Ce texte est une mise en ligne de notre périodique, La RD2010-04

Le pasteur qui ne s’interesse pas “aux détails”
Photo : Time magazine du 18 août 2008

que le prophète qui a eu un songe raconte ce songe,
et que celui qui a entendu ma parole
rapporte fidèlement ma parole.
Pourquoi mêler la paille au froment ?
Dit l’Éternel..
Jér. 23:28

Le blé et l’ivraie
– Illustration tirée du livre de RickWarren
Purpose Driven Life page 4

Éditorial

Le pasteur américain Rick Warren fait partie des personnalités les plus influentes aux États-Unis. Il est le fondateur de l’église de Saddleback, en Californie, qui compte 25.000 membres. Son livre Une vie motivée par l’essentiel1 s’est vendu à plus de 25 millions d’exemplaires et a été l’outil de la campagne Quarante jours pour l’essentiel utilisé par de nombreuses églises évangéliques en France. Rick Warren a également été choisi par le président Barak Obama pour prononcer la prière lors de son investiture.

Il ne fait nul doute qu’un homme qui suscite autant d’éloges du monde entier, ainsi que ses écrits, mérite toute notre attention, car la Bible nous avertit :

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. (2Tim. 4:3-4)

Pour ceux qui n’auraient pas lu les livres de Rick Warren ou qui n’en auraient pas fait une étude approfondie, nous reproduisons ici trois analyses du livre, Une vie, une passion, une destinée

  • par Pierre Oddon, (basée sur la traduction française – “améliorée” – du livre)
  • un extrait du dernier livre de W. Smith:
    Une Tromperie Merveilleuse, et Une vie motivée par l’essentiel par Scott Mc Carty qui nous présentent la vraie nature du message de Rick Warren.
    PS: Les analyses basées sur les versions anglaises du livre dévoilent une terminologie hérétique. Les retouches entre éditions / traductions conduisent à des conclusions plus critique qu’avec la version française ou allemande du livre.

P. de Bernard


Une vie, une passion, une destinée: Étude de Pierre Oddon

Pierre Oddon est auteur, conférencier et membre du comité directeur de Vigi-Sectes.

1. Ma position

Après avoir été personnellement formé — ou déformé —, par mille commentaires, la lecture et l’étude de la Parole de Dieu se sont imposées à moi vers l’âge de 45 ans comme seuls fondements d’une édification solide. Après plus de 20 ans de pratique je pense que c’est la meilleure approche de la Parole de Dieu. Quelques bons commentaires bibliques pourront, après et uniquement après, jouer le rôle de contrôle et d’enrichissement de nos propres découvertes. Je crois profondément que

Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre. (2 Tm 3:16-17)

2. Mes réticences

Les livres de recettes du genre de celui de Rick Warren, ne m’intéressent pas:Je ne crois pas aux techniques rapides qui transforment un canasson en cheval de course en 40 jours ni aux conversions qui consistent à « nouer des liens d’amitié avec Dieu » en prenant « un nouveau départ » (p106) qui est censé vous amener au ciel en faisant l’économie de la repentance et de la justification par la foi en Jésus Christ.

Plus on présente ces méthodes comme exceptionnelles, plus elles me paraissent suspectes. La conversion, quoique pas toujours instantanée, est un événement historique, auquel on peut se référer ; comme l’aveugle-né guéri par le Seigneur tous les authentiques croyants peuvent dire :

Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois ! (Jn 9);

la croissance spirituelle, quant à elle, me semble devoir suivre les règles divines de la croissance naturelle. Quelqu’un a dit : « si votre foi grandit comme un champignon, elle sera à peu près aussi solide. »

Des milliers de personnes assurent avoir été bénies par la lecture de ce livre répandu à plus de 25 millions d’exemplaires. Soit ! Mais qu’appelle-t-on au juste « bénédiction » ? Il y a des millions de personnes qui affirment avoir été bénies par la lecture des livres des Témoins de Jéhovah : de nombreux fumeurs ne fument plus ; des adultères ne trompent plus leurs femmes etc… et ces fruits sont incontestables. Ce n’est pas pour autant qu’ils démontrent le bien fondé des enseignements des Témoins de Jéhovah !

3. Quitter la liberté pour l’esclavage

Dans un autre de ses livres RW (pour Rick Warren) précise :

« Tous ceux qui désirent adhérer doivent suivre un cours pour se préparer à devenir membres, et ils doivent signer un contrat d’alliance. Les membres s’engagent par là à participer financièrement, à servir dans le cadre d’un ministère, à partager leur foi, et à suivre les responsables… Ceux qui ne respectent pas ce contrat d’alliance perdent la qualité de membres … » (The Purpose Driven Church, page 54, trad. Libre).

Vous êtes donc prévenus. Voici les possibles résultats de votre lecture :

• Vous quitterez votre assemblée pour signer « un contrat d’alliance » dans une « Église RW ». Vous ne quitterez pas votre assemblée parce qu’elle est infidèle à la Parole de Dieu, mais seulement parce qu’elle n’accepte pas le livre et les méthodes de RW… Vous pourrez aussi susciter une division dans votre église locale et diviser les enfants de Dieu rassemblés au lieu de réunir les enfants de Dieu dispersés (Cf. Jn 11:52).

Cela ne vous gêne-t-il pas quelque part ? Le fait qu’un livre, quel qu’il soit, supplante la Parole de Dieu, est pourtant un indicateur qui ne trompe pas.

• Vous devrez, obligatoirement, accepter une formation alors que vous ne participez peut-être pas aux études bibliques de votre église. Pourquoi ?

• Vous devrez, obligatoirement, remplacer votre participation volontaire à la collecte hebdomadaire de l’Église (1 Co 16.2) par un gros chèque représentant le 10% de vos revenus. Si cela est si bon pourquoi ne le faites-vous pas aujourd’hui sans y être forcé par un contrat signé ? (cf p 76).

• Vous allez vous engager à ne rien critiquer du système RW pour rester dans « l’unité ecclésiale », alors qu’aujourd’hui vous ne vous privez pas de critiquer votre assemblée. Pourquoi ?

• Vous allez vous engager par écrit à suivre ces nouveaux responsables que vous ne connaissez pas alors que vous avez peut-être été incapable de vous soumettre à vos actuels dirigeants. Pourquoi ? Que s’est-il donc passé ?

Avant de vous engager dans cette voie d’esclavage je vous conseille de vous placer devant le Seigneur dans la prière et de lire attentivement, et plusieurs fois, l’épître aux Galates… Et en particulier ce verset :

« Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant; tenez-vous donc fermes, et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude. » (Ga 5.1)

… par un homme … ou par un système.

4. Je jette l’éponge

Pressé par plusieurs demandes j’ai profité de quelques jours de vacances pour entreprendre une lecture a priori facile et longue, qui s’est avérée finalement longue et fastidieuse à cause des constants contrôles et réflexions auxquels les affirmations de RW m’ont contraint.

Plutôt que de passer le reste de mes vacances à lire le livre en entier je déclare forfait au chapitre 13 car il n’est pas indispensable de boire un tonneau entier de vinaigre pour se rendre compte que ce n’est pas du bon vin. Heureusement que je n’avais pas signé le pacte [!] demandé en page 10 car j’aurais du boire le contenu du tonneau jusqu’à la dernière goutte. (Ps 15.4)

Les remarques qui suivent ne concernent donc que les 13 premiers chapitres et l’Appendice 2 auquel la page 9 renvoie.

5. À qui RW s’adresse-t-il ?

J’ai été très gêné par une ambiguïté constante car, au tiers du volume, je ne sais toujours pas à qui ce livre s’adresse : Aux chrétiens (= convertis) ou aux non-chrétiens (= non convertis).

Une réponse simple est de dire : « aux deux » ! Rassurez-vous, j’y ai pensé, mais cette imprécision est très regrettable car elle génère un flou et un malaise ; je n’ai pas trouvé, dans l’enseignement de RW, une différence nette entre une personne convertie et une personne inconvertie : les conseils donnés semblent être pour tous indifféremment.

Sur 40 chapitres d’un livre de 350 pages qui a la prétention de présenter « le plan prodigieux de Dieu pour vous » (p. 4 de couverture), n’y a-t-il aucune place pour la proclamation claire de l’évangile ? N’y a-t-il aucune place pour un chapitre qui nous parlerait de la réconciliation avec Dieu par la foi au sang répandu à Golgotha ? Un chapitre qui établirait clairement les bases d’un nouveau départ ? Un « avant » et un « après » ?

Ainsi les premiers chapitres pourraient traiter le thème du salut puis, dans une progression logique, le thème de la vie chrétienne. Mais il n’en est pas ainsi. Vu l’érudition de RW et sa maîtrise des techniques de communication, il est difficile de penser que c’est un oubli, il ne reste donc que la possibilité d’une volonté arrêtée et cela m’interpelle profondément.

