde des esprits purs, des êtres intelligibles, ou le mouvement par lequel l’esprit général se manifeste ou se décompose en une foule d’esprits individuels, distincts les uns des autres.

Enfin, le quatrième monde est celui de la production (‘olam assija, du verbe assa, faire, au pihel conficere), c’est-à-dire l’univers ou le monde sensible. Le Sépher Jetzira avait décrit comment se fait l’évolution de l’Etre, « par un mouvement qui descend toujours,» depuis le plus haut degré de l’existence jusqu’au plus bas; il n’avait pas parlé de ce qui arrive ensuite, soit que la Cabale n’eut point encore porté là-dessus ses méditations, soit qu’on n’eut pas jugé convenable d’en faire mention. LeZohar nous apprend que le mouvement d’expansion de l’Etre est suivi d’un mouvement de concentration en lui-même. Ce mouvement de concentration est même le but définitif de toutes choses.

Les âmes (les esprits purs), tombées du monde de la formation dans celui de la production, rentreront dans leur patrie primitive, quand elles auront développé toutes les perfections dont elles portent en elles-mêmes le germe indestructible. Si elles ne peuvent accomplir cette tâche dans une première existence terrestre, elles en recommenceront une seconde, et après celle-ci, d’autres encore, jusqu’à ce qu’elles aient acquis toutes les vertus qui leur sont nécessaires. C’est ce qui est appelé le monde ou le cercle de la transmigration.

Cette idée n’est pas mentionnée dans le Sépher Jetzira; Philon ne s’en fait qu’une idée vague et incertaine, mais elle occupe une place importante dans la théosophie de Plotin (elle se retrouve dans les Triades bardiques, qui la tenaient, sans le moindre doute, d’Origène).

Ce ne sont pas seulement les âmes humaines qui, après être tombées dans ce bas monde, doivent remonter au point d’où elles sont parties, et de là plus haut encore, dans l’âme universelle, et enfin dans le sein du principe premier; tout est destiné à rentrer dans le nom ineffable. Samaël lui-même (le prince des mauvais esprits) retrouvera son nom et sa nature d’ange. De ce nom mystique, la première moitié disparaîtra (sam, qui signifie poison), et il ne lui restera plus que la seconde partie (el, qui signifie puissant, ange, Dieu). Cette réabsorption de l’Être en lui-même est l’expression de la doctrine du rétablissement final; c’est le couronnement de la théosophie de la Cabale.

Ce développement de la doctrine cabalistique, continué depuis le Sépher Jetzira jusqu’au Zohar, fut bien certainement en grande partie le résultat d’un travail intérieur qui s’accomplit dans le sein de cette école; mais on ne saurait douter qu’il n’ait été produit aussi en partie par quelque influence de la théosophie judéo-alexandrine. Le philonisme, en particulier, semble avoir été largement mis à contribution.

La psychologie du Zohar présente une ressemblance frappante avec celle de Philon. Dans l’une et dans l’autre, l’intelligence de l’homme est faite à l’image de Dieu, et dérive du principe premier, directement, sans l’intervention d’aucun intermédiaire; et dans l’une et dans l’autre, c’est à cette circonstance qu’elle doit de posséder la liberté morale et l’immortalité. La préexistence des âmes, leur chute dans le monde sensible et dans la prison du corps, la nécessité pour elles d’un relèvement sont des doctrines communes à la Cabale du Zohar et à la théosophie judéo-alexandrine tout entière.

Enfin, la légitimité, disons mieux, la nécessité d’une interprétation allégorique des saintes Écritures se fonde pour l’une et pour l’autre sur les mêmes considérations, et ces considérations ne se trouvent alors nulle autre part. « Les récits de la Loi, dit leZohar, sont le vêtement de la Loi. Malheur à celui qui prend ce vêtement pour la Loi elle-même. Il y a des commandements qu’on pourrait appeler le corps de la Loi; les récits de faits vulgaires qui s’y mêlent sont les vêtements dont le corps est recouvert.

Les simples ne prennent garde qu’aux vêtements ou aux récits de la Loi; ils ne voient pas ce qui est caché sous ces vêtements. Les hommes plus éclairés font attention, non au vêtement, mais au corps qu’il enveloppe. Enfin les sages, les serviteurs du roi suprême, ceux qui habitent les hauteurs du Sinaï, ne sont occupés que de l’âme, qui est la base de tout le reste, qui est la Loi elle-même. » Aristobule (Eusèbe PrӔpar. evang., VIII, 10) et Philon (De opif. mundi, §§ 14 et 56; De Abrah., §§ 1-12;De congressu, §§ 8-31 De prӔmiis et pünis, §11, etc.; de Leipzig, 1828), s’expriment sur ce sujet en des termes presque identiques. Ce n’est pas à dire sans doute que la Cabale ait eu besoin des leçons et de l’exemple de la théosophie judéo alexandrine pour se mettre à interpréter allégoriquement l’Ecriture sainte. Ce serait une erreur profonde.

Cette méthode d’interprétation a été pratiquée à la fois et dès le principe par les deux écoles. Mais il pourrait bien se faire que les cabalistes aient appris des judéo alexandrins à la justifier et à la légitimer aux yeux de la raison. S’il y a eu des emprunts ou, si l’on aime mieux, des imitations, on ne saurait s’en étonner. La Cabale et la théosophie judéo alexandrin sont deux mouvements philosophiques parallèles et correspondants. L’un a été dans la Judée exactement ce que l’autre a été à Alexandrie. Ils vont dans le même sens; ils se sont produits l’un et l’autre sous la pression des mêmes besoins de l’intelligence et du sentiment religieux, et en grande partie par réaction contre la réglementation à outrance qui était l’oeuvre des écoles pharisiennes.

