Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère.
La Bible – Luc 18:20


 

Il est clair que pour les autorités mormones, Joseph Smith a reçu sa première vision (celle du Père et du Fils) en 1820:

C’est par une belle matinée de printemps en 1820, que se produisit l’un des événements les plus importants, les plus lourds de conséquences de l’histoire du monde.
(Le Grand Richards, apôtre mormon, Une œuvre merveilleuse et un prodige, 1964, page 7.)

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La première vision de 1820 est de première importance dans l’histoire de Joseph Smith. Sur sa réalité sont construites la vérité et la valeur de son travail ultérieur. Les ennemis de Joseph Smith et de son œuvre ont réalisé eux-mêmes que leurs efforts étaient vains de détruire la réalité de la première vision.
(John A. Widtsoe, Joseph Smith- Seeker after Truth, page 19.)

Les responsables mormons insistent sur cette première vision de 1820. Pour eux, elle fut l’aboutissement logique d’un réveil religieux parmi les nombreuses églises protestantes qui eut lieu dans la même année:

En 1820, le réveil atteignit l’ouest de New York (l’Etat). Les ministres des diverses confessions unirent leurs efforts et un grand nombre de colons éparpillés furent convertis. Une semaine, un journal de Rochester écrivait: ‘plus de 200 âmes sont devenues les sujets pleins d’espoir de la grâce divine à Palmyra, Macedon, Manchester, Lyons et Ontario depuis que le récent renouveau a commencé ! La semaine suivante, il pouvait écrire: … à Palmyra et Macedon … plus de 400 âmes ont déjà confessé que le Seigneur est bon.
(Gordon B. Hinckley, la Vérité rétablie, 1970, page 1.)

Une fois de plus, il est aisé de démontrer que Monsieur Hinckley, le Président actuel de l’Église Mormone est un manipulateur et avouons-le, une personne qui dissimule la vérité !

En effet, dans cette dernière citation, il reprend l’article du « Religious Advocate. de Rochester (NY) qui déclare en substance:

Plus de 200 âmes sont devenues les sujets pleins d’espoir de la grâce divine à Palmyra, Macedon, Manchester, Lyons et Ontario depuis que le récent renouveau a commencé. C’est une œuvre puissante, elle se répand parmi les vieux et les jeunes, mais surtout parmi les jeunes … à Palmyra et Macedon, en incluant méthodistes, presbytériens et baptistes, plus de 400 âmes ont déjà confessé que le Seigneur est bon.
(Article du Religious Advocate de Rochester repris dans le Palmyra Newspaper du 2 mars 1825.)

Gordon Hinckley sait qu’il trompe ses lecteurs en dissimulant le fait que ce récit ne cadre pas avec un réveil en 1820 mais avec celui de 1824 ! En 1984, j’ai pris l’initiative d’écrire à Gordon Hinckley et ce dernier ne m’a jamais répondu ! (vous pouvez toujours tenter votre chance mais ne traînez pas de trop, il prend de l’âge.)

L’apôtre Widtsoe est catégorique ! Le réveil a eu lieu en 1820 et pas à une autre date. Il s’appuie sur le témoignage du Pasteur Lane:

Le Pasteur Lane lui-même confirme les dates du réveil. Ce fut 1820 et non 1823.
(Joseph Smith- Seeker After Truth, page 22, note n° 10.)

Wesley P. Walters a demandé des références précises concernant la confirmation de 1820 par Lane. Le 7 décembre 1966, Lauritz Petersen répondait avec beaucoup d’honnêteté qu’il n’en existe aucune. En fait précise-t-il, il aurait demandé à Widtsoe de s’abstenir de placer cette note ce qu’il fit malgré tout ! Oliver Cowdery, en son temps, historien de l’église mormone écrit que le réveil entourant la première vision a pris place en 1823 ! (Messanger&Advocate, vol.1, page 78.) Nous reviendrons plus loin dans notre étude sur cette citation !