Si l’enseignement donné est pour des personnes converties, « mortes et ressuscitées avec Christ », marchant par l’Esprit, le livre peut générer quelques progrès dans le chemin de la sanctification et de la consécration, car il contient de bonnes choses et des idées intéressantes.

Si l’enseignement est pour des personnes non converties « mortes dans leurs fautes et leurs péchés », alors l’enseignement donné fait croire que le salut est par les œuvres (pratiques, techniques, méditations, nouveau départ …) et c’est une immense tromperie. Soyons clairs : l’homme naturel le plus aimable n’est pas un « ami de Dieu » mais un « ennemi de Dieu » (Rom 5:10)

On comprend bien qu’on ne peut appliquer des promesses ou des exhortations à des personnes inconverties alors qu’elles s’adressent à des enfants de Dieu !

POURTANT CETTE AMBIGUITE CONSTANTE M’APPARAIT COMME UNE CARACTERISTIQUE FONDAMENTALE DU LIVRE ET DU MESSAGE

Dans un livre qui prétend être un cheminement de la mort à la vie, je n’ai pas trouvé — dans les 13 premiers chapitres — une notion claire de la perdition de l’homme, de la nécessité de la conversion et de la repentance, de l’acceptation personnelle de Jésus comme Sauveur, de la nécessaire réconciliation avec Dieu par l’œuvre de la croix.

Pourtant, de beaux versets bibliques, sont parfois cités mais je doute qu’ils permettent au lecteur inconverti de comprendre qu’il est perdu et qu’il a besoin d’un Sauveur.

Bien que mentionnée au moins 2 fois la croix de Jésus Christ apparaît plus comme un fait historique lointain qu’un passage obligé actuel pour le salut personnel. Le livre présente des techniques pour se rapprocher de Dieu et devenir l’ami de Dieu (p 93ss), que vous soyez converti ou pas, votre vie doit être une adoration constante, car « c’est l’idéal de Dieu » (p 95)

Dans l’encadré initial il est écrit : « Le Seigneur désire ardemment que vous découvriez la vie qu’il a prévue pour vous – ici sur terre et pour toujours dans l’éternité » (p5) et « Ce livre vous aidera à comprendre pourquoi vous vivez », (p 4 de couverture) ; il s’adresse donc à des inconvertis.

Mais tout de suite après

« C’est un guide de vie chrétienne pour les chrétiens du XXIème siècle » (page 4 de couverture) ;

Il s’adresse donc à des convertis : L’ambiguïté est établie en principe.

6. Citations de la Bible

La présentation ne facilite pas le contrôle

Volontaire ou pas la présentation du livre est un obstacle pour la vérification du bien-fondé des citations :

Les références ne sont, ni à la suite des citations, ni en bas de page, ni en fin de chapitre, mais en fin de volume. Cela montre, certes, qu’il y a beaucoup de versets cités, mais c’est aussi une complication pour celui qui, chaque fois, veut contrôler le texte exact. 

De la même façon vous ne pouvez pas savoir (sans contrôler à la fin du livre) quelle traduction est utilisée, ni si c’est une traduction littérale ou paraphrasée.

Approche inductive ou déductive ?

« Le meilleur moyen de comprendre le plan de Dieu pour votre vie consiste à laisser les Écritures parler d’elles-mêmes. Aussi la Bible est-elle citée constamment dans cet ouvrage … » (p 9)

Cette approche, annoncée « inductive », est un principe excellent mais je ne l’ai pas vue appliquée dans ce livre. De très nombreuses fois j’ai constaté que les citations de la Bible ne servaient qu’à étayer les affirmations de l’auteur, ce que RW reconnaît par ailleurs (Approche déductive) (Voir un peu plus bas le paragraphe « changement de principe »)

Voici un exemple:

« Apporter du plaisir à Dieu s’appelle l’adoration » (p68) Cette nouvelle définition n’est pas le résultat ou l’aboutissement d’une étude biblique sur cette question : c’est une affirmation gratuite de l’auteur.

Un verset est cité pour appuyer la déclaration : « Le plaisir de l’Eternel est en ceux qui le craignent, en ceux qui s’attendent à sa bonté ». Mais en quoi cela démontre-t-il l’affirmation de RW ?

Pourtant cette « définition » très personnelle est développée maintes fois et est considérée comme définitivement établie:

– L’adoration est un mode de vie (p69)
– Si vous dédiez votre travail au Seigneur… votre tâche deviendra un acte d’adoration (p 72)
– Tout acte d’obéissance constitue une manifestation d’adoration (p 77)
– Le cœur de l’adoration est la soumission (p 81)

La véritable adoration … se produit quand vous vous offrez totalement au Seigneur (p 82) (converti ou inconverti ?)

Pourtant une bien meilleure « définition » de l’adoration est donnée (p 77), mais cette fois seulement en rapport avec la louange :

« Nous louons le Seigneur pour ce qu’il est et nous le remercions pour ce qu’il a fait »

Je pense qu’il y a un mélange volontaire entre 2 notions liées aux mots grecs utilisés par l’Esprit de Dieu dans le NT: l’adoration (En grec : se prosterner, faire le chien couchant devant … Mt 4.10 etc.) et rendre culte/servir (Rm 12.1 etc.) qui est utilisé pour toutes sortes de services.

Des raisons pas raisonnables  (p 345)

« Au départ, lorsqu’elle a été écrite, la Bible a compté onze mille deux-cents-quatre-vingts termes hébreux, araméens et grecs, alors qu’une traduction française classique n’en contient qu’environ 6000. Donc des nuances et des aspects du sens originel du texte peuvent nous échapper » 

Ces déclarations me paraissent fantaisistes. l’impressionnante précision des 11.280 termes employés pourrait se discuter lorsque l’on connaît la complexité de la reconstitution des textes originaux à partir des différentes sources disponibles.

De plus, la langue française possède environ 100.000 mots; la traduction « en français courant » a fait un effort de simplification – par rapport aux traductions courantes – en se limitant à environ 30.000 mots. Une seule traduction fait exception:la Bible « en français fondamental »:Elle réalise « l’exploit » de faire une traduction compréhensible en utilisant seulement 3.500 mots. Que, dans cette édition destinée à des personnes peu lettrées, on perde la richesse de l’original, j’accepte; mais, pour les autres, le problème est inverse:Quel terme employer alors que l’unique terme hébreu correspond à plusieurs possibilités en français ?

Mais ce qui est plus étonnant, c’est qu’on fasse la somme des termes de 3 langues sources différentes pour la comparer à la somme des termes d’une seule langue cible ! Ce n’est pas sérieux. Si, avec le même genre de méthode, pour avoir un ordre de grandeur, on divise les 11.280 termes par 3, on arrive à 4.000 mots en moyenne pour les langues sources, (ce qui est certes inexact, le grec étant plus riche que l’hébreu) c’est à dire 1/3 de moins que le nombre – largement minoré – de la langue cible ! Et, sur ces mêmes bases fragiles d’analyse, la conclusion deviendrait le contraire de ce qui était affirmé. On pourrait, par exemple, écrire : « compte tenu de la richesse des langues cibles par rapport aux langues originales, nous pouvons donner plus de nuances que n’en comportaient les textes originaux ». Mais sont-ce là des approches acceptables ? Je ne le pense pas.

Changement de principe ? (p 345)

« Je n’ai pas toujours cité la totalité du verset, mais je me suis concentré sur le membre de phrase APPROPRIE, suivant en cela le modèle de Jésus et des apôtres qui reprenaient ainsi des passages de l’Ancien Testament. Ils citaient souvent une seule phrase POUR ETAYER LEURS PROPOS ».

Il est vrai que le Seigneur et les apôtres inspirés ont parfois cité des parties de verset de façon quelque peu déroutante. C’était dans la dépendance de l’Esprit de Dieu, mais lorsque j’expose les règles de l’herméneutique je ne présente pas cela comme une règle générale à appliquer, mais comme une exception au principe évident de citations faites dans leur contexte. Ne pas en tenir compte c’est la porte ouverte à toutes sortes d’excès, la possibilité de pouvoir justifier n’importe quoi.

Illustrons la méthode par un exemple: (sans rapport avec l’ouvrage de RW)

Affirmation (fausse) :

Pendant le temps de l’Église l’homme est justifié en accomplissant la loi de Dieu.

Le verset pour étayer :

« Ce sont ceux qui accomplissent la loi qui seront justifiés » (Rom. 2:13)

Ajoutez un renvoi en fin d’ouvrage (pour que vous ne puissiez pas vérifier immédiatement que le verset cité est en Romains 2 (et que la conclusion du chapitre est exactement l’inverse) et vous avez tous les ingrédients pour manipuler qui vous voulez.

