le 10 octobre 2020 à 6h00, LOUIS-SAMUEL PERRON, LA PRESSE

 Il a utilisé la parole de Dieu pour frauder les gens »

Il nous a tous ruinés …

Il a utilisé la parole de Dieu pour frauder les gens. C’est un criminel à cravate »,

fulmine Fortunato Orsini. Après une saga judiciaire de neuf ans, le pasteur montréalais Mwinda Lezoka a été reconnu coupable d’avoir soutiré plus de 250 000 $ à ses fidèles d’une église évangélique d’Ahuntsic en profitant de son « ascendant indéniable » sur ses ouailles.

Les victimes de Mwinda Lezoka ont poussé un soupir de soulagement vendredi au palais de justice de Montréal, lorsque le juge Yves Paradis a rendu son verdict. Un dénouement attendu depuis une décennie.

« Je suis contente ! Ça fait si longtemps ! Je voulais la fin de cette histoire »

s’est réjouie Céline Vital, à la sortie de l’audience.

Mais Fortunato Orsini ne partageait pas la joie des autres victimes. L’ancien diacre de la Communauté chrétienne de Béthel ne s’est jamais remis de la trahison du pasteur Lezoka qui lui a dérobé plus de 80 000 $ en 2005, le poussant à des années de misère.

« Ça ne change rien, parce que j’ai tout perdu… Je me suis retrouvé à la rue, je vis dans la pauvreté. Je souffre. J’ai donné huit ans à l’Église et il m’a exploité au maximum. Les souffrances sont encore là… »

confie-t-il, en montrant son sac rempli de médicaments.

Confiance aveugle

Le pasteur de la Communauté chrétienne de Béthel voit grand dans les années 2000. Alors que son Église évangélique compte quelque 500 membres, Mwinda Lezoka rêve de faire l’acquisition d’un immeuble de plus d’un million de dollars sur le boulevard Henri-Bourassa pour ensuite y construire des condos.

Malgré la situation financière très précaire de l’Église, il fait l’acquisition de l’immeuble. Les paiements mensuels s’élèvent alors à 10 000 $. La petite communauté religieuse peine à supporter un tel poids financier, même avec la dîme et les offrandes. C’est dans ce contexte que le religieux de 57 ans réclame des sommes importantes à de nombreux fidèles.

Mwinda Lezoka représente une figure d’autorité importante auprès des membres. Il est admiré. Les membres ont confiance en leur pasteur. Cette confiance est aveugle, au point de les rendre vulnérables. M. Lezoka a une emprise certaine sur eux.

Extrait du verdict de la Couronne

Céline Vital en a d’ailleurs fait les frais en août 2006. La fidèle a cédé aux pressions « importantes » du pasteur pour lui donner 10 000 $ d’urgence. Mwinda Lezoka a même attendu Mme Vital pendant des heures à la banque, alors qu’elle tentait d’obtenir une avance de fonds provenant de sa carte de crédit.

Quelques semaines plus tard, Mwinda Lezoka a poussé Céline Vital et sa sœur Lucie à hypothéquer leur maison pour prêter 127 000 $ à l’Église dans le but d’acquérir le nouvel immeuble. Les sœurs disent avoir « succombé » à la pression imposée par leur pasteur. Celui-ci a profité de son « ascendant » pour exercer une pression « abusive » sur les victimes, selon le juge. Le prêt n’a jamais été remboursé.

Prise de « pitié » pour le pasteur, Marie Ange Fantilus lui a fait un prêt de 50 000 $ personnellement pour éviter qu’il ne perde sa maison. M. Lezoka lui promettait alors de lui rembourser cette somme et les intérêts. Mais sans le savoir, la victime a plutôt fait un prêt à un organisme géré par le pasteur. Elle n’a pas recouvré un sou du montant.

Escroc condamné

La fraude totale était bien plus élevée au début des procédures, sauf que le juge n’a pas retenu le récit de tous les plaignants. Par exemple, Nicole Benoît affirme avoir prêté près de 15 000 $ à M. Lezoka ou à son bras droit. Mais comme il n’y a pas eu de preuve d’une infraction criminelle, le juge a écarté cette affaire du verdict de culpabilité.

À la sortie de l’audience, Nicole Benoît était plutôt amère.

Le plus dur, c’est qu’il va faire deux, trois ans [de prison], alors qu’il nous a fraudés de plusieurs milliers de dollars.

Nicole Benoît, victime du pasteur Lekoza

Mme Benoît accepte mal que l’accusé repousse maintenant l’imposition de sa peine pour se chercher un avocat, alors qu’il a étiré les procédures judiciaires pendant des années en changeant sans cesse d’avocat. Il s’est finalement défendu seul.

Depuis neuf ans, Mwinda Lezoka continue de se rendre régulièrement en République démocratique du Congo, où il demeure un pasteur respecté. Il a d’ailleurs été élu en 2018 secrétaire général de la Communauté des Églises baptistes unies. Il a également déjà géré un comptoir de diamants dans son pays natal.

Le fraudeur semblait abasourdi vendredi lorsque le juge Paradis lui a strictement interdit de quitter le pays. « J’ai un travail important ! Je dois organiser des choses », a-t-il plaidé, en vain. Il n’était pas présent au palais de justice pour le jugement, puisqu’il se trouvait en quarantaine.

Mwinda Lezoka a fait les manchettes pour une autre affaire de fraude en 2010. Sous l’emprise du pasteur, deux fidèles ont détourné près d’un million de dollars du Parc Safari en partie au bénéfice de l’Église de Béthel. Mwinda Lezoka a été condamné à 15 mois de prison avec sursis pour escroquerie en 2014, alors que Ruth Eugene a écopé de trois ans de détention.

La cause revient en janvier prochain en vue des observations sur la peine.

https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2020-10-10/il-a-utilise-la-parole-de-dieu-pour-frauder-les-gens.php


un des loups qui aime mamon

NDLR: Vigi-Sectes a pris contact avec divers chrétiens de Kinshasa, afin que cet article circule et que ce loup dans la bergerie soit dénoncé au sein du mouvement baptiste congolais.

Un correspondant à Kinshasa confirme :

ils sont très nombreux à Kinshasa, une ville de plus de 14 millions d‘habitants , l‘eglise c‘est du gros Business ici au Congo et dans d’autres pays d’Afrique, la plus part des [mega-church] pasteurs sont des millionnaires .

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