Remarquons que Joseph Smith qui était au courant de l’article écrit par son historien ne réagit absolument pas. Il est clair que c’était une chose trop importante si réellement tout cela s’était passé en 1820.Selon ce récit, Joseph âgé de 17 ans fut troublé par un réveil religieux qui se déclencha sous la prédication d’un certain Georges Lane, pasteur méthodiste. William Smith, le propre frère de Joseph précise que ce fut ce prédicateur qui suggéra à Joseph de lire le texte de Jacques 1:5 afin qu’il puisse déterminer l’église où il serait le plus à l’aise. William Smith mentionne aussi le pasteur Benjamin Stockton, ministre presbytérien (réformé) comme conduisant les réunions de revivalisme ! (Deseret Èvening News, 20 janvier 1894, XXVII, page 11.) William précise que le pasteur Sockton demandait aux nouveaux convertis de venir dans son église mais le père de Joseph n’aimait pas ce prédicateur suite au sermon délivré lors des funérailles d’Alvin Smith, un autre frère de Joseph et de William. Stockton qui ne fait pas dans la dentelle aurait dit qu’Alvin était damné ! Or ce dernier est mort le 19 novembre 1823, le réveil ne pouvait certainement pas précéder cette date. William déclare que Joseph avait 18 ans lorsque le réveil débuta ce qui le repousse en 1824 ! (The Saints Herald, 4 octobre 1884, XXXI, page 643.) Eléments de poids dans notre enquête, les archives des églises méthodistes et presbytériennes dont Lane et Stockton appartenaient assurent que ni l’un ni l’autre n’étaient rattachés à la région de Palmyra avant 1824 !

Le Pasteur Benjamin B. Stockton fut pasteur à Skaneteless (NY) du 4 mars 1818 au 30 juin 1822.
(History of the Presbyterian Church, 1848, page 341.)

Lorsqu’il donna un message pour la Société missionnaire de Palmyra en octobre 1822, le Journal de Palmyra le décrit comme étant le Pasteur Stockton de Skaneteless ! (Palmyra Herald, 6 novembre 1822, page 3.) En dehors de ce sermon, la référence la plus lointaine après l’épisode des funérailles d’Alvin d’un ministère dans la région de Palmyra est un mariage le 26 novembre 1823.Il ne fut pas installé dans sa charge à Palmyra avant le 18 février 1824 ! (Wayne Sentinel,i,2,7,14, 23 février 1824 et Geneva Records, vol.C, 253s et 274).

Ce même « Geneva Records. rapporte sous le nom de Palmyra qu’une onction spéciale de grâce est passée sur la région en 1824 ! (id., page 378).

Le Pasteur méthodiste Lane servait en 1819 dans le district de Susquehanna en Pennsylvanie à plus de 200 kms de Palmyra. Ce n’est pas avant juillet 1824 qu’il reçut son salaire comme responsable du district d’Ontario dont Palmyra dépendait ! (Minutes of the Annual Conferences of the Methodist Episcopal Church, 1860,viii, page 40 et suite ainsi que Minutes of the Annual Conferences (1773-1828, i, pages 337, 352, 373, 392, 418 et 446). Il est resté à ce poste jusque janvier 1825 car un problème familial le contraignit à se retirer pour un certain temps !Wesley Walters a retrouvé dans un séminaire méthodiste le récit personnel de Lane concernant le réveil à Palmyra en 1824. (The Methodist Magazine, avril 1825, pages 159 et suivantes). Non seulement l’année mais encore les mois et les jours sont donnés. Selon Lane, l’œuvre du Seigneur a commencé et a progressé jusqu’à la conférence trimestrielle tenue les 25 et 26 septembre 1824. Le numéro du 15 septembre 1824 du « Wayne Sentinel. précise:

Une réforme prend de l’ampleur dans cette ville. L’amour de Dieu a été répandu dans le cœur de beaucoup et l’onction de l’Esprit semble se maintenir fermement. Vingt-cinq personnes ont reçu une certitude du Seigneur et ont rejoint l’Église méthodiste et beaucoup d’autres désirent devenir membres.