Après avoir donné le bon conseil de « laisser les Écritures parler d’elles-mêmes » (p 9) RW présente un principe qui « fait parler l’Écriture » pour étayer ses propos (p 345) ! Cela génère une légitime suspicion.

Utilisation de plusieurs traductions (p 345)

Je suis loin d’être contre le principe de l’utilisation de différentes traductions, puisque j’en ai 40 sur mon bureau et que je les consulte très souvent ; néanmoins il y a des règles à respecter. J’aurais préféré qu’on n’utilise qu’une seule traduction et que, quand c’est indispensable pour mieux comprendre le sens, on utilise une version différente nommément citée, voire une traduction personnelle sur l’original. J’ai connu la méthode d’utilisation discutable de différentes traductions dans les écrits des « Témoins de Jéhovah » avant la parution de LEUR traduction en 1974: c’était clairement une technique sophistiquée pour étayer leurs fausses doctrines.

Exemple : Emploi de l’expression « rendre hommage » (Darby) s’il s’agit de Jésus et du verbe « adorer » (Segond) s’il s’agit de Dieu le Père, alors qu’il s’agit du même mot grec rendu différemment, et de façon récurrente, dans leurs traductions respectives.

Traduction littérale … DE L’ANGLAIS!

Lorsque, par exemple, vous trouvez en page 23 un verset cité en italique avec la mention « (Traduction littérale) » plusieurs penseront qu’il s’agit d’une transcription du texte original. Loin de là ! Si vous allez à la page … 345 vous apprendrez que c’est la traduction littérale DU TEXTE ANGLAIS utilisé par RW, lui-même étant déjà une traduction très libre, paraphrasée, du texte original:

« Toutefois, lorsqu’aucune des traductions (françaises) ne rendaient le SENS du texte anglais, nous avons simplement traduit littéralement [LE TEXTE DE RW ET NON LA BIBLE], en précisant dans les notes traduction littérale » (p 346).

Ne pensez-vous pas que cela peut tromper des lecteurs ?

On peut aussi se poser la question pourquoi aucune des 4 traductions françaises sélectionnées, considérées comme les meilleures parmi de nombreuses autres, ne rendent pas LE SENS du texte anglais de RW ? Poser la question c’est y répondre : Parce que le texte de RW n’est pas le texte de la Parole de Dieu.

Exemple page 93 :

« Il m’est difficile de comprendre que Dieu veut de moi pour ami intime, mais la Bible nous garantit : C’est un Dieu qui désire passionnément entretenir des relations avec toi »

J’ai de la peine à reconnaître ce soit-disant verset dans la traduction Darby reconnue comme littérale :

« Car l’Éternel dont le nom est Jaloux est un Dieu jaloux » (Ex 34:14).

Cette déclaration est faite dans un contexte d’idolâtrie profonde et de prostitution spirituelle. RW nous explique son principe de traduction (p 345) :

« j’ai délibérément employé des paraphrases qui vous aideront à voir la vérité de Dieu avec une nouvelle fraîcheur ».

Est-ce bien sûr ?

De plus il y a des personnes inconverties qui lisent cela puisque, p.106, RW fait clairement allusion à elles et leur conseille, non pas de se réconcilier avec Dieu par la repentance et la foi en Jésus-Christ, mais « … de prendre un nouveau départ : souvenez-vous que la balle est dans votre camp. Vous serez aussi proche de Dieu que vous choisirez de l’être ».

Ceci est faux, sauf si le pécheur repentant s’humilie devant Dieu et devient une nouvelle création en Jésus Christ.

7. Acceptable ?

La seconde mort du Christ vivant aux siècles des siècles ?

« Si vous voulez savoir à quel point vous comptez pour Dieu, regardez Christ, les bras ouverts sur la croix, et écoutez-le vous dire : « Je t’aime à ce point là ! JE PREFERE ENCORE MOURIR QUE VIVRE SANS TOI » (p 83)

(C’est moi qui met en majuscules).

Celui qui a offert sa précieuse vie, une fois pour toutes (Hb 10:10) ne l’offrira pas une seconde fois, ni pour vous ni pour un autre : il viendra seulement pour vous juger si vous n’avez pas cru (2 Th 1:8) ;

« Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ORDONNE maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent; parce qu’il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts ». (Ac 17.30-31)

Des mantras chrétiens ?

« S’entraîner à rester dans la présence de Dieu est un ART, une habitude que vous pouvez développer »

et des mantras sont proposés :

« vous choisissez une brève formule ou une courte phrase qui peuvent être répétées à Jésus dans un souffle » (p 95).

Nous sommes ici dans les techniques orientales, utilisées aussi par le catholicisme.

Non merci, je n’ai pas besoin de lire la suite : C’est du vinaigre !

Ma communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ (1 Jn 1:3-4) m’amène à parler de nombreuses fois au Seigneur chaque jour, non pas comme une technique pour goûter la présence de Dieu, mais comme la conséquence naturelle de ma relation avec Dieu, de ma liberté d’enfant devant son Père.

Ni le salut par les œuvres, ni la communion par les œuvres ne trouvent une approbation dans la Parole de Dieu; ce sont des valeurs inversées.

8. En conclusion

Malgré les nombreuses bonnes choses que ce livre contient, l’orientation générale et le message général ne sont pas bons ; c’est bien le même esprit que celui des églises émergentes et en particulier de l’enseignement de Brian McLaren2.

Ce livre trouve bien sa place parmi les différentes techniques proposées par les différentes religions pour essayer de s’approcher de Dieu mais il édulcore et parfois voile le message de l’évangile que Paul prêchait partout (1 Co 15:1-4). Dans ses adieux aux anciens d’Éphèse Paul peut dire :

« Je n’ai rien caché des choses qui étaient profitables, en sorte que je ne vous eusse pas prêché et enseigné publiquement et dans les maisons, insistant et auprès des Juifs et auprès des Grecs sur la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. » (Ac 20.20-21)

En aucun cas les mots de Paul ne peuvent s’appliquer à RW et au message de son livre. J’en déconseille donc la lecture ; il y a tellement mieux !

La religion voudrait être un chemin vers Dieu

L’Évangile est le chemin du Dieu Sauveur vers l’homme

Jamais la religion n’a sauvé personne

Techniques et pratiques restent vaines pour Dieu

Seul le sang répandu sur la croix par Jésus

Peut sauver à jamais celui qui est perdu.

P. Oddon


Une vie motivée par l’essentiel : pourquoi suis-je sur terre ?
Étude de Scott McCarty

Scott McCarty est co-fondateur du CIFEM3, Grenoble, auteur et pionnier évangéliste. Les personnes qui souhaiteraient obtenir le travail de Scott McCarty et ses annotations en marge de l’ouvrage en question (sur des polycopiés) peuvent nous contacter.

Pourquoi cette évaluation ?

Les phénomènes que représentent Rick Warren et son église The Saddleback Church m’étaient connus de nom seulement via la presse; ils me sont désormais plus familiers à travers la lecture assidue du livre du frère Warren, Une Vie Motivée par l’Essentiel.

Au début de cet été un frère de la région parisienne que je connais depuis les années 70 me téléphona pour savoir si je connaissais le livre. Ma réponse étant négative, il m’en envoya une copie me demandant de « l’évaluer », parce qu’il était perturbé par le caractère et le contenu du livre de Warren, lequel fait « un tabac » (des millions d’exemplaires vendus) partout dans le monde; la France et son église locale sont ses soucis majeurs. Le magazine TIME aux États-Unis a désigné Warren comme une des 100 personnes les plus influentes dans le pays ! Cela signifie sûrement que Warren est « quelqu’un » et qu’il faut prendre en compte ce qu’il dit et écrit. Or, mon ami théoricien au CEA à Paris s’interrogeait sur le contenu du livre quand on le compare avec le Nouveau Testament.

Il sait que je suis diplômé en Grec koinè, ayant aussi étudié l’hébreu (4 ans) aux États-Unis, puis à Jérusalem. De plus il me sait doté d’une éducation théologique solide me permettant de lire ce livre et d’infirmer ou de confirmer ses craintes.

Pour évaluer l’écrit d’un autre, il faut connaître un peu le sujet en l’ayant étudié soi-même (c’est mon cas depuis 1958).

Évaluer = critiquer (sens littéraire) impose certaines exigences :

• Une connaissance du sujet.
• Une objectivité = neutralité autant que possible.
• Un espace dans le temps sans pression ni date d’échéance.
• Une authentique expérience de la vie (sauvé à 16 ans en 1953, puis ayant travaillé dans le « monde » aux États-Unis et en France; engagement actif dans la prédication de la Parole de Dieu depuis 1955; missionnaire en Europe francophone depuis 1968).
• Une absence de crainte du « qu’en dira-t-on ? »
• Une capacité à donner à l’auteur le bienfait du doute sur des points secondaires.
• Un désir que « le produit » aide le corps de Christ dans son évaluation du livre et dans son éventuelle utilisation.

