Mais eux, semblables à des brutes qui s’abandonnent à leurs penchants naturels et qui sont nées pour êtres prises et détruites, ils parlent d’une manière injurieuse de ce qu’ils ignorent, et ils périront par leur propre corruption, recevant ainsi le salaire de leur iniquité. Ils trouvent leurs délices à se livrer au plaisir en plein jour; hommes tarés et souillés, ils se délectent dans leurs tromperies, en faisant bonne chère avec vous. Ils ont les yeux pleins d’adultère et insatiables de péché; ils amorcent les âmes mal affermies; ils ont le cœur exercé à la cupidité; ce sont des enfants de malédiction. (La Bible – 2Pierre 2:12-14)

Le site internet “La vérité sur le bouddhisme tibétain” (lamatruth.com) semblant ne plus être atteignable (pourquoi? ce ne serait pas la première fois qu’une secte pernicieuse est particulièrement agressive contre des témoignages en ligne), nous reproduisant le texte que nous avons trouvé, du témoignage d’une adepte désabusée du “maître” Kalou Rinpoche .

Mot clé: Spiritualité masculine de fond de culotte.


June Campbell fut la traductrice du célèbre maître tibétain Kalou Rinpoche, et aussi sa “mudra”, sa “dakini”, en d’autres termes sa concubine, mais dans un contexte tantrique qu’elle analysa a postériori comme un pur prétexte permettant à ce moine de rompre ses voeux de chasteté.

De son expérience douloureuse, elle a tiré un livre, ainsi que la matière d’interviews.

Proche pendant des années d’un des plus grands maîtres tibétains, tant comme traductrice que comme compagne, June Campbell est une des personnes qui connaissent le mieux, de l’intérieur, ce mystérieux bouddhisme tantrique, où le secret joue un si grand rôle.

La démystication du tantrisme qu’elle opère est donc le fait de quelqu’un, ou plutôt quelqu’une, qui en connait bien des ressorts intérieurs et bien des secrets, à vrai dire les bien misérables petits secrets de queutards baisouillant en cachette.

June Campbell eut à subir les insultes habituelles que reçoivent les victimes d’abus sexuels qui osent révêler les travers d’un “grand homme”.

Elle a abandonné la pratique du bouddhisme tibétain.

Kalou Rinpoche

Kalou Rinpoche (1905 – 1989) est un célèbre maître tibétain appartenant à l’école Kagyupa. Il a fondé de nombreux centres tibétains en occident et particulièrement en France, et il est l’auteur de plusieurs livres. Grand mystique, ayant passé quatorze ans en retraite solitaire dans les montagnes, il est considéré comme ayant atteint des accomplissements élevés. Il a eu pour disciples les plus grands lamas tibétains. Son image est cependant ternie par les abus sexuels qu’il pratiqua sur June Campbell, abus mentionnés dans son profil Wikipedia en anglais, mais absents du profil en français.

Les pratiques sexuelles dans le tantrisme

L’existence même de pratiques sexuelles dans le tantrisme n’est pas un mystère : nous avons tous vu des peintures tibétaines représentant deux divinités en “yab-youm”, c’est à dire en union sexuelle.

Le questionnement porte plutôt sur la fréquence de telles pratiques (exceptionnelles ou courantes ?), sur leur degré d’intensité (ont-elles lieu en imagination, en “visualisation”, ou en vrai ?) et sur le sort de la partenaire féminine (est-elle consentante ? est-elle dans une relation d’égalité ? qu’advient-il d’elle quand elle vieillit ou si elle tombe enceinte ?).

D’après certains auteurs, le sort de cette partenaire féminine serait idyllique. Elle serait traitée mieux qu’à égalité : comme une déesse dont le mâle serait l’adorateur. Telle est la thèse de Miranda Shaw dans son livre Passionate Enlightenement.

Le tout autre est le point de vue de June Campbell.

June Campbell

June Campbell est écossaise. Très tôt passionnée par le bouddhisme, elle devient la traductrice de plusieurs grands maîtres, et en particulier de Kalou Rinpoche, qui se met à exiger (c’est bien le mot) qu’elle devienne aussi sa concubine. Elle n’a pas encore trente ans. Il en a près de soixante-dix.

De cette expérience traumatique, June Campbell tira un livre paru en 1996 sous le titreTraveller in Space : Gender, Identity and Tibetan Buddhism (extraits 1, 2, 3). Un résumé de l’affaire est disponible ici. June Campbell donna aussi une grande interview au magazine Tricycle sur le secret tantrique.

Traveller in space, Voyageuse de l’espace en français, dakini en sanskrit : tel est le terme très valorisant (l’expérience l’est moins) utilisé pour pour désigner la concubine d’un pratiquant tantrique, ainsi assimilée à une divinité. Campbell analyse la situation comme un exploitation, un abus. Elle se voit niée, puisque les proches du lama eux-mêmes ignorent l’existence du couple, sauf un jeune moine avec qui Rinpoche la partage. Plus tard, il prend aussi une deuxième concubine plus jeune, et June Campell est priée de s’en acommoder et de, toujours, garder le secret :

“A titre d’exemple de ce qui pourrait arriver, l’on me dit que le lama avec qui je vivais avait eu, dans une autre vie, une maîtresse qui lui causait du souci ; pour faire cesser le trouble, il lui jeta un sort, elle tomba malade et mourut. Il me dit aussi que cette femme était un puissant démon ; qu’il l’avait fait participer à des actes sexuels par compassion mais qu’elle causait tant de trouble que ce n’était plus supportable, et que son statut en tant que lama en était menacé.”