Le réveil n’affecte pas encore l’Église Baptiste, car à la rencontre annuelle de l’Association baptiste de l’Ontario tenue le 22 septembre 1824, l’église ne compte que deux baptêmes ! (Minutes of the Ontario Baptist Association et American Baptist Historical Records, Rochester, NY). Le 8 septembre, l’Église Presbytérienne n’est pas encore touchée car le « Geneva Presbytery Records. du 8 septembre 1824 précise que rien de spectaculaire ne s’est produit dans la dénomination. Mais à partir de la Conférence méthodiste des 25 et 26 septembre 1824, le réveil éclate partout ! Le 5 octobre, le « Geneva Synod Records. atteste qu’il atteint le milieu presbytérien à Palmyra ! (i, 4O4s). Un pasteur baptiste de Bristol (NY) rapporte à un ami le 9 mars 1825 que rien qu’à Palmyra plus de 300 personnes ont rejoint les diverses communautés protestantes ! (American Baptist Magazine, avril 1825, V, 124s). En septembre 1825, les résultats du réveil sont formels: L’église baptiste a 99 nouvelles personnes, (Minutes of the Ontario Baptist Association, 28 septembre 1825), l’église méthodiste en a 208 ! (Minutes of the Annual Conference,i, page 471).

Fait remarquable, l’année 1820 est particulièrement vide de tout événement religieux particulier. Le Pasteur Hotchkin écrit que des réveils ont eu lieu dans l’église presbytérienne de Palmyra en 1817, 1824 et 1829 mais que rien ne s’est passé en 1820. (James Hotchkin’s History Records, page 378). En 1820, l’église baptiste n’a que six nouveaux baptêmes alors que les communautés voisines de Lyons, Canandaigua et Farmington perdent respectivement 4, 5 et 9 membres. (American Baptist Society, Rochester, NY).

Les méthodistes perdent 23 membres en 1819, 6 en 1820 et 40 en 1821. (Minutes of the Annual Conferences, I, pages 312, 330, 346 et 366). Le silence total des revues et journaux religieux à l’époque concernant un réveil à Palmyra en 1820 est une preuve indéniable des bases bien fragiles du mormonisme. De telles revues étaient en effet friandes de réveils religieux. Ces magazines par le biais de rapports décrivent le réveil de 1817 à Palmyra mais rien pour l’année 1820. En voici la liste: The Christian Herald& Seamen’s magazine (presbytérien), The Religious Remembrancer (presbytérien), The Religious Intelligencer (méthodiste), The American Baptist Magazine (baptiste), The Latter-Day Luminary (baptiste), The Western New York Baptist Magazine (baptiste), The Evangelical Recorder (presbytérien), The Christian Connection (congrégationaliste), The Christian Herald (congrégationaliste).

Les faits sont là, incontournables et indiscutables! En 1820, il n’y avait pas de réveil religieux à Palmyra et par suite logique pas de démarche de Joseph Smith dans le bosquet sacré !

Quelle sera la réponse apportée par Marcel Kahne du site mormon idumea ?

Son erreur (celle de Walters) a été de croire que Joseph Smith dans son histoire, prétendait que le grand mouvement de revivalisme qui l’avait affecté avait eu lieu à Palmyra même.
(Lettre adressée à Mireille Starzak de Amay, province de Liège)

En fait, Monsieur Kahne reprend simplement l’argument usé de Milton Backman, un apologiste mormon. Ainsi selon eux, le réveil religieux affectait la grande région de l’ouest de l’Etat de New York mais pas la ville de Palmyra ! Découvrons l’avis des grandes pointures mormones:

Brigham H. Roberts, (apôtre et historien mormon)

Au printemps de 1820, les pasteurs des différentes églises de PALMYRA et environs décidèrent d’une union dans le réveil … le pasteur Stockton de l’église presbytérienne était le guide spirituel du mouvement … le pasteur Lane de l’église méthodiste prêcha un sermon sur le sujet ‘ A quelle église dois-je me joindre ?’ Il cita le texte d’or de Jacques…
(A Comprehensive History of the Church of Jesus-Christ of Latter-Days Saints, 1930, vol.1, pages 51-53).

Preston Nibley (historien mormon)

Il existe différents récits du réveil religieux qui eut lieu à PALMYRA lors du printemps de 1820.
(Joseph Smith The Prophet, 1944, page 21)

John A. Widtsoe (Apôtre et théologien mormon)

PALMYRA, un village à l’ouest de l’Etat de New York fut secoué pendant l’hiver et le printemps de 1820 par un réveil religieux.
(Joseph Smith- Seeker after Truth, page 1)

Carter E. Grant (historien mormon)

Chaque soir, les Smith et leurs voisins s’attroupaient dans la petite école de pierre de Manchester ou allaient en charrette àPALMYRA pour les services. devenez religieux ! criaient les pasteurs … comme l’émotion gagnait de l’ampleur…
(Le Royaume de Dieu rétabli, pages 23 et 24, traduit par Marcel Kahne)