Ai-je réussi à remplir les exigences que je me suis fixées ? Le Seigneur est juge, et je m’en remets à Lui. En tout cas j’ai prié afin d’être juste car une évaluation peut soit brouiller, soit éclairer le lecteur.

Permettez-moi aussi d’ajouter que je suis peut-être mieux positionné pour « évaluer » ce livre qu’un Français, parce que je suis Américain (vivant en France depuis 1971) et que je comprends bien la mentalité, l’enthousiasme et le but de Rick Warren. Bien des fois j’ai souri face à une expression ou une idée venant tout droit de l’American Way of Life et du monde évangélique américain en général. Si l’on ne comprend pas d’où vient Warren, son arrière-plan, son éducation, et son but, on risque d’être taxé d’anti-américanisme primaire, un simpliste négatif, ou incompétent sur les plans linguistique et théologique.

Quelle approche appliquer ?

La quasi-totalité des « évaluations » sont faites par quelques paragraphes, ou bien juste une page ou deux ciblant quelques points saillants. Je crois fortement que le Seigneur m’a fait comprendre que pour ce livre, cette « méthode » ne pourrait pas suffire.

Donc que faire ?

Une méthode claire, définie et juste m’est venue à l’esprit. Elle me protège des critiques selon lesquelles j’aurais ôté de leurs contextes une phrase, un mot, une référence biblique. Les photocopies attachées à cette introduction (autour de 340 pages du livre) l’illustrent sans ambiguïté. Elle est très simple, inductive, et j’espère fiable.

J’ai fait mes commentaires dans les marges, tout au long du livre, donc tout est dit dans le contexte.

Ainsi le lecteur peut lire Warren et moi-même en même temps. Pas de tricherie possible, sauf par inadvertance de ma part. Je ne plaide pas l’infaillibilité, mais j’ai essayé d’être juste. Car pour moi l’intégrité de Dieu Tri-Un, de Sa parole, et des principes néo-testamentaires au sujet de la vie chrétienne ont été attaqués. J’ai passé 50 heures ou plus pendant les 4 semaines de mon étude de ce livre. Il est évident que l’étroitesse des marges ne pouvaient recevoir toutes mes réflexions et évaluations. Il aurait fallu écrire un livre sur le livre !

Dans la vie le choix suivant s’impose:

suis-je théocentrique dans ma façon de concevoir et de vivre ma vie ou suis-je anthropocentrique ? Autrement dit, est-ce que je regarde d’En Haut, avec les conceptions de Dieu, vers le bas en direction de l’humanité ou est-ce que je regarde horizontalement l’humanité pour en extraire mes conceptions de Dieu et en déduire la vie qu’Il pourrait exiger ? L’individu qui possède une base théocentrique de la vie s’occupe des besoins et des douleurs-tragédies de l’humanité qu’il perçoit autour de lui, cf., Matthieu 18 avec Jean 17:4; Romains 9:1-3; 12:1-2; 2 Corinthiens 5:14-15:

Car l’amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci, que si un est mort pour tous, tous donc sont morts, … il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité.

À l’inverse, celui qui a une vision anthropocentrique ne « s’occupe » pas correctement des affaires de Dieu, et donc l’humanisme adamique règne en maître.

En conséquence, les principes qui ont servi de guide dans ma lecture du livre de Warren ont été: Actes 17:11; Apocalypse 22:18–20 (le principe qui s’y trouve); Romains 11:36:

C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen!

Un résumé de points considérés comme essentiels:

Je vais partager ici en vrac un échantillon des faiblesses, voire les dangers, de certains propos précis de l’auteur. Vous trouverez mes commentaires in-situ dans les marges du livre de R. Warren, et vous pourrez juger par vous-mêmes de la valeur de mes «drapeaux rouges». Les soulignements en couleur dans le livre sont ma façon de dire que j’accepte de tout cœur ce que Warren propose sur un point précis. Il est évident que je n’ai pas souligné ou surligné chaque phrase du livre :

• C’est à la fin de la lecture du chapitre 40 que j’ai été saisi par le courant de fond de ce livre. Dans la deuxième moitié du livre, Warren emploie assez souvent le mot « profil » et cela froissait mon esprit sans qu’il me soit possible de dire pourquoi, jusqu’à ce que je réalise qu’il s’agit d’un terme du « marketing américain ».

• Il a pour objet de déterminer la physionomie mentale d’un individu au regard de ses aptitudes à réussir dans la vie. Et c’est là le principe philosophique qui sous-tend tout ce livre : réussir, réussir selon l’idéal américain. Ainsi le but chrétien est de réussir la vie spirituelle selon les critères de la réussite professionnelle humaine américaine, le tout habillé d’une « spiritualité » de consommation typiquement américaine. Pour cela, il existe aux USA une multitude de cours «comment réussir…».

• Warren donne sa recette. Pour moi, en tant qu’américain, voilà le fond philosophique du livre. Je n’accuse pas Warren d’agir / d’écrire toujours consciemment et volontairement de cette façon, mais les chrétiens américains, donc lui, sont SI imprégnés du vrai monde, subtilement bercé par le Malin (1 Jean 5:19), que le christianisme évangélique américain et « the americain way of life » ne font qu’un. Les preuves de cela se trouvent à la pelle dans le livre. Il faut connaître l’âme américaine, et ce n’est pas en faisant quelques années d’études là-bas qu’on la connaît; on est né avec, toute l’éducation est ainsi construite, la superficialité pénètre tout, le «succès» est à l’ordre du jour. Ce livre en souffre. C’est un livre d’humanisme « chrétien ». La vie de disciple est réduite à des formules et étapes dont la réussite est garantie (ce mot n’est peut-être pas utilisé mais le « parfum » en est partout).

• Le travail de contrôle de l’éditeur (soit américain, soit français, ou des deux) manque cruellement car il y a partout trop d’inepties sur le plan doctrinal, théologique ou psychologique. En prenant le livre tel quel, trop de gens iront tôt ou tard à la catastrophe à cause du décalage entre l’enseignement de Warren et celui du N.T. C’est hallucinant de proposer aux lecteurs la réussite en 40 jours avec la montagne de formules, étapes, phrases à apprendre. Soit l’indigestion, soit le découragement, soit l’orgueil en seront le résultat. La vie de disciple ainsi décrite dans ce livre se compare, pour moi, aux agriculteurs français du sud-ouest qui « gavent » leurs canards en un temps court pour qu’ils aient une belle apparence et un certain poids. C’est la politique de consommation fast food américaine: mangez sans trop vous poser de questions sur ce qui il y a dedans, et vous aurez une bonne santé sans trop dépenser !!

• Warren affirme trop souvent un principe comme vrai, donc comme facile et automatique, si le lecteur suit ses étapes. L’esprit aiguisé reconnaît vite la supercherie. Tactique dangereuse et un peu malhonnête. La fin visée ne justifie pas toujours ou rarement les moyens.

• Parfois Warren commet la faute même qu’il condamne quelques phrases auparavant ! Cela m’a sidéré. Il n’est pas toujours consistant ni logique. Les contradictions par rapport à la Bible sont trop nombreuses.

• J’ai été troublé par l’équivalence chez Warren des concepts «aisance / capacité» et «homme doué», lorsqu’il parlait des dons spirituels. Toute cette question de dons spirituels chez lui me désoriente (heureusement j’avais déjà personnellement étudié et avais écrit sur le sujet; cela me permet de pouvoir dénicher ses erreurs). Trop compliqué, peu clair, trop général.

• A cause de ma formation linguistique et doctrinale, je suis toujours très éveillé lorsqu’on utilise les mots « traduction littérale »4 concernant un verset ou un passage biblique. Trafiquer le texte biblique est un péché — point à la ligne ! Je n’ai trouvé qu’une seule soi-disant « traduction littérale » sur toutes les 27 étudiées avec minutie. Je ne sais pas si l’on peut employer le terme « blasphème » dans ce cas, mais je suis tenté par l’utilisation du terme. Warren a inventé des textes grecs bibliques qui n’existent même pas; donc ses « traductions » (sic) sont une création de son imagination. C’est de la fausse doctrine semée à travers cette duperie. Avec sa « réputation » de grand aux États-Unis, les ignorants et les crédules vont, en lisant ce livre, baser leur vie chrétienne sur des chimères ! Qui pourrait recommander ce livre avec la plus grave des lacunes : trafiquer les Saintes Écritures ? Je constate avec tristesse que même des « grands noms évangéliques américains » considérés comme des autorités, font de la publicité pour ce livre; cela montre qu’ils n’ont pas lu le livre avec discernement. Quelle menace pour la communauté évangélique, et singulièrement la communauté évangélique française qui a trop l’habitude d’emboîter le pas aux Américains.