Ces menaces sont d’autant plus prises au sérieux par June Campbell que la jeune seconde maîtresse de Kalou Rinpoche meurt brusquement, en principe d’une crise cardiaque.

Cet épisode de menaces met mal à l’aise car, de banales histoires de coucheries tantriques qui ne sont à vrai dire pas une révélation, on est passé là à de pures et simples menaces de mort, et à l’acceptation au moins théorique de la notion de magie noire par un des maîtres les plus vénérés. Que ce soit vrai ou faux, Kalou Rinpoche s’est vanté d’avoir tué une maîtresse gênante par des pratiques de sorcellerie. Cela témoigne au moins d’une certaine complaisance vis à vis de ces pratiques, et vis à vis du meurtre de subordonnés gênants.
Le secret dans le tantrisme

Le problème du secret dans le tantrisme tient une place importante chez June Campbell qui, rappelons le, le connait de l’intérieur. Le secret est généralisé, et il est contraignant pour le disciple, qu’il emprisonne littéralement : en témoigne le vrai sentiment de rupture de tabou qu’elle éprouva, et qui la fit hésiter des années avant de raconter son histoire. En même temps, le secret tient souvent, très banalement, à de bêtes coucheries survenues entre un lama et une disciple.

Pourquoi ce secret alors, puisque le tantrisme n’a pas d’objection de principe à la sexualité ? Certes, nous répond Campbell, il n’y a pas d’objection de principe, mais il y a quand même des situations où une liaison doit être cachée, par exemple si le lama est marié ou s’il a pris des voeux monastiques de chasteté. Surtout, ce secret a quelque chose de structurant dans la société tibétaine. En effet, nous dit Campbell, les pratiques sexuelles, sont généralisées chez ceux qui le peuvent, c’est à dire chez ceux qui détiennent le pouvoir, en d’autres termes chez les moines de haut rang. Car, nul ne l’ignore, la société tibétaine traditionnelle a pour colonne vertébrale des ordres monastiques astreints à des voeux de chasteté. Elle a donc, clairement, une contradiction à résoudre, et le secret est l’ingrédient miracle qui permet de concilier vie sexuelle épanouie et respect apparent du code de discipline monastique.

Qu’en est-il de la pratique consistant à se contenter de visualiser des scènes sexuelles sans les vivre autrement qu’en imagination ? Est-elle considérée comme apportant, pour la pratique, les mêmes bienfaits que des relations sexuelles réelles ? Non, répond Campbell. Les scènes sexuelles juste visualisées, c’est ce qui est écrit dans les textes, mais en réalité la vraie pratique tantrique commence quand le pratiquant peut se procurer une vraie partenaire féminine. Les visualisations sont un simple pis aller pour les débutants ou les moines sans pouvoir. La thématique de la sexualité par visualisation, très répandue dans les éléments de langage du système est aussi très pratique pour avouer sans avouer, pour reconnaître que le tantrisme sexuel existe tout en laissant entendre qu’il est exceptionnel.

D’autres circonstances, plus psychologies, jouent aussi dans cette association indissoluble entre sexualité et secret. Les moines tibétains, surtout les grands maître tulkous, étaient souvent amenés enfants au monastère après une rupture souvent traumatique avec la famille. Les rencontres avec mère et soeurs se faisaient à l’occasion d’instants volés. La vie quotidienne se déroulait en milieu exclusivement masculin. Dans ce contexte, c’est presque naturellement qu’une rencontre, même innocente, avec une femme, même une parente, donnait une impression de conspiration.

Campbell insiste sur le côté très hiérarchisé de la société tantrique, et sur le secret qui envahit tout, et crée des situations très paradoxales. L’existence de pratiques sexuelles est connue, devinée et pressentie, mais sans que leur fréquence soit bien appréciée, et sans que l’entourage sache que tel lama en particulier a pour concubine Unetelle en particulier. Une révélation fait l’objet d’un coup de tonnerre, au moins sur l’entourage masculin des proches disciples et des conseillers en théorie les plus proches du maître. Les femmes, en savent finalement plus sur les ressorts secrets du tantrisme, et, en même temps, chaque maîtresse est réduite au rang de complète inexistence.

Les conseils de Campbell aux jeunes femmes qui se trouveraient dans la même situation qu’elle : ne pas se prendre pour des personnes au karma exceptionnel parce qu’un maître a jeté les yeux sur elles (ce qui tend à faire perdurer ces relations malsaines). Et ne pas craindre le mauvais karma quand elles voudront rompre et la relation et le secret : “La vérité ne produit jamais de mauvais karma”, nous dit Campbell.

Et qu’en est-il de ce statut quasi divin qui serait accordé à la partenaire féminine ? Qu’en est-il de ces grandes lignées de maîtres tantriques féminins dont Miranda Shaw, dans son livre ? Campbell répond qu’elle n’en a jamais rien vu, et que ces grandes lignées, à supposer qu’elles aient existé, doivent dater de 500 ou 1000 ans.

http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/june-campbell-esclave-sexuelle-au-100885

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