Il convient sans doute de tenir compte de l’action de la philosophie grecque sur la formation de la théosophie judéo alexandrine, quoiqu’il ne soit pas prouvé que cette philosophie ait été entièrement inconnue à l’auteur du Sépher Jetzira(comparez les trois termes pas lesquels se termine le § 1 du chap. I de la seconde partie de ce livre avec Métaph. d’Aristote, liv. XII, ch. 7; M. Franck tient cependant ces trois termes pour une interpolation); mais d’un côté il faut bien reconnaître que, s’il n’y avait pas eu dans la classe éclairée des juifs d’Alexandrie une certaine tendance philosophique, le platonisme n’aurait pas exercé sur elle une bien profonde impression; et d’un autre côté, on ne saurait admettre que la théosophie judéo-alexandrine soit exclusivement le produit de la philosophie grecque.

La théorie des êtres intermédiaires entre Dieu et le monde (la sagesse de la Sapience, les vertus divines d’Aristobule, le Logos de Philon), théorie qui est le point central de cette théosophie, lui vint incontestablement des écoles palestiniennes. Du moment que, pour prévenir les fausses notions qu’auraient pu donner de la nature spirituelle de Dieu, les théophanies, les anthropomorphismes et les anthropopathies qui abondent dans l’Ancien Testament, comme d’ailleurs dans tous les documents religieux des âges primitifs, on eut substitué à l’action immédiate de Dieu celle d’agents divins dérivés et subordonnés, la voie fut ouverte à la doctrine de l’émanation et celle de l’évolution du principe premier qui n’en est qu’une conception à la fois plus simple et plus logique. Il ne fallait, pour y entrer résolument qu’un esprit spéculatif, et les esprits de ce genre ne manquent jamais dans les temps et dans les lieux où le sentiment religieux domine exclusivement. Ces êtres divins subordonnés et agents du principe premier devinrent, dans la Judée, les séphiroths de la Cabale, tandis qu’à Alexandrie ils furent identifiés avec le monde intelligible de Platon (comme aussi avec les dieux fils de Dieu du Timée de ce philosophe).

La Cabale (et en même temps l’essénisme, qui offre des analogies manifestes avec elle) et la théosophie judéo-alexandrine eurent certainement une même origine; elles sortirent, l’une aussi bien que l’autre, du travail religieux et moral qui s’accomplit parmi les juifs dans les deux siècles antérieurs à l’avènement du christianisme, avec cette différence toutefois que la connaissance plus approfondie que les théosophes judéo-alexandrins eurent de la philosophie grecque leur permit de rattacher leurs spéculations à des systèmes bien connus, ce qui nous en rend l’intelligence plus facile, tandis que les cabalistes ne purent exposer leurs doctrines que sous la forme lyrique et métaphorique, propre à leur langue et à leur race et fort éloignée de nos habitudes d’esprit, de sorte que l’étrangeté du fond s’augmente encore de l’étrangeté du langage.

Toutes les théosophies donnent dans la théurgie et la magie. Ce travers est dans la nature même des choses. Quiconque, en effet, se flatte de posséder la connaissance parfaite des secrets de Dieu est invinciblement enclin à s’attribuer une puissance réelle sur ses oeuvres. La Cabale n’a pas fait exception à cette règle générale. Mais il n’y a pas lieu d’insister ici sur ces superstitions. Il suffit de faire remarquer que plusieurs de ses doctrines y conduisaient inévitablement. C’est ainsi que, en considérant l’homme comme un abrégé de l’univers (microcosme), elle admettait qu’il y a des rapports directs entre les différentes parties du corps humain et les différents corps célestes, et que par là se trouvait légitimée la croyance à l’astrologie judiciaire.

Quant aux procédés artificiels, désignés par les noms de thémoura, guématria et notaricon, procédés dont les cabalistes juifs se sont servis parfois, sinon pour chercher dans l’Ecriture sainte des sens cachés différents du sens littéral, du moins pour justifier et faire valoir ceux qu’ils s’imaginaient y avoir découverts, ce n’est qu’un détail sans importance réelle dans le système et l’histoire de la Cabale; l’emploi de ces procédés bizarres n’a pas été exclusivement propre aux adeptes de cette théosophie; on peut d’ailleurs s’en faire une idée exacte par ce qui en est dit dans la Palestine, par Munk, p. 520 et 521, et dans l’Encyclopédie de Herzog, t. VII, p. 204 et 205.

Sur les principaux adhérents de cette théosophie parmi les juifs, on peut consulter l’Encyclopédie de Herzog, t. VII, p. 203, et parmi les chrétiens, ibid., t. VII p. 205 et 206. La Bibliotheca judaica de J. Fürst, t. I, p. 16, 27- 29 et 93, et t. III, p.160 et 329-335, donne une liste complète des diverses éditions du Sépher Jetzira et du Zohar, et l’indication d’un grand nombre d’ouvrages sur la Cabale.

Qui est Joyce Meyer ?

Joyce Meyer est née en 1943 aux États-Unis. Elle a vécu une enfance difficile, avec des abus terribles et multiples de la part de son père. Elle s’est relevée grâce à sa foi en Dieu et la découverte de son identité en Christ. Mariée, elle a 4 enfants et habite dans le Missouri. Elle est auteur de plusieurs livres vendus à des millions d’exemplaires. Elle tient également une émission télévisée, qui, comme ses livres ou ses conférences, se répandent partout dans le monde. Comme le dit son site, « elle enseigne sur de nombreux thèmes, particulièrement sur l’esprit, les paroles, l’humeur, les attitudes »[1].

Joyce Meyer a un ministère prospère, et beaucoup de gens entendent parler de Dieu grâce à elle. Mais il faut être conscient de ce qu’elle enseigne…

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