• Je me lance en croisade contre quiconque touche à l’intégrité textuelle de ma Bible !

• Warren étant talentueux, c’est un communicateur hors pair et un vendeur né; il est doué avec le verbe. L’emballage est de qualité (sic) mais le contenu n’est pas toujours de la bonne nourriture. Toutefois, si ce livre est une image vraie de ses talents d’étudiant de la Bible, que le Seigneur ait pitié de ceux qui l’écoutent régulièrement ! Lorsque je lis un livre qui affirme vouloir améliorer / changer ma pauvre vie, j’attends des doses d’inspiration venant du Saint-Esprit lequel, en tant qu’auteur, ne trahit jamais son texte. Ce livre essaie d’informer mais il n’inspire pas, car la vraie inspiration est ancrée seulement dans la Vérité écrite. Cette caractéristique manque trop dans ce livre. Je sais fort bien que certains, voire beaucoup, témoigneront de ce que ce livre a réveillé leur vie. Cela ne change rien quant aux lacunes dangereuses du livre.

• Trop de généralisations et des inexactitudes offertes comme des vérités absolues que personne ne doit mettre en doute ! C’est cela qu’attend le chrétien moyen américain et peut-être tout autre lecteur où qu’il se trouve. « Dites-moi ce que je veux entendre et croire, soyez simple et pas trop compliqué, car je ne veux pas être obligé de réfléchir trop dans le cadre de mon étude personnelle de la Bible»

• Je ne plaisante pas du tout, et cette maladie a gagné des églises en France.

• Lorsque, dans certains passages, R. Warren condamne tous les livres qui avancent des solutions toutes faites, on est confondu car c’est ce qu’il fait sans sourciller ! Il y a quelque chose qui ne va pas.

• Il conseille même de faire des exercices spirituels par nos propres forces, lorsque seulement le Saint-Esprit peut les faire en nous.

• Sa discussion sur les talents proprement humains et les dons spirituels est un véritable mélange des deux, ce qui conduit à une confusion totale. Les pauvres gens qui n’ont pas beaucoup d’enseignement biblique sur la différence vont s’y perdre.

• Je suis choqué et très déçu par son ton exclusif, presque impérieux, lorsqu’il martèle page après page que ses « cinq objectifs » sont véritablement la voie de Seigneur, et qu’en les appliquant tout ira bien.

• J’ai l’impression que le Seigneur Jésus-Christ a dû prendre le siège arrière dans ce livre. En tapant ce commentaire, j’essaie de traduire l’impression que me laisse ce livre: C’est surtout la place importante qu’occupe le « vous »: vous devrez faire ceci et cela pour réussir. On mentionne, bien entendu, l’Esprit, mais Son rôle semble être négligeable.

• Lorsqu’on lit le Nouveau Testament le péché est partout, même parmi les chrétiens; regardez les épîtres de Paul qui en parlent librement mais qui donnent des solutions fiables. Warren a écrit un livre « rose » où tout va bien, donc il faut seulement faire mieux, de victoire en victoire en suivant aveuglément son programme. Comment régler des péchés ? Et la repentance ? C’est vrai qu’il parle longuement de la tentation, mais …

• J’ai trouvé sa façon de réduire la conversion uniquement à un acte de foi désincarné totalement anti-biblique, mais cela est américain. Où est la vraie repentance ? Et que faire avec Actes 20:21 ? Sur une même page il s’adresse aux païens puis aux convertis; parfois je ne savais pas exactement à qui il s’adressait. En tout cas l’Évangile n’est pas du tout (ou pas suffisamment ?) expliqué. Quelle confusion pour le lecteur néophyte !

• Comme ce livre semble avoir toutes les réponses et toutes les solutions, comment vivre la vie de disciple ? Un proche ami théologien m’a dit qu’il craint que ce livre ne remplace la Bible comme livre d’étude !

• L’exhortation à prier le Saint-Esprit, entendue dans une grande partie du monde évangélique et répétée dans ce livre, prouve pour moi que Warren n’a pas assez étudié sa Bible. Si je ne me trompe, il n’existe aucune prière au Saint-Esprit dans le Nouveau-Testament. Mon étude inductive du livre de l’Apocalypse où nous trouvons au Ciel l’adoration du Père et de l’Agneau a extrait 15 doxologies ou prières d’adoration, 9 sont dirigées uniquement au Père, 3 à l’Agneau, et 3 au Père et à l’Agneau ensemble. Pas de prière au Saint-Esprit! Comment peut-on avoir confiance en l’enseignement de RW sur la vie chrétienne, s’il ne comprend pas l’enseignement biblique sur la Trinité, la base de tout ?

Je base ma vie de prière sur le N.T. Nous avons le droit selon Jean 16:13 – 15 de demander au Père et au Fils que l’Esprit fasse ceci ou cela selon les volontés des Deux premiers, mais la prière et le chant au Saint-Esprit ne se trouvent pas dans le N.T., autant que je sache.

Quelques suggestions en guise de conclusion:

1. Il me semble que la prudence doit être de rigueur quant à la distribution de ce livre.

Cela veut dire qu’il ne doit en aucun cas être semé à tout vent. Sans une certaine éducation doctrinale et une bonne dose de discernement, le lecteur moyen risque d’absorber de mauvaises pilules «doctrinales» et pratiques qui à la longue lui feront énormément de mal. Je suis heureux de n’avoir pas eu ce genre de livre après ma conversion en 1953, car naïf comme je l’étais, un nouveau-né prêt à avaler un peu tout ce qui passait au nom de Jésus, je serais parti sur une fausse route. Une vie délicieuse avec le Maître de l’univers aurait été réduite en formules ! C’est dommage que les apôtres n’aient pas écrit leurs livres comme des œuvres de formules !

2. La vie chrétienne ne se réduit pas aux cinq objectifs fixés par Warren.

Cette vie est simple et compliquée en même temps, et il ne faut pas se tromper. Elle n’est surtout pas un paquet de cinq automatismes, et cela pour la simple raison que notre pèlerinage ici-bas se passe avec Une Personne Unique et notre relation avec Lui n’est mécanique pour rien au monde.

3. Warren parle d’un pèlerinage de 40 jours avec lui comme témoin, puis à la fin il propose que le lecteur étudie un chapitre par semaine. Cela fait 40 semaines ! Il faut qu’il décide ce qu’il veut. Effectivement il se peut que, dans certaines situations très limitées, ce livre puisse, peut-être, être étudié dans des groupes avec une très stricte surveillance, à condition que les leaders de ces groupes aient déjà relevé toutes les erreurs, voire mensonges, pour les dénoncer pendant l’étude. Ceci n’est pas en fin de compte une très bonne façon de procéder. Peut-être un responsable ou ancien pourrait-il prendre des titres-sujets du livre en vue d’étoffer son propre enseignement biblique, puis de prêcher et/ou enseigner les résultats. Il serait sage de ne pas enseigner les 40 chapitres tels quels.

4. Je ne peux pas recommander ce livre au grand public. Même sa présence dans les mains des responsables peu ancrés dans la bonne doctrine est un danger considérable. Je connais des frères en responsabilité qui ont déjà fait fausse route. La lecture des 300 pages attachées à cette introduction soutient largement mon refus de recommandation.

5. La vie chrétienne, si riche et enrichissante, n’est pas compliquée si l’individu suit le texte du N.T., mais elle n’est pas « cheap=bon marché ». La brader par rapport à Son Auteur est un acte de lèse- majesté. Notre frère doit revoir sa copie.

Étudier ce livre comme j’ai dû le faire pour travailler d’une manière soignée, et j’espère honnête, m’a fatigué et souvent découragé. Pourquoi ? Surveiller chaque phrase d’un livre n’est pas une tâche joyeuse, surtout lorsque l’auteur se donne comme le champion du «comment», alors qu’il y a trop d’erreurs et de faussetés. C’est terrible à dire, mais Daniel 5:25-28 me semble le mot final.

Voici l’écriture qui a été tracée: Compté, compté, pesé, et divisé. Et voici l’explication de ces mots. Compté: Dieu a compté ton règne, et y a mis fin. Pesé: Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. Divisé: Ton royaume sera divisé, et donne aux Mèdes et aux Perses.

Que le Seigneur ait pitié de ceux qui ont avalé sans discernement le contenu de ce livre ou qui se sont dit, « Je ne prendrai que le bon. » C’est illusoire de penser de la sorte, car je connais déjà des frères qui acceptent ce livre et en l’acceptant démontrent qu’ils manquaient de discernement.