Gordon B. Hinckley (apôtre et actuel Président de l’Église Mormone)

En 1820, elle atteignit l’ouest de New York … le semaine suivante il pouvait écrire (un journal) qu’à PALMYRA et Macedon … plus de 400 âmes ont confessé que le Seigneur est bon.
(L’Église Rétablie, page 1)

John Henry Evans (historien mormon)

Dans la ville de PALMYRA en 1820, il y avait un grand tumulte spirituel.
(L’Etoile, décembre 1939, page 285)

Jack H. West ( apologiste mormon)

Il (Joseph) commence par nous dire que dans la region où il vivait, près de Manchester ou Palmyra, dans l’Etat de New York, un revivalisme religieux se produisit.
(Le procès du bois de Joseph Smith, L’Etoile, juillet 1963, page 235)

Il est irréfutable que ce réveil de 1820 affectait non seulement la région mais surtout Palmyra ! Les mormons sont aux abois. Ils sentent en effet que l’année 1820 n’a certainement pas vu un réveil dans les églises de cette localité et c’est pourquoi un historien mormon anonyme (quel courage) va essayer de contrer le couple Tanner, des évangéliques très connus pour leur combat mené contre le mormonisme, et écrire ce qui suit:

Avant tout, les historiens mormons ont rendu la position trop vulnérable en plaçant trop l’emphase sur le printemps de 1820 comme date de la première vision.
(Jerald & Sandra Tanner’s Distorted View of Mormonism: A Response to Mormonism-Shadow or Reality ?)

Ensuite, l’Église mormone tente de faire glisser la première vision vers une date plus tardive:

1822- Dans la première vision de Joseph Smith, le Père et le Fils répondent à sa question quand il demande à quelle église il doit se joindre.
(L’Etoile, avril 1980, page 17)

Alors quoi ! 1820, 1822, 1823 comme l’affirmait l’historien de l’Église de l’époque, savoir: Oliver Cowdery:

Vous vous souvenez que j’ai mentionné la période d’un réveil religieux à Palmyra et dans ses environs alors que notre frère Joseph avait 15 ans. C’était une erreur, cela s’est passé dans sa 17ème année … cela reporte la date en 1823.
(Messenger & Advocate, vol.1, page 78)

Or en 1823, Joseph Smith n’était pas du tout certain de l’existence de Dieu:

Au milieu de l’excitation générale, Joseph Smith continua d’invoquer le Seigneur en secret pour recevoir une pleine manifestation de l’approbation divine et pour savoir si Dieu l’avait accepté, si un Être Suprême existait vraiment. Le soir du 21 septembre 1823, avant d’aller se coucher, l’esprit de notre frère fut tourmenté par ce sujet qui lui tenait à cœur depuis si longtemps.
(Messenger & Advocate, vol.1, pages 78-79)

Si en 1823, Joseph doute de l’existence de Dieu, nous avons une autre preuve qu’il ne l’a pas vu en 1820 ! Il est clair que tous ces témoins, y compris Cowdery sont bien plus près des faits que tous ces mormons contemporains qui tentent vainement d’expliquer l’inexplicable. Imaginez dans un autre registre que nous assurions que la prise de la Bastille s’est faite en 1786 ! Quelles seraient les réactions ? Joseph n’a pas eu cette première vision en 1820, le mormonisme est alors un mensonge ! Rappelons-nous ce que disait Widtsoe:

La première vision de 1820 est de première importance dans l’histoire de Joseph Smith. Sur sa réalité sont construites la vérité et la valeur de son travail ultérieur.
(Joseph Smith – Seeker After Truth, page 19)

Pesons chers amis ces arguments irréfutables et mesurons-les à l’aune d’un argument mormon extrait de l’étude de la première vision sur le site idumea:

Deux chercheurs, travaillant indépendamment, ont trouvé des éléments susceptibles de déterminer la date de la première vision. Des rapports détaillés sur les conditions météorologiques, associés aux cycles de production du sirop d’érable, rendent cette possibilité vraisemblable.
(John C. Lefgren, Le dimanche 26 mars 1820, jour de la 1ère vision, Idumea, page 1)

Christian Piette

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