un procès (quasi) exemplaire

Par Claude Ardid et Nadège Hubert

Publié le 27/07/2020 à 16:55 (Marianne.net)

Le procès de la Ferme des Deux Soleils s’ouvre en octobre 2018 au tribunal correctionnel de Vesoul. Sur le banc des accusés, Luce Barbe, thérapeute de formation qui a su embarquer une vingtaine d’adeptes dans son projet fou de ferme de culture maraichère bio et autonome à la sauce Reiki.

« Ils sont fracassés. Huit ans après, quelques uns ont réussi à se reconstruire. Ils ne sont pas à l’aise avec ça. » Didier Fohr est journaliste à l’Est républicain. Des dérives, il en a vu, mais jamais comme celle de la secte des Deux Soleils, à Servance, en Haute-Saône.

 « Il s’en est fallu de peu pour que les adeptes ne se suicident pas»,

raconte-t-il, enchaînant :

«Cette fin tragique a été évoquée en première instance, d’un coup, comme ça. Pourtant, il n’y a quasiment rien dans la procédure. J’ai questionné une ancienne adepte, mais elle est restée floue. La gourelle leur avait demandé à l’époque de dire au revoir aux familles avant un possible voyage dans la 5ème dimension. Il y avait des enfants parmi eux. Une maison avait été réservée en Corse. Heureusement, la gourelle a été arrêtée à ce moment là. »

Sept ans d’instruction

Le procès de la Ferme des Deux Soleils s’ouvre en octobre 2018 au tribunal correctionnel de Vesoul. Sur le banc des accusés, Luce Barbe, la cinquantaine bien tassée, thérapeute de formation qui a su embarquer une vingtaine d’adeptes dans son projet fou de ferme de culture maraichère bio et autonome à la sauce Reiki. Parmi ses membres, principalement d’anciens patients, qu’elle a réussi à embobiner. Et ce, durant trois années. Ils lui serviront de main d’œuvre gratuite. Des personnes sous influences, fragiles, qu’elle plumera jusqu’au dernier centime.

Didier Fohr revient sur ce procès qu’il qualifie d’emblématique. Sept ans d’instruction et une gourelle en fuite lors de son premier procès. Elle sera finalement interpelée en janvier 2019 dans le Morbihan, avant d’être condamnée par la cour d’appel de Besançon le 21 novembre 2019 à 5 ans de prison dont 2 ans avec sursis. Une peine que le journaliste estime forte dans ce genre d’affaire et lourde de sens : 

« Le jugement rendu est intéressant sur le plan pénal par rapport à l’emprise sectaire dans le domaine de la thérapie. C‘est un procès emblématique, qui fera jurisprudence. »


Note de Vigi-Sectes:

La société fait face à une avalanche de pseudo-thérapies ésotériques et occultes. Le Réiki est particulièrement dangereux car le soignant, comme le soigné, s’ouvrent à des “guides Spirituels”.
L’histoire devrait nous apprendre qu’un seul peut être notre guide spirituel. Les autres guides spirituels ne sont que des entités démoniaques.

... par ta magie, toutes les nations ont été égarées. (Apocalypse 18:23)

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