En relisant quelques pages de RW, je constate que je n’ai pas commenté dans les marges tout ce qui ne va pas dans ce livre. Toutefois, il y en a suffisamment pour signaler à l’individu ayant un esprit ouvert à la vérité que le loup semble s’habiller en mouton !

S. Mc Carty


Une Tromperie Merveilleuse5
par Warren Smith

Un peu de levain fait lever toute la pâte. (Gal 5:9)

Ayant été un membre actif du Nouvel-Âge, j’ai immédiatement reconnu les sérieuses implications de celui-ci dans le mouvement purpose driven ( Motivé par l’essentiel) de Rick Warren. Me sentant appelé à mettre en garde l’Église contre une telle confusion spirituelle venant de ses enseignements, j’ai immédiatement quitté mon travail pour écrire Deceived on purpose6 (Trompé sur l’essentiel): Ce livre met à jour les implications du Nouvel-Âge dans ce mouvement.

Je n’ai pas qualifié Rick Warren, ni son mouvement, d’Églises de Nouvel-Âge, mais j’ai relevé les implications de celui-ci dans leurs enseignements, et les dangers qui en résultent pour l’Église.

Parce que les apologistes de Saddleback ont dénaturé mes avertissements, et parce que mes inquiétudes se sont intensifiées depuis ce livre, j’ai écrit une suite. Voici résumées brièvement mes dix préoccupations fondamentales.

1) Warren cite des dirigeants du Nouvel-Âge:

Au troisième chapitre d’ « une vie motivée par l’essentiel », Rick Warren introduit ses thèmes «espoir» et «objectif», il choisit contre tout entendement de les présenter en citant le Dr. Bernie Siegel7:

. Celui qu’on endosse ! Un spiritiste !
– Bernie Sieger, new-age leader et spiritiste. p. 24 ‘what a star you are’ magazine.

Celui-ci est un leader vétéran du Nouvel-Âge qui se vante publiquement d’avoir accepté un esprit-guide nommé George!

Il est clair que les lecteurs ne s’attendent pas à ce que Dieu ait inspiré Warren pour introduire ces thèmes en faisant référence à la «sagesse» de Bernie Siegel, un auteur et leader du mouvement du Nouvel-Âge. La Bible nous met en garde contre cette sagesse venant du monde et non de Dieu, qui peut faire tomber les croyants comme les incroyants, et les induire en erreur:

Cette sagesse n’est point celle d’en haut, mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. … pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute. (Jacques 3:15, Romains 14:13b)

2) Rick Warren répand un faux message du Nouvel-Âge: « Dieu est en tout »8

Parmi les quinze différentes versions (anglaises) de la Bible que Rick Warren a utilisé dans son livre, il choisit de citer Éphésiens 4:6 dans une nouvelle traduction, la New Century Version (NCV) qui présente Dieu comme étant «en» tout, de la manière panthéistique du Nouvel-Âge. Selon ses dirigeants, cet enseignement est fondamental pour le Nouvel-Âge / Nouvelle Spiritualité. Il choisit une version qui a potentiellement induit en erreur des millions de lecteurs vers cette doctrine clé du Nouvel-Âge selon laquelle Dieu est «en» tout.
Warren écrit:

La Bible dit: « Il règne sur tout et est omniprésent et est en tout» 9

Cela déforme complètement ce que l’apôtre Paul dit dans Éphésiens 4:6. Dans ces lettres, Paul n’écrit pas à l’ensemble du monde… Il indique clairement qu’il écrit aux « saints qui sont à Éphèse et aux fidèles en Jésus-Christ.» (Eph. 1:1) Selon une traduction correcte, Dieu n’est pas en tout le monde ni en tout, mais l’Esprit de Dieu habite seulement en ceux qui ont vraiment accepté Jésus-Christ comme leur Seigneur et Sauveur (Jean 14:15-17; Actes 5:3). Paul ne dit pas que Dieu est présent dans les non-croyants.

Comparez la (NCV) citée par Rick Warren (Il … est en tout) et la version la Darby ou la NBS:

• (Darby) Il …est au-dessus de tout, et partout, et en nous tous.• (NBS ) Il … est au-dessus de tous, par tous et en tous.10

3) Rick Warren et la traduction « The Message »:

Rick Warren cite la version The Message (d’Eugene Peterson) dans son livre plus que n’importe quelle autre version de la Bible. The Message est teintée d’implications avec le Nouvel-Âge. Dans son premier chapitre, cinq des versets cités viennent de celle-ci. Warren affirme que c’est une paraphrase de la Bible, mais il écrit souvent «  la Bible dit »… lorsqu’il la cite. Voici un des nombreux exemples des implications du Nouvel-Âge dans le ‘Notre Père’. La où la plupart des traductions lisent « sur la terre comme au ciel », Peterson insère la phrase occulte :

Ce qui est en haut comme ce qui est en bas
(Angl.: as above, so below).

La signification de cette maxime mystique occulte est révélée dans le livre As Above, So Below, un livre publié en 1992 par les éditeurs du Journal du Nouvel-Âge. Le rédacteur en chef Ronald S. Miller décrit comment cette maxime occulte /magique exprime la « vérité fondamentale sur l’univers » c.-à-d. l’enseignement que « nous sommes tous un » parce que Dieu est « immanent » ou « en » tout le monde et en tout. Miller écrit:

« Il y a des milliers d’années dans l’Égypte ancienne, le grand maître alchimiste Hermès Trismégiste, qu’on croit être un contemporain du prophète hébreu Abraham, a proclamé cette vérité fondamentale sur l’univers: ”Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut: et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.” Cette maxime implique que le Dieu transcendant au-delà de l’univers physique et le Dieu immanent en nous-mêmes, sont un. Le Ciel et la Terre, esprit et matière, l’invisible et les mondes visibles forment une unité à laquelle nous sommes intimement liés. »

Miller continue en citant le chercheur Reshad Field:

« Ce qui est ‘en haut comme ce qui est en bas’ signifie que deux mondes sont instantanément perçus comme étant ‘un’ lorsque nous réalisons notre unité essentielle avec Dieu l’Unique et la multitude, le temps avec l’éternité, tout est Un. »

Cette expression vient du début de « La Table d’Émeraude » et englobe tout le système de la magie traditionnelle et moderne qui a été dans une formulation cryptique inscrite sur la tablette par Hermès Trismégiste. Tous les systèmes de magie se sont réclamés de fonctionner par cette formule.

«Ce qui est en haut est identique à ce qui est en bas… l’univers est le même que Dieu, Dieu est le même que l’homme. »

La plupart des références sur internet ou des écrits contenant cette maxime, décrivent ces termes comme ayant une source occulte / mystique / du Nouvel-Âge / ésotérique / magique.

Un tel enseignement est contraire à ce que la Bible enseigne: nous sommes « un » en Jésus-Christ lorsque nous nous repentons de nos péchés et l’acceptons comme notre Seigneur et Sauveur. Galates 3:26-28 stipule:

Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ.

4) Une vision déformée de la prophétie biblique:

Dans son livre, Rick Warren déconseille fortement l’étude de la prophétie. Il affirme que Jésus dit aux disciples:

Les détails de mon retour ne doivent pas vous inquiéter.

Contrairement à ce que Warren écrit, Jésus dit à ses disciples sur le mont des Oliviers que la compréhension des détails de son retour est très importante, il donne à ses disciples les enseignements prophétiques nécessaires afin qu’ils ne soient pas trompés à la fin des temps. Il prévient qu’il y aura de faux prophètes et de faux enseignements cherchant à troubler les détails de son retour. Il avertit afin qu’aucun de ses disciples, qu’aucun d’entre nous, ne se méprennent lors de l’arrivée de l’Antichrist. Il commence son long discours prophétique en disant,

« Prenez garde que personne ne vous séduise. »

et le termine en les avertissant:

« Veillez donc » , « Soyez sur vos gardes ». (Mat. 24:4,42,44)

Ayant abandonné le Nouvel-Âge, je trouve cette affirmation de Rick Warren sur le retour de Jésus très troublante: « les détails de mon retour ne doivent pas vous inquiéter ». Ces détails ont joué un rôle dans ma conversion: J’ai appris en lisant la Bible qu’un faux Christ se pointe à l’horizon et que j’en avais été un disciple pendant plusieurs années sans le savoir. La Bible étant claire et faisant autorité, j’ai pu un jour comprendre comment j’avais été trompé sur le vrai Jésus et Son vrai retour. En comprenant qu’il existe un faux Christ contrefaisant le vrai, j’étais alors en mesure de renoncer à celui-ci et de remettre ma vie à Christ.

5) Rick Warren et John Marks Templeton:

Rick Warren s’est prêté à son insu aux «objectifs» des sympathisants du Nouvel-Âge, comme John M. Templeton. Wayne Dyer – collègue d’un dirigeant du Nouvel-Âge (Neale Donald Walsch), enseigne à la télévision les principes de la Nouvelle Spiritualité à un public américain sans méfiance. Son sujet est The power of intention and purpose. Pendant que Dyer présentait habilement cette « Nouvelle Spiritualité » en parlant de la puissance de l’ « objectif », Rick Warren devait juger un « pouvoir de l’objectif » lors du concours de rédaction pour la Fondation Templeton (mouvement du Nouvel-Âge). John Templeton, avec ses enseignements massivement orientés vers le Nouvel-Âge et la métaphysique, croit en une ‘divinité partagée’ entre Dieu et l’humanité.

6) l’influence de Robert Schuller11 sur Rick Warren:

J’ai découvert que Rick Warren a été grandement influencé par Robert Schuller et qu’il a fréquemment utilisé de ses expressions, sans pour autant les lui attribuer. En 2004, lors de la promotion de son « Institut pour la réussite de direction d’Église », Schuller a affirmé que Warren était diplômé de son Institut. En outre,… le 4 avril 2004 , lors de l’émission the hour of power12, Schuller a décrit Warren comment étant venu à son Institut à chaque fois. Et la femme de Rick Warren, Kay, a été cité dans un article de Christianity Today disant que:

« Schuller a eu une profonde influence sur Rick. »

En lisant les anciens écrits de Schuller, cela est vite confirmé… Voici l’un des nombreux exemples : Dans son livre de 1982 Self-Esteem: The New Reformation (Estime de soi: la nouvelle réforme), Schuller écrit:

«Notre survie même en tant qu’espèce dépend de l’espoir. Et sans espoir, nous allons perdre l’espérance/foi de pouvoir s’en sortir (en anglais: hope & cope).

Vingt ans plus tard, Rick Warren écrit:

« L’espoir est aussi essentiel à notre vie que l’air et l’eau, pour tenir bon, il nous faut avoir une raison d’espérer ». (en anglais: hope & cope).

Un autre exemple se trouve dans la conclusion de son livre de 1995 L’Église motivée par l’essentiel :

« Acceptez le défi de devenir une église ‘motivée par l’essentiel’ , les plus grandes églises de l’histoire sont encore à bâtir ».

Cette déclaration est presque une citation littérale du livre de Schuller de 1986 « Votre Église a un avenir fantastique » qui cite un pasteur en disant:.

« Il y a dix ans, j’ai entendu le Dr Robert Schuller dire lors de sa conférence de leadership, ‘Les plus grandes des églises dans le monde sont encore à bâtir’ ».

Ce ne sont que deux des nombreux exemples où Rick Warren utilise, mais sans les citer, les écrits de Schuller… Plus je lis Schuller, plus je suis choqué de voir combien de raisonnements / idées / références / mots / termes / expressions et citations de Rick Warren, semblent être directement inspirés par les écrits et enseignements de Schuller.

7) La « nouvelle réforme » de Rick Warren & Robert Schuller et « le rêve de Dieu »:

La proposition de Rick Warren de « Nouvelle Réforme » et le God’s Dream (Rêve de Dieu) – un global P.E.A.C.E Plan (plan de paix mondiale) – sont étonnamment semblables à la « Nouvelle réforme » et « le rêve de Dieu » proposé par Robert Schuller pour « racheter la société ». La seule vraie différence est que Schuller l’a proposé vingt ans plus tôt dans son livre Self-Esteem: The New Reformation. Pour accomplir sa « nouvelle Réforme » dans l’Église, Schuller invoque fréquemment la métaphore du «rêve de Dieu» pour décrire «le grand plan de Dieu pour racheter la société. » Vingt ans plus tard, Warren proclamait aussi la « Nouvelle Réformation » dans l’Église. Pour mener à bien celle-ci, Warren a également invoqué la même métaphore. Warren décrit son nouveau Reformation P.E.A.C.E Plan comme le « rêve de Dieu » pour vous et le Monde. Il s’avère qu’il ressemble au PEACE Plan proposé par Neale Donald Walsch :… Conformément à l’engagement de Schuller de quarante ans pour son église, Rick Warren s’est aussi engagé pour quarante ans envers la communauté de Saddleback. Il a «cultivé» sa méga-Église fidèlement en implémentant tout ce qu’il avait appris de Schuller. Enfin, le concept de « rêve de Dieu » de Schuller est utilisé pour inspirer des millions de chrétiens à suivre le projet en 5 points P.E.A.C.E de Warren pour « changer le monde », un P.E.A.C.E Plan qui, sur papier, ressemble au PEACE Plan en 5 points proposé par Neale Donald Walsch et son « dieu » du Nouvel-Âge.

8) Le Nouvel-Âge accueille à bras ouvert la Nouvelle Réforme de Schuller:

Dans le livre de Neale Donald Walsch, paru en 2002, The New Revelations, Walsch loue le ministère de Robert Schuller et applaudit son appel pour une « Nouvelle Réforme ». Walsch décrit comment lui et son « dieu » en appellent aussi à une « Nouvelle Réforme ».

En fait, il félicite Schuller et croit que la Nouvelle Réforme peut fusionner avec son plan, pour aider à combler le fossé entre l’Église chrétienne et les enseignements du Nouvel-Âge/ Nouvelle Spiritualité. Il présente également sa nouvelle réforme sous la forme d’un Plan de PAIX (PEACE) en 5 points sous forme d’un acronyme, un peu comme le plan de PAIX (P.E.A.C.E) de Rick Warren en 5 points.

Dans Les nouvelles révélations: Une conversation avec Dieu, Walsch, lors une conversation avec son « dieu », déclare:

« Le révérend Robert H. Schuller, le serviteur Chrétien américain qui a fondé la célèbre Cathédrale de Cristal…a déclaré il y a vingt ans dans son livre ‘Self-Esteem: The New Reformation’ dont nous avons besoin est une seconde réforme au sein de l’Église, pour la faire dévier de son message de peur et de culpabilité, de vengeance, de damnation, vers une théologie de l’estime de soi. »

Walsch cite Schuller:

« l’église a profondément failli a générer cette qualité humaine qui se trouve chez ceux qui transforment notre monde en une société sûre et saine. »

Walsch continue sa conversation avec son « dieu » ainsi:

« M. Schuller a poursuivi en suggérant que les chrétiens sincères et les gens d’église peuvent trouver un point de départ théologique en vue d’un accord universel, s’ils peuvent reconnaître le droit universel et la nécessité absolue de chacun d’être traité avec un immense respect, simplement parce qu’il ou elle est un être humain! »

Walsch appelle ensuite Schuller un «ministre extraordinaire» et le cite à nouveau en disant:

«En tant que chrétien, théologien et homme d’Église dans la tradition réformée, je dois croire qu’il est possible pour l’église d’exister, même s’il se peut qu’elle soit une grave erreur en substance, stratégie, style ou esprit. »

Walsch ajoute:

« Mais, [Schuller] a dit, en fin de compte ”les théologiens doivent avoir leur standards internationaux, universels, inter-confessionnaux, interculturels, interraciaux.: Rev Schuller a été profondément perspicace dans ses observations et incroyablement courageux à les rendre publics. J’espère qu’il est fier de lui! Je suggère que la déclaration suivante: ”Nous sommes tous un. Notre chemin n’est pas le meilleur, mais simplement un autre.” soit un standard de théologie pour ces organisations internationales, universelles, interconfessionnelles, interculturelles.

Cela peut devenir l’évangile d’une Nouvelle Spiritualité.

Je ne crois pas en une pure coïncidence lorsque que Neale Donald Walsch, Robert Schuller et Rick Warren lancent de même un appel pour une nouvelle réforme.

Je ne crois pas non plus que ce soit une coïncidence de voir Walsch et son « dieu » s’identifier à Schuller et de proposer la Réforme de Schuller comme un prototype de son plan P.E.A.C.E.

Enfin, je ne crois pas non plus que ce soit une coïncidence quand Warren a également utilisé la Réforme de Schuller comme prototype de son plan P.E.A.C.E et que le Nouvel-Âge comme Warren ont mis au point un plan PEACE en 5 étapes, pour encourager leurs appels communs pour une nouvelle réforme.

D’autres dirigeants du Nouvel-Âge, comme Bernie Siegel et Gerald Jampolsky ont également fait l’éloge de Robert Schuller et approuvent ses écrits et enseignements. Jampolsky et Schuller ont réciproquement approuvés leurs livres. Dans son livre Self-Esteem: The New Reformation, Schuller cite favorablement Jampolsky et fait l’éloge de ce dirigeant du Nouvel-Âge pour pour sa «théologie profonde. »

Or, c’est Jampolsky qui m’a introduit à l’enseignement A Course in Miracle (Un Cours En Miracles) quand j’étais dans le Nouvel-Âge.

Je devais découvrir par la suite, à mon grand étonnement, que ce même cours était donné en 1985 dans la Cathédrale de Cristal de Schuller. J’apprenais que Schuller est en relation continue avec son «cher ami» Gerald Jampolsky, depuis les années 80 jusqu’à nos jours.

Il n’est pas étonnant que Bernie Siegel – un responsable du Nouvel-Âge, cité par Rick Warren dans son livre, ait été un membre de longue date du comité des conseillers du cours de Jampolsky A Course in Miracle à la base du New Age Attitudinal Healing Centers.

9) Les conséquences de l’influence Schuller sur Rick Warren:

Il est devenu évident pour moi que Rick Warren a intégré graduellement les plans Robert Schuller et ses enseignements dans l’Église Évangélique, que ce soit par « le rêve de Dieu », Dieu « en » tout, la « Nouvelle Réforme», ou d’autres choses …

Il semblait que l’un des objectifs non déclarés de Rick Warren était de populariser les enseignements de Robert Schuller dans l’aile traditionnellement «fondamentaliste» de l’Église.

Beaucoup de croyants qui semblent faire confiance à Rick Warren ne font pourtant pas confiance à Robert Schuller.

La séduction magique de « Rick Warren » semble être en mesure de faire accepter les enseignements de Robert Schuller aux croyants qui, autrement, ne les auraient jamais acceptés, venant de Schuller. Pourtant, le fondement spirituel du modèle purpose driven peut être trouvé dans les écrits et enseignements du ministère de Schuller pendant cinquante ans.

Pendant que Warren et d’autres dirigeants ou organisations chrétiennes forgent de nouvelles alliances Purpose-Driven autour du monde, le véritable architecte est tranquillement assis dans son bureau à la Cathédral de Cristal.

J’ai trouvé très ironique que des pasteurs évangéliques apprennent ou parlent à l’Institut Schuller de direction d’Église qui marchent, pendant que le cours A Course in Miracle (Nouvel-Âge) avait lieu également. Apparemment, ces pasteurs pensaient que Schuller savait ce qu’il faisait, parce qu’il avait une grande église « qui marche », et ils en voulaient une aussi.

10) Une préoccupation sérieuse – Un avertissement sobre:

J’ai conclu mon livre précédant en soulignant qu’il n’est pas trop tard pour Rick Warren de reconnaître qu’il a été influencé par Robert Schuller et par les enseignements du Nouvel-Âge. Ceux-ci visent à faire dériver l’Église vers une Nouvelle Spiritualité. Warren pourrait ouvrir les yeux de beaucoup s’il commençait à exposer les différences entre le christianisme biblique et les enseignements trompeurs du Nouvel-Âge et de cette nouvelle Spiritualité. C’est un sobre avertissement concernant Rick Warren et d’autres responsables chrétiens qui continuent à dénier la menace bien réelle de cette séduction spirituelle pernicieuse, mettant sérieusement en danger beaucoup de ceux qui leurs font confiance.

… Malheureusement, si ceux-ci tombent dans la toile du Nouvel-Âge, plutôt que de la mettre en lumière, ils entraîneront dans leur chute de nombreuses personnes sincères.

Ce sera l’aveugle conduisant l’aveugle, car ils s’enfoncent de plus en plus dans le fossé trompeur du Nouvel-Âge et de sa nouvelle spiritualité. Les chrétiens sans discernement, qui pensent être sur «la voie étroite » et préparer le retour de Christ, découvriront trop tard avoir été en fait sur le chemin large, en train de préparer la voie de l’Antichrist.

Il n’est pas trop tard pour que chacun soit prévenu et mis en garde contre cette tromperie sans que la personne de Rick Warren soit attaquée personnellement. Lorsque mon livre Deceived on Purpose a été publié en août 2004, je savais que le livre serait controversé.

Les implications du Nouvel-Âge abordées, en particulier l’influence de Robert Schuller sur Rick Warren, n’avaient pas à ma connaissance, été soulevées auparavant.

Comme déjà mentionné, mes craintes ne concernent pas des problèmes personnels (Matthieu 18) entre Rick Warren et moi-même. Le livre de Warren ayant été vendu et distribué à des millions de personnes, j’ai approché Warren et ses lecteurs dans cette même arène publique. Mes observations restent respectueuses et soutenues par l’Écriture et des sources primaires.

Dans son précédent livre « l’Église. Une passion, une vision » , Warren a écrit:

« J’essaie d’apprendre des critiques. »

C’est pourquoi, j’avais espéré qu’il considérerait sérieusement les implications du Nouvel-Âge, que j’avais mises en évidence dans son modèle « Motivé par l’essentiel ».

• Allait-il commencer à voir ce que le Nouvel-Âge faisait vraiment ?

• Allait-il faire quelques ajustements dans sa façon de présenter les choses ?

• Allait-il reconnaître la nécessité de protéger l’Église du Nouvel-Âge et de la Nouvelle Spiritualité ?

En fin de compte, mon analyse « Trompé dans l’essentiel » n’était pas centrée sur la personne de Rick Warren, mais concernait bien les projets de notre adversaire spirituel, celui que la Bible appelle Satan et « le dieu de ce monde» (2 Corinthiens 4:4).

l’adversaire utilise les dirigeants d’églises sans discernement comme Robert Schuller, Rick Warren et d’autres pour atteindre ses objectifs habilement conçus: Le Nouvel-Âge & la Nouvelle Spiritualité.

Warren et son personnel de Saddleback allaient-il reconnaître à quel point ils étaient utilisés ?

Et qu’allait être leur réponse à mon livre, s’il y en a une ? il n’a pas fallu attendre longtemps…

Warren Smith (ne pas confondre avec Rick Warren)

Ndlr: La suite de ce 2ème ouvrage de W. Smith montre que Saddleback ne put fournir de réponses profondes aux problèmes cités, ni faire d’ajustements. Pire encore, Warren a été sans pitié à l’égard d’un de ses fidèles défenseurs, qui a documenté sans le savoir ses liens avec des éléments du Nouvel-Âge.


1 Titre anglais:The Purpose Driven Life

2 Voir mon étude sur « Réinventer l’Église » de Brian McLaren sur http://www.vigi-sectes.org

3 Centre d’Information et de Formation à l’Evangélisation et à la Mission

4 Ndlr : Par traduction littérale, les traducteurs français entendaient “traduction littérale de l’anglais” (cf analyse de Pierre Oddon sur le sujet).

5 Titre original: A Wonderful Deception, The Further New Age Implications of the Emerging Purpose Driven Movement: Lighthouse Trails Publishing . http://www.lighthousetrails.com

6 littéralement ‘Trompé intentionnellement’

7 Ce docteur Siegel ne cache pas avoir invité en lui, un esprit qui s’appelle George, et qui le sert à chaque instant. Dans ce même chapitre Rick Warren dit que Job et Esaïe, des auteurs de la Bible, inspirés, sont dépressifs. On fait donc place au serviteur du démon, un spiritiste, et on continue comme il se doit, en rejetant comme malade ceux que le Seigneur a choisis pour nous enseigner !

8Voir la version originale en anglais. La version française reprend la BFC: Dieu règne sur tous, agit par tous

9 Traduction libre de la NCV en anglais.

10 πᾶς = “tous” ou “tout” ? Bien que les 2 sens soient possible en grec, la Vulgate, les versions syriaque et arabe, l’édition d’Alcala, et certaines copies, mettent, «en chacun de nous », la copie d’Alexandrie, et la version éthiopienne, mettent simplement « dans tous ».

11 Ndlr: Robert H. Schuller (84) est à la fois un « télévangéliste » moderne et aussi un franc-maçon (du 33ème degré) actif sur la scène du Nouvel-Âge, ayant eu comme mentor Norbert Vincent Peale, lui aussi franc-maçon (du 33ème degré). R. H. S. a fondé la « Cathédral de Cristal » en 1955. Celle-ci est depuis peu insolvable avec une une montagne de dettes de 36 millions d’Euros. Auparavant le nombre des membres était de 10.000, maintenant seulement 1000 personnes assistent régulièrement aux cultes. Il y a 2 ans, un diffèrent est apparu entre R. H. Schuller et son fils R. A. Schuller (56). Schuller junior n’a pas pu reprendre le contrôle de la mega-church comme prévu. C’est donc sa sœur – Sheila Schuller Coleman – qui fait office d’administrateur en chef, et de directeur du ministère de la mission.

12 Ndlr: « L’heure du Pouvoir » – Cette émission télévisée est retransmise en Europe, mais a beaucoup perdu en popularité aux USA.

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